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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>&#034;Spectacle &#224; sati&#233;t&#233;&#034;, par &#201;RIC AESCHIMANN</title>
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		<dc:date>2009-01-01T19:11:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aeschimann, Eric </dc:creator>



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&lt;p&gt;Le philosophe Jacques Ranci&#232;re critique la d&#233;testation du &#171; spectacle &#187;, autant que sa fascination, en montrant son r&#244;le dans l'&#233;mancipation de chacun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Ranci&#232;re, Le Spectateur &#233;mancip&#233;, La Fabrique, 146 pp., 13 euros. &lt;br class='autobr' /&gt; L'humeur est &#224; la &#171; m&#233;lancolie de gauche &#187;. Fin de l'histoire, effondrement des utopies, perte des valeurs, absence des id&#233;es, d&#233;gradation de la vie sociale, vulgarit&#233; d'Internet, com&#233;die des hommes politiques. D&#233;cid&#233;ment, c'&#233;tait mieux avant. On notera que, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-autour-du-spectateur-emancipe-" rel="directory"&gt;autour du spectateur &#233;mancip&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le philosophe Jacques Ranci&#232;re critique la d&#233;testation du &#171; spectacle &#187;, autant que sa fascination, en montrant son r&#244;le dans l'&#233;mancipation de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ranci&#232;re, &lt;i&gt;Le Spectateur &#233;mancip&#233;&lt;/i&gt;, La Fabrique, 146 pp., 13 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'humeur est &#224; la &lt;i&gt;&#171; m&#233;lancolie de gauche &#187;&lt;/i&gt;. Fin de l'histoire, effondrement des utopies, perte des valeurs, absence des id&#233;es, d&#233;gradation de la vie sociale, vulgarit&#233; d'Internet, com&#233;die des hommes politiques. D&#233;cid&#233;ment, c'&#233;tait mieux avant. On notera que, dans son &#233;num&#233;ration, le &lt;i&gt;&#171; pessimisme culturel &#187;&lt;/i&gt; omet la condition ouvri&#232;re. Il est vrai que, sur la question sociale, la nostalgie d&#233;voile son absurdit&#233; : il ne faisait pas plus bon &#234;tre smicard hier qu'aujourd'hui. En revanche, dans le champ artistique, le pessimisme se d&#233;cha&#238;ne et son message est clair : depuis que tout le monde y a acc&#232;s, la culture est devenue un spectacle permanent dont se repa&#238;t une foule ivre de sa propre ignorance (telle est au fond la d&#233;finition de l'individualisme, pour Finkelkraut ou un Mich&#233;a : l'&#232;re des incultes fiers de l'&#234;tre).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Troupeau &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ranci&#232;re prend le parti des ignorants, des incultes, des incapables et de tous ceux qui sont d&#233;cr&#233;t&#233;s tels. C'est son geste philosophique, son mouvement de pens&#233;e ; c'est le point qu'il n'a cess&#233; de tenir depuis qu'au d&#233;but des ann&#233;es 70 il a rompu avec son ma&#238;tre Althusser. Non, il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; la masse ignare qui subit l'ali&#233;nation et de l'autre les intellectuels qui poss&#232;dent la connaissance, &lt;i&gt;&#171; l'&#233;lite qualifi&#233;e pour diriger le troupeau aveugle &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Haine de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, 2005). Qu'il parle de politique ou de l'art - ses deux terrains de pr&#233;dilection - le philosophe fran&#231;ais cherche &#224; comprendre comment un individu per&#231;oit, pense, d&#233;coupe le monde. Surtout, dans un monde en voie de r&#233;aristocratisation, il s'ent&#234;te &#224; penser que le &lt;i&gt;&#171; partage du sensible &#187;&lt;/i&gt; est l'affaire de tous et que d&#233;nier &#224; certains la capacit&#233; de penser, c'est nier qu'ils puissent devenir des sujets pleins et entiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre