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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La r&#233;duction du temps de travail</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quand la r&#233;duction du temps de travail devient un mythe selon lequel on peut maintenir l'emploi industriel tout en r&#233;duisant le temps de travail des ouvriers qui travaillent, i1 n'y a rien &#224; ajouter : c'est un mythe. Les rythmes de l'informatisation et de l'automation du travail productif fordiste &#233;voluent si rapidement qu'il n'y a pas de r&#233;duction du temps de travail qui tienne. Aujourd'hui, pour reprendre ce que disent Gorz d'une part, Fitoussi, Caill&#233; ou Rifkin de l'autre, il suffirait, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand la r&#233;duction du temps de travail devient un mythe selon lequel on peut maintenir l'emploi industriel tout en r&#233;duisant le temps de travail des ouvriers qui travaillent, i1 n'y a rien &#224; ajouter : c'est un mythe. Les rythmes de l'informatisation et de l'automation du travail productif fordiste &#233;voluent si rapidement qu'il n'y a pas de r&#233;duction du temps de travail qui tienne. Aujourd'hui, pour reprendre ce que disent Gorz d'une part, Fitoussi, Caill&#233; ou Rifkin de l'autre, il suffirait, pour garantir le niveau de d&#233;veloppement et d'augmentation des rythmes d'automation et d'informatisation qui ont assur&#233; le plein emploi, de travailler deux heures par jour. Ce qui repr&#233;sente deux jours, au maximum deux jours et demi par semaine. Si la ligne politique d'une certaine gauche pour la r&#233;duction du temps de travail est une ligne politique qui entend maintenir l'emploi de la force de travail garantie, il s'agit d'une mystification pure et simple. Pla&#231;ons-nous maintenant sur l'autre terrain, c'est-&#224;-dire en consid&#233;rant que la production ne passe pas tant par les ouvriers garantis que par la mobilit&#233; et par la flexibilit&#233;, par la formation et par la requalification continue de la force de travail social. Et que cette production passe aussi bien &#224; travers les activit&#233;s qui s'appliquent imm&#233;diatement au travail qu'&#224; travers la production scientifique et ses langages, ou &#224; travers la construction d'une communaut&#233; d'affects. Si l'on assume cette conception dynamique, flexible, mobile, fluide, arborescente de la productivit&#233;, il faut la garantir. Et la garantir, qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie donner le salaire garanti &#224; tout le monde. Avec trois caract&#233;ristiques fondamentales non seulement le salaire pour tous, mais &#233;galement selon une r&#232;gle d'&#233;galit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233;. Le salaire garanti ne doit pas &#234;tre seulement une r&#232;gle qui permette &#224; tous de subsister &#224; l'int&#233;rieur de ce processus, il doit &#234;tre aussi une r&#232;gle qui permet, &#224; ce haut niveau de besoins et de capacit&#233;s productives, les capacit&#233;s d'appropriation mon&#233;taire du plus grand nombre possible de citoyens. De ce point de vue, se poser le probl&#232;me du salaire garanti - et c'est l&#224; le troisi&#232;me &#233;l&#233;ment -, ce n'est pas simplement un probl&#232;me d'am&#233;nagement du travail et de la productivit&#233;. C'est un probl&#232;me qui touche imm&#233;diatement &#224; la fiscalit&#233; et &#224; la comptabilit&#233; de l'&#201;tat, qui concerne les &#233;l&#233;ments fondamentaux de l'organisation : c'est effectivement un processus r&#233;volutionnaire. Et ce que je ne comprends pas, c'est comment on peut r&#233;sister &#224; cela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le salaire garanti</title>
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		<dc:date>2004-05-24T14:24:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y a des conceptions r&#233;ductrices du salaire garanti comme celles que nous avons connues en France, par exemple avec le Rmi, qui est une des formes de salarisation de la mis&#232;re. Ce sont des formes de salarisation de l'exclusion, des nouvelles lois sur les pauvres. &#192; une masse de pauvres, &#224; des gens qui travaillent mais qui ne r&#233;ussissent pas &#224; s'ins&#233;rer de mani&#232;re constante dans le circuit du salaire, on attribue un peu d'argent afin qu'ils puissent se reproduire et qu'ils ne provoquent pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a des conceptions r&#233;ductrices du salaire garanti comme celles que nous avons connues en France, par exemple avec le Rmi, qui est une des formes de salarisation de la mis&#232;re. Ce sont des formes de salarisation de l'exclusion, des nouvelles lois sur les pauvres. &#192; une masse de pauvres, &#224; des gens qui travaillent mais qui ne r&#233;ussissent pas &#224; s'ins&#233;rer de mani&#232;re constante dans le circuit du salaire, on attribue un peu d'argent afin qu'ils puissent se reproduire et qu'ils ne provoquent pas de scandale social. Il existe donc des niveaux minimums de salaire garanti, de subsistance, qui correspondent &#224; la n&#233;cessit&#233; qu'une soci&#233;t&#233; a d'&#233;viter de cr&#233;er le scandale de la mortalit&#233;, le scandale de la &#171; pestilence &#187; puisque l'exclusion peut se transformer en pestilence. Les lois sur les pauvres sont pr&#233;cis&#233;ment n&#233;es face &#224; ce danger, dans l'Angleterre des XVIle et XVIII&#232; si&#232;cles. Il y a donc des formes de salaire garanti de ce type. Mais le probl&#232;me du salaire garanti est tout