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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#202;tre n'est pas un pr&#233;dicat r&#233;el</title>
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		<dc:date>2003-09-28T20:50:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kant, Emmanuel</dc:creator>


		<dc:subject>existence</dc:subject>
		<dc:subject>essence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#202;tre n'est &#233;videmment pas un pr&#233;dicat r&#233;el, c'est-&#224;-dire un concept de quelque chose qui puisse s'ajouter au concept d'une chose. C'est simplement la position d'une chose ou de certaines d&#233;terminations en soi. Dans l'usage logique, ce n'est que la copule d'un jugement. Cette proposition : Dieu est tout-puissant, renferme deux concepts qui ont leurs objets : Dieu et toute-puissance ; le petit mot est n'est pas du tout encore par lui-m&#234;me un pr&#233;dicat, c'est seulement ce qui met le pr&#233;dicat en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-existence-+" rel="tag"&gt;existence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-essence-+" rel="tag"&gt;essence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#202;tre&lt;/i&gt; n'est &#233;videmment pas un pr&#233;dicat r&#233;el, c'est-&#224;-dire un concept de quelque chose qui puisse s'ajouter au concept d'une chose. C'est simplement la position d'une chose ou de certaines d&#233;terminations en soi. Dans l'usage logique, ce n'est que la copule d'un jugement. Cette proposition : &lt;i&gt;Dieu est tout-puissant&lt;/i&gt;, renferme deux concepts qui ont leurs objets : Dieu et toute-puissance ; le petit mot est n'est pas du tout encore par lui-m&#234;me un pr&#233;dicat, c'est seulement ce qui met le pr&#233;dicat &lt;i&gt;en relation avec le sujet&lt;/i&gt;. Or, si je prends le sujet (Dieu) avec tous ses pr&#233;dicats (dont la toute-puissance fait aussi partie) et que je dise : &lt;i&gt;Dieu est&lt;/i&gt;, ou il est un Dieu, je n'ajoute aucun nouveau pr&#233;dicat au concept de Dieu, mais je ne fais que poser le sujet en lui-m&#234;me avec tous ses pr&#233;dicats, et en m&#234;me temps, il est vrai, l'&lt;i&gt;objet&lt;/i&gt; qui correspond &#224; mon &lt;i&gt;concept&lt;/i&gt;. Tous deux doivent exactement renfermer la m&#234;me chose et, par cons&#233;quent, rien de plus ne peut s'ajouter au concept qui exprime simplement la possibilit&#233;, par le simple fait que je con&#231;ois (par l'expression : il est) l'objet de ce concept comme donn&#233; absolument. Et ainsi, le r&#233;el ne contient rien de plus que le simple possible. Cent thalers r&#233;els ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Car, comme les thalers possibles expriment le concept et les thalers r&#233;els, l'objet et sa position en lui-m&#234;me, au cas o&#249; celui-ci contiendrait plus que celui-l&#224;, mon concept n'exprimerait pas l'objet tout entier et, par cons&#233;quent, il n'en serait pas, non plus, le concept ad&#233;quat. Mais je suis plus riche avec cent thalers r&#233;els qu'avec leur simple concept (c'est-&#224;-dire qu'avec leur possibilit&#233;). Dans la r&#233;alit&#233;, en effet, l'objet n'est pas simplement contenu analytiquement dans mon concept, mais il s'ajoute synth&#233;tiquement &#224; mon concept (qui est une d&#233;termination de mon &#233;tat), sans que, par cette existence en dehors de mon concept, ces cent thalers con&#231;us soient le moins du monde augment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc je con&#231;ois une chose, quels que soient et si nombreux que soient les pr&#233;dicats par lesquels je la pense (m&#234;me dans la d&#233;termination compl&#232;te), en ajoutant, de plus, que cette chose &lt;i&gt;existe&lt;/i&gt;, je n'ajoute absolument rien &#224; cette chose. Car autrement, ce qui existerait ne serait pas exactement ce que j'avais con&#231;u dans mon concept, mais bien quelque chose de plus, et je ne pourrais pas dire que c'est pr&#233;cis&#233;ment