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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Carl Schmitt, l'ennemi des droits de l'homme </title>
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		<dc:creator>Delacampagne, Christian </dc:creator>


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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;par&#233;s par trente ans de distance, deux livres du juriste Carl Schmitt t&#233;moignent de la continuit&#233; de ses convictions antilib&#233;rales. &lt;br class='autobr' /&gt;
LA DICTATURE (Die Diktatur) de Carl Schmitt. Traduit de l'allemand par Mira K&#246;ller et Dominique S&#233;glard. Seuil, 336 p., 160 F (24,39 euros). &lt;br class='autobr' /&gt;
LE NOMOS DE LA TERRE (Der Nomos der Erde) de Carl Schmitt. Traduit de l'allemand par Lilyane Deroche-Gurcel, r&#233;vis&#233; par Peter Haggenmacher. PUF, 364 p., 395 F (60,2 euros). (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Schmitt-" rel="directory"&gt;Schmitt&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Bodin-+" rel="tag"&gt;Bodin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;par&#233;s par trente ans de distance, deux livres du juriste Carl Schmitt t&#233;moignent de la continuit&#233; de ses convictions antilib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA DICTATURE (Die Diktatur)&lt;/i&gt; de Carl Schmitt. Traduit de l'allemand par Mira K&#246;ller et Dominique S&#233;glard. Seuil, 336 p., 160 F (24,39 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LE NOMOS DE LA TERRE (Der Nomos der Erde)&lt;/i&gt; de Carl Schmitt. Traduit de l'allemand par Lilyane Deroche-Gurcel, r&#233;vis&#233; par Peter Haggenmacher. PUF, 364 p., 395 F (60,2 euros).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En comptant ces deux-ci, une douzaine de livres de Carl Schmitt (1888-1985) ont &#233;t&#233; traduits en fran&#231;ais en moins de dix ans. Les raisons d'une telle fi&#232;vre &#233;ditoriale sont loin d'&#234;tre &#233;videntes, surtout si l'on consid&#232;re que le juriste allemand, dernier grand repr&#233;sentant du conservatisme autoritaire, n'est pas un penseur extr&#234;mement original. La lecture de ces deux ouvrages, publi&#233;s le premier en 1921 et le second en 1950, permet en tout cas d'appr&#233;cier la coh&#233;rence interne de sa vision du monde : ennemi du lib&#233;ralisme et des droits de l'homme, Schmitt n'a jamais vari&#233; dans ses convictions, malgr&#233; l'&#233;chec final du national-socialisme (auquel il avait adh&#233;r&#233; en 1933), la d&#233;faite de l'Allemagne et la r&#233;v&#233;lation de la Shoah. &lt;br /&gt;
&#338;uvre de jeunesse, la monographie sur &lt;i&gt;La Dictature&lt;/i&gt; est consacr&#233;e aux justifications th&#233;oriques de cette forme de gouvernement, depuis la R&#233;publique romaine jusqu'&#224; 1848. Dans la Rome antique, le dictateur &#233;tait une personnalit&#233; d&#233;sign&#233;e par le consul, sur requ&#234;te du S&#233;nat, avec mandat de mettre fin &#224; une situation devenue p&#233;rilleuse pour l'&#201;tat (guerre &#233;trang&#232;re ou s&#233;dition de la pl&#232;be). Nomm&#233; pour six mois, il lui arrivait d'abandonner sa charge avant l'expiration de ce d&#233;lai, pour peu qu'il estim&#226;t sa mission accomplie. La dictature romaine n'avait donc rien &#224; voir avec le &#171; c&#233;sarisme &#187; imp&#233;rial. C'&#233;tait une &#171; &lt;i&gt;dictature de commissaire &#187;&lt;/i&gt;, pour reprendre l'expression forg&#233;e par Schmitt &#224; partir du vieux mot &#171; commission &#187;. &lt;br /&gt;
De cette forme antique, dans laquelle le pouvoir du dictateur restait un pouvoir &#171; constitu&#233; &#187;, on passe, au XVIIe si&#232;cle, &#224; une autre pratique, celle de la &#171; dictature souveraine &#187;, dans laquelle le pouvoir du dictateur devient &#171; constituant &#187; - c'est-&#224;-dire tout-puissant.&lt;br /&gt;
Les premiers exemples historiques, ici, sont ceux de Cromwell et de Robespierre. &#192; la mani&#232;re dont il les commente, on voit bien de quel c&#244;t&#233; se situe Schmitt. D'une part, la dictature souveraine lui para&#238;t &#234;tre le seul rem&#232;de capable de sauver l'&#201;tat, au cas o&#249; celui-ci serait menac&#233;, de l'int&#233;rieur, par un groupe subversif. D'autre part, le dictateur qui exercerait cette fonction de &#171; salut public &#187; poss&#233;derait, selon lui, une l&#233;gitimit&#233; sup&#233;rieure &#224; celle d'institutions parlementaires d&#233;faillantes. Au cas o&#249; un doute subsisterait, on trouvera, en appendice de &lt;i&gt;La Dictature&lt;/i&gt;, le texte d'un rapport consacr&#233; par Schmitt &#224; l'interpr&#233;tation de l'article 48 de la Constitution de Weimar. R&#233;dig&#233; en 1924, ce rapport, qui traite des pouvoirs sp&#233;ciaux &#224; accorder, dans une situation d'urgence, au pr&#233;sident du Reich, se montre favorable &#224; la d&#233;finition la plus extensive de ceux-ci. Schmitt va m&#234;me jusqu'&#224; accepter l'id&#233;e que le pr&#233;sident fasse &lt;i&gt;&#171; r&#233;pandre des gaz toxiques sur les villes &#187;&lt;/i&gt; (p. 201), si c'est l'unique moyen de r&#233;tablir l'ordre &lt;br /&gt;
