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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>&#034;Aux origines de la philosophie politique islamique&#034;, par Agn&#232;s Devictor</title>
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		<dc:creator>Devictor, Agn&#232;s </dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Alfarabi fut le premier &#224; r&#233;introduire dans le monde islamique m&#233;di&#233;val la pens&#233;e platonico-aristot&#233;licienne. Commentant son &#339;uvre, Muhsin Mahdi rend intelligible le statut de la philosophie, du droit et de la th&#233;ologie en Islam. &lt;br class='autobr' /&gt;
LA CIT&#201; VERTUEUSE D'ALFARABI La fondation de la philosophie politique en Islam de Muhsin Mahdi, traduit de l'anglais (&#201;tats-Unis) par Fran&#231;ois Zabbal, Albin Michel, &#171; Biblioth&#232;que id&#233;es &#187;, 244 p., 145 F (22,11 euros). (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Alfarabi-" rel="directory"&gt;Alfarabi&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-meilleur-gouvernement-+" rel="tag"&gt;meilleur gouvernement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfarabi fut le premier &#224; r&#233;introduire dans le monde islamique m&#233;di&#233;val la pens&#233;e platonico-aristot&#233;licienne. Commentant son &#339;uvre, Muhsin Mahdi rend intelligible le statut de la philosophie, du droit et de la th&#233;ologie en Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA CIT&#201; VERTUEUSE D'ALFARABI La fondation de la philosophie politique en Islam&lt;/i&gt; de Muhsin Mahdi, traduit de l'anglais (&#201;tats-Unis) par Fran&#231;ois Zabbal, Albin Michel, &#171; Biblioth&#232;que id&#233;es &#187;, 244 p., 145 F (22,11 euros).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour des penseurs de l'envergure d'Avicenne et d'Averro&#232;s, Alfarabi fut l'&#233;quivalent de Platon ou d'Aristote. Ce disciple de l'&#201;cole d'Alexandrie r&#233;introduisit dans le monde islamique m&#233;di&#233;val du Xe si&#232;cle la philosophie platonico-aristot&#233;licienne en d&#233;montrant qu'elle seule &#233;tait apte &#224; relever le d&#233;fi qu'imposaient des religions r&#233;v&#233;l&#233;es &#224; la pens&#233;e philosophique. Ce fondateur de la philosophie politique islamique, qui laissa derri&#232;re lui une somme consid&#233;rable d'ouvrages, est rest&#233; pourtant m&#233;connu en Occident durant des si&#232;cles. &lt;br /&gt;
Muhsin Mahdi a consacr&#233; des ann&#233;es &#224; rechercher des manuscrits, traduire, analyser et commenter l'&#339;uvre de ce philosophe m&#233;connu. Il en r&#233;sulte un livre d'une grande &#233;rudition, r&#233;dig&#233; avec une rigueur p&#233;dagogique exemplaire. La premi&#232;re partie resitue Alfarabi dans son contexte historique et philosophique. Puis, Mahdi commente l'&#339;uvre politique du philosophe et notamment son ouvrage majeur, la &lt;i&gt;Cit&#233; vertueuse&lt;/i&gt;. La derni&#232;re partie analyse la lecture de Platon et d'Aristote par Alfarabi lui-m&#234;me et la post&#233;rit&#233; de sa d&#233;marche scientifique et de son &#339;uvre, aussi bien dans la philosophie juive &#233;labor&#233;e par Ma&#239;monide au XIIe si&#232;cle, que dans la philosophie chr&#233;tienne occidentale d&#233;velopp&#233;e par Saint Thomas au XIIIe si&#232;cle. &lt;br /&gt;
Les conceptions du bien et du mal, de la vertu et du vice, du public et du priv&#233; avaient &#233;t&#233; boulevers&#233;es depuis la victoire des religions r&#233;v&#233;l&#233;es, et notamment de l'islam. Sur les grandes questions de la vie politique, les th&#233;ologiens et les juristes avaient manifest&#233; une indiff&#233;rence totale depuis la naissance de la communaut&#233; islamique et ils ne pouvaient r&#233;pondre &#224; la question de l'ad&#233;quation entre communaut&#233; politique et religieuse pas plus qu'&#224; celle sur le caract&#232;re des r&#233;gimes politiques et de la diversit&#233; des formes qu'ils prenaient &#224; mesure que l'islam se r&#233;pandait.&lt;br /&gt;
