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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Guerre et propri&#233;t&#233; </title>
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		<dc:creator>Simonnot, Philippe</dc:creator>


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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
LE DROIT DE LA GUERRE ET DE LA PAIX (De jure pacis et belli) de Hugo Grotius. Traduit du latin par P. Pradier-Fod&#233;r&#233;, PUF, 868 p., 268 F (40,86 euros). &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'il puisse exister des guerres justes, voil&#224; une question dont il n'est pas besoin de souligner l'actualit&#233;. Or c'est exactement ce que se demande Hugo Grotius dans son c&#233;l&#232;bre De jure pacis et belli. D&#232;s les premi&#232;res pages de cet ouvrage fondateur du droit international, nous sommes invit&#233;s &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Grotius-" rel="directory"&gt;Grotius&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-guerre-+" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Grotius-33-+" rel="tag"&gt;Grotius&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-droit-+" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-propriete-+" rel="tag"&gt;propri&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DROIT DE LA GUERRE ET DE LA PAIX (De jure pacis et belli) de Hugo Grotius. Traduit du latin par P. Pradier-Fod&#233;r&#233;, PUF, 868 p., 268 F (40,86 euros).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'il puisse exister des guerres justes, voil&#224; une question dont il n'est pas besoin de souligner l'actualit&#233;. Or c'est exactement ce que se demande Hugo Grotius dans son c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;De jure pacis et belli.&lt;/i&gt; D&#232;s les premi&#232;res pages de cet ouvrage fondateur du droit international, nous sommes invit&#233;s &lt;i&gt;&#171; &#224; rechercher d'abord s'il y a quelque guerre qui soit juste, et ensuite ce qu'il y a de juste dans la guerre &#187;&lt;/i&gt;. Paru en 1625 et d&#233;di&#233; &#224; Louis XIII, &lt;i&gt;&#171; le plus &#233;minent des Rois &#187;&lt;/i&gt;, le trait&#233; sera traduit du latin en fran&#231;ais une premi&#232;re fois d'une mani&#232;re assez libre et plut&#244;t fallacieuse par J. de Barbeyrac en 1724. La version de Pradier-Fod&#233;r&#233;, publi&#233;e en 1867, est plus fid&#232;le. Mais elle &#233;tait devenue introuvable. La voici r&#233;&#233;dit&#233;e aujourd'hui telle quelle. Un &#233;norme volume de 868 pages. On regrettera l'absence de tout index, m&#234;me si Grotius a l'art d'ouvrir chaque chapitre par un r&#233;sum&#233; succinct. Une pr&#233;face introductive sur l'auteur aurait &#233;t&#233; elle aussi bienvenue. Mais on sait combien les temps sont durs pour les &#233;diteurs de ce genre d'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons donc que, n&#233; &#224; Delft en 1583, Grotius s'est r&#233;v&#233;l&#233; enfant prodige d&#232;s ses premi&#232;res ann&#233;es. &#192; onze ans, ce surdou&#233;, comme on dirait aujourd'hui, entre &#224; l'universit&#233; de Leyde. &#192; quinze, lors d'une mission en France, il est remarqu&#233; par Henri IV, qui le surnomme le &lt;i&gt;&#171; miracle de Hollande &#187;&lt;/i&gt;. &#192; seize ans, il publie son premier ouvrage de philosophie, faisant d&#233;monstration d'une immense &#233;rudition. En 1607, le voici &lt;i&gt;&#171; agent g&#233;n&#233;ral du fisc &#187;&lt;/i&gt; pr&#232;s la cour de Hollande. Ensuite, conseiller de la Compagnie n&#233;erlandaise des Indes orientales, il m&#232;ne une vie mondaine et aventureuse. N'h&#233;sitant pas &#224; prendre fait et cause dans les querelles qui divisent son pays, il conna&#238;tra la prison politique et l'exil. &#192; la suite d'un naufrage en vue de la c&#244;te de Pom&#233;ranie, il meurt &#224; Rostock le 28 ao&#251;t 1645, laissant une &#339;uvre gigantesque de philosophe et de juriste dont l'influence demeure encore aujourd'hui consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux traductions fran&#231;aises du &lt;i&gt;De jure&lt;/i&gt;, l'ordre du titre a &#233;t&#233; invers&#233;, la guerre venant en premier, la paix en second. La cohabitation de la paix et du droit ne surprendra pas le vulgaire. Mais que la guerre puisse se soumettre au droit, voil&#224; qui &#233;tonne peut-&#234;tre plus encore aujourd'hui qu'au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle. D'o&#249; la notion de guerre juste. Mais qu'est-ce qui est juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La nature ne peut distinguer ce qui est injuste de ce qui est juste &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Horace&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horace, livre I, satire 3, vers 113&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant que th&#233;oricien du droit naturel, Grotius s'inscrit &#233;videmment en faux contre cette assertion du po&#232;te latin. Animal d'une nature sup&#233;rieure, l'homme a besoin de vivre avec les &#234;tres de son esp&#232;ce dans un &lt;i&gt;&#171; &#233;tat paisible organis&#233; suivant les donn&#233;es de son intelligence &#187;&lt;/i&gt;. Ce &lt;i&gt;&#171; soin de la vie sociale &#187;&lt;/i&gt; est pour Grotius la source du droit proprement dit. Certes, il existe d'autres sources, telles la volont&#233; de Dieu ou la volont&#233; humaine, mais les droits positifs qui en sont issus ne peuvent entrer en contradiction avec le droit naturel, c'est-&#224;-dire conforme &#224; la nature humaine - droit immuable, commun &#224; toutes les &#233;poques et &#224; toutes les r&#233;gions du monde. M&#234;me les brigands, selon un paradoxe d&#233;j&#224; mis en avant par Aristote, puis Chrysostome, recourent entre eux au droit pour partager leur butin. Il s'ensuit cette d&#233;finition canonique : &lt;i&gt;&#171; Le droit naturel est une r&#232;gle que nous sugg&#232;re la droite raison, qui nous fait conna&#238;tre qu'une action, suivant qu'elle est ou non conforme &#224; la nature raisonnable, est entach&#233;e de difformit&#233; morale, ou qu'elle est moralement n&#233;cessaire&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Notons tout de suite que, selon le droit naturel, &#224; suivre Grotius, un p&#232;re peut vendre son fils &lt;i&gt;&#171; du moment o&#249; il n'a pas d'autre moyen de le nourrir &#187;&lt;/i&gt;, que la femme est sous la garde de son mari, et que, s'il est permis &#224; tout homme de se r&#233;duire en esclavage au profit de qui bon lui semble (&lt;i&gt;&#171; ainsi que cela ressort de la loi h&#233;bra&#239;que &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Grotius), on ne voit pas ce qui emp&#234;cherait un peuple d'en faire autant. O&#249; l'on v&#233;rifie une fois encore que le jusnaturalisme sert &#224; justifier tout ce que l'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons : ce que nous sugg&#232;re la droite raison, c'est que le premier devoir est &lt;i&gt;&#171; de se conserver en l'&#233;tat o&#249; la nature vous a mis &#187;&lt;/i&gt;. Une guerre sera dite juste si son but est d'assurer la conservation de sa vie et de son corps, de conserver ou d'acqu&#233;rir les choses utiles &#224; l'existence. La d&#233;finition de la guerre juste implique donc au moins une d&#233;finition de la propri&#233;t&#233;. Or, contrairement &#224; ce que pensent nombre de th&#233;oriciens lib&#233;raux aujourd'hui, le droit de propri&#233;t&#233; n'est pas pour Grotius un droit naturel. En effet, aussit&#244;t apr&#232;s la cr&#233;ation du monde, Dieu conf&#233;ra au genre humain un droit g&#233;n&#233;ral sur les choses. Mais la pression d&#233;mographique, ajout&#233;e &#224; l'ambition des hommes qui ne se contentaient plus de se nourrir des fruits des arbres et de vivre nus &lt;i&gt;&#171; comme des sauvages &#187;&lt;/i&gt;, obligea &#224; partager les terres et &#224; d&#233;finir le droit de propri&#233;t&#233; &#224; la suite d'une convention expresse ou tacite. Le droit de propri&#233;t&#233; est donc issu de la volont&#233; humaine, mais du moment o&#249; il est introduit, &lt;i&gt;&#171; c'est le droit naturel