autre. Il s'agit de comprendre que la base de la productivit&#233; n'est pas l'investissement capitaliste mais l'investissement du cerveau humain socialis&#233;. En d'autres termes : le maximum de libert&#233; et de rupture du rapport disciplinaire &#224; l'usine, le maximum de libert&#233; du travail, devient le fondement absolu de la production de richesse. Le salaire garanti signifie la distribution d'une grande partie du revenu, tout en laissant aux sujets productifs la capacit&#233; de d&#233;penser ce revenu pour leur propre reproduction productive. Il devient l'&#233;l&#233;ment fondamental. Le salaire garanti est la condition de reproduction d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle les hommes, &#224; travers leur libert&#233;, deviennent productifs. Bien &#233;videmment, &#224; ce moment-l&#224;, les probl&#232;mes de production et d'organisation politique deviennent identiques. Si l'on tient le raisonnement jusqu'au bout, on est amen&#233; &#224; unifier l'&#233;conomie politique et la science de la politique, la science du gouvernement. Seules les formes de la d&#233;mocratie - une d&#233;mocratie radicale et absolue, mais je ne sais si le terme de d&#233;mocratie peut encore &#234;tre utilis&#233; ici - sont susceptibles d'&#234;tre les formes qui d&#233;terminent la productivit&#233; : une d&#233;mocratie substantielle, r&#233;elle, et dans laquelle l'&#233;galit&#233; des revenus garantis deviendrait toujours plus grande, toujours plus fondamentale. On pourra toujours d&#233;battre par la suite, avec r&#233;alisme, des mesures incitatives, mais ce sont des probl&#232;mes qui ne nous int&#233;ressent pas vraiment. Aujourd'hui, le vrai probl&#232;me, c'est de renverser le point de vue selon lequel la critique de l'&#233;conomie politique se d&#233;velopperait elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; de l'investissement capitaliste. Ce n'est pas nouveau, on a discut&#233; pendant des ann&#233;es de la r&#233;invention fondamentale de la coop&#233;ration productive &#224; travers la vie, qu'elle soit linguistique, affective ou qu'elle appartienne aux sujets. Le salaire garanti, en tant que condition de reproduction de ces sujets dans leur richesse, devient donc aujourd'hui essentiel. Il n'y a plus besoin d'aucun levier de pouvoir, il n'y a plus besoin d'aucun transcendantal, ni d'aucun investissement dont la fonction aujourd'hui n'est pas, comme on dit, &#171; d'anticiper les emplois de demain &#187;, mais d'anticiper et commander les divisions &#224; l'int&#233;rieur du prol&#233;tariat entre ch&#244;meurs et actifs, entre assist&#233;s et productifs, entre &#171; affili&#233;s &#187; et &#171; d&#233;saffli&#233;s &#187;. Il s'agit d'une utopie, de ce type d'utopie qui devient une machine de transformation du r&#233;el &#224; la seule condition qu'on la mette en action. Une des choses les plus belles aujourd'hui, c'est pr&#233;cis&#233;ment le fait que cet espace public de libert&#233; et de production commence &#224; se d&#233;finir, portant vraiment en lui la destruction de ce qui existe comme organisation du pouvoir productif, et donc comme organisation du pouvoir politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'entrepreneur biopolitique</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-entrepreneur-biopolitique</link>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ici encore, et comme toujours, on parle &#224; l'int&#233;rieur d'une sph&#232;re dont tous les concepts doivent &#234;tre renvers&#233;s pour devenir des termes directs. Il faudrait vraiment r&#233;ussir &#224; inventer un langage diff&#233;rent, m&#234;me lorsqu'on parle de d&#233;mocratie ou d'administration. Qu'est-ce que c'est que la d&#233;mocratie du biopolitique ? Bien &#233;videmment, ce n'est plus la d&#233;mocratie formelle mais la d&#233;mocratie absolue, spinozienne, immanente &#224; la multitude qui consid&#232;re toute transcendance du pouvoir comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici encore, et comme toujours, on parle &#224; l'int&#233;rieur d'une sph&#232;re dont tous les concepts doivent &#234;tre renvers&#233;s pour devenir des termes directs. Il faudrait vraiment r&#233;ussir &#224; inventer un langage diff&#233;rent, m&#234;me lorsqu'on parle de d&#233;mocratie ou d'administration. Qu'est-ce que c'est que la d&#233;mocratie du biopolitique ? Bien &#233;videmment, ce n'est plus la d&#233;mocratie formelle mais la d&#233;mocratie absolue, spinozienne, immanente &#224; la multitude qui consid&#232;re toute transcendance du pouvoir comme domination. Jusqu'&#224; quel point un concept comme celui de biopolitique est-il d&#233;finissable en termes de d&#233;mocratie ? Il n'est, en tout cas, pas d&#233;finissable en termes de d&#233;mocratie constitutionnelle classique. Et c'est la m&#234;me chose quand on parle d'entrepreneur. Et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; quand on parle d'entrepreneur politique - mieux, d'entrepreneur &#171; biopolitique &#187; -, c'est-&#224;-dire de quelqu'un qui r&#233;ussit &#224; articuler point par point les capacit&#233;s productives d'un contexte social. Que dire de cette figure ? Cet entrepreneur collectif doit-il avoir une r&#233;compense ? Il ne serait pas scandaleux de penser que oui, &#224; condition qu'on l'&#233;value &#224; l'int&#233;rieur du processus biopolitique. Je crois qu'on se trouve l&#224; &#224; l'oppos&#233; de toutes les th&#233;ories capitalistes de l'entrepreneur parasite. Ici, il s'agit d'un entrepreneur ontologique, d'un