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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Prologue du Trait&#233; de l'amendement de l'intellect</title>
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		<dc:creator>Spinoza, Baruch</dc:creator>


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&lt;p&gt;La philosophie : recherche d'un bien v&#233;ritable &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Quand l'exp&#233;rience m'eut appris que tous les &#233;v&#233;nements ordinaires de la vie sont vains et futiles, voyant que tout ce qui &#233;tait pour moi cause ou objet de crainte ne contenait rien de bon ni de mauvais en soi, mais dans la seule mesure ou l'&#226;me en &#233;tait &#233;mue, je me d&#233;cidai en fin de compte &#224; rechercher s'il n'existait pas un bien v&#233;ritable et qui p&#251;t se communiquer, quelque chose enfin dont la d&#233;couverte et l'acquisition me procureraient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La philosophie : recherche d'un bien v&#233;ritable&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Quand l'exp&#233;rience m'eut appris que tous les &#233;v&#233;nements ordinaires de la vie sont vains et futiles, voyant que tout ce qui &#233;tait pour moi cause ou objet de crainte ne contenait rien de bon ni de mauvais en soi, mais dans la seule mesure ou l'&#226;me en &#233;tait &#233;mue, je me d&#233;cidai en fin de compte &#224; rechercher s'il n'existait pas un bien v&#233;ritable et qui p&#251;t se communiquer, quelque chose enfin dont la d&#233;couverte et l'acquisition me procureraient pour l'&#233;ternit&#233; la jouissance d'une joie supr&#234;me et incessante.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je dis qu'&lt;i&gt;en fin de compte je me d&#233;cidai&lt;/i&gt;, car, &#224; premi&#232;re vue, il semblait d&#233;raisonnable de renoncer &#224; du certain pour quelque chose d'encore incertain. Je voyais en effet les avantages que nous procurent honneurs et richesses, et qu'il m'en fallait abandonner la poursuite si je voulais m'appliquer avec s&#233;rieux &#224; cette nouvelle entreprise. Et je m'apercevais bien que si jamais le bonheur supr&#234;me r&#233;sidait dans ces biens, je devrais en &#234;tre priv&#233;. Mais en revanche, s'il n'y &#233;tait pas contenu et si je m'y attachais exclusivement, j'&#233;tais tout autant priv&#233; du bonheur supr&#234;me.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je m'interrogeai donc pour savoir si par hasard il n'&#233;tait pas possible d'accomplir ce nouveau projet, ou du moins d'arriver &#224; une certitude sans changer l'ordre et la conduite ordinaire de ma vie. Je l'ai souvent tent&#233; en vain. Car ce qui nous occupe le plus souvent dans la vie et ce que les hommes, comme on peut le conclure de leurs actes, estiment comme le souverain bien, peut se ramener &#224; ces trois choses : la richesse, les honneurs, et le plaisir sensuel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or l'esprit est tellement diverti par ces trois choses, qu'il peut &#224; peine penser &#224; quelque autre bien. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par le plaisir sensuel, l'&#226;me est suspendue comme si elle se reposait dans un bien v&#233;ritable, ce qui l'emp&#234;che absolument de penser &#224; autre chose ; mais apr&#232;s la jouissance vient l'extr&#234;me tristesse qui, si elle ne suspend pas l'activit&#233; de l'esprit, la trouble et l'engourdit. La poursuite des honneurs et de la richesse ne divertit pas moins l'esprit, surtout quand on recherche la richesse pour elle-m&#234;me, car elle fait alors figure de souverain bien. Mais se sont les honneurs qui divertissent bien plus encore l'esprit : on admet toujours, en effet, que c'est un bien en soi et comme une fin derni&#232;re vers laquelle tout converge. Et puis, ni l'un ni l'autre ne contiennent leur propre punition comme c'est le cas pour le plaisir sensuel ; au contraire, plus on en poss&#232;de, plus on &#233;prouve de joie. Aussi sommes-nous chaque fois plus incit&#233;s &#224; les accro&#238;tre. Si, au contraire, nous sommes un jour d&#233;&#231;us, nous sommes tr&#232;s tristes. Enfin, les honneurs sont une s&#233;rieuse entrave, car, pour y parvenir, il nous faut n&#233;cessairement r&#233;gler notre vie selon le niveau ordinaire des hommes, c'est-&#224;-dire fuir ce que fuit le vulgaire, rechercher ce qu'il recherche.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est pourquoi, voyant que tout cela &#233;tait un grand obstacle &#224; ma nouvelle entreprise, - et m&#234;me y &#233;tait tellement contraire qu'il fallait n&#233;cessairement renoncer &#224; l'un ou &#224; l'autre, - je me vis contraint de me demander ce qui me serait le plus utile. Car, je l'ai dit, il semblait que je voulus perdre un bien certain pour un incertain. Mais avec un peu plus d'attention, je trouvais d'abord que si, abandonnant les biens en question, je poursuivais mon nouveau dessein, j'abandonnerais un bien incertain par sa nature m&#234;me, comme il est clair par ce qui a &#233;t&#233; dit, pour un autre bien incertain. Mais un bien dont la nature m&#234;me n'&#233;tait pas incertaine - car je cherchais un bien stable - et dont l'obtention seule l'&#233;tait. En r&#233;fl&#233;chissant plus longuement, je fus convaincu que, pourvu que