l'objet de mon concept qui existe. Si je con&#231;ois aussi dans une chose toute r&#233;alit&#233; sauf une, du fait que je dis qu'une telle chose d&#233;fectueuse existe, la r&#233;alit&#233; qui lui manque ne s'y ajoute pas, mais au contraire cette chose existe avec exactement le m&#234;me d&#233;faut qui l'affectait lorsque je l'ai con&#231;ue, car autrement il existerait quelque chose d'autre que ce que j'ai con&#231;u. Or, si je con&#231;ois un &#234;tre &#224; titre de r&#233;alit&#233; supr&#234;me (sans d&#233;faut), il reste toujours &#224; savoir, pourtant, si cet &#234;tre existe ou non. En effet, bien qu'&#224; mon concept il ne manque rien du contenu r&#233;el possible d'une chose en g&#233;n&#233;ral, il manque cependant encore quelque chose au rapport &#224; tout mon &#233;tat de pens&#233;e, &#224; savoir que la connaissance de cet objet soit aussi possible &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;. Et ici se montre la cause de la difficult&#233; qui r&#232;gne sur ce point. S'il &#233;tait question d'un objet des sens, je ne pourrais pas confondre l'existence de la chose avec le simple concept de la chose. Car le concept ne me fait concevoir l'objet que conform&#233;ment aux conditions universelles d'une connaissance empirique possible en g&#233;n&#233;ral, tandis que l'existence me le fait concevoir comme enferm&#233; dans le contexte de toute l'exp&#233;rience ; si donc, par sa liaison avec le contenu de toute l'exp&#233;rience, le concept de l'objet n'est pas le moins du monde augment&#233;, notre pens&#233;e du moins en re&#231;oit en plus une perception possible. Si, au contraire, nous voulons penser l'existence seulement par la pure cat&#233;gorie, il n'est pas &#233;tonnant que nous ne puissions indiquer aucun crit&#233;rium pour la distinguer de la simple possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient donc la nature et l'&#233;tendue de notre concept d'un objet, il nous faut cependant sortir de ce concept pour attribuer &#224; l'objet son existence. Pour les objets des sens, cela a lieu au moyen de leur encha&#238;nement avec quelqu'une de mes perceptions suivant des lois empiriques ; mais pour des objets de la pens&#233;e pure, il n'y a absolument aucun moyen de conna&#238;tre leur existence, parce qu'elle devrait &#234;tre connue enti&#232;rement &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, alors que notre conscience de toute existence (qu'elle vienne soit imm&#233;diatement de la perception, soit de raisonnements qui lient quelque chose &#224; la perception) appartient enti&#232;rement et absolument &#224; l'unit&#233; de l'exp&#233;rience, et que si une existence hors de ce champ ne peut pas, &#224; la v&#233;rit&#233;, &#234;tre absolument d&#233;clar&#233;e impossible, elle est pourtant une supposition que nous ne pouvons justifier par rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Kant, &lt;strong&gt;Critique de la Raison pure&lt;/strong&gt;, Dialectique transcendentale, PUF, pp. 429-430&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'existence pr&#233;c&#232;de l'essence.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sartre, Jean-Paul</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Comparez ce texte de Sartre avec celui-ci, de Schopenhauer : Toute existence pr&#233;suppose une essence &lt;br class='autobr' /&gt; L'existence pr&#233;c&#232;de l'essence (&#8230;). Que faut-il entendre par l&#224; ? Lorsqu'on consid&#232;re un objet fabriqu&#233;, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a &#233;t&#233; fabriqu&#233; par un artisan qui s'est inspir&#233; d'un concept ; il s'est r&#233;f&#233;r&#233; au concept de coupe-papier, et &#233;galement &#224; une technique de production (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-atheisme-+" rel="tag"&gt;ath&#233;isme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-existentialisme-+" rel="tag"&gt;existentialisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-concept-190-+" rel="tag"&gt;concept&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-entendement-+" rel="tag"&gt;entendement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-objet-+" rel="tag"&gt;objet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-conception-+" rel="tag"&gt;conception&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Leibniz-195-+" rel="tag"&gt;Leibniz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Diderot-+" rel="tag"&gt;Diderot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Voltaire-197-+" rel="tag"&gt;Voltaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Kant-198-+" rel="tag"&gt;Kant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparez ce texte de Sartre avec celui-ci, de Schopenhauer : &lt;a href='https://caute.lautre.net/Toute-existence-presuppose-une' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Toute existence pr&#233;suppose une essence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'existence pr&#233;c&#232;de l'essence (&#8230;). Que faut-il entendre par l&#224; ? Lorsqu'on consid&#232;re un objet fabriqu&#233;, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a &#233;t&#233; fabriqu&#233; par un artisan qui s'est inspir&#233; d'un concept ; il s'est r&#233;f&#233;r&#233; au concept de coupe-papier, et &#233;galement &#224; une technique de production pr&#233;alable qui fait partie du concept, et qui est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papier est &#224; la fois un objet qui se produit d'une certaine mani&#232;re et qui, d'autre part, a une utilit&#233; d&#233;finie, et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir &#224; quoi l'objet va servir. Nous dirons donc que, pour le coupe-papier, l'essence - c'est-&#224;-dire l'ensemble des recettes et des qualit&#233;s qui permettent de le produire et de le d&#233;finir - pr&#233;c&#232;de l'existence ; et ainsi la pr&#233;sence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est d&#233;termin&#233;e. Nous avons donc l&#224; une vision technique du monde, dans laquelle on peut dire que la production pr&#233;c&#232;de l'existence.&lt;br /&gt; Lorsque nous concevons un Dieu cr&#233;ateur, ce Dieu est assimil&#233; la plupart du temps &#224; un artisan sup&#233;rieur ; et quelle que soit la doctrine que nous consid&#233;rions, qu'il s'agisse d'une doctrine comme celle de Descartes ou de la doctrine de Leibniz, nous admettons toujours que la volont&#233; suit plus ou moins l'entendement, ou tout au moins l'accompagne, et que Dieu, lorsqu'il cr&#233;e, sait pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il cr&#233;e. Ainsi, le concept d'homme, dans l'esprit de Dieu, est assimilable au concept de coupe-papier dans l'esprit de l'industriel ; et Dieu produit l'homme suivant des techniques et une conception, exactement comme l'artisan fabrique un coupe-papier suivant une d&#233;finition et une technique. Ainsi l'homme individuel r&#233;alise un certain concept qui est dans l'entendement divin. Au XVIIIe si&#232;cle, dans l'ath&#233;isme des philosophes, la notion de Dieu est supprim&#233;e, mais non pas pour autant l'id&#233;e que l'essence pr&#233;c&#232;de l'existence. Cette id&#233;e, nous la retrouvons un peu partout : nous la retrouvons chez Diderot, chez Voltaire, et m&#234;me chez Kant. L'homme est possesseur d'une nature humaine ; cette nature humaine, qui est le concept humain, se retrouve chez tous les hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple particulier d'un concept universel, l'homme ; chez Kant, il r&#233;sulte de cette universalit&#233; que l'homme des bois, l'homme de la nature, comme le bourgeois sont astreints &#224; la m&#234;me d&#233;finition et poss&#232;dent les m&#234;mes qualit&#233;s de base. Ainsi, l&#224; encore, l'essence de l'homme pr&#233;c&#232;de cette existence historique que nous rencontrons dans la nature.