entrepreneur du plein qui veille essentiellement &#224; construire un tissu productif. On a toute une s&#233;rie d'exemples &#224; disposition, qui ont tous &#233;t&#233;, chacun &#224; leur mani&#232;re, tr&#232;s positifs. On ne les trouve probablement que dans certaines exp&#233;riences de communaut&#233;s, de collectivit&#233;s rouges - des coop&#233;ratives, fondamentalement -, ou encore dans certaines exp&#233;riences de communaut&#233;s blanches, solidaristes : c'est dans ces cas-l&#224; qu'on a eu des exemples d'entrepreneuriat collectif. Comme d'habitude, il faudrait aujourd'hui commencer &#224; parler non seulement de l'entrepreneur politique mais aussi de l'entrepreneur biopolitique, c'est-&#224;-dire d'un sujet qui organise l'ensemble des conditions de reproduction de la vie et de la soci&#233;t&#233;, et pas seulement l'&#171; &#233;conomie &#187;. Il faudrait distinguer entre l'entrepreneur biopolitique inflationniste et l'entrepreneur d&#233;flationniste ; entre un entrepreneur biopolitique qui d&#233;termine, dans la communaut&#233; qu'il organise, des d&#233;sirs et des besoins toujours plus grands et toujours nouveaux, et l'entrepreneur qui r&#233;prime, qui &#171; rediscipline &#187; sur le terrain biopolitique les forces qui sont en jeu. Je suppose qu'un entrepreneur du Sentier, pour parler de recherches que nous avons men&#233;es en France, est l'exemple d'un entrepreneur biopolitique qui agit souvent &#224; la d&#233;flation. C'est la m&#234;me chose pour Benetton. Je crois vraiment que le concept d'entrepreneur, en tant que figure du militant &#224; l'int&#233;rieur de la structure biopolitique - un militant porteur de richesse et d'&#233;galit&#233; -, est un concept qu'il faut commencer &#224; formuler. S'il existe une cinqui&#232;me, une sixi&#232;me ou une septi&#232;me Internationale, son militant sera sur ce mod&#232;le. Il sera tout &#224; la fois, d'un point de vue biopolitique, entrepreneur de subjectivit&#233; et entrepreneur d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biopolitique productive</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Biopolitique-productive</link>
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		<dc:date>2004-05-24T14:22:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quand on parle de biopolitique, on parle avant tout de la politique de reproduction des soci&#233;t&#233;s modernes, c'est-&#224;-dire de l'attention que l'&#201;tat moderne porte &#224; la reproduction des ensembles d&#233;mographiques actifs. La biopolitique est donc cette perspective &#224; l'int&#233;rieur de laquelle les aspects politico-administratifs s'ajoutent aux dimensions d&#233;mographiques, afin que le gouvernement des villes et des nations puisse &#234;tre saisi de mani&#232;re unitaire en r&#233;unissant tout &#224; la fois les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on parle de biopolitique, on parle avant tout de la politique de reproduction des soci&#233;t&#233;s modernes, c'est-&#224;-dire de l'attention que l'&#201;tat moderne porte &#224; la reproduction des ensembles d&#233;mographiques actifs. La biopolitique est donc cette perspective &#224; l'int&#233;rieur de laquelle les aspects politico-administratifs s'ajoutent aux dimensions d&#233;mographiques, afin que le gouvernement des villes et des nations puisse &#234;tre saisi de mani&#232;re unitaire en r&#233;unissant tout &#224; la fois les d&#233;veloppements &#171; naturels &#187; de la vie et de sa reproduction, et les structures administratives qui la disciplinent (l'&#233;ducation, l'assistance, la sant&#233;, les transports, etc.). &#192; l'&#233;poque moderne, dans la premi&#232;re phase du d&#233;veloppement capitaliste, et au moment o&#249; se d&#233;finissait l'&#201;tat-Nation, la biopolitique devient cette forme de gouvernement total. Il ne s'agit l&#224; que d'une premi&#232;re d&#233;finition, mais elle est tr&#232;s importante, dans la mesure o&#249; elle se d&#233;barrasse de la pure figure de l'&#201;tat juridique (selon la th&#233;orie politique moderne) con&#231;u comme sujet exclusif de l'histoire. Au contraire, elle le montre d'entr&#233;e de jeu comme &#233;tant compl&#232;tement ins&#233;r&#233; dans la soci&#233;t&#233;, occup&#233; aux al&#233;as de la reproduction. Une fois qu'on s'est donc donn&#233; cette d&#233;finition, il faut cependant avancer encore et se demander ce que signifie biopolitique quand on entre dans le post-moderne, c'est-&#224;-dire dans cette phase du d&#233;veloppement capitaliste o&#249; triomphe la subordination r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re sous le capital. &#192; ce moment l&#224;, quand l'articulation de la soci&#233;t&#233; et celle de l'organisation productive du capital tendent &#224; s'identifier, le biopolitique change de visage : il devient biopolitique productif. Ce qui signifie que le rapport entre les ensembles d&#233;mographiques actifs (l'&#233;ducation, l'assistance, la sant&#233;, les transports, etc.) et les structures administratives qui les parcourent est l'expression directe d'une puissance productive. La production biopolitique na&#238;t de la connexion des &#233;l&#233;ments vitaux de la soci&#233;t&#233;, de l'environnement ou de l' Umwelt dans lesquels ils sont ins&#233;r&#233;s, et consid&#232;re non pas que l'&#201;tat est le sujet de cette connexion, mais au contraire que l'ensemble des forces productives, des individus, des,groupes devient productif au fur et &#224; mesure que les sujets sociaux se r&#233;approprient l'ensemble. Dans