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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Fantaisie, art et satisfaction</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Freud, Sigmund</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;alit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;el</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>imagination</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les questions que nous venons de traiter nous obligent &#224; examiner de plus pr&#232;s le probl&#232;me de l'origine et du r&#244;le de cette activit&#233; spirituelle qui a nom &#171; fantaisie &#187;. Celle-ci, vous le savez, jouit d'une grande consid&#233;ration, sans qu'on ait une id&#233;e exacte de la place qu'elle occupe dans la vie psychique. Voici ce que je puis vous dire sur ce sujet. Sous l'influence de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure l'homme est amen&#233; peu &#224; peu &#224; une appr&#233;ciation exacte de la r&#233;alit&#233;, ce qui lui apprend &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-desir-+" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-imagination-+" rel="tag"&gt;imagination&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les questions que nous venons de traiter nous obligent &#224; examiner de plus pr&#232;s le probl&#232;me de l'origine et du r&#244;le de cette activit&#233; spirituelle qui a nom &#171; fantaisie &#187;. Celle-ci, vous le savez, jouit d'une grande consid&#233;ration, sans qu'on ait une id&#233;e exacte de la place qu'elle occupe dans la vie psychique. Voici ce que je puis vous dire sur ce sujet. Sous l'influence de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure l'homme est amen&#233; peu &#224; peu &#224; une appr&#233;ciation exacte de la r&#233;alit&#233;, ce qui lui apprend &#224; conformer sa conduite &#224; ce que nous avons appel&#233; le &#171; principe de r&#233;alit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir Principe de plaisir et principe de r&#233;alit&#233;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et &#224; renoncer, d'une mani&#232;re provisoire ou durable, &#224; diff&#233;rents objets et buts de ses tendances h&#233;doniques, y compris la tendance sexuelle. Ce renoncement au plaisir a toujours &#233;t&#233; p&#233;nible pour l'homme ; et il ne le r&#233;alise pas sans une certaine sorte de compensation. Aussi s'est-il r&#233;serv&#233; une activit&#233; psychique, gr&#226;ce &#224; laquelle toutes les sources de plaisirs et tous les moyens d'acqu&#233;rir du plaisir auxquels il a renonc&#233; continuent d'exister sous une forme qui les met &#224; l'abri des exigences de la r&#233;alit&#233; et de ce que nous appelons l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;. Toute tendance rev&#234;t aussit&#244;t la forme qui la repr&#233;sente comme satisfaite, et il n'est pas douteux qu'en se complaisant aux satisfactions imaginaires de d&#233;sirs, on &#233;prouve une satisfaction que ne trouble d'ailleurs en rien la conscience de son irr&#233;alit&#233;. Dans l'activit&#233; de sa fantaisie, l'homme continue donc &#224; jouir, par rapport &#224; la contrainte ext&#233;rieure, de cette libert&#233; &#224; laquelle il a &#233;t&#233; oblig&#233; depuis longtemps de renoncer dans la vie r&#233;elle. Il a accompli un tour de force qui lui permet d'&#234;tre alternativement un animal de joie et un &#234;tre raisonnable. La maigre satisfaction qu'il peut arracher &#224; la r&#233;alit&#233; ne fait pas son compte. &#171; Il est impossible de se passer de constructions auxiliaires &#187;, dit quelque part Th. Fontane. La cr&#233;ation du royaume psychique de la fantaisie trouve sa compl&#232;te analogie dans l'institution de &#171; r&#233;serves naturelles &#187; l&#224; o&#249; les exigences de l'agriculture, des communications, de l'industrie menacent de transformer, jusqu'&#224; le rendre m&#233;connaissable, l'aspect primitif de la terre. La &#171; r&#233;serve naturelle &#187; perp&#233;tue cet &#233;tat primitif qu'on a &#233;t&#233; oblig&#233;, souvent &#224; regret, de sacrifier partout ailleurs &#224; la n&#233;cessit&#233;. Dans ces r&#233;serves, tout doit pousser et s'&#233;panouir sans contrainte, tout, m&#234;me ce qui est inutile et nuisible. Le royaume psychique de la fantaisie constitue une r&#233;serve de ce genre, soustraite au principe de r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les productions les plus connues de la fantaisie sont les &#171; r&#234;ves &#233;veill&#233;s &#187; dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;, satisfactions