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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>IV. La philosophie comme exercice.</title>
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		<dc:creator>Epicure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1. La prudence. &lt;br class='autobr' /&gt; Or, le principe de tout cela et par cons&#233;quent le plus grand des biens, c'est la prudence. Il faut donc la mettre au-dessus de la philosophie m&#234;me, puisqu'elle est faite pour &#234;tre la source de toutes les vertus, en nous enseignant qu'il n'y a pas moyen de vivre agr&#233;ablement si l'on ne vit pas avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice, et qu'il est impossible de vivre avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice si l'on ne vit pas agr&#233;ablement. Les vertus en effet, ne sont que des suites (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Analyse-de-la-lettre-a-Menecee-" rel="directory"&gt;Analyse de la lettre &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/III-Le-soin-du-corps-et-de-l-ame-desirs-et-plaisirs' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L37xH37/arriere-59885.gif?1772284228' width='37' height='37' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. La prudence.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, le principe de tout cela et par cons&#233;quent le plus grand des biens, c'est la prudence. Il faut donc la mettre au-dessus de la philosophie m&#234;me, puisqu'elle est faite pour &#234;tre la source de toutes les vertus, en nous enseignant qu'il n'y a pas moyen de vivre agr&#233;ablement si l'on ne vit pas avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice, et qu'il est impossible de vivre avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice si l'on ne vit pas agr&#233;ablement. Les vertus en effet, ne sont que des suites naturelles et n&#233;cessaires de la vie agr&#233;able et, &#224; son tour, la vie agr&#233;able ne saurait se r&#233;aliser en elle-m&#234;me et &#224; part des vertus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. La force du sage.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(133)&lt;/strong&gt; Et maintenant y a-t-il quelqu'un que tu mettes au-dessus du sage ? Il s'est fait sur les dieux des opinions pieuses ; il est constamment sans crainte en face de la mort ; il a su comprendre quel est le but de la nature ; il s'est rendu compte que ce souverain bien est facile &#224; atteindre et &#224; r&#233;aliser dans son int&#233;grit&#233;, qu'en revanche le mal le plus extr&#234;me est &#233;troitement limit&#233; quant &#224; la dur&#233;e ou quant &#224; l'intensit&#233; ; il se moque du destin, dont certains font le ma&#238;tre absolu des choses. Il dit d'ailleurs que, parmi les &#233;v&#233;nements, les uns rel&#232;vent de la n&#233;cessit&#233;, d'autres de la fortune, les autres enfin de notre propre pouvoir, attendu que la n&#233;cessit&#233; n'est pas susceptible qu'on lui impute une responsabilit&#233;, que la fortune est quelque chose d'instable, tandis que notre pouvoir propre, soustrait &#224; toute domination &#233;trang&#232;re, est proprement ce &#224; quoi s'adressent le bl&#226;me et son contraire. &lt;strong&gt;(134)&lt;/strong&gt; Et certes mieux vaudrait s'incliner devant toutes les opinions mythiques sur les dieux que de se faire les esclaves du destin des physiciens, car la mythologie nous promet que les dieux se laisseront fl&#233;chir par les honneurs qui leur seront rendus, tandis que le destin, dans son cours n&#233;cessaire, est inflexible ; il n'admet pas, avec la foule, que la fortune soit une divinit&#233; - car un dieu ne fait jamais d'actes sans r&#232;gles -, ni qu'elle soit une cause inefficace : il ne croit pas, en effet, que la fortune distribue aux hommes le bien et le mal, suffisant ainsi &#224; faire leur bonheur et leur malheur, il croit seulement qu'elle leur fournit l'occasion et les &#233;l&#233;ments de grands biens et de grands maux ; &lt;strong&gt;(135)&lt;/strong&gt; enfin il pense qu'il vaut mieux &#233;chouer par mauvaise fortune, apr&#232;s avoir bien raisonn&#233;, que r&#233;ussir par heureuse fortune, apr&#232;s avoir mal raisonn&#233; - ce qui peut nous arriver de plus heureux dans nos actions &#233;tant d'obtenir le succ&#232;s par le concours de la fortune lorsque nous avons agi en vertu de jugements sains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dite donc tous ces enseignements et tous ceux qui s'y rattachent, m&#233;dite-les jour et nuit, &#224; part toi et aussi en commun avec ton semblable. Si tu le fais, jamais tu n'&#233;prouveras le moindre trouble en songe ou &#233;veill&#233;, et tu vivras comme un dieu parmi les hommes. Car un homme qui vit au milieu de biens imp&#233;rissables ne ressemble en rien &#224; un &#234;tre mortel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>III. Le soin du corps et de l'&#226;me : d&#233;sirs et plaisirs</title>
		<link>https://caute.lautre.net/III-Le-soin-du-corps-et-de-l-ame-desirs-et-plaisirs</link>
