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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La &#171; guerre juste &#187; contre le terrorisme </title>
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		<dc:creator>Ferenczi, Thomas </dc:creator>


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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt; Nombreux sont ceux qui s'&#233;tonnent, notamment dans le monde musulman, de la disproportion entre l'immense &#233;motion provoqu&#233;e en Occident par les attentats de New York et de Washington et la relative indiff&#233;rence avec laquelle sont ou ont &#233;t&#233; accueillis les bombardements am&#233;ricains sur l'Irak, la f&#233;roce r&#233;pression des Russes en Tch&#233;tch&#233;nie ou les actions violentes d'Isra&#235;l en Palestine. D'un c&#244;t&#233;, un deuil mondial pour saluer les victimes du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Thomas-d-Aquin-70-+" rel="tag"&gt;Thomas d'Aquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui s'&#233;tonnent, notamment dans le monde musulman, de la disproportion entre l'immense &#233;motion provoqu&#233;e en Occident par les attentats de New York et de Washington et la relative indiff&#233;rence avec laquelle sont ou ont &#233;t&#233; accueillis les bombardements am&#233;ricains sur l'Irak, la f&#233;roce r&#233;pression des Russes en Tch&#233;tch&#233;nie ou les actions violentes d'Isra&#235;l en Palestine. D'un c&#244;t&#233;, un deuil mondial pour saluer les victimes du terrorisme exerc&#233; par une poign&#233;e d'extr&#233;mistes islamistes ; de l'autre, l'approbation ou, au mieux, une r&#233;probation mesur&#233;e face aux attaques qui ont frapp&#233; ou frappent encore cruellement des masses musulmanes. Deux poids, deux mesures : &#224; New York et &#224; Washington, des op&#233;rations de kamikazes marqu&#233;es du sceau d'une totale ill&#233;gitimit&#233; aux yeux des gouvernements et des publics occidentaux ; &#224; Bagdad, Grozny ou Ramallah, des raids meurtriers men&#233;s par les Am&#233;ricains, les Russes ou les Isra&#233;liens qui apparaissent, m&#234;me lorsqu'ils sont critiqu&#233;s en Occident, au moins partiellement justifi&#233;s. &lt;br /&gt;
Cette discrimination jug&#233;e choquante entre un terrorisme totalement condamnable et un &lt;i&gt;&#034; terrorisme&#034;&lt;/i&gt; en partie excusable renvoie &#224; une vieille probl&#233;matique, qu'il importe de rappeler si l'on veut tenter de fixer quelques rep&#232;res dans un domaine aussi complexe : celle des guerres justes et des guerres injustes. &#192; tort ou &#224; raison, une majorit&#233; de l'opinion non musulmane estime que les attentats de New York et de Washington appartiennent &#224; la seconde cat&#233;gorie, celle des guerres injustes, alors que la guerre du Golfe relevait plut&#244;t de la premi&#232;re, celle des guerres justes, et que les actes de r&#233;pression men&#233;s en Palestine ou en Tch&#233;tch&#233;nie se situent sans doute entre les deux. &lt;br /&gt;
Comme le rappelle le philosophe am&#233;ricain Christopher W. Morris dans le &lt;i&gt;Dictionnaire d'&#233;thique et de philosophie morale&lt;/i&gt; dirig&#233; par Monique Canto-Sperber (PUF, 1996), il y a trois fa&#231;ons de consid&#233;rer la guerre au regard de la justice. L'une tient toutes les guerres pour injustes : c'est le pacifisme. L'autre, qui se r&#233;clame du r&#233;alisme, soutient qu'il n'y a pas de guerre injuste parce que, pour citer le &lt;i&gt;L&#233;viathan&lt;/i&gt; de Hobbes, &lt;i&gt;&#034;l&#224; o&#249; il n'est pas de loi, il n'est pas d'injustice&#034;&lt;/i&gt;. La troisi&#232;me, enfin, pense que certaines guerres sont justifi&#233;es et d'autres non : spontan&#233;ment, la plus grande partie de l'opinion mondiale para&#238;t acquise &#224; cette id&#233;e, qu'ont d&#233;velopp&#233;e, entre autres, chacun &#224; sa mani&#232;re, saint Augustin, saint Thomas d'Aquin ou Grotius. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;JUGEMENTS DE VALEUR&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'affrontement entre les terroristes islamistes et les &#201;tats-Unis est entr&#233;, selon George W. Bush lui-m&#234;me, dans une logique de guerre, et quelles que soient les r&#233;serves que suscite l'emploi de ce terme, il peut &#234;tre utile d'appliquer aux r&#233;cents attentats et &#224; la riposte qu'ils pourraient entra&#238;ner la grille de lecture offerte par les doctrines des guerres justes et injustes. &lt;br /&gt;
Qu'est-ce qu'une guerre juste ? C'est, selon Christopher W. Morris, une guerre &lt;i&gt;&#034;men&#233;e pour de bonnes raisons, avec de bons moyens&#034;&lt;/i&gt;. Tout d&#233;pend, bien s&#251;r, de ce que chacun consid&#232;re comme de &lt;i&gt;&#034;bonnes&#034;&lt;/i&gt; raisons et de &lt;i&gt;&#034;bons&#034;&lt;/i&gt; moyens. C'est l&#224; qu'interviennent les jugements de valeur propres &#224; chaque camp. Une guerre juste, pr&#233;cise encore Christopher W. Morris, doit r&#233;pondre &#224; six conditions. Elle doit 1. &#234;tre d&#233;clar&#233;e par une &lt;i&gt;&#034;autorit&#233; comp&#233;tente&#034;&lt;/i&gt; ; 2. servir une &lt;i&gt;&#034;juste cause&lt;/i&gt;&#034; ; 3. r&#233;pondre &#224; une &lt;i&gt;&#034;intention juste&lt;/i&gt;&#034; ; 4. utiliser des moyens &lt;i&gt;&#034;proportionn&#233;s&lt;/i&gt;&#034; aux fins ; 5. offrir un &lt;i&gt;&#034;espoir raisonnable de succ&#232;s&lt;/i&gt;&#034; ; 6. constituer &lt;i&gt;&#034;le dernier recours&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;IL N'Y &#192; PAS D'INNOCENTS&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fini souvent comme la guerre du pauvre, le terrorisme se distingue de la guerre proprement dite non seulement par sa moindre ampleur mais aussi par son refus des r&#232;gles qui pourraient justifier, selon les crit&#232;res &#233;nonc&#233;s par Christopher W. Morris, ses actions violentes. Il n'y a pas beaucoup de sens &#224; se demander si une op&#233;ration terroriste est lanc&#233;e par une &lt;i&gt;&#034;autorit&#233; comp&#233;tente&#034;&lt;/i&gt;, si ses moyens sont &lt;i&gt;&#034;proportionn&#233;s&#034; &lt;/i&gt;&#224; ses fins ou si elle repose sur un &lt;i&gt;&#034;espoir raisonnable de succ&#232;s&#034;&lt;/i&gt;. En revanche, on peut appr&#233;cier si elle est au service d'une juste cause ou encore si elle intervient en dernier recours. De ce point de vue, sauf &#224; renoncer au combat pour les droits de l'homme, il est permis de consid&#233;rer que les principes d&#233;fendus par les int&#233;gristes musulmans et mis en &#339;uvre par les talibans en Afghanistan ne correspondent pas &#224; notre id&#233;e de la justice, qu'incarnent mieux, en d&#233;pit de leurs d&#233;fauts, les d&#233;mocraties occidentales. Quant &#224; la lutte des nations du tiers-monde contre la domination de l'Occident, aussi l&#233;gitime puisse-t-elle &#234;tre, il est, &#224; l'&#233;vidence, d'autres moyens pour la conduire que la pratique de la terreur. &lt;br /&gt;
Mais ce qui caract&#233;rise surtout le terrorisme et qui le rend inacceptable au regard de la philosophie morale est qu'il prend pour cible les non-combattants. Dans le langage des sp&#233;cialistes, le terrorisme refuse le principe de discrimination, qui impose aux bellig&#233;rants d'&#233;pargner, autant qu'il est possible, les populations civiles, tenues a priori pour innocentes. Certes la guerre juste n'exclut pas la mort de non-combattants, mais elle implique que celle-ci ne soit pas intentionnelle ou qu'elle soit, comme on dit aujourd'hui, un effet collat&#233;ral d'une action qui, elle, vise un objectif strat&#233;gique. Les terroristes, par principe, ne se soucient nullement de cette distinction. &lt;br /&gt;