imagin&#233;es de d&#233;sirs ambitieux, grandioses, &#233;rotiques, satisfactions d'autant plus compl&#232;tes, d'autant plus luxurieuses que la r&#233;alit&#233; commande davantage la modestie et la patience. On reconna&#238;t avec une nettet&#233; frappante, dans ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s, l'essence m&#234;me du bonheur imaginaire qui consiste &#224; rendre l'acquisition de plaisir ind&#233;pendante de l'assentiment de la r&#233;alit&#233;. Nous savons que ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s forment le noyau et le prototype des r&#234;ves nocturnes. Un r&#234;ve nocturne n'est, au fond, pas autre chose que le r&#234;ve &#233;veill&#233;, rendu plus souple gr&#226;ce &#224; la libert&#233; nocturne des tendances, d&#233;form&#233; par l'aspect nocturne de l'activit&#233; psychique. Nous sommes d&#233;j&#224; familiaris&#233;s avec l'id&#233;e que le r&#234;ve &#233;veill&#233; n'est pas n&#233;cessairement conscient, qu'il y a des r&#234;ves &#233;veill&#233;s inconscients. Ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s inconscients peuvent donc &#234;tre la source aussi bien des r&#234;ves nocturnes que des sympt&#244;mes n&#233;vrotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici ce qui sera de nature &#224; vous faire comprendre le r&#244;le de la fantaisie dans la formation de sympt&#244;mes. Je vous avais dit que dans les cas de privation la libido, accomplissant une marche r&#233;gressive, vient r&#233;occuper les positions qu'elle avait d&#233;pass&#233;es, non sans toutefois y avoir laiss&#233; une certaine partie d'elle-m&#234;me. Sans vouloir retrancher quoi que ce soit &#224; cette affirmation, sans vouloir y, apporter une correction quelconque, je tiens cependant &#224; introduire un anneau interm&#233;diaire. Comment la libido trouve-t-elle le chemin qui doit la conduire &#224; ces points de fixation ? Eh bien, les objets et directions abandonn&#233;s par la libido ne le sont pas d'une fa&#231;on compl&#232;te et absolue. Ces objets et directions ou leurs d&#233;riv&#233;s, persistent encore avec une certaine intensit&#233; dans les repr&#233;sentations de la fantaisie. Aussi suffit-il &#224; la libido de se reporter &#224; ces repr&#233;sentations pour retrouver le chemin qui doit la conduire &#224; toutes ces fixations refoul&#233;es. Ces repr&#233;sentations imaginaires avaient joui d'une certaine tol&#233;rance, il ne s'est pas produit de conflit entre elles et le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, quelque forte que p&#251;t &#234;tre leur opposition avec celui-ci, mais cela tant qu'une certaine condition &#233;tait observ&#233;e, condition de nature &lt;i&gt;quantitative&lt;/i&gt; et qui ne se trouve troubl&#233;e que du fait du reflux de la libido vers les objets imaginaires. Par suite de ce reflux, la quantit&#233; d'&#233;nergie inh&#233;rente &#224; ces objets se trouve augment&#233;e au point qu'ils deviennent exigeants et manifestent une pouss&#233;e vers la r&#233;alisation. Il en r&#233;sulte un conflit entre eux et le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. Qu'ils fussent autrefois conscients ou pr&#233;conscients, ils subissent &#224; pr&#233;sent un refoulement de la part du &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; et sont livr&#233;s &#224; l'attraction de l'inconscient. Des fantaisies maintenant inconscientes, la libido remonte jusqu'&#224; leurs origines dans l'inconscient, jusqu'&#224; ses propres points de fixation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gression de la libido vers les objets imaginaires, ou fantaisies, constitue une &#233;tape interm&#233;diaire sur le chemin qui conduit &#224; la formation de sympt&#244;mes. Cette &#233;tape m&#233;rite, d'ailleurs, une d&#233;signation sp&#233;ciale. C. G. Jung avait propos&#233; &#224; cet effet l'excellente d&#233;nomination d'&lt;i&gt;introversion&lt;/i&gt;, &#224; laquelle il a d'ailleurs fort mal &#224; propos fait d&#233;signer aussi autre chose. Quant &#224; nous, nous d&#233;signons par &lt;i&gt;introversion&lt;/i&gt; l'&#233;loignement de la libido des possibilit&#233;s de satisfaction r&#233;elle et son d&#233;placement sur des fantaisies consid&#233;r&#233;es jusqu'alors comme inoffensives. Un introverti, sans &#234;tre encore un n&#233;vros&#233;, se trouve dans une situation instable ; au premier d&#233;placement des forces, il pr&#233;sentera des sympt&#244;mes n&#233;vrotiques s'il ne trouve pas d'autre issue pour sa libido refoul&#233;e. En revanche, le caract&#232;re irr&#233;el de la satisfaction n&#233;vrotique et