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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Le lit d'Ulysse</title>
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		<dc:creator>Hom&#232;re</dc:creator>



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&lt;p&gt;En face de sa femme, il reprit le fauteuil qu'il venait de quitter et lui tint ce discours : &lt;br class='autobr' /&gt;
ULYSSE : Malheureuse ! jamais, en une faible femme, les dieux, les habitants des manoirs de l'Olympe, n'ont mis un c&#339;ur plus sec... C'est bien !... Nourrice, &#224; toi de me dresser un lit : j'irai dormir tout seul ; car, en place de c&#339;ur, elle n'a que du fer. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plus sage des femmes, P&#233;n&#233;lope, reprit : &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;n&#233;lope : Non ! malheureux ! je n'ai ni m&#233;pris ni d&#233;dain ; je reprends tout mon calme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En face de sa femme, il reprit le fauteuil qu'il venait de quitter et lui tint ce discours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ULYSSE :&lt;/strong&gt; Malheureuse ! jamais, en une faible femme, les dieux, les habitants des manoirs de l'Olympe, n'ont mis un c&#339;ur plus sec... C'est bien !... Nourrice, &#224; toi de me dresser un lit : j'irai dormir tout seul ; car, en place de c&#339;ur, elle n'a que du fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus sage des femmes, P&#233;n&#233;lope, reprit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;n&#233;lope :&lt;/strong&gt; Non ! malheureux ! je n'ai ni m&#233;pris ni d&#233;dain ; je reprends tout mon calme et reconnais en toi celui qui, loin d'Ithaque, partit un jour sur son navire aux longues rames... Ob&#233;is, Eurycl&#233;e ! et va dans notre chambre aux solides murailles nous pr&#233;parer le lit que ses mains avaient fait ; dresse les bois du cadre et mets-y le coucher, les feutres, les toisons, avec les draps moir&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l&#224; sa fa&#231;on d'&#233;prouver son &#233;poux. Mais Ulysse indign&#233; m&#233;connut le dessein de sa fid&#232;le &#233;pouse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ulysse :&lt;/strong&gt; O femme, as-tu bien dit ce mot qui me torture ?... Qui donc a d&#233;plac&#233; mon lit ? le plus habile n'aurait pas r&#233;ussi sans le secours d'un dieu qui, rien qu'&#224; le vouloir, l'aurait chang&#233; de place. Mais il n'est homme en vie, f&#251;t-il plein de jeunesse, qui l'e&#251;t roul&#233; sans peine. La fa&#231;on de ce lit, c'&#233;tait mon grand secret ! C'est moi seul, qui l'avais fabriqu&#233; sans un aide. Au milieu de l'enceinte, un rejet d'olivier &#233;ployait son feuillage ; il &#233;tait vigoureux et son gros f&#251;t avait l'&#233;paisseur d'un pilier : je construisis, autour, en blocs appareill&#233;s, les murs de notre chambre ; je la couvris d'un toit et, quand je l'eus munie d'une porte aux panneaux de bois plein, sans fissure, c'est alors seulement que, de cet olivier coupant la frondaison, je donnai tous mes soins &#224; &#233;quarrir le f&#251;t jusques &#224; la racine, puis, l'ayant bien poli et dress&#233; au cordeau, je le pris pour montant o&#249; cheviller le reste ; &#224; ce premier montant, j'appuyai tout le lit dont j'achevais le cadre ; quand je l'eus incrust&#233; d'or, d'argent et d'ivoire, j'y tendis des courroies d'un cuir rouge &#233;clatant... Voil&#224; notre secret !... la preuve te suffit ?... je voudrais donc savoir, femme si notre lit est toujours en sa place ou si, pour le tirer ailleurs, on a coup&#233; le tronc de l'olivier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait : P&#233;n&#233;lope sentait se d&#233;rober ses genoux et son c&#339;ur ; elle avait reconnu les signes &#233;vidents que lui donnait Ulysse ; pleurant et s'&#233;lan&#231;ant vers lui et lui jetant les bras autour du cou et le baisant au front, son Ulysse, elle dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;n&#233;lope :&lt;/strong&gt; Ulysse, excuse-moi !... toujours je t'ai connu le plus sage des hommes ! Nous comblant de chagrin, les dieux n'ont pas voulu nous laisser l'un &#224; l'autre &#224; jouir du bel &#226;ge et parvenir ensemble au seuil de la vieillesse !... Mais aujourd'hui, pardonne