&lt;br /&gt; L'existentialisme ath&#233;e, que je repr&#233;sente, est plus coh&#233;rent. Il d&#233;clare que si Dieu n'existe pas, il y a au moins un &#234;tre chez qui l'existence pr&#233;c&#232;de l'essence, un &#234;tre qui existe avant de pouvoir &#234;tre d&#233;fini par aucun concept et que cet &#234;tre c'est l'homme (&#8230;). Qu'est-ce que signifie ici que l'existence pr&#233;c&#232;de l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se d&#233;finit apr&#232;s. L'homme, tel que le con&#231;oit l'existentialiste, s'il n'est pas d&#233;finissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se con&#231;oit, mais tel qu'il se veut, et comme il se con&#231;oit apr&#232;s l'existence, comme il se veut apr&#232;s cet &#233;lan vers l'existence ; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Paul Sartre, &lt;strong&gt;L'existentialisme est un humanisme&lt;/strong&gt;, Nagel, pp.17-22&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Qu-est-ce-donc-que-la-liberte-Naitre-c-est-a-la-fois-naitre-du-monde-et-naitre</link>
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		<dc:date>2003-08-10T09:32:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Merleau-Ponty, Maurice</dc:creator>


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		<dc:subject>h&#233;ros</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde. Le monde est d&#233;j&#224; constitu&#233;, mais aussi jamais compl&#232;tement constitu&#233;. Sous le premier rapport, nous sommes sollicit&#233;s, sous le second nous sommes ouverts &#224; une infinit&#233; de possibles. Mais cette analyse est encore abstraite, car nous existons sous les deux rapports &#224; la fois. Il n'y a donc jamais d&#233;terminisme et jamais choix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-universel-+" rel="tag"&gt;universel&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde. Le monde est d&#233;j&#224; constitu&#233;, mais aussi jamais compl&#232;tement constitu&#233;. Sous le premier rapport, nous sommes sollicit&#233;s, sous le second nous sommes ouverts &#224; une infinit&#233; de possibles. Mais cette analyse est encore abstraite, car nous existons sous les deux rapports &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt;. Il n'y a donc jamais d&#233;terminisme et jamais choix absolu, jamais je ne suis chose et jamais conscience nue. En particulier, m&#234;me nos initiatives, m&#234;me les situations que nous avons choisies nous portent, une fois assum&#233;es comme par une gr&#226;ce d'&#233;tat. La g&#233;n&#233;ralit&#233; du &#171; r&#244;le &#187; et de la situation vient au secours de la d&#233;cision, et, dans cet &#233;change entre la situation et celui qui l'assume, il est impossible de d&#233;limiter la &#171; part de la situation &#187; et la &#171; part de la libert&#233; &#187;. On torture un homme pour le faire parler. S'il refuse de donner les noms et les adresses qu'on veut lui arracher ce n'est pas par une d&#233;cision solitaire et sans appuis ; il se sentait encore avec ses camarades, et, encore engag&#233; dans la lutte commune, il &#233;tait comme incapable de parler ; ou bien, depuis des mois ou des ann&#233;es, il a affront&#233; en pens&#233;e cette &#233;preuve et mis&#233; toute sa vie sur elle ; ou enfin, il veut prouver en la surmontant ce qu'il a toujours pens&#233; et dit de la libert&#233;. Ces motifs n'annulent pas la libert&#233;, ils font du moins qu'elle ne soit pas sans &#233;tais dans l'&#234;tre. Ce n'est pas finalement une conscience nue qui r&#233;siste &#224; la douleur, mais le prisonnier avec ses camarades ou avec ceux qu'il aime et sous le regard de qui il vit, ou enfin la conscience avec sa solitude mrgueilleusement voulue, c'est-&#224;-dire encore un certain mode du &lt;i&gt;Mit-Sein&lt;/i&gt;. Et sans doute c'est l'individu, dans sa prison, qui ranime chaque jour ces fant&#244;mes, ils lui rendent la force qu'il leur a donn&#233;e, mais r&#233;ciproquement, s'il s'est engag&#233; dans cette action, s'il s'est li&#233; avec ces camarades