C'&#233;tait &#224; la philosophie politique, occult&#233;e depuis des si&#232;cles, &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions. Mais, Alfarabi ne pouvait se satisfaire des travaux de ses pr&#233;d&#233;cesseurs n&#233;oplatoniciens et des premiers philosophes de la p&#233;riode islamique qui s'&#233;taient repli&#233;s sur l'individu au d&#233;triment du collectif. Il fallait revenir aux deux fondements de l'enqu&#234;te philosophique classique pour introduire la politique dans la pens&#233;e islamique et tirer la philosophie classique vers l'islam. La philosophie politique devait permettre de r&#233;introduire, &lt;i&gt;&#171; l'esprit philanthropique de la philosophie &#187;&lt;/i&gt;, selon l'expression de Muhsen Mahdi, en pensant la place de l'homme dans la cit&#233;, la nation ou la communaut&#233; religieuse, place qui devait privil&#233;gier le salut public sur le salut personnel ou priv&#233;. D'apr&#232;s Muhsin Mahdi,&lt;i&gt; &#171; au cours des dix si&#232;cles qui s&#233;parent Cic&#233;ron d'Alfarabi, aucun philosophe important n'a &#233;troitement li&#233; la philosophie &#224; la philosophie politique, ni accord&#233; dans ses &#233;crits une position dominante, centrale et d&#233;cisive &#224; la philosophie politique&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;
Si Alfarabi fut l'un des passeurs de la philosophie politique classique &#224; l'Occident chr&#233;tien, il innova par ailleurs dans sa &#171; relecture non platonicienne de Platon &#187;, en pr&#233;sentant &lt;i&gt;&#171; un Platon franchement politique dont le d&#233;tachement &#224; l'&#233;gard du monde serait accidentel &#187;.&lt;/i&gt; Partant des &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, et notamment du questionnement de l'origine divine ou terrestre des lois, Alfarabi pose la probl&#233;matique, centrale en science politique, du meilleur r&#233;gime. Pour aboutir au gouvernement vertueux, il articule la conception platonicienne du meilleur r&#233;gime &#224; la loi divine de l'islam, la communaut&#233; politique &#224; la communaut&#233; des croyants. Le philosophe roi ou le proph&#232;te philosophe est l'&#234;tre humain le plus &#224; m&#234;me de gouverner la cit&#233; suivant la vertu. Mais comme la co&#239;ncidence entre philosophie et proph&#233;tie est rare, l'art de gouverner suivant la jurisprudence devient un substitut &#224; l'absence de la synth&#232;se parfaite du souverain philosophe et proph&#232;te. &lt;br /&gt;
Alfarabi ne peut cependant faire l'&#233;conomie de distorsions dans l'h&#233;ritage. Par exemple, comme Aristote et Platon, il consid&#232;re la cit&#233; comme l'unit&#233; politique de base dans laquelle l'homme peut acc&#233;der &#224; une perfection politique. Mais, il est contraint de se dissocier d'eux, en affirmant que la cit&#233; n'est pas l'ultime entit&#233;, l'Islam tendant &#224; l'universel. Il en existe pour lui de plus vastes et plus peupl&#233;es, recouvrant m&#234;me la totalit&#233; du monde habit&#233;, susceptibles de conduire au gouvernement vertueux. Cette rupture sur la taille de la communaut&#233; est d'autant plus saillante qu'elle entra&#238;ne des conceptions diff&#233;rentes sur la guerre juste. En effet, en plus de la proph&#233;tie, de la philosophie, et de la ma&#238;trise de la jurisprudence, le gouverneur vertueux devra poss&#233;der la vertu guerri&#232;re, pour forcer, le cas &#233;ch&#233;ant, le citoyen r&#233;calcitrant &#224; se ranger du c&#244;t&#233; de la vertu et de la loi divine. Et, si &lt;i&gt;&#171; la paix universelle constitue l'&#233;tat de l'homme&lt;/i&gt; &#187; et que la guerre n'est jamais une fin en soi, la guerre offensive entreprise par le gouvernement vertueux pour &#233;tablir ou r&#233;tablir la vertu, peut alors devenir une guerre juste. Alfarabi justifie ainsi, suivant une d&#233;marche rationnelle, le concept de guerre sainte dont la finalit&#233; &#233;tait de diffuser le message de l'Islam sur l'ensemble de la plan&#232;te. &lt;br /&gt;
Par la pr&#233;sentation et le commentaire de l'&#339;uvre politique d'Alfarabi, Muhsin Mahdi rend intelligible le statut de la philosophie, du droit et de la th&#233;ologie en Islam, statuts qui participent de la complexit&#233; et de la richesse de la pens&#233;e islamique. Plus g&#233;n&#233;ralement, il &#233;claire l'histoire de la pens&#233;e politique m&#233;di&#233;vale de l'Orient islamique &#224; l'Occident chr&#233;tien et tout en lui rendant sa juste place de fondateur de la philosophie politique islamique, il r&#233;introduit Alfarabi dans le cort&#232;ge des savants musulmans qui transmirent la philosophie classique &#224; l'Occident. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde des livres&lt;/strong&gt;, le 26 Janvier 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La croisade dans le texte </title>