et sois sans amertume si, du premier abord, je ne t'ai pas f&#234;t&#233; ! Dans le fond de mon c&#339;ur, veillait toujours la crainte qu'un homme ne me vint abuser par ses contes ; il est tant de m&#233;chants qui ne songent qu'aux ruses ! Ah ! la fille de Zeus, H&#233;l&#232;ne l'Argienne&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;n'e&#251;t pas donn&#233; son lit &#224; l'homme de l&#224;-bas, si elle e&#251;t soup&#231;onn&#233; que les fils d'Acha&#239;e, comme d'autres Ar&#232;s, s'en iraient la reprendre, la rendre &#224; son foyer, au pays de ses p&#232;res ; mais un dieu la poussa vers cette oeuvre de honte ! son c&#339;ur auparavant n'avait pas r&#233;solu cette faute maudite, qui fut, pour nous aussi, cause de tant de maux ! Mais tu m'as convaincue ! la preuve est sans r&#233;plique ! tel est bien notre lit ! en dehors de nous deux, il n'est &#224; le conna&#238;tre que la seule Aktoris, celle des chambri&#232;res, que, pour venir ici, mon p&#232;re me donna. C'est elle qui gardait l'entr&#233;e de notre chambre aux &#233;paisses murailles... Tu vois : mon c&#339;ur se rend, quelque cruel qu'il soit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Ulysse, &#224; ces mots, pris d'un plus vif besoin de sangloter, pleurait. Il tenait dans ses bras la femme de son c&#339;ur, sa fid&#232;le compagne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est douce, la terre, aux v&#339;ux des naufrag&#233;s, dont Posidon en mer, sous l'assaut de la vague et du vent, a bris&#233; le solide navire : ils sont l&#224;, quelques-uns qui, nageant vers la terre, &#233;mergent de l'&#233;cume ; tout leur corps est plaqu&#233; de salure marine ; bonheur ! ils prennent pied ! ils ont fui le d&#233;sastre !... La vue de son &#233;poux lui semblait aussi douce : ses bras blancs ne pouvaient s'arracher &#224; ce cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Aurore aux doigts de roses les e&#251;t trouv&#233;s pleurants, sans l'id&#233;e qu'Ath&#233;na, la d&#233;esse aux yeux pers, eut d'allonger la nuit qui recouvrait le monde : elle retint l'Aurore aux bords de l'Oc&#233;an, pr&#232;s de son tr&#244;ne d'or, en lui faisant d&#233;fense de mettre sous le joug pour &#233;clairer les hommes, ses rapides chevaux Lampos et Pha&#233;ton, les poulains de l'Aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ulysse l'avis&#233; dit enfin &#224; sa femme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ulysse :&lt;/strong&gt; O femme, ne crois pas &#234;tre au bout des &#233;preuves ! Il me reste &#224; mener jusqu'au bout, quelque jour, un travail compliqu&#233;, malais&#233;, sans mesure : c'est le devin Tir&#233;sias qui me l'a dit, le jour que, d&#233;barqu&#233; &#224; la maison d'Had&#232;s, je consultai son ombre sur la voie du retour pour mes gens et pour moi... Mais gagnons notre lit, &#244; femme ! il est grand temps de dormir, de go&#251;ter le plus doux des sommeils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus sage des femmes, P&#233;n&#233;lope, reprit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;n&#233;lope :&lt;/strong&gt; Ton lit te recevra, d&#232;s que voudra ton c&#339;ur, puisque les dieux t'ont fait rentrer sous ton grand toit, au pays de tes p&#232;res ! Mais puisqu'ils t'ont donn&#233; la pens&#233;e de me dire qu'une &#233;preuve te reste, voyons ! il faudra bien qu'un jour, je la connaisse : la savoir tout de suite est peut-&#234;tre le mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hom&#232;re, &lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, XXIII&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Lessive et partie de campagne</title>
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		<dc:creator>Hom&#232;re</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;NAUSICAA : Mon cher papa, ne veux-tu pas me faire armer la voiture &#224; roues hautes ? je voudrais emporter notre linge l&#224;-bas, pour le laver au fleuve j'en ai tant de sali !... Toi d'abord, tu ne veux, pour aller au conseil avec les autres rois, que v&#234;tements sans tache, et, pr&#232;s de toi, cinq fils vivent en ce manoir, deux qui sont mari&#233;s, et trois encor gar&#231;ons, mais de belle venue ! sans linge frais lav&#233;, jamais ils ne voudraient s'en aller &#224; la danse. C'est moi qui dois avoir