je pusse r&#233;fl&#233;chir &#224; fond, je laissai des maux certains pour un bien certain. Je me voyais en effet dans un p&#233;ril extr&#234;me, et contraint de chercher de toutes mes forces un rem&#232;de, m&#234;me incertain. De m&#234;me qu'un malade mortellement atteint et qui sent venir une mort certaine s'il n'applique un rem&#232;de, m&#234;me incertain, est contraint de le chercher de toutes ses forces, si incertain soit-il, car il place tout son espoir en lui. Or toutes les choses que recherche le vulgaire, non seulement ne procurent aucun rem&#232;de pour la conservation de notre &#234;tre, mais encore y font obstacle et causent souvent la perte de qui les poss&#232;de et toujours celle de ceux qui en sont poss&#233;d&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a, en effet, de tr&#232;s nombreux exemples de gens qui ont souffert d'&#234;tre pers&#233;cut&#233;s jusqu'&#224; la mort &#224; cause de leur richesse, et d'autres qui, pour acqu&#233;rir des biens, se sont expos&#233;s &#224; tant de p&#233;rils qu'en fin de compte ils ont pay&#233; leur b&#234;tise de leur vie. Il n'y a pas moins d'exemples de ceux qui, pour conqu&#233;rir ou conserver des honneurs, ont tr&#232;s cruellement souffert. Enfin, nous avons d'innombrables exemples de gens dont les exc&#232;s sensuels ont h&#226;t&#233; la mort. A la r&#233;flexion, ces maux me sembl&#232;rent venir de ce que toute notre f&#233;licit&#233; et notre mis&#232;re d&#233;pendent de la seule qualit&#233; de l'objet auquel nous sommes attach&#233;s par amour. Car on ne se dispute jamais &#224; propos d'un objet qu'on n'aime pas. S'il p&#233;rit, nulle tristesse ; si un autre le poss&#232;de, nulle envie, nulle crainte, nulle haine et, en un mot, nulle &#233;motion. Voil&#224;, au contraire, ce qui arrive si l'on aime les choses p&#233;rissables, comme le sont toutes celles dont nous venant de parler. Mais l'amour d'une chose &#233;ternelle et infinie nourrit l'&#226;me d'une joie sans m&#233;lange et sans tristesse, ce qui est tr&#232;s d&#233;sirable et m&#233;rite qu'on le recherche de toutes ses forces. En v&#233;rit&#233;, ce n'est pas sans raison que j'ai employ&#233; ces mots : &lt;i&gt;pourvu que je pusse r&#233;fl&#233;chir &#224; fond&lt;/i&gt;. Car, si clairement que mon esprit per&#231;&#251;t ces choses, je ne pouvais cependant pas me d&#233;tacher tout &#224; fait de l'avarice, du plaisir sensuel et de la gloire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais je voyais une chose : tant que mon esprit &#233;tait pr&#233;occup&#233; de ses pens&#233;es, il se d&#233;tournait des faux biens, et pensait s&#233;rieusement &#224; son nouveau projet. Ce qui me fut une grande consolation. car je voyais que ces maux ne sont pas de telle nature qu'ils ne dussent c&#233;der &#224; des rem&#232;des. Et bien qu'au d&#233;but ces moments fussent rares et tr&#232;s courts, cependant, apr&#232;s que le vrai bien me fut de plus en plus connu, ils devinrent plus fr&#233;quents et plus longs ; surtout quand je vis que le gain, le plaisir sensuel ou la gloire ne sont nuisibles que si on les recherche pour eux-m&#234;mes, et non comme moyen en vue d'une autre fin. Mais si on les recherche comme moyens, on en fera un usage mesur&#233; et ils ne nuiront nullement. Au contraire, ils nous aideront &#224; atteindre le but que nous recherchons. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Spinoza, &lt;strong&gt;Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement&lt;/strong&gt;, &#167;&#167; 1 &#224; 11&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Libert&#233; et responsabilit&#233;.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Liberte-et-responsabilite</link>
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		<dc:date>2003-08-10T09:52:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sartre, Jean-Paul</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Bien que les consid&#233;rations qui vont suivre int&#233;ressent plut&#244;t le moraliste, on a jug&#233; qu'il ne serait pas inutile, apr&#232;s ces descriptions et ces argumentations, de revenir sur la libert&#233; du pour-soi et d'essayer de comprendre ce que repr&#233;sente pour la destin&#233;e humaine le fait de cette libert&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La cons&#233;quence essentielle de nos remarques ant&#233;rieures, c'est que l'homme, &#233;tant condamn&#233; &#224; &#234;tre libre, porte le poids (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-victime-167-+" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-complicite-+" rel="tag"&gt;complicit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-excuse-+" rel="tag"&gt;excuse&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que les consid&#233;rations qui vont suivre int&#233;ressent plut&#244;t le moraliste, on a jug&#233; qu'il ne serait pas inutile, apr&#232;s ces descriptions et ces argumentations, de revenir sur la libert&#233; du pour-soi et d'essayer de comprendre ce que repr&#233;sente pour la destin&#233;e humaine le fait de cette libert&#233;.&lt;br /&gt;