lui-m&#234;me, &lt;/i&gt;indique Grotius,&lt;i&gt; qui m'apprend que c'est un crime pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;moi de m'emparer, contre ton gr&#233;, de ce qui est l'objet de ta propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Dans certaines circonstances (une pressante n&#233;cessit&#233;, une famine g&#233;n&#233;ralis&#233;e), il est permis de revenir au &lt;i&gt;&#171; droit ancien de se servir des choses comme si elles &#233;taient demeur&#233;es communes &#187;&lt;/i&gt;. Ici prend place un raisonnement qui rappelle &#233;trangement la &lt;i&gt;&#171; position originelle &#187;&lt;/i&gt; de John Rawls (qui pourtant ne cite pas une seule fois Grotius dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie de la justice&lt;/i&gt;) : &lt;i&gt;&#171; les biens ne paraissent avoir &#233;t&#233; distribu&#233;s &#224; des propri&#233;taires que sous la r&#233;serve favorable d'un retour au droit primitif ; si, en effet, les premiers distributeurs avaient &#233;t&#233; interrog&#233;s sur ce qu'ils pensaient &#224; cet &#233;gard, ils auraient r&#233;pondu ce que nous disons. &#034;La n&#233;cessit&#233;, dit S&#233;n&#232;que le p&#232;re, qui est la grande justification de la faiblesse humaine, an&#233;antit toute loi.&#034; &#187;&lt;/i&gt; Mais ne pourrait-on pas en dire autant des pr&#233;tendues lois de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place manque ici pour rendre compte des autres sujets trait&#233;s par le &lt;i&gt;De jure,&lt;/i&gt; notamment la souverainet&#233;, le droit familial, le droit des gens (&lt;i&gt;jus gentium). &lt;/i&gt;Mais le c&#339;ur de l'ouvrage est bien cette question de la guerre et de la propri&#233;t&#233;, avec les int&#233;ressantes contradictions que lui impose l'option jusnaturaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horace, &lt;i&gt;livre I&lt;/i&gt;, satire 3, vers 113&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt;, le 1er octobre 1999&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'art de la guerre est un art naturel</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-art-de-la-guerre-est-un-art</link>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
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		<dc:subject>finalit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Les plantes existent pour les animaux et les animaux pour l'homme, les animaux domestiques pour le travail qu'il en tire et la nourriture, les animaux sauvages, sinon tous du moins la plupart, pour sa nourriture et pour d'autres secours puisqu'il en tire v&#234;tements et autres instruments. Si donc la nature ne fait rien d'inachev&#233; ni rien en vain, il est n&#233;cessaire que ce soit pour les hommes que la nature ait fait tout cela. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-guerre-+" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-nature-+" rel="tag"&gt;nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-finalite-+" rel="tag"&gt;finalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les plantes existent pour les animaux et les animaux pour l'homme, les animaux domestiques pour le travail qu'il en tire et la nourriture, les animaux sauvages, sinon tous du moins la plupart, pour sa nourriture et pour d'autres secours puisqu'il en tire v&#234;tements et autres instruments. Si donc la nature ne fait rien d'inachev&#233; ni rien en vain, il est n&#233;cessaire que ce soit pour les hommes que la nature ait fait tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, en un sens, l'art de la guerre est un art naturel d'acquisition, car l'art de la chasse est une partie de cet art : nous devons y avoir recours &#224; l'&#233;gard des b&#234;tes et de ceux des hommes qui &#233;tant n&#233;s pour &#234;tre command&#233;s n'y consentent pas, parce que cette guerre-l&#224; est juste par nature. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;strong&gt;Les Politiques&lt;/strong&gt;, I, 8, 11-12 (1256b15-25)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



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