l'effacement de la diff&#233;rence entre la fantaisie et la r&#233;alit&#233; existent d&#232;s la phase de l'introversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez sans doute remarqu&#233; que, dans mes derni&#232;res explications, j'ai introduit dans l'encha&#238;nement &#233;tiologique un nouveau facteur : la quantit&#233;, la grandeur des &#233;nergies consid&#233;r&#233;es. C'est l&#224; un facteur doit- nous devons partout tenir compte. L'analyse purement qualitative des conditions &#233;tiologiques n'est pas exhaustive. Ou, pour nous exprimer autrement, une conception purement &lt;i&gt;dynamique&lt;/i&gt; des processus psychiques qui nous int&#233;ressent est insuffisante : nous avons encore besoin de les envisager au point de vue &lt;i&gt;&#233;conomique&lt;/i&gt;. Nous devons nous dire que le, conflit entre deux tendances n'&#233;clate qu'&#224; partir d&#251; moment o&#249; certaines intensit&#233;s se trouvent atteintes, alors m&#234;me que l&#233;s conditions d&#233;coulant des contenus de ces tendances existent depuis longtemps. De m&#234;me, l'importance pathog&#233;nique des facteurs constitutionnels d&#233;pend de la pr&#233;dominance quantitative de l'une ou de l'autre des tendances partielles en rapport avec la disposition constitutionnelle. On peut m&#234;me dire que toutes les pr&#233;dispositions humaines sont qualitativement identiques et ne diff&#232;rent entre elles - que par leurs proportions quantitatives. Non moins d&#233;cisif est le facteur quantitatif au point de vue de la r&#233;sistance &#224; de nouvelles affections n&#233;vrotiques. Tout d&#233;pend &lt;i&gt;de la quantit&#233;&lt;/i&gt; de la libido inemploy&#233;e qu'une personne est capable de contenir &#224; l'&#233;tat de suspension, et &lt;i&gt;de la fraction plus ou moins grande&lt;/i&gt; de cette libido qu'elle est capable de d&#233;tourner de la voie sexuelle pour l'orienter vers-la sublimation. Le but final de l'activit&#233; psychique qui, au point de vue qualitatif, peut &#234;tre d&#233;crit comme une tendance &#224; acqu&#233;rir du plaisir et &#224; &#233;viter la peine, appara&#238;t, si on l'envisage au point de vue &#233;conomique, comme un effort pour ma&#238;triser les masses (grandeurs) d'excitations ayant leur si&#232;ge dans l'appareil psychique et d'emp&#234;cher la peine pouvant r&#233;sulter de leur stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; tout ce que je m'&#233;tais propos&#233; de vous dire concernant la formation de sympt&#244;mes dans les n&#233;vroses. Mais je tiens &#224; r&#233;p&#233;ter une fois de plus et de la fa&#231;on la plus explicite que tout ce que j'ai dit ne se rapporte qu'&#224; la formation de sympt&#244;mes dans l'hyst&#233;rie. D&#233;j&#224; dans la n&#233;vrose obsessionnelle la situation est diff&#233;rente, les faits fondamentaux restant d'ailleurs les m&#234;mes. Les r&#233;sistances aux impulsions d&#233;coulant des tendances, r&#233;sistances dont nous avons &#233;galement parl&#233; &#224; propos de l'hyst&#233;rie, viennent, dans la n&#233;vrose obsessionnelle, occuper le premier plan et dominent le tableau clinique en tant que formations dites &#171; r&#233;actionnelles &#187;. Nous retrouvons les m&#234;mes diff&#233;rences et d'autres, plus profondes encore, dans les autres n&#233;vroses qui attentent encore que les recherches relatives &#224; leurs m&#233;canismes de formation de sympt&#244;mes soient achev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de terminer cette le&#231;on, je voudrais encore attirer votre attention sur un c&#244;t&#233; des plus int&#233;ressants de la vie imaginative. Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie &#224; la r&#233;alit&#233; : c'est l'art. L'artiste est en m&#234;me temps un introverti qui frise la n&#233;vrose. Anim&#233; d'impulsions et de tendances extr&#234;mement fortes, il voudrait conqu&#233;rir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes. Mais les moyens lui manquent de se procurer ces satisfactions. C'est pourquoi, comme tout homme insatisfait, il se d&#233;tourne de la r&#233;alit&#233; et concentre tout son int&#233;r&#234;t, et aussi sa libido, sur les d&#233;sirs cr&#233;&#233;s par sa vie Imaginative, ce qui peut le conduire facilement &#224; la n&#233;vrose. Il faut beaucoup de circonstances favorables pour que son d&#233;veloppement n'aboutisse pas &#224; ce r&#233;sultat ; et l'on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d'un arr&#234;t partiel de leur activit&#233; par suite de n&#233;vroses. Il est possible que leur constitution comporte une grande aptitude &#224; la sublimation et une certaine faiblesse &#224; effectuer des refoulements susceptibles de d&#233;cider du conflit. Et voici comment l'artiste retrouve le chemin de la r&#233;alit&#233;. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il n'est pas le seul &#224; vivre d'une vie imaginative. Le domaine interm&#233;diaire de la fantaisie jouit de la faveur g&#233;n&#233;rale de l'humanit&#233;, et tous ceux qui sont priv&#233;s de quelque chose y viennent chercher compensation et consolation. Mais les profanes ne retirent des sources de la fantaisie qu'un plaisir limit&#233;. Le caract&#232;re implacable de leurs refoulements les oblige &#224; se contenter des rares r&#234;ves &#233;veill&#233;s dont il faut encore qu'ils se rendent conscients. Mais le v&#233;ritable artiste peut davantage. Il sait d'abord donner &#224; ses r&#234;ves &#233;veill&#233;s une forme telle qu'ils perdent tout caract&#232;re personnel susceptible de rebuter les &#233;trangers, et deviennent une source de jouissance pour les autres. Il sait &#233;galement les embellir de fa&#231;on &#224; dissimuler compl&#232;tement leur origine suspecte. Il poss&#232;de en outre le pouvoir myst&#233;rieux de modeler des mat&#233;riaux donn&#233;s jusqu'&#224; en faire l'image fid&#232;le de la repr&#233;sentation existant dans sa fantaisie et de rattacher &#224; cette repr&#233;sentation de sa fantaisie inconsciente une somme de plaisir suffisante pour masquer ou supprimer, provisoirement du moins, les refoulements. Lorsqu'il a r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser tout cela, il procure &#224; d'autres le moyen de puiser &#224; nouveau soulagement et consolation dans les sources de jouissances, devenues inaccessibles, de leur propre inconscient ; il s'attire leur reconnaissance et leur admiration et a finalement conquis &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; sa fantaisie ce qui auparavant n'avait exist&#233; que &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; sa fantaisie : honneurs, puissance et amour des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir &lt;a href='https://caute.lautre.net/Principe-de-plaisir-et-principe-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Principe de plaisir et principe de r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Freud, &lt;strong&gt;Introduction &#224; la psychanalyse&lt;/strong&gt;,PBP, 1981, pp.350-355&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les quatre caract&#232;res de toute pulsion</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Les-quatre-caracteres-de-toute</link>
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		<dc:creator>Freud, Sigmund</dc:creator>


		<dc:subject>psychisme</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(...) Le concept de &#034;pulsion&#034; nous appara&#238;t comme un concept-limite entre le psychique et le somatique, comme le repr&#233;sentant psychique des excitations, issues de l'int&#233;rieur du corps et parvenant au psychisme, comme une mesure de l'exigence de travail qui est impos&#233;e au psychisme en cons&#233;quence de sa liaison au corporel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons maintenant discuter quelques termes qui sont utilis&#233;s en rapport avec le concept de pulsion, comme : pouss&#233;e, but, objet, source de la pulsion. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pouss&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-L-individu-" rel="directory"&gt;L'individu&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-psychisme-+" rel="tag"&gt;psychisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-desir-+" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(...) Le concept de &#034;pulsion&#034; nous appara&#238;t comme un concept-limite entre le psychique et le somatique, comme le repr&#233;sentant psychique des excitations, issues de l'int&#233;rieur du corps et parvenant au psychisme, comme une mesure de l'exigence de travail qui est impos&#233;e au psychisme en cons&#233;quence de sa liaison au corporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons maintenant discuter quelques termes qui sont utilis&#233;s en rapport avec le concept de pulsion, comme : pouss&#233;e, but, objet, source de la pulsion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pouss&#233;e d'une pulsion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les intertitres sont ajout&#233;s au texte de Freud (jld)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par &lt;i&gt;pouss&#233;e&lt;/i&gt; d'une pulsion on entend le facteur moteur de celle-ci, la somme de force ou la mesure d'exigence de travail qu'elle