ce cadre, la production sociale est compl&#232;tement articul&#233;e &#224; travers la production de subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Foucault, le concept de biopolitique est un concept fondamentalement statique et une cat&#233;gorie fondamentalement historique. La production de subjectivit&#233; que le biopolitique moderne d&#233;terminait &#233;tait une production de subjectivit&#233; encore, dans ce cas, presque toujours neutralis&#233;e. L'&#233;norme effort foucaldien pour rapporter les fili&#232;res du biopolitique &#224; la d&#233;termination de la subjectivit&#233; ne s'est jamais conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ! Le grand passage que nous sommes en train d'effectuer en entrant dans le post-moderne, et qui consiste &#224; consid&#233;rer le biopolitique productif comme quelque chose dans lequel la symbiose et la confusion entre les &#233;l&#233;ments vitaux et &#233;conomiques, les &#233;l&#233;ments institutionnels et administratifs, la construction du public, peut &#234;tre con&#231;ue seulement comme production de subjectivit&#233;. Nous sommes pratiquement en train de retourner les choses par rapport &#224; la th&#233;orie post-moderne. Lorsque tu prends les producteurs du concept de post-moderne, les Lyotard, Baudrillard, etc., tu comprends qu'ils ont pris le cadre biopolitique et l'ont vid&#233; de toutes ses dimensions productives, et quand je dis productive, je veux dire activit&#233; subjective de production. Ils l'ont vid&#233; et ils ont obtenu cet horizon lisse sur lequel tout circule en termes compl&#232;tement insens&#233;s, si ce n'est le fait qu'un ordre transcende l'insanit&#233; des mouvements sociaux et de la vie sociale. Nous avons fait la tentative pour retourner vraiment les choses : prendre ce processus du point de vue de la dynamique subjective qui le d&#233;termine et de la possibilit&#233; qu'a chacune de ces dynamiques subjectives donn&#233;es d'interrompre le cadre, d'interrompre la synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons transform&#233; ce qui &#233;tait un horizon lisse en un horizon fractal et de ce point de vue nous avons repris compl&#232;tement le discours deleuzo-guattarien de &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;, parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que la possibilit&#233; de la r&#233;volution de nouveau s'installe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le devenir-mineur dans &#034;Mille Plateaux&#034; de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Le-devenir-mineur-dans-Mille-Plateaux-de-Gilles-Deleuze-et-Felix-Guattari</link>
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		<dc:date>2004-05-24T14:21:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque Deleuze et Guattari &#233;crivent ce livre, on est au d&#233;but des ann&#233;es 80. Ils vivent &#224; l'&#233;poque 1a crise de l'ouvrier-masse des grandes usines de l'automobile, de la sid&#233;rurgie, de la production de masse, avec une tr&#232;s forte capacit&#233; d'anticipation. Ils lisent les ph&#233;nom&#232;nes &#233;mergents des formes &#171; marginales &#187; du travail en r&#233;volte, ce que nous avons appel&#233; dans la moiti&#233; des ann&#233;es 70 l'&#171; ouvrier social &#187;, ceci pour souligner que la production de la richesse et l'exploitation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Deleuze et Guattari &#233;crivent ce livre, on est au d&#233;but des ann&#233;es 80. Ils vivent &#224; l'&#233;poque 1a crise de l'ouvrier-masse des grandes usines de l'automobile, de la sid&#233;rurgie, de la production de masse, avec une tr&#232;s forte capacit&#233; d'anticipation. Ils lisent les ph&#233;nom&#232;nes &#233;mergents des formes &#171; marginales &#187; du travail en r&#233;volte, ce que nous avons appel&#233; dans la moiti&#233; des ann&#233;es 70 l'&#171; ouvrier social &#187;, ceci pour souligner que la production de la richesse et l'exploitation d&#233;bordaient l'usine et investissaient la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, comme un &#171; devenir-minoritaire &#187;. Du point de vue de l'analyse ph&#233;nom&#233;nologique, la caract&#233;risation socio-politique de &lt;i&gt;Mille Plateaux &lt;/i&gt;ne va pas beaucoup plus loin que cela. Je crois cependant que Deleuze et Guattari ont pens&#233; &#224; ces gen&#232;ses, &#224; cette g&#233;n&#233;alogie de la multitude, dans des termes qu'il est difficile de retrouver aujourd'hui. Ils ont contribu&#233;, &#224; travers cette fine analyse de la constitution des minorit&#233;s, &#224; construire un nouveau concept de majorit&#233; qui en change le sens, parce que c'est d&#233;sormais un ensemble pluriel de capacit&#233;s productives, de capacit&#233;s de coop&#233;ration, de d&#233;sirs. Ce qu'ils montrent, c'est un moment de r&#233;sistance, un moment de transition qui me semble d'une importance extr&#234;me. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment dans ces pages qu'ils citent les &#171; op&#233;ra&#239;stes italiens &#187; et leurs travaux sur les nouvelles subjectivit&#233;s productives qui d&#233;bordent le travail salari&#233; classique, comme la r&#233;f&#233;rence pratique de leur propre exp&#233;rience. Je crois que le raisonnement de Gilles et F&#233;lix va dans ce sens. Si l'on prend le dernier travail de Deleuze, &lt;i&gt;La Grandeur de Marx&lt;/i&gt;, on y trouve d'ailleurs une id&#233;e formidable : parce qu'il est question de traduire une prise de position &#233;pist&#233;mologique comme celle que repr&#233;sente la d&#233;finition du &#171; nom commun &#187; (un ensemble de perceptions qui constituent un concept) en construction linguistique d'une communaut&#233; &#233;pist&#233;mologique. Il s'agit donc de la traduction de ce processus de production du &#171; nom commun &#187; en un processus ontologique. Le communisme, c'est la multitude qui devient commune. Ce qui ne signifie pourtant pas qu'il y ait un pr&#233;suppos&#233;, une id&#233;e, quelque chose de m&#233;taphysiquement cach&#233;, ou qu'il y ait une unit&#233; : c'est le commun qui s'oppose &#224; l'un, c'est un anti-platonisme pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me. C'est le retournement m&#234;me de l'id&#233;e de communisme telle qu'elle avait &#233;t&#233; anticip&#233;e dans le d&#233;veloppement de la pens&#233;e, et selon laquelle l'utopie constituait n&#233;cessairement l'unit&#233;, r&#233;solvait le probl&#232;me de l'unit&#233; et de la souverainet&#233; du pouvoir. Ici, c'est la multitude qui constitue le commun. C'est cela, si j'ai bien compris, le concept de communisme qui &#233;tait construit dans le livre inachev&#233; de Deleuze, &lt;i&gt;La Grandeur de Marx&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La multitude</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il faudrait commencer par une petite pr&#233;cision historique. Le terme de multitude &#233;tait un terme p&#233;joratif, n&#233;gatif, qui &#233;tait utilis&#233; par la science politique classique. La multitude, c'&#233;tait l'ensemble des personnes qui vivaient dans un monde pr&#233;-social qu'il s'agissait de transformer en une soci&#233;t&#233; politique, une soci&#233;t&#233;, et qu'il s'agissait donc de dominer. La multitude, c'est un terme de Hobbes qui signifie exactement cela. Dans toute la science politique classique, moderne et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faudrait commencer par une petite pr&#233;cision historique. Le terme de multitude &#233;tait un terme p&#233;joratif, n&#233;gatif, qui &#233;tait utilis&#233; par la science politique classique. La multitude, c'&#233;tait l'ensemble des personnes qui vivaient dans un monde pr&#233;-social qu'il s'agissait de transformer en une soci&#233;t&#233; politique, une soci&#233;t&#233;, et qu'il s'agissait donc de dominer. La multitude, c'est un terme de Hobbes qui signifie exactement cela. Dans toute la science politique classique, moderne et post-moderne, le terme de multitude se transforme par la suite en pl&#232;be, en peuple, etc. L'homme d'&#201;tat, c'est celui qui se trouve face &#224; une multitude qu'il doit dominer. Tout cela, c'est &#224; l'&#233;poque moderne, et donc avant la formation du capitalisme. Il est &#233;vident que le capitalisme a modifi&#233; les choses, parce qu'il a transform&#233; la multitude en classes sociales. Cette rupture de la multitude en classes sociales a fond&#233; toute une s&#233;rie de crit&#232;res qui &#233;taient des crit&#232;res de redistribution de la richesse, et auxquels ces classes &#233;taient subordonn&#233;es &#224; travers une division du travail tr&#232;s sp&#233;cifique et tout &#224; fait ad&#233;quate. Aujourd'hui, dans la transformation du moderne en post-moderne, le probl&#232;me redevient celui de la multitude. Dans la mesure o&#249; les classes sociales en tant que telles se d&#233;litent, le ph&#233;nom&#232;ne de l'auto-concentration organisatrice des classes sociales dispara&#238;t. On se trouve donc &#224; nouveau face &#224; un ensemble d'individus, et pourtant cette multitude est devenue absolument diff&#233;rente. C'est une multitude qui est 1e r&#233;sultat d'une massification intellectuelle, elle ne peut plus &#234;tre appel&#233;e pl&#232;be ou peuple, parce que c'est une multitude riche. J'ai repris le terme multitude &#224; Spinoza, parce que Spinoza raisonnait dans le cadre de cette anomalie extraordinaire qu'&#233;tait la grandissime R&#233;publique hollandaise. Braudel la consid&#233;rait comme le centre du monde : c'&#233;tait une soci&#233;t&#233; o&#249;, d&#232;s le XII&#232; si&#232;cle, l'&#233;ducation obligatoire existait d&#233;j&#224;. La structuration de la communaut&#233; y &#233;tait extr&#234;mement forte, et une forme &#171; d'&#201;tat-providence &#187;, extr&#234;mement large, y existait aussi. Les individus &#233;taient d&#233;j&#224; riches. Or Spinoza pense pr&#233;cis&#233;ment que la d&#233;mocratie est l'accentuation maximale de l'activit&#233; cr&#233;atrice de cette multitude riche. J'ai donc employ&#233; ce terme de Spinoza, qui avait lui-m&#234;me renvers&#233; un terme de multitude consid&#233;r&#233; comme n&#233;gatif - ce n&#233;gatif que Hegel nommera plus tard &#171; la b&#234;te f&#233;roce &#187;, c'est-&#224;-dire ce qu'il faut organiser et dominer. Et cette multitude riche que Spinoza concevait au contraire comme la v&#233;ritable contre-pens&#233;e du moderne, dans une continuit&#233; qui va de Machiavel &#224; Marx et dont Spinoza constitue un peu le centre, le sommet, le moment de passage ambigu, anormal et fort, cette id&#233;e de la multitude c'est exactement le concept auquel on faisait allusion plus haut. Il existe aujourd'hui une multitude de citoyens, mais parler de citoyens, ce n'est pas suffisant, parce que c'est simplement qualifier en termes th&#233;oriques et juridiques des individus qui sont formellement libres. Il faudrait plut&#244;t dire qu'il existe aujourd'hui une multitude de travailleurs intellectuels. Mais cela ne suffit pas non plus. En fait, il faut dire qu'il existe une multitude