		<link>https://caute.lautre.net/La-croisade-dans-le-texte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/La-croisade-dans-le-texte</guid>
		<dc:date>2003-08-09T22:09:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Offenstadt, Nicolas </dc:creator>


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>violence</dc:subject>
		<dc:subject>guerre sainte</dc:subject>
		<dc:subject>croisade</dc:subject>
		<dc:subject>jihad</dc:subject>
		<dc:subject>saint</dc:subject>
		<dc:subject>sainte</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Aux sources d'un id&#233;al qui fut souvent lu comme conqu&#233;rant avant d'&#234;tre plus sobrement pr&#233;sent&#233; comme p&#233;nitentiel, les r&#233;flexions actuelles de Jean Flori, comme l'anthologie republi&#233;e de Jean Richard, restaurent la complexit&#233; d'une &#034;guerre sainte&#034; toujours d&#233;battue.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-violence-+" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-guerre-sainte-+" rel="tag"&gt;guerre sainte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-croisade-+" rel="tag"&gt;croisade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-jihad-+" rel="tag"&gt;jihad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-saint-+" rel="tag"&gt;saint&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-sainte-+" rel="tag"&gt;sainte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La guerre sainte&lt;/i&gt; de Jean Flori, Aubier, &#034;Collection historique&#034;, 406 p., 159F (24,24 &#8364;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire contemporaine n'est pas seule &#224; susciter de fortes pol&#233;miques interpr&#233;tatives. Celle du Moyen &#194;ge aussi conna&#238;t ses d&#233;chirements internes : qu'il suffise de rappeler les d&#233;bats autour de la &#034;mutation de l'an mil&#034;. Non sans enjeux id&#233;ologiques et politiques, l'analyse des croisades fait partie de ces terres d'affrontement. Elle charrie avec elle un ensemble de notions d'usage d&#233;licat, la guerre sainte au premier chef, qui ont de fortes r&#233;sonances actuelles, notamment &#224; travers le jihad si souvent invoqu&#233; et convoqu&#233; par les acteurs et les commentateurs. En conclusion de &lt;i&gt;La Guerre sainte&lt;/i&gt;, Jean Flori se livre &#224; une comparaison tr&#232;s &#233;clairante entre ces deux concepts. Mais tel n'est pas son propos principal. L'auteur prend clairement parti dans les disputes historiographiques. Il entend r&#233;&#233;valuer l'interpr&#233;tation des croisades comme &#034;guerre sainte&#034; consid&#233;rant qu'elle est &lt;i&gt;&#034;aujourd'hui trop n&#233;glig&#233;e&#034;&lt;/i&gt; au profit de celle qui pr&#233;sente ces exp&#233;ditions avant tout en tant que p&#232;lerinage p&#233;nitentiel arm&#233;. M&#234;me si Flori, qui avance toujours &#224; pas feutr&#233;s, constate que les deux dimensions sont &#034;&lt;i&gt;aussi ins&#233;parables que les deux faces d'une pi&#232;ce de monnaie&#034;&lt;/i&gt;, il voit dans la croisade essentiellement une &#034;&lt;i&gt;guerre saintissime de lib&#233;ration de la Palestine, redonnant aux chr&#233;tiens les territoires et les routes qui m&#232;nent a J&#233;rusalem&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;rusalem est bien au c&#339;ur des motifs de croisade, ainsi qu'en t&#233;moigne, par exemple, Pierre l'Ermite, dont Jean Flori se fit nagu&#232;re le biographe (lire &lt;i&gt;&#034;Le Monde des livres&#034;&lt;/i&gt; du 23 juillet 1999). La croisade ne se confond pas avec la guerre sainte : elle en est l'illustration &#034;par excellence&#034; mais avec des traits propres : composante eschatologique, appel du pape &#224; toute la chr&#233;tient&#233; &#034;&lt;i&gt;par-dessus la t&#234;te des rois et des princes&#034;&lt;/i&gt;, r&#244;le fondamental de la Ville sainte. Si la d&#233;monstration s'arr&#234;tait l&#224;, il n'y aurait rien d'autre qu'une prise de position stimulante. Mais le sp&#233;cialiste de la