Il est vrai qu'ils d&#233;fendent leur position en affirmant que leurs victimes ne sont pas aussi innocentes qu'elles paraissent. L'anarchiste Emile Henry, apr&#232;s avoir pos&#233; une bombe dans un caf&#233; parisien, en 1894, s'&#233;tait ainsi &#233;cri&#233; : &lt;i&gt;&#034;Il n'y a pas d'innocents.&#034;&lt;/i&gt; Pareillement les occupants des deux tours du World Trade Center et du Pentagone pourraient, selon ce raisonnement, &#234;tre tenus pour complices des m&#233;faits de la toute-puissance &#233;conomique et militaire des &#201;tats-Unis. Autre argument classique, celui du &lt;i&gt;&#034;cons&#233;quentialisme&#034;&lt;/i&gt;, autrement dit de la th&#233;orie selon laquelle la fin justifie les moyens. Pauvres plaidoyers, en d&#233;finitive, dont il n'est pas difficile de souligner les faiblesses. &lt;br /&gt;
Il reste que la doctrine de la guerre juste ne permet pas seulement de condamner sans r&#233;serve les actions terroristes, c'est aussi &#224; l'aune de ses crit&#232;res que devra &#234;tre jug&#233;e la &lt;i&gt;&#034;croisade&#034;&lt;/i&gt; voulue par George W. Bush. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le Monde, 20 septembre 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Guerre et propri&#233;t&#233; </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simonnot, Philippe</dc:creator>


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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
LE DROIT DE LA GUERRE ET DE LA PAIX (De jure pacis et belli) de Hugo Grotius. Traduit du latin par P. Pradier-Fod&#233;r&#233;, PUF, 868 p., 268 F (40,86 euros). &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'il puisse exister des guerres justes, voil&#224; une question dont il n'est pas besoin de souligner l'actualit&#233;. Or c'est exactement ce que se demande Hugo Grotius dans son c&#233;l&#232;bre De jure pacis et belli. D&#232;s les premi&#232;res pages de cet ouvrage fondateur du droit international, nous sommes invit&#233;s &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DROIT DE LA GUERRE ET DE LA PAIX (De jure pacis et belli) de Hugo Grotius. Traduit du latin par P. Pradier-Fod&#233;r&#233;, PUF, 868 p., 268 F (40,86 euros).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'il puisse exister des guerres justes, voil&#224; une question dont il n'est pas besoin de souligner l'actualit&#233;. Or c'est exactement ce que se demande Hugo Grotius dans son c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;De jure pacis et belli.&lt;/i&gt; D&#232;s les premi&#232;res pages de cet ouvrage fondateur du droit international, nous sommes invit&#233;s &lt;i&gt;&#171; &#224; rechercher d'abord s'il y a quelque guerre qui soit juste, et ensuite ce qu'il y a de juste dans la guerre &#187;&lt;/i&gt;. Paru en 1625 et d&#233;di&#233; &#224; Louis XIII, &lt;i&gt;&#171; le plus &#233;minent des Rois &#187;&lt;/i&gt;, le trait&#233; sera traduit du latin en fran&#231;ais une premi&#232;re fois d'une mani&#232;re assez libre et plut&#244;t fallacieuse par J. de Barbeyrac en 1724. La version de Pradier-Fod&#233;r&#233;, publi&#233;e en 1867, est plus fid&#232;le. Mais elle &#233;tait devenue introuvable. La voici r&#233;&#233;dit&#233;e aujourd'hui telle quelle. Un &#233;norme volume de 868 pages. On regrettera l'absence de tout index, m&#234;me si Grotius a l'art d'ouvrir chaque chapitre par un r&#233;sum&#233; succinct. Une pr&#233;face introductive sur l'auteur aurait &#233;t&#233; elle aussi bienvenue. Mais