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		<dc:date>2005-11-07T21:51:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Epicure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1. Classification des d&#233;sirs. &lt;br class='autobr' /&gt; Il faut se rendre compte que parmi nos d&#233;sirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les d&#233;sirs naturels, les uns sont n&#233;cessaires et les autres naturels seulement. Parmi les d&#233;sirs n&#233;cessaires, les uns sont n&#233;cessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquillit&#233; du corps, les autres pour la vie m&#234;me. Et en effet une th&#233;orie non erron&#233;e des d&#233;sirs doit rapporter tout choix et toute aversion &#224; la sant&#233; du corps et &#224; l'ataraxie de l'&#226;me, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Analyse-de-la-lettre-a-Menecee-" rel="directory"&gt;Analyse de la lettre &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/II-La-sante-de-l-ame-combattre-le-trouble-de-la-pensee' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L37xH37/arriere-59885.gif?1772284228' width='37' height='37' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;classification&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Classification des d&#233;sirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre compte que parmi nos d&#233;sirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les d&#233;sirs naturels, les uns sont n&#233;cessaires et les autres naturels seulement. Parmi les d&#233;sirs n&#233;cessaires, les uns sont n&#233;cessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquillit&#233; du corps, les autres pour la vie m&#234;me. Et en effet une th&#233;orie non erron&#233;e des d&#233;sirs doit rapporter tout choix et toute aversion &#224; la sant&#233; du corps et &#224; l'ataraxie de l'&#226;me, puisque c'est l&#224; la perfection m&#234;me de la vie heureuse. &lt;strong&gt;(128)&lt;/strong&gt; Car nous faisons tout afin d'&#233;viter la douleur physique et le trouble de l'&#226;me. Lorsqu'une fois nous y avons r&#233;ussi, toute l'agitation de l'&#226;me tombe, l'&#234;tre vivant n'ayant plus &#224; s'acheminer vers quelque chose qui lui manque, ni &#224; chercher autre chose pour parfaire le bien-&#234;tre de l'&#226;me et celui du corps. Nous n'avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous &#233;prouvons de la douleur ; et quand nous n'&#233;prouvons pas de douleur nous n'avons plus besoin du plaisir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Le plaisir comme principe et fin.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. &lt;strong&gt;(129)&lt;/strong&gt; En effet, d'une part, le plaisir est reconnu par nous comme le bien primitif et conforme &#224; notre nature, et c'est de lui que nous partons pour d&#233;terminer ce qu'il faut choisir et ce qu'il faut &#233;viter ; d'autre part, c'est toujours &#224; lui que nous aboutissons, puisque ce sont nos affections qui nous servent de r&#232;gle pour mesurer et appr&#233;cier tout bien quelconque si complexe qu'il soit. Mais, pr&#233;cis&#233;ment parce que le plaisir est le bien primitif et conforme &#224; notre nature, nous ne recherchons pas tout plaisir, et il y a des cas o&#249; nous passons par-dessus beaucoup de plaisirs, savoir lorsqu'ils doivent avoir pour suite des peines qui les surpassent ; et, d'autre part, il y a des douleurs que nous estimons valoir mieux que des plaisirs, savoir lorsque, apr&#232;s avoir longtemps support&#233; les douleurs, il doit r&#233;sulter de l&#224; pour nous un plaisir qui les surpasse. Tout plaisir, pris en lui-m&#234;me et dans sa nature propre, est donc un bien, et cependant tout plaisir n'est pas &#224; rechercher ; pareillement, toute douleur est un mal, et pourtant toute douleur ne doit pas &#234;tre &#233;vit&#233;e. &lt;strong&gt;(130)&lt;/strong&gt; En tout cas, chaque plaisir et chaque douleur doivent &#234;tre appr&#233;ci&#233;s par une comparaison des avantages et des inconv&#233;nients &#224; attendre. Car le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal ; seulement il y a des cas o&#249; nous traitons le bien comme un mal, et le mal, &#224; son tour, comme un bien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Se suffire &#224; soi-m&#234;me.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand bien &#224; notre avis que de se suffire &#224; soi-m&#234;me, non qu'il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l'abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons, bien persuad&#233;s que ceux-l&#224; jouissent le plus vivement de l'opulence qui ont le moins besoin d'elle, et que tout ce qui est naturel est ais&#233; &#224; se procurer, tandis que ce qui ne r&#233;pond pas &#224; un d&#233;sir naturel est malais&#233; &#224; se procurer. En effet, des mets simples donnent un plaisir &#233;gal &#224; celui d'un r&#233;gime somptueux si toute la douleur caus&#233;e par le besoin est supprim&#233;e, &lt;strong&gt;(131)&lt;/strong&gt; et, d'autre part, du pain d'orge et de l'eau procurent le plus vif plaisir &#224; celui qui les porte &#224; sa bouche apr&#232;s en avoir senti la privation. L'habitude d'une nourriture simple et non pas celle d'une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine sant&#233;, pour laisser &#224; l'homme toute libert&#233; de se consacrer aux devoirs n&#233;cessaires de la vie, pour nous disposer &#224; mieux go&#251;ter les repas luxueux, lorsque nous les faisons apr&#232;s des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en &#233;tat de ne pas craindre la mauvaise fortune. Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances d&#233;r&#233;gl&#233;es, ainsi que l'&#233;crivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, &#224; ne pas souffrir et, pour l'&#226;me, &#224; &#234;tre sans trouble. &lt;strong&gt;(132)&lt;/strong&gt; Car ce n'est pas une suite ininterrompue de jours pass&#233;s &#224; boire et &#224; manger, ce n'est pas la jouissance des jeunes gar&#231;ons et des femmes, ce n'est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n'est pas tout cela qui engendre la vie heureuse, mais c'est le raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut &#233;viter, et de rejeter les vaines opinions d'o&#249; provient le plus grand trouble des &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/IV-La-philosophie-comme-exercice' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L37xH37/avant-bc1fc.gif?1772284228' width='37' height='37' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>II. La sant&#233; de l'&#226;me : combattre le trouble de la pens&#233;e.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/II-La-sante-de-l-ame-combattre-le-trouble-de-la-pensee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/II-La-sante-de-l-ame-combattre-le-trouble-de-la-pensee</guid>