Trente ans plus tard, le juriste n'a rien perdu de sa fascination pour la mani&#232;re forte. Se pr&#233;sentant comme une somme de droit international public, &lt;i&gt;Le Nomos de la terre &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre complet, un rien pompeux, est : Le Nomos de la terre dans le droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;est une apologie de la souverainet&#233; absolue de l'&#201;tat-nation, dans la lign&#233;e de Hobbes et de Bodin. Ennemi acharn&#233; des &#171; droits de l'homme &#187;, Schmitt s'efforce de justifier (dans un vocabulaire souvent &#233;sot&#233;rique) l'enracinement territorial de l'&#201;tat moderne, la notion d'espace vital, le droit de conqu&#234;te et celui de la civilisation europ&#233;enne &#224; imposer sa loi (&lt;i&gt;&#171; nomos &#187;&lt;/i&gt;) au reste du monde. Entre les lignes, le lecteur comprend que, si l'Angleterre, entour&#233;e de mers, n'a eu aucun probl&#232;me pour se lancer dans des aventures coloniales, la Prusse, elle, ne pouvait asseoir sa puissance qu'au d&#233;triment de ses voisins imm&#233;diats (lesquels eurent donc tort de se plaindre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;FAIBLESSES &#201;DITORIALES &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, Schmitt attaque avec vigueur la philosophie internationaliste et pacifiste qui a pr&#233;sid&#233;, entre les deux guerres, &#224; la constitution de la Soci&#233;t&#233; des nations - cette &lt;i&gt;&#171; monstruosit&#233; &#187;&lt;/i&gt; issue du trait&#233; de Versailles et uniquement destin&#233;e, selon lui, &#224; favoriser l'expansion du lib&#233;ralisme anglo-am&#233;ricain. Hostile &#224; toute criminalisation de la guerre d'agression, Schmitt l'est aussi, bien s&#251;r, &#224; la notion de &lt;i&gt;&#171; guerre juste&lt;/i&gt; &#187;, dans laquelle il ne voit, l&#224; encore, qu'un mensonge destin&#233; &#224; permettre l'extermination totale du vaincu. Il est vrai qu'il &#233;crivait son livre pendant les proc&#232;s de Nuremberg, et apr&#232;s avoir lui-m&#234;me pass&#233; quelques mois en prison. &lt;br /&gt;
Ces textes de 1921 et 1950 sont donc, l'un et l'autre, fortement dat&#233;s. Le seul probl&#232;me est que le lecteur qui ignorerait ce contexte historique aurait, dans les deux cas, quelque peine &#224; le reconstituer. Excellemment traduit, le texte de &lt;i&gt;La Dictature&lt;/i&gt; est livr&#233; sans notes ni pr&#233;face ; seules quelques lignes (non sign&#233;es), sur la quatri&#232;me de couverture, rendent gr&#226;ce &#224; Schmitt d'avoir d&#233;montr&#233; &#171; &lt;i&gt;l'insuffisance &#187; &lt;/i&gt;de la philosophie lib&#233;rale de l'&#201;tat - ce qui est pour le moins exp&#233;ditif. Quant au &lt;i&gt;Nomos de la terre&lt;/i&gt;, il b&#233;n&#233;ficie, lui, d'une longue et savante pr&#233;face qui, certes, reconna&#238;t l'engagement national-socialiste de Schmitt (c'est un progr&#232;s par rapport aux ann&#233;es 70), mais persiste &#224; le consid&#233;rer comme un grand esprit incompris. Il est vrai que les &#171; droits de l'homme &#187; ont, aujourd'hui encore, beaucoup d'ennemis, aussi bien &#224; gauche qu'&#224; droite. Mais le &#171; Schmitt de droite &#187; (ou plut&#244;t d'extr&#234;me droite) est plus ou moins mort avec la fin des fascismes europ&#233;ens. Quant &#224; vouloir fabriquer, aujourd'hui, un &#171; Schmitt de gauche &#187;, afin de mieux combattre les m&#233;faits suppos&#233;s du parlementarisme (ou ceux de la supr&#233;matie am&#233;ricaine), n'est-ce pas une illusion - et m&#234;me l'une des plus perverses qui soient ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le titre complet, un rien pompeux, est : &lt;i&gt;Le Nomos de la terre dans le droit des gens du Jus publicum europaeum&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde des livres&lt;/strong&gt;, le 26 Janvier 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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