La cons&#233;quence essentielle de nos remarques ant&#233;rieures, c'est que l'homme, &#233;tant condamn&#233; &#224; &#234;tre libre, porte le poids du monde tout entier sur ses &#233;paules : il est responsable du monde et de lui-m&#234;me en tant que mani&#232;re d'&#234;tre. Nous prenons le mot de &#171; responsabilit&#233; &#187; en son sens banal de &#171; conscience (d') &#234;tre l'auteur incontestable d'un &#233;v&#233;nement ou d'un objet &#187;. En ce sens, la responsabilit&#233; du pour-soi est accablante, puisqu'il est celui par qui il se fait &lt;i&gt;qu'il y ait &lt;/i&gt;un monde ; et, puisqu'il est aussi celui qui &lt;i&gt;se fait &#234;tre, &lt;/i&gt;quelle que soit donc la situation avec son coefficient d'adversit&#233; propre, f&#251;t-il insoutenable ; il doit l'assumer avec la conscience orgueilleuse d'en &#234;tre l'auteur, car les pires inconv&#233;nients ou les pires menaces qui risquent d'atteindre ma personne n'ont de sens que par mon projet ; et c'est sur le fond de l'engagement que je suis qu'ils paraissent. Il est donc insens&#233; de songer &#224; se plaindre, puisque rien d'&#233;tranger n'a d&#233;cid&#233; de ce que nous ressentons, de ce que nous vivons ou de ce que nous sommes. Cette responsabilit&#233; absolue n'est pas acceptation d'ailleurs : elle est simple revendication logique des cons&#233;quences de notre libert&#233;. Ce qui m'arrive m'arrive par moi et je ne saurais ni m'en affecter ni me r&#233;volter ni m'y r&#233;signer. D'ailleurs, tout ce qui m'arrive est &lt;i&gt;mien &lt;/i&gt; ; il&lt;i&gt; &lt;/i&gt;faut entendre par l&#224;, tout d'abord, que je suis toujours &#224; la hauteur de ce qui m'arrive, en tant qu'homme, car ce, qui arrive &#224; un homme par d'autres hommes et par lui-m&#234;me ne saurait &#234;tre qu'humain. Les plus atroces situations de la guerre, les pires tortures ne cr&#233;ent pas d'&#233;tat de choses inhumain : il n'y a pas de situation inhumaine ; c'est seulement par la peur, la fuite et le recours aux conduites magiques que je &lt;i&gt;d&#233;ciderai &lt;/i&gt;de l'inhumain ; mais cette d&#233;cision est humaine et j'en porterai l'enti&#232;re responsabilit&#233;. Mais la situation est &lt;i&gt;mienne &lt;/i&gt;en outre parce qu'elle est l'image de mon libre choix de moi-m&#234;me et tout ce qu'elle me pr&#233;sente est &lt;i&gt;mien &lt;/i&gt;en ce que cela me repr&#233;sente et me symbolise. N'est-ce pas moi qui d&#233;cide du coefficient d'adversit&#233; des choses et jusque de leur impr&#233;visibilit&#233; en d&#233;cidant de moi-m&#234;me ? Ainsi n'y a-t-il pas &lt;i&gt;d'accidents &lt;/i&gt;dans une vie ; un &#233;v&#233;nement social qui &#233;clate soudain et m'entra&#238;ne ne vient pas du dehors : si je suis mobilis&#233; dans une guerre, cette guerre est ma guerre, elle est &#224; mon image et je la m&#233;rite. Je la m&#233;rite d'abord parce que je pouvais toujours m'y soustraire, par le suicide ou la d&#233;sertion : ces possibles ultimes sont ceux qui doivent toujours nous &#234;tre pr&#233;sents lorsqu'il s'agit d'envisager une situation. Faute de m'y &#234;tre soustrait, je l'ai &lt;i&gt;choisie ; &lt;/i&gt;ce peut &#234;tre par veulerie, par l&#226;chet&#233; devant l'opinion publique, parce que je pr&#233;f&#232;re certaines valeurs &#224; celle du refus m&#234;me de faire la guerre (l'estime de mes proches, l'honneur de ma famille, etc.). De toute fa&#231;on, il s'agit d'un choix. Ce choix sera r&#233;it&#233;r&#233; par la suite d'une fa&#231;on continue jusqu'&#224; la fin de la guerre ; il faut donc souscrire au mot de J. Romains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Romains : Les Hommes de bonne volont&#233; ; &#171; Pr&#233;lude &#224; Verdun &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; A la guerre, il n'y a pas de victimes innocentes. &#187; Si donc j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; la guerre &#224; la mort ou au d&#233;shonneur, tout se passe comme si je portais l'enti&#232;re responsabilit&#233; de cette guerre. Sans doute, d'autres l'ont d&#233;clar&#233;e et l'on serait tent&#233;, peut-&#234;tre, de me consid&#233;rer comme simple complice. Mais cette notion de complicit&#233; n'a qu'un sens juridique ; ici, elle ne tient pas : car il a d&#233;pendu &lt;i&gt;de moi &lt;/i&gt;que pour moi et par moi cette guerre n'existe pas et j'ai d&#233;cid&#233; qu'elle existe. Il n'y a eu aucune contrainte, car la contrainte ne saurait avoir aucune prise sur une libert&#233; ; je n'ai eu aucune excuse, car, ainsi que nous l'avons dit et r&#233;p&#233;t&#233; dans ce livre, le propre de la r&#233;alit&#233;-humaine, c'est qu'elle est sans excuse. Il ne me reste donc qu'&#224; revendiquer cette guerre. Mais, en outre, elle est &lt;i&gt;mienne &lt;/i&gt;parce que, du seul fait qu'elle surgit dans une situation que je fais &#234;tre et que je ne puis l'y d&#233;couvrir qu'en m'engageant pour ou contre elle, je ne puis plus distinguer &#224; pr&#233;sent le choix que je fais de moi du choix que je fais d'elle : vivre cette guerre. c'est me choisir par elle et la choisir par mon choix de moi-m&#234;me. Il ne saurait &#234;tre question de l'envisager comme &#171; quatre ans de vacances &#187; ou de &#171; sursis &#187;, comme une &#171; suspension de s&#233;ance &#187;, l'essentiel de mes responsabilit&#233;s &#233;tant ailleurs, dans ma vie conjugale, familiale, professionnelle. Mais dans cette guerre que j'ai choisie, je me choisis au jour le jour et je la fais mienne en me faisant. Si elle doit &#234;tre quatre ann&#233;es