ou attach&#233; &#224; cette morale, c'est parce que la situation historique, les camarades, le monde autour de lui lui paraissaient attendre de lui cette conduite-l&#224;. On pourrait ainsi continuer l'analyse sans fin. Nous choisissons notre monde et le monde nous choisit. Il est s&#251;r en tout cas que jamais nous ne pouvons r&#233;server en nous-m&#234;me un r&#233;duit o&#249; l'&#234;tre ne p&#233;n&#232;tre pas, sans qu'aussit&#244;t, du seul fait qu'elle est v&#233;cue, cette libert&#233; prenne figure d'&#234;tre et devienne motif et appui. Concr&#232;tement prise, la libert&#233; est toujours une rencontre de l'ext&#233;rieur et de l'int&#233;rieur, - m&#234;me la libert&#233; pr&#233;humaine et pr&#233;historique par laquelle nous avons commenc&#233;, - et elle se d&#233;grade sans devenir jamais nulle &#224; mesure que diminue la &lt;i&gt;tol&#233;rance &lt;/i&gt;des donn&#233;es corporelles et institutionnelles de notre vie. Il y a, comme dit Husserl, un &#171; champ de la libert&#233; &#187; et une &#171; libert&#233; conditionn&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fink, Vergegenw&#228;rtigung und Bild, p. 285&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non qu'elle soit absolue dans les limites de ce champ et nulle au dehors, - comme le champ perceptif, celui-ci est sans limites lin&#233;aires, - mais parce que j'ai des possibilit&#233;s prochaines et des possibilit&#233;s lointaines. Nos engagements soutiennent notre puissance et il n 'y a pas de libert&#233; sans quelque puissance. Notre libert&#233;, dit-on, est ou bien totale, ou bien nulle. Ce dilemme est celui de la pens&#233;e objective et de l'analyse r&#233;flexive, sa complice. Si en effet nous nous pla&#231;ons dans l'&#234;tre, il faut n&#233;cessairement que nos actions viennent du dehors, si nous revenons &#224; la conscience constituante, il faut qu'elles viennent du dedans. Mais nous avons justement appris &#224; reconna&#238;tre l'ordre des ph&#233;nom&#232;nes. Nous sommes m&#234;l&#233;s au monde et aux autres dans une confusion inextricable. L'id&#233;e de situation exclut la libert&#233; absolue &#224; l'origine de nos engagements. Elle l'exclut d'ailleurs &#233;galement &#224; leur terme. Aucun engagement. et pas m&#234;me l'engagement dans l'&#201;tat h&#233;g&#233;lien, ne peut me faire d&#233;passer toutes les diff&#233;rences et me rendre libre pour tout. Cette universalit&#233; elle-m&#234;me, du seul fait qu'elle serait v&#233;cue. se d&#233;tacherait comme une particularit&#233; sur le fond du monde, l'existence g&#233;n&#233;ralise et particularise &#224; la fois tout ce qu'elle vise et ne saurait &#234;tre int&#233;grale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synth&#232;se de l'En soi et du Pour soi qui accomplit la libert&#233; h&#233;g&#233;lienne a cependant sa v&#233;rit&#233;. En un sens, c'est la d&#233;finition m&#234;me de l'existence, elle se fait &#224; chaque moment sous nos yeux dans le ph&#233;nom&#232;ne de pr&#233;sence, simplement elle est bient&#244;t &#224; recommencer et ne supprime pas notre finitude. En assumant un pr&#233;sent, je ressaisis et je transforme mon pass&#233;, j'en change le sens, je m'en lib&#232;re, je m'en d&#233;gage. Mais je ne le fais qu'en m'engageant ailleurs. Le traitement psychanalytique ne gu&#233;rit pas en provoquant une prise de conscience du pass&#233;, mais d'abord en liant le sujet &#224; son m&#233;decin par de nouveaux rapports d'existence. Il ne s'agit pas de donner &#224; l'interpr&#233;tation psychanalytique un assentiment scientifique et de d&#233;couvrir un sens notionnel du pass&#233;, il s'agit de le re-vivre comme signifiant ceci ou cela, et le malade n'y parvient qu'en voyant son pass&#233; dans la perspective de sa coexistence avec le m&#233;decin. Le complexe n'est pas dissous par une libert&#233; sans instruments, mais plut&#244;t disloqu&#233; par une nouvelle pulsation du temps qui a ses appuis et ses