repr&#233;sente. Le caract&#232;re &#171; poussant &#187;est une propri&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale des pulsions, et m&#234;me l'essence de celles-ci. Toute pulsion est un morceau d'activit&#233; ;quand on parle, d'une fa&#231;on rel&#226;ch&#233;e, de pulsions passives, on ne peut rien vouloir dire d'autre que pulsions &#224; but passif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le but d'une pulsion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le &lt;i&gt;but&lt;/i&gt; d'une pulsion est toujours la satisfaction, qui ne peut &#234;tre obtenue qu'en supprimant l'&#233;tat d'excitation &#224; la source de la pulsion. Mais, quoique ce but final reste invariable pour chaque pulsion, diverses voies peuvent mener au m&#234;me but final, en sorte que diff&#233;rents buts, plus proches ou interm&#233;diaires, peuvent s'offrir pour une pulsion ; ces buts se combinent ou s'&#233;changent les une avec les autres. L'exp&#233;rience nous autorise aussi &#224; parler de pulsions &#034;&lt;i&gt;inhib&#233;es quant au but&#034;&lt;/i&gt;, dans les cas de processus pour lesquels une certaine progression dans la voie de la satisfaction pulsionnelle est tol&#233;r&#233;e, mais qui, ensuite, subissent une inhibition ou une d&#233;rivation. On peut supposer que m&#234;me de tels processus ne vont pas sans une satisfaction partielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'objet d'une pulsion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'&lt;i&gt;objet&lt;/i&gt; de la pulsion est ce en quoi ou par quoi la pulsion peut atteindre son but. Il est ce qu'il y a de plus variable dans la pulsion, il ne lui est pas originairement li&#233; : mais ce n'est qu'en raison de son aptitude particuli&#232;re &#224; rendre possible la satisfaction qu'il est adjoint. Ce n'est pas n&#233;cessairement un objet &#233;tranger, mais c'est tout aussi bien une partie du corps propre. Il peut &#234;tre remplac&#233; &#224; volont&#233; tout au long des destins que conna&#238;t la pulsion ; c'est &#224; ce d&#233;placement de la pulsion que revient le r&#244;le le plus important. Il peut arriver que le m&#234;me objet serve simultan&#233;ment &#224; la satisfaction de plusieurs pulsions : c'est le cas de ce qu'Alfred Adler appelle l'&lt;i&gt;entrecroisement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des pulsions&lt;/i&gt;. Lorsque la liaison de la pulsion &#224; l'objet est particuli&#232;rement intime, nous la distinguons par le terme de &lt;i&gt;fixation&lt;/i&gt;. Elle se r&#233;alise souvent dans les p&#233;riodes du tout d&#233;but du d&#233;veloppement de la pulsion et met fin &#224; la mobilit&#233; de celle-ci en r&#233;sistant intens&#233;ment &#224; toute dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La source d'une pulsion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Par &lt;i&gt;source&lt;/i&gt; de la pulsion, on entend le processus somatique qui est localis&#233; dans un organe ou une partie du corps et dont l'excitation est repr&#233;sent&#233;e dans la vie psychique par la pulsion. Nous ne savons pas si ce processus est strictement de nature chimique ou s'il peut aussi correspondre &#224; une lib&#233;ration d'autres forces, m&#233;caniques par exemple. L'&#233;tude des sources pulsionnelles d&#233;borde le champ de la psychologie ; bien que le fait d'&#234;tre issu de la source somatique soit l'&#233;l&#233;ment absolument d&#233;terminant pour la pulsion, elle ne nous est connue, dans la vie psychique, que par ses buts. &#201;tant donn&#233; ce que se propose la recherche psychologique, une connaissance plus exacte des sources pulsionnelles n'est pas rigoureusement indispensable. Parfois on peut remonter avec certitude des buts de la pulsion &#224; ses sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Devons-nous admettre que les diff&#233;rentes pulsions issues du corporel et agissant sur le psychique se distinguent aussi par des qualit&#233;s diff&#233;rentes et que c'est pour cette raison qu'elles se comportent dans la vie psychique d'une fa&#231;on qualitativement diff&#233;rente ? Cela ne semble pas justifi&#233; ; il nous suffit plut&#244;t d'admettre simplement que les pulsions sont toutes semblables qualitativement et doivent leur effet uniquement aux quantit&#233;s d'excitation qu'elles portent, et peut-&#234;tre aussi &#224; certaines fonctions de cette quantit&#233;. Ce qui distingue les uns des autres les effets psychiques des diverses pulsions se laisse ramener &#224; la diff&#233;rence des sources pulsionnelles. En tout cas, ce n'est que dans un autre contexte que nous pourrons