vides, c'est moi qui en porte la responsabilit&#233;. Enfin, comme nous l'avons marqu&#233; au paragraphe pr&#233;c&#233;dent, chaque personne est un choix absolu de soi &#224; partir d'un monde de connaissances et de techniques que ce choix assume et &#233;claire &#224; la fois ; chaque personne est un absolu jouissant d'une date absolue et parfaitement impensable &#224; une autre date. Il est donc oiseux de se demander ce que j'aurais &#233;t&#233; si cette guerre n'avait pas &#233;clat&#233;, car je me suis choisi comme un des sens possibles de l'&#233;poque qui menait insensiblement &#224; la guerre ; je ne me distingue pas de cette &#233;poque m&#234;me, je ne pourrais &#234;tre transport&#233; &#224; une autre &#233;poque sans contradiction. Ainsi &lt;i&gt;suis-je &lt;/i&gt;cette guerre qui borne et limite et fait comprendre la p&#233;riode qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. En ce sens, &#224; la formule que nous citions tout &#224; l'heure : &#171; il n'y a pas de victimes innocentes &#187; ; il faut, pour d&#233;finir plus nettement la responsabilit&#233; du pour-soi, ajouter celle-ci : &#171; On a la guerre qu'on m&#233;rite. &#187; Ainsi, totalement libre, indiscernable de la p&#233;riode dont j'ai choisi d'&#234;tre le sens, aussi profond&#233;ment responsable de la guerre que si je l'avais moi-m&#234;me d&#233;clar&#233;e, ne pouvant rien vivre sans l'int&#233;grer &lt;i&gt;&#224; ma &lt;/i&gt;situation, m'y engager tout entier et la marquer de mon sceau, je dois &#234;tre sans remords ni regrets comme je suis sans excuse, car, d&#232;s l'instant de mon surgissement &#224; l'&#234;tre, je porte le poids du monde &#224; moi tout seul, sans que rien ni personne ne puisse l'all&#233;ger.&lt;br /&gt;
Pourtant cette responsabilit&#233; est d'un type tr&#232;s particulier. On me r&#233;pondra, en effet, que &#171; je n'ai pas demand&#233; &#224; na&#238;tre &#187;, ce qui est une fa&#231;on na&#239;ve de mettre l'accent sur notre facticit&#233;. Je suis responsable de tout, en effet, sauf de ma responsabilit&#233; m&#234;me car je ne suis pas le fondement de mon &#234;tre. Tout se passe donc comme si j'&#233;tais contraint d'&#234;tre responsable. Je suis &lt;i&gt;d&#233;laiss&#233; &lt;/i&gt;dans le monde, non au sens o&#249; je demeurerais abandonn&#233; et passif dans un univers hostile, comme la planche qui flotte sur l'eau, mais, au contraire, au sens o&#249; je me trouve soudain seul et sans aide, engag&#233; dans un monde dont je porte l'enti&#232;re responsabilit&#233;, sans pouvoir, quoi que je fasse, m'arracher, f&#251;t-ce un instant, &#224; cette responsabilit&#233;, car de mon d&#233;sir m&#234;me de fuir les responsabilit&#233;s, je suis responsable ; me faire passif dans le monde, refuser d'agir sur les choses et sur les Autres, c'est encore me choisir, et le suicide est un mode parmi d'autres d'&#234;tre-dans-le-monde. Cependant je retrouve une responsabilit&#233; absolue du fait que ma facticit&#233;, c'est-&#224;-dire ici le fait de ma naissance, est insaisissable directement et m&#234;me inconcevable, car ce fait de ma naissance ne m'appara&#238;t jamais brut, mais toujours &#224; travers une reconstruction pro-jective de mon pour-soi ; j'ai honte d'&#234;tre n&#233; ou je m'en &#233;tonne, ou je m'en r&#233;jouis, ou, en tentant de m'&#244;ter la vie, j'affirme que je vis et j'assume cette vie comme mauvaise. Ainsi, en un certain sens, je &lt;i&gt;choisis &lt;/i&gt;d'&#234;tre n&#233;. Ce choix lui-m&#234;me est affect&#233; int&#233;gralement de facticit&#233;, puisque je ne peux pas ne pas choisir ; mais cette facticit&#233; &#224; son tour n'appara&#238;tra qu'en tant que je la d&#233;passe vers mes fins. Ainsi, la facticit&#233; est partout, mais insaisissable ; je ne rencontre jamais que ma responsabilit&#233;, c'est pourquoi je ne puis demander &lt;i&gt;&#171; Pourquoi &lt;/i&gt;suis-je n&#233; ? &#187;, maudire le jour de ma naissance ou d&#233;clarer que je n'ai pas demand&#233; &#224; na&#238;tre, car ces diff&#233;rentes attitudes envers ma naissance, c'est-&#224;-dire envers le &lt;i&gt;fait &lt;/i&gt;que je r&#233;alise une pr&#233;sence dans le monde, ne sont pas autre chose, pr&#233;cis&#233;ment, que des mani&#232;res d'assumer en pleine responsabilit&#233; cette naissance et de la faire &lt;i&gt;mienne ; &lt;/i&gt;ici encore, je ne rencontre que moi et mes projets, en sorte que finalement mon d&#233;laissement, c'est-&#224;-dire ma facticit&#233;, consiste simplement en ce que je suis condamn&#233; &#224; &#234;tre int&#233;gralement responsable de moi-m&#234;me. Je suis l'&#234;tre qui &lt;i&gt;est &lt;/i&gt;comme &#234;tre dont l'&#234;tre est en question dans son &#234;tre. Et cet &#171; est &#187; de mon &#234;tre est comme pr&#233;sent et insaisissable.&lt;br /&gt;