motifs. Il en est de m&#234;me dans toutes les prises de conscience : elles ne sont effectives que si elles sont port&#233;es par un nouvel engagement. Or cet engagement &#224; son tour se fait dans l'implicite, il n'est donc valable que pour un cycle de temps. Le choix que nous faisons de notre vie a toujours lieu sur la base d'un certain donn&#233;. Ma libert&#233; peut d&#233;tourner ma vie de son sens spontan&#233;, mais par une s&#233;rie de glissements, en l'&#233;pousant d'abord, et non par aucune cr&#233;ation absolue. Toutes les explications de ma conduite par mon pass&#233;, mon temp&#233;rament, mon milieu sont donc vraies, &#224; condition qu'on les consid&#232;re non comme des apports s&#233;parables, mais comme des moments de mon &#234;tre total dont il m'est loisible d'expliciter le sens dans diff&#233;rentes directions, sans qu'on puisse jamais dire si c'est moi qui leur donne leur sens ou si je le re&#231;ois d'eux. Je suis une structure psychologique et historique. J'ai re&#231;u avec l'existence une mani&#232;re d'exister, un style. Toutes mes actions et mes pens&#233;es sont en rapport avec cette structure, et m&#234;me la pens&#233;e d'un philosophe n'est qu'une mani&#232;re d'expliciter sa prise sur le monde, cela qu'il est. Et cependant, je suis libre, non pas en d&#233;pit ou en de&#231;&#224; de ces motivations, mais par leur moyen. Car cette vie signifiante, cette certaine signification de la nature et de l'histoire que je suis, ne limite pas mon acc&#232;s au monde, elle est au contraire mon moyen de communiquer avec lui. C'est en &#233;tant sans restrictions ni r&#233;serves ce que je suis &#224; pr&#233;sent que j'ai chance de progresser, c'est en vivant mon temps que je peux comprendre les autres temps, c'est en m'enfon&#231;ant dans le pr&#233;sent et dans le monde, en assumant r&#233;solument ce que je suis par hasard, en voulant ce que je veux, en faisant ce que je fais que je peux aller au del&#224;. Je ne peux manquer la libert&#233; que si je cherche &#224; d&#233;passer ma situation naturelle et sociale en refusant de l'assumer d'abord, au lieu de rejoindre &#224; travers elle le monde naturel et humain. Rien ne me d&#233;termine du dehors, non que rien ne me sollicite, mais au contraire parce que je suis d'embl&#233;e hors de moi et ouvert au monde. Nous sommes de part en part &lt;i&gt;vrais&lt;/i&gt;, nous avons avec nous, du seul fait que nous sommes au monde, et non pas seulement dans le monde, comme des choses, tout ce qu'il faut pour nous d&#233;passer. Nous n'avons pas &#224; craindre que nos choix ou nos actions restreignent notre libert&#233;, puisque le choix et l'action nous lib&#232;rent seuls de nos ancres. De m&#234;me que la r&#233;flexion emprunte son v&#339;u d'ad&#233;quation absolue &#224; la perception qui fait para&#238;tre une chose, et qu'ainsi l'id&#233;alisme utilise tacitement l'&#171; opinion originaire &#187; qu'il voudrait d&#233;truire comme opinion, de m&#234;me la libert&#233; s'embarrasse dans les contradictions de l'engagement et ne s'aper&#231;oit pas qu'elle ne serait pas libert&#233; sans les racines qu'elle pousse dans le monde. Ferai-je cette promesse ? Risquerai-je ma vie pour si peu ? Donnerai-je ma libert&#233; pour sauver la libert&#233; ? Il n'y a pas de r&#233;ponse th&#233;orique &#224; ces questions. Mais il y a ces &lt;i&gt;choses &lt;/i&gt;qui se pr&#233;sentent, irr&#233;cusables, il y a cette personne aim&#233;e devant toi, il y a ces hommes qui existent esclaves autour de toi et &lt;i&gt;ta &lt;/i&gt;libert&#233; ne peut se vouloir sans sortir de sa singularit&#233; et sans vouloir &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;libert&#233;. Qu'il s'agisse des choses ou des situations historiques, la philosophie n'a pas d'autre fonction que de nous rapprendre &#224; les voir bien, et il est vrai de dire qu'elle se r&#233;alise en se d&#233;truisant comme philosophie s&#233;par&#233;e. Mais c'est ici qu'il faut