ult&#233;rieurement &#233;lucider la signification du probl&#232;me de la qualit&#233; des pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Combien peut-on poser de pulsions ? et lesquelles ? Ici, de toute &#233;vidence, l'arbitraire a le champ libre. On ne peut rien objecter &#224; celui qui emploie le concept d'une pulsion de jeu, d'une pulsion de destruction, d'une pulsion gr&#233;gaire quand l'objet l'exige et qu'on reste dans les limites de l'analyse psychologique. Mais on ne devrait pas n&#233;gliger de se demander si ces motivations pulsionnelles, si sp&#233;cialis&#233;es en un sens, n'admettent pas une dissection plus pouss&#233;e en direction des sources pulsionnelles, en sorte que seules les pulsions originaires pourraient pr&#233;tendre avoir une importance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les intertitres sont ajout&#233;s au texte de Freud (jld)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;S. Freud, &#171; Pulsions et destin des pulsions &#187;, in &lt;strong&gt;M&#233;tapsychologie&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll. Id&#233;es, pp.18-21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'amour n'est pas contraire &#224; la raison.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-amour-n-est-pas-contraire-a-la</link>
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		<dc:date>2003-09-02T10:05:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>


		<dc:subject>passion</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sujet donn&#233; en TES au bac 2000 : Bac 2000 - ES &lt;br class='autobr' /&gt;
Le contexte : Emile, Livre 4 : Les passions. &lt;br class='autobr' /&gt; Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le penchant de l'instinct est ind&#233;termin&#233;. Un sexe est attir&#233; vers l'autre, voil&#224; le mouvement de la nature. Le choix, les pr&#233;f&#233;rences, l'attachement personnel, sont l'ouvrage des lumi&#232;res, des pr&#233;jug&#233;s, de l'habitude ; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d'amour, on n'aime qu'apr&#232;s avoir jug&#233;, on ne pr&#233;f&#232;re qu'apr&#232;s avoir compar&#233;. Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Textes-brefs-99-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-passion-+" rel="tag"&gt;passion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-desir-+" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sujet donn&#233; en TES au bac 2000 : &lt;a href='https://caute.lautre.net/Bac-2000-ES' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bac 2000 - ES&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte : &lt;a href='https://caute.lautre.net/Emile-Livre-4-Les-passions' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Emile, Livre 4 : Les passions.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le penchant de l'instinct est ind&#233;termin&#233;. Un sexe est attir&#233; vers l'autre, voil&#224; le mouvement de la nature. Le choix, les pr&#233;f&#233;rences, l'attachement personnel, sont l'ouvrage des lumi&#232;res, des pr&#233;jug&#233;s, de l'habitude ; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d'amour, on n'aime qu'apr&#232;s avoir jug&#233;, on ne pr&#233;f&#232;re qu'apr&#232;s avoir compar&#233;. Ces jugements se font sans qu'on s'en aper&#231;oive, mais ils n'en sont pas moins r&#233;els. Le v&#233;ritable amour, quoi qu'on en dise, sera toujours honor&#233; des hommes ; car, bien que ses emportements nous &#233;garent, bien qu'il n'exclue pas du c&#339;ur qui le sent des qualit&#233;s odieuses et m&#234;me qu'il en produise, il en suppose pourtant toujours d'estimables sans lesquelles on serait hors d'&#233;tat de le sentir. Ce choix qu'on met en opposition avec la raison nous vient d'elle ; on a fait l'amour aveugle parce qu'il a de meilleurs yeux que nous, et qu'il voit des rapports que nous ne pouvons apercevoir. Pour qui n'aurait nulle id&#233;e de m&#233;rite ni de beaut&#233;, toute femme serait &#233;galement bonne, et la premi&#232;re venue serait toujours la plus aimable. Loin que l'amour vienne de la nature, il est la r&#232;gle et le frein de ses penchants. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;J.J. Rousseau, &lt;strong&gt;&#201;mile&lt;/strong&gt;, Livre IV, Classiques Garnier pp.249-250 ; ou &lt;i&gt;Oeuvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, Seuil, L'Int&#233;grale, t.3, p.152.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compr&#233;hension pr&#233;cise du texte, du probl&#232;me dont il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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