En ces conditions, puisque tout &#233;v&#233;nement du monde ne peut se d&#233;couvrir &#224; moi que comme &lt;i&gt;occasion &lt;/i&gt;(occasion &lt;i&gt;mise &#224; profit, manqu&#233;e, n&#233;glig&#233;e, &lt;/i&gt;etc.), ou, mieux encore, puisque tout ce qui nous arrive peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une &lt;i&gt;chance, &lt;/i&gt;c'est-&#224;-dire ne peut nous appara&#238;tre que comme moyen de r&#233;aliser cet &#234;tre qui est en question dans notre &#234;tre et puisque les autres, comme transcendances-transcend&#233;es, ne sont, eux aussi, que des &lt;i&gt;occasions &lt;/i&gt;et des &lt;i&gt;chances&lt;/i&gt;, la responsabilit&#233; du pour-soi s'&#233;tend au monde entier comme monde-peupl&#233;. C'est ainsi, pr&#233;cis&#233;ment, que le pour-soi se saisit dans l'angoisse, c'est-&#224;-dire comme un &#234;tre qui n'est fondement ni de son &#234;tre, ni de l'&#234;tre de l'autre, ni des en-soi qui forment le monde, mais qui est contraint de d&#233;cider du sens de l'&#234;tre, en lui et partout hors de lui. Celui qui r&#233;alise dans l'angoisse sa condition &lt;i&gt;d'&#234;tre &lt;/i&gt;jet&#233; dans une responsabilit&#233; qui se retourne jusque sur son d&#233;laissement n'a plus ni remords, ni regret, ni excuse ; il n'est plus qu'une libert&#233; qui se d&#233;couvre parfaitement elle-m&#234;me et dont l'&#234;tre r&#233;side en cette d&#233;couverte m&#234;me. Mais, on l'a marqu&#233; au d&#233;but de cet ouvrage, la plupart du temps, nous fuyons l'angoisse dans la mauvaise foi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Romains : &lt;i&gt;Les Hommes de bonne volont&#233;&lt;/i&gt; ; &#171; Pr&#233;lude &#224; Verdun &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Paul Sartre, &lt;strong&gt;L'&#202;tre et le N&#233;ant&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll. &#171; TEL &#187;, pp. 612-615&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Qu-est-ce-donc-que-la-liberte-Naitre-c-est-a-la-fois-naitre-du-monde-et-naitre</link>
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		<dc:date>2003-08-10T09:32:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Merleau-Ponty, Maurice</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde. Le monde est d&#233;j&#224; constitu&#233;, mais aussi jamais compl&#232;tement constitu&#233;. Sous le premier rapport, nous sommes sollicit&#233;s, sous le second nous sommes ouverts &#224; une infinit&#233; de possibles. Mais cette analyse est encore abstraite, car nous existons sous les deux rapports &#224; la fois. Il n'y a donc jamais d&#233;terminisme et jamais choix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Merleau-Ponty-" rel="directory"&gt;Merleau-Ponty&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-histoire-129-+" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-motif-+" rel="tag"&gt;motif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-structure-+" rel="tag"&gt;structure&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que la libert&#233; ? Na&#238;tre, c'est &#224; la fois na&#238;tre du monde et na&#238;tre au monde. Le monde est d&#233;j&#224; constitu&#233;, mais aussi jamais compl&#232;tement constitu&#233;. Sous le premier rapport, nous sommes sollicit&#233;s, sous le second nous sommes ouverts &#224; une infinit&#233; de possibles. Mais cette analyse est encore abstraite, car nous existons sous les deux rapports &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt;. Il n'y a donc jamais d&#233;terminisme et jamais choix absolu, jamais je ne suis chose et jamais conscience nue. En particulier, m&#234;me nos initiatives, m&#234;me les situations que nous avons choisies nous portent, une fois assum&#233;es comme par une gr&#226;ce d'&#233;tat. La g&#233;n&#233;ralit&#233; du &#171; r&#244;le &#187; et de la situation vient au secours de la d&#233;cision, et, dans cet &#233;change entre la situation et celui qui l'assume, il est impossible de d&#233;limiter la &#171; part de la situation &#187; et la &#171; part de la libert&#233; &#187;. On torture un homme pour le faire parler. S'il refuse de donner les noms et les adresses qu'on veut lui arracher ce n'est pas par une d&#233;cision solitaire et sans appuis ; il se sentait encore avec ses camarades, et, encore engag&#233; dans la lutte commune, il &#233;tait comme incapable de parler ; ou bien, depuis des mois ou des ann&#233;es, il a affront&#233; en pens&#233;e cette &#233;preuve et mis&#233; toute sa vie sur elle ; ou enfin, il veut prouver en la surmontant ce qu'il a toujours pens&#233; et dit de la libert&#233;. Ces motifs n'annulent pas la libert&#233;, ils font du moins qu'elle ne soit pas sans &#233;tais dans l'&#234;tre. Ce n'est pas finalement une conscience nue qui r&#233;siste &#224; la douleur, mais le prisonnier avec ses camarades ou avec ceux qu'il aime et sous le regard de qui il vit, ou enfin la conscience avec sa solitude mrgueilleusement voulue, c'est-&#224;-dire encore un certain mode du &lt;i&gt;Mit-Sein&lt;/i&gt;. Et sans doute c'est l'individu, dans sa prison, qui ranime chaque jour ces fant&#244;mes, ils lui rendent la force qu'il leur a donn&#233;e, mais r&#233;ciproquement, s'il s'est engag&#233; dans cette action, s'il s'est li&#233; avec ces camarades ou attach&#233; &#224; cette morale, c'est parce que la situation historique, les camarades, le monde autour de lui lui paraissaient attendre de lui cette conduite-l&#224;. On pourrait ainsi continuer l'analyse sans fin. Nous choisissons notre monde et le monde nous choisit. Il est s&#251;r en tout cas que jamais nous ne pouvons r&#233;server en nous-m&#234;me un r&#233;duit o&#249; l'&#234;tre ne p&#233;n&#232;tre pas, sans qu'aussit&#244;t, du seul fait qu'elle est v&#233;cue, cette libert&#233; prenne figure d'&#234;tre et devienne motif et appui. Concr&#232;tement