d'instruments productifs qui ont &#233;t&#233; int&#233;rioris&#233;s, incarn&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des sujets qui constituent la soci&#233;t&#233;. Mais l&#224; encore, c'est insuffisant : parce qu'il faut ajouter la r&#233;alit&#233; affective, reproductive, les d&#233;sirs de jouissance. Voil&#224;, c'est cela, aujourd'hui, la multitude - une multitude qui &#244;te au pouvoir toute transcendance possible, et &lt;i&gt;qui ne peut &#234;tre domin&#233;e si ce n'est de fa&#231;on parasitaire&lt;/i&gt;, donc f&#233;roce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le devenir-femme du travail</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Autour de ce concept de &#171; devenir-femme du travail &#187; se joue l'un des aspects les plus centraux de la r&#233;volution que l'on est en train de vivre. En r&#233;alit&#233;, il n'est plus possible d'imaginer la production des richesses et des savoirs si ce n'est &#224; travers la production de subjectivit&#233;, et donc la reproduction g&#233;n&#233;rale des processus vitaux. Les femmes sont au centre du probl&#232;me. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles se trouvaient au centre de la production de subjectivit&#233;, c'est-&#224;-dire de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour de ce concept de &#171; devenir-femme du travail &#187; se joue l'un des aspects les plus centraux de la r&#233;volution que l'on est en train de vivre. En r&#233;alit&#233;, il n'est plus possible d'imaginer la production des richesses et des savoirs si ce n'est &#224; travers la production de subjectivit&#233;, et donc la reproduction g&#233;n&#233;rale des processus vitaux. Les femmes sont au centre du probl&#232;me. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles se trouvaient au centre de la production de subjectivit&#233;, c'est-&#224;-dire de la vitalit&#233; par excellence, qu'elles ont &#233;t&#233; exclues de la vieille conception de la production. Cela dit, dire &#171; devenir-femme du travail &#187;, c'est &#224; la fois dire trop et trop peu. C'est dire trop peu parce que cette transformation ne comprend pas formellement en elle tout ce que le f&#233;minisme nous a appris. Mais c'est dire trop, parce que ce qui nous int&#233;resse aujourd'hui, c'est la transgressivit&#233; g&#233;n&#233;rale du travail : une transgressivit&#233; qui se joue entre l'homme, la femme et la communaut&#233; au sein d'une reproduction g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle contribuent aussi bien les processus de production de savoir, de richesse, de langage et d'affects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'essaie d'&#234;tre critique avec moi-m&#234;me et que je pense &#224; la distinction classique entre production des marchandises (fondamentalement attribu&#233;s aux hommes, car m&#234;me quand il y avait d'autres sujets on parlait toujours d'ouvriers-m&#226;les-blancs-habitants des villes, etc.) et reproduction de la force de travail (exclusivement par les femmes) et &#224; ses cons&#233;quences, c'est-&#224;-dire l'exclusion des femmes de la capacit&#233; &#224; produire de la valeur - de la valeur &#233;conomique, s'entend -, et si je pense que nous avons &#233;t&#233;, nous aussi, &#224; l'int&#233;rieur de l'op&#233;ra&#239;sme classique, prisonniers de cette mystification, je crois qu'aujourd'hui le devenir-femme du travail est une id&#233;e absolument extraordinaire. On est confront&#233;s &#224; un devenir-femme du travail parce que la reproduction, les processus de production et de communication, les investissements affectifs, les investissements qui concernent l'&#233;ducation et la reproduction mat&#233;rielle des cerveaux, sont en train de devenir toujours plus essentiels. Bien entendu, il est &#233;vident que les femmes ne seront pas les seules &#224; s'occuper de tout cela : c'est une masculinisation des femmes et une f&#233;minisation des hommes qui est &#224; l'oeuvre de mani&#232;re in&#233;luctable &#224; l'int&#233;rieur de ce m&#233;canisme. Cela me semble d'une importance capitale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cerveau-machine</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il est clair que lorsqu'on commence &#224; dire que la machine-outil a &#233;t&#233; arrach&#233;e au capital par l'ouvrier, pour qu'elle le suive toute sa vie, que l'ouvrier a incarn&#233; cette puissance de production &#224; l'int&#233;rieur de son propre cerveau, ou quand on dit que le refus du travail a gagn&#233; par rapport au r&#233;gime disciplinaire de l'usine, il s'agit de quelque chose de tr&#232;s fort et de tr&#232;s vital. Parce que si le travail, si l'outil de travail est incarn&#233; dans le cerveau, alors l'outil de travail/cerveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est clair que lorsqu'on commence &#224; dire que la machine-outil a &#233;t&#233; arrach&#233;e au capital par l'ouvrier, pour qu'elle le suive toute sa vie, que l'ouvrier a incarn&#233; cette puissance de production &#224; l'int&#233;rieur de son propre cerveau, ou quand on dit que le refus du travail a gagn&#233; par rapport au r&#233;gime disciplinaire de l'usine, il s'agit de quelque chose de tr&#232;s fort et de tr&#232;s vital. Parce que si le travail, si l'outil de travail est incarn&#233; dans le cerveau, alors l'outil de travail/cerveau devient la plus grande potentialit&#233; productive mise en oeuvre aujourd'hui afin de construire de la richesse. Mais, en m&#234;me temps, l'homme est &#171; entier &#187;, le cerveau