on sait combien les temps sont durs pour les &#233;diteurs de ce genre d'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons donc que, n&#233; &#224; Delft en 1583, Grotius s'est r&#233;v&#233;l&#233; enfant prodige d&#232;s ses premi&#232;res ann&#233;es. &#192; onze ans, ce surdou&#233;, comme on dirait aujourd'hui, entre &#224; l'universit&#233; de Leyde. &#192; quinze, lors d'une mission en France, il est remarqu&#233; par Henri IV, qui le surnomme le &lt;i&gt;&#171; miracle de Hollande &#187;&lt;/i&gt;. &#192; seize ans, il publie son premier ouvrage de philosophie, faisant d&#233;monstration d'une immense &#233;rudition. En 1607, le voici &lt;i&gt;&#171; agent g&#233;n&#233;ral du fisc &#187;&lt;/i&gt; pr&#232;s la cour de Hollande. Ensuite, conseiller de la Compagnie n&#233;erlandaise des Indes orientales, il m&#232;ne une vie mondaine et aventureuse. N'h&#233;sitant pas &#224; prendre fait et cause dans les querelles qui divisent son pays, il conna&#238;tra la prison politique et l'exil. &#192; la suite d'un naufrage en vue de la c&#244;te de Pom&#233;ranie, il meurt &#224; Rostock le 28 ao&#251;t 1645, laissant une &#339;uvre gigantesque de philosophe et de juriste dont l'influence demeure encore aujourd'hui consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux traductions fran&#231;aises du &lt;i&gt;De jure&lt;/i&gt;, l'ordre du titre a &#233;t&#233; invers&#233;, la guerre venant en premier, la paix en second. La cohabitation de la paix et du droit ne surprendra pas le vulgaire. Mais que la guerre puisse se soumettre au droit, voil&#224; qui &#233;tonne peut-&#234;tre plus encore aujourd'hui qu'au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle. D'o&#249; la notion de guerre juste. Mais qu'est-ce qui est juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La nature ne peut distinguer ce qui est injuste de ce qui est juste &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Horace&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Horace, livre I, satire 3, vers 113&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant que th&#233;oricien du droit naturel, Grotius s'inscrit &#233;videmment en faux contre cette assertion du po&#232;te latin. Animal d'une nature sup&#233;rieure, l'homme a besoin de vivre avec les &#234;tres de son esp&#232;ce dans un &lt;i&gt;&#171; &#233;tat paisible organis&#233; suivant les donn&#233;es de son intelligence &#187;&lt;/i&gt;. Ce &lt;i&gt;&#171; soin de la vie sociale &#187;&lt;/i&gt; est pour Grotius la source du droit proprement dit. Certes, il existe d'autres sources, telles la volont&#233; de Dieu ou la volont&#233; humaine, mais les droits positifs qui en sont issus ne peuvent entrer en contradiction avec le droit naturel, c'est-&#224;-dire conforme &#224; la nature humaine - droit immuable, commun &#224; toutes les &#233;poques et &#224; toutes les r&#233;gions du monde. M&#234;me les brigands, selon un paradoxe d&#233;j&#224; mis en avant par Aristote, puis Chrysostome, recourent entre eux au droit pour partager leur butin. Il s'ensuit cette d&#233;finition canonique : &lt;i&gt;&#171; Le droit naturel est une r&#232;gle que nous sugg&#232;re la droite raison, qui nous fait conna&#238;tre qu'une action, suivant qu'elle est ou non conforme &#224; la nature raisonnable, est entach&#233;e de difformit&#233; morale, ou qu'elle est moralement n&#233;cessaire&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Notons tout de suite que, selon le droit naturel, &#224; suivre Grotius, un p&#232;re peut vendre son fils &lt;i&gt;&#171; du moment o&#249; il n'a pas d'autre moyen de le nourrir &#187;&lt;/i&gt;, que la femme est sous la garde de son mari, et que, s'il est permis &#224; tout homme de se r&#233;duire en esclavage