se taire car seul le h&#233;ros vit jusqu'au bout sa relation aux hommes et au monde, et il ne convient pas qu'un autre parle en son nom. &#171; Ton fils est pris dans l'incendie, tu le sauveras&#8230;Tu vendrais, s'il est un obstacle, ton &#233;paule contre un coup d'&#233;paule. Tu loges dans ton acte m&#234;me. Ton acte, c'est toi... Tu t'&#233;changes... Ta signification se montre, &#233;blouissante. C'est ton devoir, c'est ta haine, c'est ton amour, c'est ta fid&#233;lit&#233;, c'est ton invention... L 'homme n'est qu'un n&#339;ud de relations, les relations comptent seules pour l'homme. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. DE SAINT-EXUP&#201;RY, Pilote de Guerre, pp. 171 et 174.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fink, &lt;i&gt;Vergegenw&#228;rtigung und Bild&lt;/i&gt;, p. 285&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. DE SAINT-EXUP&#201;RY, &lt;i&gt;Pilote de Guerre&lt;/i&gt;, pp. 171 et 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maurice Merleau-Ponty, &lt;strong&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll. &#034;TEL&#034;, pp.517-520&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je n'ai pas choisi de na&#238;tre, et, une fois que je suis n&#233;, le temps fuse &#224; travers moi, quoi que je fasse .</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Je-n-ai-pas-choisi-de-naitre-et</link>
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		<dc:date>2003-08-10T08:48:13Z</dc:date>
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		<dc:creator>Merleau-Ponty, Maurice</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Rien n'est faux de ce qu'on dit du sujet : il est vrai que le sujet comme pr&#233;sence absolue &#224; soi est rigoureusement ind&#233;clinable, et que rien ne saurait lui advenir dont il ne porte en lui-m&#234;me l'esquisse ; il est vrai aussi qu'il se donne des embl&#232;mes de lui-m&#234;me dans la succession et dans la multiplicit&#233;, et que ces embl&#232;mes sont lui, puisque sans eux il serait comme un cri inarticul&#233; et ne parviendrait pas m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-mot94-+" rel="tag"&gt;je&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-mot108-+" rel="tag"&gt;un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-unite-+" rel="tag"&gt;unit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Heidegger-111-+" rel="tag"&gt;Heidegger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Merleau-Ponty-112-+" rel="tag"&gt;Merleau-Ponty&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Sartre-113-+" rel="tag"&gt;Sartre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Husserl-+" rel="tag"&gt;Husserl&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien n'est faux de ce qu'on dit du sujet : il est vrai que le sujet comme pr&#233;sence absolue &#224; soi est rigoureusement ind&#233;clinable, et que rien ne saurait lui advenir dont il ne porte en lui-m&#234;me l'esquisse ; il est vrai aussi qu'il se donne des embl&#232;mes de lui-m&#234;me dans la succession et dans la multiplicit&#233;, et que ces embl&#232;mes sont lui, puisque sans eux il serait comme un cri inarticul&#233; et ne parviendrait pas m&#234;me &#224; la conscience de soi. Ce que nous appelions provisoirement synth&#232;se passive trouve ici son &#233;claircissement. Une synth&#232;se passive est contradictoire si la synth&#232;se est composition. et si la passivit&#233; consiste &#224; recevoir une multiplicit&#233; au lieu de la composer. On voulait dire, en parlant de synth&#232;se passive, que le multiple est p&#233;n&#233;tr&#233; par nous et que, cependant, ce n'est pas nous qui en effectuons la synth&#232;se. Or la temporalisation, par sa nature m&#234;me, satisfait &#224; ces deux conditions : il est visible, en effet, que je ne suis pas l'auteur du temps, pas plus que des battements de mon c&#339;ur, ce n'est pas moi qui prends l'initiative de la temporalisation ; je n'ai pas choisi