autres g&#233;missements, la gauche m&#233;lancolique se plaint du &#171; spectacle &#187;. Sous l'effet d'une tradition platonicienne (bannir la trag&#233;die de la cit&#233;) r&#233;actualis&#233;e par une lecture trop rapide de Guy Debord, elle pr&#233;tend que nous en serions les victimes. &lt;i&gt;&#171; C'est un mal que d'&#234;tre spectateur, pour deux raisons&lt;/i&gt;, r&#233;sume Ranci&#232;re. &lt;i&gt;Premi&#232;rement, parce que regarder est le contraire de conna&#238;tre [&#8230;] Deuxi&#232;mement, c'est le contraire d'agir. &#187;&lt;/i&gt; Le spectateur multiplie les ali&#233;nations et, au lieu de regimber, se compla&#238;t dans la passivit&#233;. Il serait, par essence, l'incapable, l'&#233;ternel ignorant que les avant-gardes esth&#233;tiques, d&#233;calqu&#233;es des avant-gardes l&#233;ninistes, auraient pour mission d'&#233;manciper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tour de force de Ranci&#232;re est, pour d&#233;samorcer cette critique facile du spectacle, de ne pas embrasser le discours adverse, celui de l'&#233;loge du spectacle, &lt;i&gt;&#171; l'affirmation d&#233;sabus&#233;e qu'il n'y [a] plus lieu d&#233;sormais de distinguer image et r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; (c'est le discours de Baudrillard ou, dans un genre diff&#233;rent, de Beigbeder). Nostalgie et cynisme sont les deux formes d'une m&#234;me jouissance aristocratique o&#249;, &#224; nouveau, un gouffre s'ouvre entre le peuple abruti (devant sa t&#233;l&#233;) et l'&#233;lite consciente de l'abrutissement (pour le d&#233;plorer ou en rire). D&#232;s lors, la critique du spectacle est un maillon du spectacle. &lt;i&gt;&#171; La connaissance de l'assujettissement appartient elle-m&#234;me au monde de l'assujettissement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Amertume.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le postulat commun au spectacle et &#224; sa critique qu'il faut renverser, en posant que &lt;i&gt;&#171; les incapables sont capables &#187;&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&#171; Nous n'avons pas &#224; transformer les spectateurs en acteurs et les ignorants en savants. Nous avons &#224; reconna&#238;tre le savoir &#224; l'&#339;uvre dans l'ignorant et l'activit&#233; propre au spectateur. &#187;&lt;/i&gt; L'art, s'il se veut critique, doit donner &#224; voir les capacit&#233;s des incapables, la culture des incultes. Ranci&#232;re examine plusieurs films, vid&#233;os, photos. A propos de la t&#233;l&#233;vision et de son go&#251;t pour les images chocs, qui focalise tant d'amertume, il dit : &lt;i&gt;&#171; Nous ne voyons pas trop de corps souffrants sur l'&#233;cran. Mais nous voyons trop de corps sans nom, trop de corps incapables de nous renvoyer le regard que nous leur adressons, de corps qui sont objet de parole sans avoir eux-m&#234;mes la parole. &#187;&lt;/i&gt; Il y a ceux qu'on montre (les victimes) et ceux qui parlent (experts, politiques, journalistes) : le gouffre, version 20 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez Ranci&#232;re, la politique et l'art ne cessent de dialoguer, sans jamais se confondre. La politique est la confrontation des sensibles. L'art, lui, ouvre une distance entre l'individu et la place que lui assigne l'ordre social. Cette distance est la condition m&#234;me de la politique. Comme Marx disait que la question n'&#233;tait plus de comprendre le monde, mais de le transformer, Ranci&#232;re &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me n'est pas d'opposer la r&#233;alit&#233; &#224; ses apparences. Il est de construire d'autres r&#233;alit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Ne tirez pas sur le spectacle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;SOURCE : &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 27 nov. 6h51&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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