prise, la libert&#233; est toujours une rencontre de l'ext&#233;rieur et de l'int&#233;rieur, - m&#234;me la libert&#233; pr&#233;humaine et pr&#233;historique par laquelle nous avons commenc&#233;, - et elle se d&#233;grade sans devenir jamais nulle &#224; mesure que diminue la &lt;i&gt;tol&#233;rance &lt;/i&gt;des donn&#233;es corporelles et institutionnelles de notre vie. Il y a, comme dit Husserl, un &#171; champ de la libert&#233; &#187; et une &#171; libert&#233; conditionn&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fink, Vergegenw&#228;rtigung und Bild, p. 285&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non qu'elle soit absolue dans les limites de ce champ et nulle au dehors, - comme le champ perceptif, celui-ci est sans limites lin&#233;aires, - mais parce que j'ai des possibilit&#233;s prochaines et des possibilit&#233;s lointaines. Nos engagements soutiennent notre puissance et il n 'y a pas de libert&#233; sans quelque puissance. Notre libert&#233;, dit-on, est ou bien totale, ou bien nulle. Ce dilemme est celui de la pens&#233;e objective et de l'analyse r&#233;flexive, sa complice. Si en effet nous nous pla&#231;ons dans l'&#234;tre, il faut n&#233;cessairement que nos actions viennent du dehors, si nous revenons &#224; la conscience constituante, il faut qu'elles viennent du dedans. Mais nous avons justement appris &#224; reconna&#238;tre l'ordre des ph&#233;nom&#232;nes. Nous sommes m&#234;l&#233;s au monde et aux autres dans une confusion inextricable. L'id&#233;e de situation exclut la libert&#233; absolue &#224; l'origine de nos engagements. Elle l'exclut d'ailleurs &#233;galement &#224; leur terme. Aucun engagement. et pas m&#234;me l'engagement dans l'&#201;tat h&#233;g&#233;lien, ne peut me faire d&#233;passer toutes les diff&#233;rences et me rendre libre pour tout. Cette universalit&#233; elle-m&#234;me, du seul fait qu'elle serait v&#233;cue. se d&#233;tacherait comme une particularit&#233; sur le fond du monde, l'existence g&#233;n&#233;ralise et particularise &#224; la fois tout ce qu'elle vise et ne saurait &#234;tre int&#233;grale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synth&#232;se de l'En soi et du Pour soi qui accomplit la libert&#233; h&#233;g&#233;lienne a cependant sa v&#233;rit&#233;. En un sens, c'est la d&#233;finition m&#234;me de l'existence, elle se fait &#224; chaque moment sous nos yeux dans le ph&#233;nom&#232;ne de pr&#233;sence, simplement elle est bient&#244;t &#224; recommencer et ne supprime pas notre finitude. En assumant un pr&#233;sent, je ressaisis et je transforme mon pass&#233;, j'en change le sens, je m'en lib&#232;re, je m'en d&#233;gage. Mais je ne le fais qu'en m'engageant ailleurs. Le traitement psychanalytique ne gu&#233;rit pas en provoquant une prise de conscience du pass&#233;, mais d'abord en liant le sujet &#224; son m&#233;decin par de nouveaux rapports d'existence. Il ne s'agit pas de donner &#224; l'interpr&#233;tation psychanalytique un assentiment scientifique et de d&#233;couvrir un sens notionnel du pass&#233;, il s'agit de le re-vivre comme signifiant ceci ou cela, et le malade n'y parvient qu'en voyant son pass&#233; dans la perspective de sa coexistence avec le m&#233;decin. Le complexe n'est pas dissous par une libert&#233; sans instruments, mais plut&#244;t disloqu&#233; par une nouvelle pulsation du temps qui a ses appuis et ses motifs. Il en est de m&#234;me dans toutes les prises de conscience : elles ne sont effectives que si elles sont port&#233;es par un nouvel engagement. Or cet engagement &#224; son tour se fait dans l'implicite, il n'est donc valable que pour un cycle de temps. Le choix que nous faisons de notre vie a toujours lieu sur la base d'un certain donn&#233;. Ma libert&#233; peut d&#233;tourner ma vie de son sens spontan&#233;, mais par une s&#233;rie de glissements, en l'&#233;pousant d'abord, et non par aucune cr&#233;ation absolue. Toutes les explications de ma conduite par mon pass&#233;, mon temp&#233;rament, mon milieu sont donc vraies, &#224; condition qu'on les consid&#232;re non comme des apports s&#233;parables, mais comme des moments de mon &#234;tre total dont il m'est loisible d'expliciter le sens dans diff&#233;rentes directions, sans qu'on puisse jamais dire si c'est moi qui leur donne leur sens ou si je le re&#231;ois d'eux. Je suis une structure psychologique et historique. J'ai re&#231;u avec l'existence une mani&#232;re d'exister, un style. Toutes mes actions et mes pens&#233;es sont en rapport avec cette structure, et m&#234;me la pens&#233;e d'un philosophe n'est qu'une mani&#232;re d'expliciter sa prise sur le monde, cela qu'il est. Et cependant, je suis libre, non pas en d&#233;pit ou en de&#231;&#224; de ces motivations, mais par leur moyen. Car cette vie signifiante, cette certaine signification de la nature et de l'histoire que je suis, ne limite pas mon acc&#232;s au monde, elle est au contraire mon moyen de communiquer avec lui. C'est en &#233;tant sans restrictions ni r&#233;serves ce que je suis &#224; pr&#233;sent que j'ai chance de progresser, c'est en vivant mon temps que je peux comprendre les autres temps, c'est en m'enfon&#231;ant dans le pr&#233;sent et dans le monde, en assumant r&#233;solument ce que je suis par hasard, en voulant ce que je veux, en faisant ce que je fais