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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Le camembert savant</title>
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		<dc:date>2004-11-19T19:55:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>Rosset, Cl&#233;ment</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cl&#233;ment Rosset montre que la croyance dans l'identit&#233; personnelle est, tout comme la croyance au libre-arbitre, la croyance, morale, permettant de tenir un individu pour responsable de ses actes. Voyez comment Spinoza r&#233;fute la croyance au libre-arbitre : La pierre qui songe. &lt;br class='autobr' /&gt; Comme le pense justement Aristote, il n'y a de science que du g&#233;n&#233;ral et pas de connaissance du particulier, m&#234;me dans le cas o&#249; ce particulier est sp&#233;cifique et peut ainsi se pr&#233;valoir d'une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cl&#233;ment Rosset montre que la croyance dans l'identit&#233; personnelle est, tout comme la croyance au libre-arbitre, la &lt;strong&gt;croyance&lt;/strong&gt;, morale, permettant de tenir un individu pour responsable de ses actes. Voyez comment Spinoza r&#233;fute la croyance au libre-arbitre : &lt;a href='https://caute.lautre.net/La-pierre-qui-songe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La pierre qui songe&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme le pense justement Aristote, il n'y a de science que du g&#233;n&#233;ral et pas de connaissance du particulier, m&#234;me dans le cas o&#249; ce particulier est sp&#233;cifique et peut ainsi se pr&#233;valoir d'une certaine g&#233;n&#233;ralit&#233; ainsi est-il impossible de d&#233;crire la saveur d'un camembert, bien qu'il existe des quantit&#233;s de camemberts, dans la mesure o&#249; cette saveur est singuli&#232;re et diff&#232;re de celle de tout autre fromage. En tant qu'objet existant et consommable, le camembert poss&#232;de si l'on veut une certaine &#171; identit&#233; personnelle &#187; que per&#231;oivent et appr&#233;cient ses amateurs (identit&#233; il est vrai plus reconnaissable que connaissable et descriptible). Mais cette particularit&#233; ne fournit aucun argument valable en faveur de son identit&#233; personnelle qui suppose une perception de son propre moi et de sa propre singularit&#233; qui manque &#233;videmment au camembert. Imaginons pourtant un instant que le camembert, par une m&#233;tamorphose prodigieuse, devienne un camembert savant, dot&#233; de pens&#233;e et de sensibilit&#233; &#224; l'instar de l'homme. Il serait alors sans doute capable d'identifier la saveur des autres fromages, il sentirait aussi la duret&#233; des dents qui le d&#233;vorent. Mais il n'en saurait pas plus long sur son identit&#233; personnelle, incapable qu'il serait de reconna&#238;tre sa propre saveur. Il serait &#224; la rigueur capable de reconna&#238;tre (pas de conna&#238;tre) la saveur de ses cong&#233;n&#232;res camemberts, comme la m&#232;re phoque reconna&#238;t son b&#233;b&#233; phoque, ou un loup un loup de sa horde - &#224; leur odeur particuli&#232;re et singuli&#232;re. De m&#234;me ne trompe-t-on pas la vache, chez Lucr&#232;ce, sur l'identit&#233; du veau qu'elle a perdu : &#171; Ni les tendres pousses des saules, ni les herbes vivifi&#233;es par la ros&#233;e, ni les vastes fleuves coulant &#224; pleins bords ne peuvent divertir son esprit et d&#233;tourner le soin qui l'occupe ; et la vue des autres veaux dans les gras p&#226;turages ne sauraient la distraire et l'all&#233;ger de sa peine : tant il est vrai que c'est un objet particulier, bien connu, qu'elle recherche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De rerum natura, Livre II, v.v. 361-366 (tr. A Ernent, ed. &#171; Les Belles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Mais nous retombons toujours sur la m&#234;me difficult&#233; : notre camembert savant, telle la vache d&#233;crite par Lucr&#232;ce, acquerrait sans doute une identit&#233; sociale - ou &#171; clanique &#187; -, pas une identit&#233; personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la croyance en une identit&#233; personnelle est inutile &#224; la vie, elle est en revanche indispensable &#224; toute conception &lt;i&gt;morale &lt;/i&gt;de la vie, et notamment &#224; la conception morale de la justice, fond&#233;e non sur la sanction des faits mais sur l'appr&#233;ciation des intentions - &#171; intentions &#187; dont on peut remarquer qu'elles constituent une notion aussi vague et imp&#233;n&#233;trable que celle d'identit&#233; personnelle. C'est pourquoi tout philosophe d'ob&#233;dience morale a toujours soutenu contre vents et mar&#233;es, &lt;i&gt;unguibus et rostro&lt;/i&gt;, le credo du libre arbitre, c'est-&#224;-dire le dogme d'une identit&#233; personnelle responsable non seulement de ses actes mais aussi - et surtout - des intentions pr&#233;sum&#233;es qui en seraient l'origine tels Kant, Sartre, ou encore Paul Ricceur qui, dans un livre relativement r&#233;cent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soi-m&#234;me comme un autre, Editions du Seuil, 1990.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'est propos&#233; de d&#233;fendre ce qu'il appelle, de mani&#232;re d&#233;licieusement polys&#233;mique, le &#171; maintien de soi &#187;. Ne pas oublier qu'on est une personne responsable, - ne pas oublier non plus de se tenir droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;De rerum natura&lt;/i&gt;, Livre II, v.v. 361-366 (tr. A Ernent, ed. &#171; Les Belles Lettres).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Soi-m&#234;me comme un autre&lt;/i&gt;, Editions du Seuil, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cl&#233;ment Rosset, &lt;strong&gt;Loin de moi&lt;/strong&gt;, Minuit, 1999, pp.82-84 et 90-91&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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