fait partie du corps, l'outil est incarn&#233; non seulement dans le cerveau mais aussi dans tout ce qui appartient au &#171; sentir &#187;, dans l'ensemble des &#171; esprits animaux &#187; qui agitent la vie d'une personne. Le travail se construit donc &#224; partir des outils qui ont &#233;t&#233; incarn&#233;s, mais cette incarnation comprend la vie. &#192; travers l'appropriation de l'outil, c'est la vie elle-m&#234;me qui est mise en production. Et mettre en production la vie, cela signifie essentiellement mettre en production les &#233;l&#233;ments de communication de la vie. Une vie individuelle ne saurait &#234;tre productive. La vie individuelle devient productive - et intens&#233;ment productive - dans la mesure o&#249; elle entre en communication avec d'autres corps, avec d'autres outils incarn&#233;s. Mais si tout cela est vrai, alors le langage, en tant que forme fondamentale de coop&#233;ration et de production, devient central dans ce processus. Or le langage, comme le cerveau, est rattach&#233; &#224; un corps, et le corps ne s'exprime pas simplement en formes rationnelles ou pseudo-rationnelles, ou encore en images : il s'exprime aussi &#224; travers des puissances, des puissances de vivre, ce que nous appelons des affects. La vie affective devient donc l'une des expressions de l'outil de travail incarn&#233; &#224; l'int&#233;rieur du corps. Cela signifie que le travail, de la mani&#232;re dont il s'exprime aujourd'hui, n'est pas simplement productif de richesses mais aussi, et surtout, de langages qui produisent cette richesse, l'interpr&#232;tent et en jouissent. Ces langages sont aussi bien rationnels qu'affectifs. Et tout cela a d'importantes cons&#233;quences sur la d&#233;finition des sujets. Parce qu'&#224; partir du moment o&#249; on a enlev&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re le privil&#232;ge d'&#234;tre l'unique repr&#233;sentant du travail productif, et que l'on a ramen&#233; ce travail productif &#224; tous les sujets qui ont incarn&#233; l'outil de travail et l'expriment dans des formes linguistiques, alors on doit dire que tous ceux qui produisent des puissances vitales se trouvent &#224; l'int&#233;rieur de ce processus, et qu'ils s'y trouvent m&#234;me de mani&#232;re essentielle. Qu'on pense par exemple &#224; tout le circuit de reproduction de la force de travail, de la maternit&#233; &#224; l'&#233;ducation, de la gestion de la communication &#224; l'organisation du soi-disant temps libre, tout cela entre aujourd'hui &#224; l'int&#233;rieur de la production. Il s'agit ici d'une formidable possibilit&#233; de remplir le concept de communisme par autre chose qu'une rationalisation, une acc&#233;l&#233;ration, une modernisation ou une super-modernisation du capitalisme. On a la possibilit&#233; d'expliquer la' production et donc d'organiser la vie humaine &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de cette richesse constitu&#233;e par toutes les puissances de l'outil : les langages et les affects.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Le-travail</link>
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		<dc:date>2004-05-24T14:13:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Du travail il y en a trop, parce que tout le monde travaille, et que tout le monde contribue &#224; la construction de la richesse sociale. Cette richesse na&#238;t de la communication, de la circulation, et de la capacit&#233; &#224; coordonner les efforts de chacun. Comme le dit Christian Marazzi, la production de la richesse est assur&#233;e aujourd'hui par une communaut&#233; biopolitique (le travail de ceux qui ont un emploi, mais aussi le travail des &#233;tudiants, des femmes, de tous ceux qui contribuent &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-rubrique150-" rel="directory"&gt;I.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du travail il y en a trop, parce que tout le monde travaille, et que tout le monde contribue &#224; la construction de la richesse sociale. Cette richesse na&#238;t de la communication, de la circulation, et de la capacit&#233; &#224; coordonner les efforts de chacun. Comme le dit Christian Marazzi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Place des chaussettes, &#201;ditions de l'&#201;clat, Paris, 1997&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la production de la richesse est assur&#233;e aujourd'hui par une communaut&#233; biopolitique (le travail de ceux qui ont un emploi, mais aussi le travail des &#233;tudiants, des femmes, de tous ceux qui contribuent &#224; la production de l'affectivit&#233;, de la sensibilit&#233;, des modes de s&#233;miotisation de la subjectivit&#233;), production de la richesse que les capitalistes commandent et organisent &#224; travers la &#171; d&#233;sinflation &#187;, c'est-&#224;-dire la compression de tous les co&#251;ts que la coop&#233;ration productive et les conditions sociales de sa reproduction exigent. Le passage de &#171; l'inflation &#187; (de d&#233;sirs et de besoins) des ann&#233;es suivant 68 &#224; la d&#233;sinflation des co&#251;ts, repr&#233;sente la transition capitaliste du moderne au post-moderne, du fordisme au post-fordisme. C'est une transition politique au sein de laquelle le travail salari&#233; a &#233;t&#233; exalt&#233; comme matrice fondamentale de la production des richesses. Mais le travail a &#233;t&#233; s&#233;par&#233; de sa puissance politique. Cette puissance politique venait de travailleurs regroup&#233;s au sein des usines, organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de