au profit de qui bon lui semble (&lt;i&gt;&#171; ainsi que cela ressort de la loi h&#233;bra&#239;que &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Grotius), on ne voit pas ce qui emp&#234;cherait un peuple d'en faire autant. O&#249; l'on v&#233;rifie une fois encore que le jusnaturalisme sert &#224; justifier tout ce que l'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons : ce que nous sugg&#232;re la droite raison, c'est que le premier devoir est &lt;i&gt;&#171; de se conserver en l'&#233;tat o&#249; la nature vous a mis &#187;&lt;/i&gt;. Une guerre sera dite juste si son but est d'assurer la conservation de sa vie et de son corps, de conserver ou d'acqu&#233;rir les choses utiles &#224; l'existence. La d&#233;finition de la guerre juste implique donc au moins une d&#233;finition de la propri&#233;t&#233;. Or, contrairement &#224; ce que pensent nombre de th&#233;oriciens lib&#233;raux aujourd'hui, le droit de propri&#233;t&#233; n'est pas pour Grotius un droit naturel. En effet, aussit&#244;t apr&#232;s la cr&#233;ation du monde, Dieu conf&#233;ra au genre humain un droit g&#233;n&#233;ral sur les choses. Mais la pression d&#233;mographique, ajout&#233;e &#224; l'ambition des hommes qui ne se contentaient plus de se nourrir des fruits des arbres et de vivre nus &lt;i&gt;&#171; comme des sauvages &#187;&lt;/i&gt;, obligea &#224; partager les terres et &#224; d&#233;finir le droit de propri&#233;t&#233; &#224; la suite d'une convention expresse ou tacite. Le droit de propri&#233;t&#233; est donc issu de la volont&#233; humaine, mais du moment o&#249; il est introduit, &lt;i&gt;&#171; c'est le droit naturel lui-m&#234;me, &lt;/i&gt;indique Grotius,&lt;i&gt; qui m'apprend que c'est un crime pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;moi de m'emparer, contre ton gr&#233;, de ce qui est l'objet de ta propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Dans certaines circonstances (une pressante n&#233;cessit&#233;, une famine g&#233;n&#233;ralis&#233;e), il est permis de revenir au &lt;i&gt;&#171; droit ancien de se servir des choses comme si elles &#233;taient demeur&#233;es communes &#187;&lt;/i&gt;. Ici prend place un raisonnement qui rappelle &#233;trangement la &lt;i&gt;&#171; position originelle &#187;&lt;/i&gt; de John Rawls (qui pourtant ne cite pas une seule fois Grotius dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie de la justice&lt;/i&gt;) : &lt;i&gt;&#171; les biens ne paraissent avoir &#233;t&#233; distribu&#233;s &#224; des propri&#233;taires que sous la r&#233;serve favorable d'un retour au droit primitif ; si, en effet, les premiers distributeurs avaient &#233;t&#233; interrog&#233;s sur ce qu'ils pensaient &#224; cet &#233;gard, ils auraient r&#233;pondu ce que nous disons. &#034;La n&#233;cessit&#233;, dit S&#233;n&#232;que le p&#232;re, qui est la grande justification de la faiblesse humaine, an&#233;antit toute loi.&#034; &#187;&lt;/i&gt; Mais ne pourrait-on pas en dire autant des pr&#233;tendues lois de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place manque ici pour rendre compte des autres sujets trait&#233;s par le &lt;i&gt;De jure,&lt;/i&gt; notamment la souverainet&#233;, le droit familial, le droit des gens (&lt;i&gt;jus gentium). &lt;/i&gt;Mais le c&#339;ur de l'ouvrage est bien cette question de la guerre et de la propri&#233;t&#233;, avec les int&#233;ressantes contradictions que lui impose l'option jusnaturaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Horace, &lt;i&gt;livre I&lt;/i&gt;, satire 3, vers 113&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde&lt;/strong&gt;, le 1er octobre 1999&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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