que je peux aller au del&#224;. Je ne peux manquer la libert&#233; que si je cherche &#224; d&#233;passer ma situation naturelle et sociale en refusant de l'assumer d'abord, au lieu de rejoindre &#224; travers elle le monde naturel et humain. Rien ne me d&#233;termine du dehors, non que rien ne me sollicite, mais au contraire parce que je suis d'embl&#233;e hors de moi et ouvert au monde. Nous sommes de part en part &lt;i&gt;vrais&lt;/i&gt;, nous avons avec nous, du seul fait que nous sommes au monde, et non pas seulement dans le monde, comme des choses, tout ce qu'il faut pour nous d&#233;passer. Nous n'avons pas &#224; craindre que nos choix ou nos actions restreignent notre libert&#233;, puisque le choix et l'action nous lib&#232;rent seuls de nos ancres. De m&#234;me que la r&#233;flexion emprunte son v&#339;u d'ad&#233;quation absolue &#224; la perception qui fait para&#238;tre une chose, et qu'ainsi l'id&#233;alisme utilise tacitement l'&#171; opinion originaire &#187; qu'il voudrait d&#233;truire comme opinion, de m&#234;me la libert&#233; s'embarrasse dans les contradictions de l'engagement et ne s'aper&#231;oit pas qu'elle ne serait pas libert&#233; sans les racines qu'elle pousse dans le monde. Ferai-je cette promesse ? Risquerai-je ma vie pour si peu ? Donnerai-je ma libert&#233; pour sauver la libert&#233; ? Il n'y a pas de r&#233;ponse th&#233;orique &#224; ces questions. Mais il y a ces &lt;i&gt;choses &lt;/i&gt;qui se pr&#233;sentent, irr&#233;cusables, il y a cette personne aim&#233;e devant toi, il y a ces hommes qui existent esclaves autour de toi et &lt;i&gt;ta &lt;/i&gt;libert&#233; ne peut se vouloir sans sortir de sa singularit&#233; et sans vouloir &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;libert&#233;. Qu'il s'agisse des choses ou des situations historiques, la philosophie n'a pas d'autre fonction que de nous rapprendre &#224; les voir bien, et il est vrai de dire qu'elle se r&#233;alise en se d&#233;truisant comme philosophie s&#233;par&#233;e. Mais c'est ici qu'il faut se taire car seul le h&#233;ros vit jusqu'au bout sa relation aux hommes et au monde, et il ne convient pas qu'un autre parle en son nom. &#171; Ton fils est pris dans l'incendie, tu le sauveras&#8230;Tu vendrais, s'il est un obstacle, ton &#233;paule contre un coup d'&#233;paule. Tu loges dans ton acte m&#234;me. Ton acte, c'est toi... Tu t'&#233;changes... Ta signification se montre, &#233;blouissante. C'est ton devoir, c'est ta haine, c'est ton amour, c'est ta fid&#233;lit&#233;, c'est ton invention... L 'homme n'est qu'un n&#339;ud de relations, les relations comptent seules pour l'homme. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. DE SAINT-EXUP&#201;RY, Pilote de Guerre, pp. 171 et 174.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fink, &lt;i&gt;Vergegenw&#228;rtigung und Bild&lt;/i&gt;, p. 285&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. DE SAINT-EXUP&#201;RY, &lt;i&gt;Pilote de Guerre&lt;/i&gt;, pp. 171 et 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maurice Merleau-Ponty, &lt;strong&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll. &#034;TEL&#034;, pp.517-520&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je n'ai pas choisi de na&#238;tre, et, une fois que je suis n&#233;, le temps fuse &#224; travers moi, quoi que je fasse .</title>
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		<dc:date>2003-08-10T08:48:13Z</dc:date>
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		<dc:creator>Merleau-Ponty, Maurice</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; Rien n'est faux de ce qu'on dit du sujet : il est vrai que le sujet comme pr&#233;sence absolue &#224; soi est rigoureusement ind&#233;clinable, et que rien ne saurait lui advenir dont il ne porte en lui-m&#234;me l'esquisse ; il est vrai aussi qu'il se donne des embl&#232;mes de lui-m&#234;me dans la succession et dans la multiplicit&#233;, et que ces embl&#232;mes sont lui, puisque sans eux il serait comme un cri inarticul&#233; et ne parviendrait pas m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Merleau-Ponty-" rel="directory"&gt;Merleau-Ponty&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-liberte-+" rel="tag"&gt;libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-naissance-+" rel="tag"&gt;naissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-naitre-84-+" rel="tag"&gt;na&#238;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-sujet-+" rel="tag"&gt;sujet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-subjectivite-+" rel="tag"&gt;subjectivit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-individu-+" rel="tag"&gt;individu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-individualite-+" rel="tag"&gt;individualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-mot94-+" rel="tag"&gt;je&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-synthese-passive-+" rel="tag"&gt;synth&#232;se passive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-passivite-+" rel="tag"&gt;passivit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-activite-+" rel="tag"&gt;activit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-temps-+" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Heidegger-111-+" rel="tag"&gt;Heidegger&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://caute.lautre.net/+-Sartre-113-+" rel="tag"&gt;Sartre&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien n'est faux de ce qu'on dit du sujet : il est vrai que le sujet comme pr&#233;sence absolue &#224; soi est rigoureusement ind&#233;clinable, et que rien ne saurait lui advenir dont il ne porte en lui-m&#234;me l'esquisse ; il est vrai aussi qu'il se donne des embl&#232;mes de lui-m&#234;me dans la succession et dans la multiplicit&#233;, et que ces embl&#232;mes sont lui, puisque sans eux il serait comme un cri inarticul&#233; et ne parviendrait pas m&#234;me &#224; la conscience de soi. Ce que nous appelions provisoirement synth&#232;se passive trouve ici son &#233;claircissement. Une synth&#232;se passive est contradictoire si la synth&#232;se est composition. et si la passivit&#233; consiste &#224; recevoir une multiplicit&#233; au lieu de la composer. On voulait dire, en parlant de synth&#232;se passive, que le multiple est p&#233;n&#233;tr&#233; par nous et que, cependant, ce n'est pas nous qui en effectuons la synth&#232;se. Or la temporalisation, par sa nature m&#234;me, satisfait &#224; ces deux conditions : il est visible, en effet, que je ne suis pas l'auteur du temps, pas plus que des battements de mon c&#339;ur, ce n'est pas moi qui prends l'initiative de la temporalisation ; je n'ai pas choisi de na&#238;tre, et, une fois que je suis n&#233;, le temps fuse &#224; travers moi, quoi que je fasse. Et cependant ce jaillissement du temps n'est pas un simple fait que je subis, je peux trouver en lui un recours contre lui-m&#234;me, comme il arrive dans une d&#233;cision qui m'engage ou dans un acte de fixation conceptuelle. Il m'arrache &#224; ce que j'allais &#234;tre, mais me donne en m&#234;me temps le moyen de me saisir &#224; distance et de me r&#233;aliser comme moi. Ce qu'on appelle la passivit&#233; n'est pas la r&#233;ception par nous d'une r&#233;alit&#233; &#233;trang&#232;re ou l'action causale du dehors sur nous : c'est un investissement, un &#234;tre en situation, avant lequel nous n'existons pas, que. nous recommen&#231;ons perp&#233;tuellement et qui est constitutif de nous-m&#234;mes. Une spontan&#233;it&#233; &#171; acquise &#187; une fois pour toutes et qui &#171; se perp&#233;tue &#224; l' &#234;tre en vertu de l'acquis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-P. SARTRE, L'&#202;tre et le N&#233;ant, p. 195. L'auteur ne mentionne ce monstre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , c'est exactement le temps et c'est exactement la subjectivit&#233;. C'est le temps, puisque un temps qui n'aurait pas ses racines dans un pr&#233;sent et par l&#224; dans un pass&#233; ne serait plus temps, mais &#233;ternit&#233;. Le temps historique de Heidegger, qui coule de l'avenir et qui, par la d&#233;cision r&#233;solue, &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; d'avance son avenir et se sauve une fois pour toutes de la dispersion, est impossible selon la pens&#233;e m&#234;me de Heidegger : car, si, le temps est une &lt;i&gt;ek-stase, &lt;/i&gt;si pr&#233;sent et pass&#233; sont deux r&#233;sultats de cette extase, comment cesserions-nous tout &#224; fait de voir le temps du point de vue du pr&#233;sent, et comment sortirions-nous d&#233;finitivement de l'inauthentique ? C'est toujours dans le pr&#233;sent que nous sommes centr&#233;s, c'est de lui que partent nos d&#233;cisions ; elles peuvent donc toujours &#234;tre mises en rapport avec notre pass&#233;, elles ne sont jamais sans motif et, si elles ouvrent dans notre vie un cycle qui peut &#234;tre enti&#232;rement neuf, elles doivent &#234;tre reprises dans la suite, elles ne nous sauvent de la dispersion que pour un temps. Il ne peut donc pas &#234;tre question de d&#233;duire le temps de la spontan&#233;it&#233;. Nous ne sommes pas temporels &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; nous sommes spontan&#233;s et que, comme consciences, nous nous arrachons &#224; nous-m&#234;mes, mais au contraire le temps est le fondement et la mesure de notre spontan&#233;it&#233;, la puissance de passer outre et de &#171; n&#233;antiser &#187; qui nous habite, qui est nous-m&#234;mes, nous est elle-m&#234;me donn&#233;e avec la temporalit&#233; et avec la vie. Notre naissance, ou, comme dit Husserl dans ses in&#233;dits, notre &#171; g&#233;n&#233;rativit&#233; &#187; fonde &#224; la fois notre activit&#233; ou notre individualit&#233;, et notre passivit&#233; ou notre g&#233;n&#233;ralit&#233;, cette faiblesse interne qui nous emp&#234;che d'obtenir jamais la densit&#233; d'un individu absolu. Nous ne sommes pas, d'une mani&#232;re incompr&#233;hensible, une activit&#233; jointe &#224; une passivit&#233;, un automatisme surmont&#233; d'une volont&#233;, une perception d'un jugement, mais tout actifs et tout passifs, parce que nous sommes le surgissement du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.-P. SARTRE, &lt;i&gt;L'&#202;tre et le N&#233;ant&lt;/i&gt;, p. 195. L'auteur ne mentionne ce monstre que pour en rejeter l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maurice Merleau-Ponty, &lt;strong&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/strong&gt;, Gallimard, coll &#034;TEL&#034;, pp.488-489&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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