le soin de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Homere-" rel="directory"&gt;Hom&#232;re&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NAUSICAA :&lt;/strong&gt; Mon cher papa, ne veux-tu pas me faire armer la voiture &#224; roues hautes ? je voudrais emporter notre linge l&#224;-bas, pour le laver au fleuve j'en ai tant de sali !... Toi d'abord, tu ne veux, pour aller au conseil avec les autres rois, que v&#234;tements sans tache, et, pr&#232;s de toi, cinq fils vivent en ce manoir, deux qui sont mari&#233;s, et trois encor gar&#231;ons, mais de belle venue ! sans linge frais lav&#233;, jamais ils ne voudraient s'en aller &#224; la danse. C'est moi qui dois avoir le soin de tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne parlait pas des f&#234;tes de ses noces. Le seul mot l'aurait fait rougir devant son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ayant devin&#233;, le roi dit en r&#233;ponse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALKINOOS :&lt;/strong&gt; Ce n'est pas moi qui veux te refuser, ma fille, ni les mules ni rien. Pars ! nos gens vont t'armer la voiture &#224; roues hautes et mettre les ridelles. A ces mots, il donna les ordres &#224; ses gens, qui, sit&#244;t, s'empress&#232;rent ; on tira, on garnit la voiture l&#233;g&#232;re ; les mules amen&#233;es, on les mit sous le joug et tandis que la vierge, apportant du cellier le linge aux clairs reflets, le d&#233;posait dans la voiture aux bois polis, sa m&#232;re, en un panier, ayant charg&#233; les vivres, ajoutait d'autres mets et toutes les douceurs, puis remplissait de vin une outre en peau de ch&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Nausicaa monta sur la voiture. Sa m&#232;re lui tendit, dans la fiole d'or, une huile bien fluide pour se frotter apr&#232;s le bain, elle et ses femmes. La vierge prit le fouet et les r&#234;nes luisantes. Un coup pour d&#233;marrer, et mules, s'&#233;brouant, de s'allonger &#224; plein effort et d'emporter le linge et la princesse ; &#224; pied, sans la quitter, ses femmes la suivaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On atteignit le fleuve aux belles eaux. courantes. Les lavoirs &#233;taient l&#224;, pleins en toute saison. Une eau claire sortait a flots de sous les roches, de quoi pouvoir blanchir le linge le plus noir. Les mules d&#233;tel&#233;es, on les tira du char et, les l&#226;chant au long des cascades du fleuve, on les mit pa&#238;tre l'herbe &#224; la douceur de miel. Les femmes avaient pris le linge sur le char et, le portant &#224; bras dans les trous de l'eau sombre, rivalisaient &#224; qui mieux mieux pour le fouler. On lava, on rin&#231;a tout ce linge sali ; on l'&#233;tendit en ligne aux endroits de la gr&#232;ve o&#249; le flot quelquefois venait battre le bord et lavait le gravier. On prit le bain et l'on se frotta d'huile fine, puis, tandis que le linge au clair soleil s&#233;chait, on se mit au repas sur les berges du fleuve ; une fois r&#233;gal&#233;es, servantes et ma&#238;tresse d&#233;nou&#232;rent leurs voiles pour jouer au ballon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nausicaa aux beaux bras blancs menait le ch&#339;ur. Quand la d&#233;esse &#224; l'arc, Art&#233;mis, court les monts, tout le long du Tayg&#232;te, ou joue sur l'&#201;rymanthe parmi les sangliers et les biches l&#233;g&#232;res, ses nymphes, n&#233;es du Zeus &#224; l'&#233;gide, autour d'elle bondissent par les champs, et le c&#339;ur de L&#233;to s'&#233;panouit &#224; voir sa fille dont la t&#234;te et le front les dominent : sans peine, on la distingue entre tant de beaut&#233;s. Telle se d&#233;tachait, du groupe de ses femmes, cette vierge sans ma&#238;tre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rentrer au logis, l'heure approchait d&#233;j&#224; de plier le beau linge et d'atteler les mules. C'est alors qu'Ath&#233;na, la d&#233;esse aux yeux pers, voulut pour ses desseins qu'Ulysse r&#233;veill&#233; vit la vierge charmante et f&#251;t conduit par elle au bourg des Ph&#233;aciens. Elle lan&#231;ait la balle &#224; l'une de ses femmes ; mais la balle, manquant la servante, tomba au trou d'une cascade. Et filles aussit&#244;t de pousser les hauts cris ! et le divin Ulysse &#233;veill&#233; de s'asseoir ! Son esprit et son c&#339;ur ne savaient que r&#233;soudre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hom&#232;re, &lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, VI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Calypso, Ulysse et son radeau</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Calypso-Ulysse-et-son-radeau</link>