de na&#238;tre, et, une fois que je suis n&#233;, le temps fuse &#224; travers moi, quoi que je fasse. Et cependant ce jaillissement du temps n'est pas un simple fait que je subis, je peux trouver en lui un recours contre lui-m&#234;me, comme il arrive dans une d&#233;cision qui m'engage ou dans un acte de fixation conceptuelle. Il m'arrache &#224; ce que j'allais &#234;tre, mais me donne en m&#234;me temps le moyen de me saisir &#224; distance et de me r&#233;aliser comme moi. Ce qu'on appelle la passivit&#233; n'est pas la r&#233;ception par nous d'une r&#233;alit&#233; &#233;trang&#232;re ou l'action causale du dehors sur nous : c'est un investissement, un &#234;tre en situation, avant lequel nous n'existons pas, que. nous recommen&#231;ons perp&#233;tuellement et qui est constitutif de nous-m&#234;mes. Une spontan&#233;it&#233; &#171; acquise &#187; une fois pour toutes et qui &#171; se perp&#233;tue &#224; l' &#234;tre en vertu de l'acquis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-P. SARTRE, L'&#202;tre et le N&#233;ant, p. 195. L'auteur ne mentionne ce monstre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , c'est exactement le temps et c'est exactement la subjectivit&#233;. C'est le temps, puisque un temps qui n'aurait pas ses racines dans un pr&#233;sent et par l&#224; dans un pass&#233; ne serait plus temps, mais &#233;ternit&#233;. Le temps historique de Heidegger, qui coule de l'avenir et qui, par la d&#233;cision r&#233;solue, &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; d'avance son avenir et se sauve une fois pour toutes de la dispersion, est impossible selon la pens&#233;e m&#234;me de Heidegger : car, si, le temps est une &lt;i&gt;ek-stase, &lt;/i&gt;si pr&#233;sent et pass&#233; sont deux r&#233;sultats de cette extase, comment cesserions-nous tout &#224; fait de voir le temps du point de vue du pr&#233;sent, et comment sortirions-nous d&#233;finitivement de l'inauthentique ? C'est toujours dans le pr&#233;sent que nous sommes centr&#233;s, c'est de lui que partent nos d&#233;cisions ; elles peuvent donc toujours &#234;tre mises en rapport avec notre pass&#233;, elles ne sont jamais sans motif et, si elles ouvrent dans notre vie un cycle qui peut &#234;tre enti&#232;rement neuf, elles doivent &#234;tre reprises dans la suite, elles ne nous sauvent de la dispersion que pour un temps. Il ne peut donc pas &#234;tre question de d&#233;duire le temps de la spontan&#233;it&#233;. Nous ne sommes pas temporels &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; nous sommes spontan&#233;s et que, comme consciences, nous nous arrachons &#224; nous-m&#234;mes, mais au contraire le temps est le fondement et la mesure de notre spontan&#233;it&#233;, la puissance de passer outre et de &#171; n&#233;antiser &#187; qui nous habite, qui est nous-m&#234;mes, nous est elle-m&#234;me donn&#233;e avec la temporalit&#233; et avec la vie. Notre naissance, ou, comme dit Husserl dans ses in&#233;dits, notre &#171; g&#233;n&#233;rativit&#233; &#187; fonde &#224; la fois notre activit&#233; ou notre individualit&#233;, et notre passivit&#233; ou notre g&#233;n&#233;ralit&#233;, cette faiblesse interne qui nous emp&#234;che d'obtenir jamais la densit&#233; d'un individu absolu. Nous ne sommes pas, d'une mani&#232;re incompr&#233;hensible, une activit&#233; jointe &#224; une passivit&#233;, un automatisme surmont&#233; d'une volont&#233;, une perception d'un jugement, mais tout actifs et tout passifs, parce que nous sommes le surgissement du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.-P. SARTRE, &lt;i&gt;L'&#202;tre et le N&#233;ant&lt;/i&gt;, p. 195. L'auteur ne mentionne ce monstre que pour en rejeter l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maurice Merleau-Ponty, &lt;strong&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll &#034;TEL&#034;, pp.488-489&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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