structures syndicales et politiques fortes. La destruction de ces structures a laiss&#233; derri&#232;re elle une masse informe - pour un regard ext&#233;rieur - de prol&#233;taires qui s'agitent sur le territoire : un v&#233;ritable fourmillement, qui produit des richesses &#224; travers une collaboration et une coop&#233;ration continues. En fait, si on regarde le monde d'en bas, le monde des fourmis... l&#224; o&#249; se d&#233;roule notre vie, on s'aper&#231;oit de l'incroyable capacit&#233; productive que ces travailleurs ont d&#233;sormais acquise. C'est cela l'incroyable paradoxe face auquel nous nous trouvons. C'est que le travail est encore consid&#233;r&#233; comme emploi, comme travail &#171; employ&#233; &#187; par le capital, dans des structures qui l'assujettissent directement &#224; l'organisation capitaliste de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gitimit&#233; sociale et productive de l'activit&#233; est toujours soumise &#224; l'&#171; employabilit&#233; &#187; - n&#233;ologisme barbare, mais qui exprime bien la nouvelle nature de la subordination - par l'entreprise ou par l'&#201;tat. On a gliss&#233; progressivement du &#171; travail &#187; &#224; l'&#171; emploi &#187;, mais ce qui valide l'activit&#233; n'est pas tellement la participation effective &#224; la production de la richesse - combien d'emplois sont &#171; improductifs &#187; de ce point de vue ! - mais la subordination &#224; des formes de contr&#244;le de l'entreprise ou de l'&#201;tat. Ce qui d&#233;termine un consensus de fond sur le &#171; travail &#187; entre gauche et droite, entre patrons et syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant aujourd'hui, ce lien entre production de la richesse et travail salari&#233; - qui est un vieux lien marxien, mais qui, avant d'&#234;tre marxien, a &#233;t&#233; un lien &#233;tabli par l'&#233;conomie politique classique - a &#233;t&#233; rompu. Le travailleur, aujourd'hui, n'a plus besoin d'instruments de travail (c'est-&#224;-dire de capital fixe) qui soient mis &#224; sa disposition par le capital. Le capital fixe le plus important, celui qui d&#233;termine les diff&#233;rentiels de productivit&#233;, d&#233;sormais se trouve dans le cerveau des gens qui travaillent c'est la machine-outil que chacun d'entre nous porte en lui. C'est cela la nouveaut&#233; absolument essentielle de la vie productive, aujourd'hui. C'est un ph&#233;nom&#232;ne compl&#232;tement essentiel, parce que pr&#233;cis&#233;ment le capital, &#224; travers son renouvellement, son changement interne, &#224; travers la r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, &#224; travers la red&#233;finition de l'&#201;tat-providence, &#171; d&#233;vore &#187; cette force de travail. Mais comment la d&#233;vore-t-il ? Il le fait dans une situation qui est structurellement ambigu&#235;, contradictoire et antagoniste. L'activit&#233; productrice de richesses n'est pas r&#233;ductible &#224; l'emploi. Les ch&#244;meurs travaillent, le travail au noir est plus producteur de richesses que celui des employ&#233;s. Et inversement l'emploi est aussi assist&#233; que le ch&#244;mage. La flexibilit&#233; et la mobilit&#233; de la main d'&#339;uvre n'ont &#233;t&#233; impos&#233;s ni par le capital, ni par l'&#233;chec des accords fordistes et welfairistes sur le salaire et sur la redistribution du revenu entre patrons, syndicats et &#201;tat, accords qui ont pratiquement domin&#233; la vie sociale et politique dans les cinquante derni&#232;res ann&#233;es. Aujourd'hui, on se trouve dans une situation o&#249;, pr&#233;cis&#233;ment, le travail est &#171; libre &#187;. Bien entendu, le capital a gagn&#233;, il a anticip&#233; les possibilit&#233;s d'organiser politiquement les nouvelles formes de coop&#233;ration productive et la &#171; puissance &#187; politique de celles-ci. Pourtant, si on prend un peu de recul, et sans p&#233;cher pour cela par optimisme, il faut aussi dire que la force de travail que l'on a connue, c'est-&#224;-dire la classe ouvri&#232;re, a lutt&#233; pour refuser la discipline d'usine. Et l'on est &#224; nouveau confront&#233; au probl&#232;me de l'&#233;valuation d'une transition politique qui est, historiquement, aussi importante que celle qui fait passer de l'Ancien R&#233;gime &#224; la R&#233;volution. On peut &#224; bon droit dire qu'on a v&#233;cu, dans la seconde moiti&#233; du xxe si&#232;cle, une transition au sein de laquelle le travail s'est &#233;mancip&#233;. Il s'est &#233;mancip&#233; par sa capacit&#233; &#224; devenir intellectuel, immat&#233;riel ; il s'est &#233;mancip&#233; de la discipline d'usine. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui d&#233;termine la possibilit&#233; d'une r&#233;volution globale, fondamentale et radicale de la soci&#233;t&#233; contemporaine capitaliste. Le capitaliste est d&#233;sormais un parasite : non pas en tant que capitaliste financier, dans les termes marxistes classiques, mais parce qu'il n'a plus la capacit&#233; de ma&#238;triser unilat&#233;ralement la structure du processus du travail, &#224; travers la division entre travail manuel et travail intellectuel. Les nouvelles formes de subjectivit&#233; ont cass&#233; et rendu r&#233;versible cette s&#233;paration, en produisant de nouveaux moyens d'expression de leur propre puissance et un terrain de lutte et de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Place des chaussettes, &#201;ditions de l'&#201;clat, Paris, 1997&lt;/p&gt;
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