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		<dc:date>2005-01-23T21:45:56Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;CALYPSO : Je ne veux plus qu'ici, pauvre ami ! dans les larmes, tu consumes tes jours. Me voici toute pr&#234;te &#224; te cong&#233;dier. Prends les outils de bronze, abats de longues poutres, unis-les pour b&#226;tir le plancher d'un radeau !... dessus, tu planteras un gaillard en hauteur, qui puisse te porter sur la brume des mers. Moi, quand j'aurai charg&#233; le pain, l'eau, le vin rouge et toutes les douceurs pour t'&#233;viter la faim, et lorsque je t'aurai fourni de v&#234;tements, je te ferai souffler une brise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Homere-" rel="directory"&gt;Hom&#232;re&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CALYPSO&lt;/strong&gt; : Je ne veux plus qu'ici, pauvre ami ! dans les larmes, tu consumes tes jours. Me voici toute pr&#234;te &#224; te cong&#233;dier. Prends les outils de bronze, abats de longues poutres, unis-les pour b&#226;tir le plancher d'un radeau !... dessus, tu planteras un gaillard en hauteur, qui puisse te porter sur la brume des mers. Moi, quand j'aurai charg&#233; le pain, l'eau, le vin rouge et toutes les douceurs pour t'&#233;viter la faim, et lorsque je t'aurai fourni de v&#234;tements, je te ferai souffler une brise d'arri&#232;re, qui te ram&#232;nera, sain et sauf, au pays..., s'il pla&#238;t aux Immortels, ma&#238;tres des champs du ciel ils peuvent mieux que moi d&#233;cider et parfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son berceau de brume, &#224; peine &#233;tait sortie l'Aurore aux doigts de roses, qu'Ulysse rev&#234;tait la robe et le manteau. La Nymphe se drapa d'un grand linon neigeux, &#224; la gr&#226;ce l&#233;g&#232;re ; elle ceignit ses reins de l'orfroi le plus beau ; d'un voile retombant, elle couvrit sa t&#234;te, puis fut toute au d&#233;part de son grand c&#339;ur d'Ulysse. Tout d'abord, elle vint lui donner une hache aux deux joues aff&#251;t&#233;es, un gros outil de bronze, que mettait bien en mains un manche d'olivier aussi ferme que beau ; ensuite elle apporta une fine doloire et montra le chemin vers la pointe de l'&#238;le, o&#249; des arbres tr&#232;s hauts avaient pouss&#233; jadis, aunes et peupliers, sapins touchant le ciel, tous morts depuis longtemps, tous secs et, pour flotter, tous l&#233;gers &#224; souhait. Calypso lui montra cette futaie d'antan, et la toute divine regagna son logis. Mais lui, coupant ses bois sans ch&#244;mer &#224; l'ouvrage, il jetait bas vingt arbres, que sa hache &#233;quarrit et qu'en ma&#238;tre il plana, puis dressa au cordeau. Calypso revenait : cette toute divine apportait les tari&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ulysse alors per&#231;a et chevilla ses poutres, les unit l'une &#224; l'autre au moyen de goujons et fit son b&#226;timent. Les longueur et largeur qu'aux plats vaisseaux de charge, donne le constructeur qui conna&#238;t son m&#233;tier, Ulysse les donna au plancher du radeau ; puis, dressant le gaillard, il en fit le bordage de poutrelles serr&#233;es, qu'il couvrit pour finir de voliges en long ; il y planta le m&#226;t emmanch&#233; de sa vergue ; en poupe, il adapta la barre &#224; gouverner ; alors de claies d'osier, ayant contre la vague ceintur&#233; le radeau, il lesta le plancher d'une charge de bois. Calypso revenait ; cette toute divine apportait les tissus dont il ferait ses voiles : en ma&#238;tre encore, il sut les tailler, y fixer les drisses et ralingues ; il amarra l'&#233;coute ; enfin, sur des rouleaux, il mit le b&#226;timent &#224; la vague divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quatre jours, tout &#233;tait termin&#233;. Calypso, le cinqui&#232;me, le renvoya de l'&#238;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hom&#232;re, &lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, V.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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