chevalerie m&#232;ne un projet plus ambitieux. Il veut en effet &lt;i&gt;&#034;scruter la pr&#233;histoire de la croisade&#034;&lt;/i&gt;, montrer comment s'est construite l'id&#233;e de guerre sainte depuis le Haut Moyen &#194;ge, au d&#233;triment du discours de non-violence de l'&#201;glise des premiers temps. Aussi l'&#233;tude de la premi&#232;re croisade proprement dite n'occupe-t-elle qu'une place modeste dans le volume. Pour l'essentiel, Flori - plus enclin a traiter les textes comme expression id&#233;ologique qu'en tant que pratiques discursives - entreprend une minutieuse reconstitution des propos et des &#233;v&#232;nements qui ont progressivement sacralis&#233; la violence guerri&#232;re dans l'Occident m&#233;di&#233;val pour aboutir &#224; la guerre sainte telle qu'elle est con&#231;ue &#224; la fin du XIe si&#232;cle lorsque Urbain II lance &#034;l'appel de Clermont&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est d&#233;j&#224; centrale chez saint Augustin, plus que la d&#233;finition de la &#034;guerre juste&#034; si souvent associ&#233;e a son nom et les guerres men&#233;es depuis Charlemagne contre les pa&#239;ens ou pour la d&#233;fense de Rome et de l'&#201;glise sont loin d'&#234;tre exemptes de sacralisation. La paix et la tr&#234;ve de Dieu (promues par l'&#201;glise a partir de la fin du Xe si&#232;cle) constituent des &#233;tapes suppl&#233;mentaires dans le processus de &#034;sanctification&#034; de la guerre puisque des &#034;milices de paix&#034; voient leurs engagements militaires l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saints eux-m&#234;mes interviennent souvent violemment contre ceux qui s'en prennent &#224; leur domaine. Sainte Foy ne fait-elle pas p&#233;rir un clerc qui doutait de ses pouvoirs ? On voit ces m&#234;mes saints surgir au milieu de la bataille - tel saint Germain contre les Normands - pour d&#233;fendre la juste cause, comme ils le feront pour les croisades, alors que leurs banni&#232;res prot&#232;gent les combattants. D&#232;s avant les croisades, l'&#201;glise a glorifi&#233; les guerriers morts pour des causes sanctifi&#233;es et promis des r&#233;compenses spirituelles aux combattants de la &#034;guerre sainte&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la croisade, la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s trouve autant son origine dans le &lt;i&gt;&#034;don de soi dans le combat pour Dieu&#034;&lt;/i&gt; que dans le p&#232;lerinage. &#192; la sacralisation &#034;positive&#034; de la cause s'ajoute un versant &#034;n&#233;gatif &#034; &#224; savoir la diabolisation de la figure du pa&#239;en et du musulman, par des chemins &#233;tudi&#233;s ici dans le d&#233;tail. La papaut&#233;, transform&#233;e par la r&#233;forme gr&#233;gorienne, est, bien s&#251;r, une institution-cl&#233; dans le processus : qu'elle s'assure le concours de troupes vari&#233;es pour sa propre d&#233;fense, conc&#232;de la banni&#232;re de saint Pierre &#224; ses soutiens ou encourage la reconquista sur les Musulmans dans la P&#233;ninsule ib&#233;rique. Les habitu&#233;s de Flori trouveront que les analyses se r&#233;p&#232;tent un peu d'un titre &#224; l'autre - &lt;i&gt;La Guerre sainte &lt;/i&gt;reprend bien des th&#232;mes &#224; &lt;i&gt;Croisade et chevalerie XIe-XIIe si&#232;cles&lt;/i&gt;, recueil d'articles paru en 1998 (De Boeck Universit&#233;), &#224; &lt;i&gt;La Premi&#232;re Croisade &lt;/i&gt;(Complexe, 1992, qui ressort dans la collection &#034;Historiques&#034; 288 p., 56 F) et &#224; &lt;i&gt;Pierre l'Ermite et la premi&#232;re croisade &lt;/i&gt;(Fayard, 1999), titres qui s'entrecroisent &#233;galement - voire, parfois, d'un passage &#224; l'autre dans &lt;i&gt;La Guerre sainte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ampleur de la documentation, la rigueur de la d&#233;monstration - qu'on partage ou non toutes ses conclusions - et la richesse du propos feront de ce livre un classique, incontournable pour comprendre les conceptions id&#233;ologiques du combat au Moyen &#194;ge et penser, en temps long, &#034;la guerre sainte&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde des livres&lt;/strong&gt;, le 10 ao&#251;t 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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