		<dc:date>2005-11-07T21:47:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Epicure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1. La pens&#233;e des dieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commence par te persuader qu'un dieu est un vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela &#224; la notion commune qui en est trac&#233;e en nous. N'attribue jamais &#224; un dieu rien qui soit en opposition avec l'immortalit&#233; ni en d&#233;saccord avec la b&#233;atitude ; mais regarde-le toujours comme poss&#233;dant tout ce que tu trouveras capable d'assurer son immortalit&#233; et sa b&#233;atitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu'on en a est &#233;vidente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, quant &#224; leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Analyse-de-la-lettre-a-Menecee-" rel="directory"&gt;Analyse de la lettre &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/I-Prologue-1463' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L37xH37/arriere-59885.gif?1772284228' width='37' height='37' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. La pens&#233;e des dieux.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commence par te persuader qu'un dieu est un vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela &#224; la notion commune qui en est trac&#233;e en nous. N'attribue jamais &#224; un dieu rien qui soit en opposition avec l'immortalit&#233; ni en d&#233;saccord avec la b&#233;atitude ; mais regarde-le toujours comme poss&#233;dant tout ce que tu trouveras capable d'assurer son immortalit&#233; et sa b&#233;atitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu'on en a est &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quant &#224; leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit. Et l'impie n'est pas celui qui rejette les dieux de la foule : c'est celui qui attribue aux dieux ce que leur pr&#234;tent les opinions de la foule. &lt;strong&gt;(124)&lt;/strong&gt; Car les affirmations de la foule sur les dieux ne sont pas des pr&#233;notions, mais bien des pr&#233;somptions fausses. Et ces pr&#233;somptions fausses font que les dieux sont cens&#233;s &#234;tre pour les m&#233;chants la source des plus grands maux comme, d'autre part, pour les bons la source des plus grands biens. Mais la multitude, incapable de se d&#233;prendre de ce qui est chez elle et &#224; ses yeux le propre de la vertu, n'accepte que des dieux conformes &#224; cet id&#233;al et regarde comme absurde tout ce qui s'en &#233;carte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. La pens&#233;e de la mort.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prends l'habitude de penser que la mort n'est rien pour nous. Car tout bien et tout mal r&#233;sident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilit&#233;. Par cons&#233;quent, la connaissance de cette v&#233;rit&#233; que la mort n'est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d'une dur&#233;e infinie, mais en nous enlevant le d&#233;sir de l'immortalit&#233;. &lt;strong&gt;(125)&lt;/strong&gt; Car il ne reste plus rien &#224; redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n'y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est &#224; craindre, non pas parce qu'elle sera douloureuse &#233;tant r&#233;alis&#233;e, mais parce qu'il est douloureux de l'attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l'attente d'une chose qui ne cause aucun trouble par sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d'horreur, la mort, n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-m&#234;mes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien &#224; faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tant&#244;t fuit la mort comme le pire des maux, tant&#244;t l'appelle comme le terme des maux de la vie. &lt;strong&gt;(126)&lt;/strong&gt; Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n'a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas &#224; charge, et il n'estime pas non plus qu'il y ait le moindre mal &#224; ne plus vivre. De m&#234;me que ce n'est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous pr&#233;f&#233;rons, mais parfois la plus agr&#233;able, pareillement ce n'est pas toujours la plus longue dur&#233;e qu'on veut recueillir, mais la plus agr&#233;able. Quant &#224; ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est d&#233;pourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon m&#234;me pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu'un. On fait pis encore quand on dit qu'il est bien de ne pas na&#238;tre, ou, &#171; une fois n&#233;, de franchir au plus vite les portes de l'Had&#232;s &#187;. &lt;strong&gt;(127)&lt;/strong&gt; Car si l'homme qui tient ce langage est convaincu, comment ne sort-il pas de la vie ? C'est l&#224; en effet une chose qui est toujours &#224; sa port&#233;e, s'il veut sa mort d'une volont&#233; ferme. Que si cet homme plaisante, il montre de la l&#233;g&#232;ret&#233; en un sujet qui n'en comporte pas. Rappelle-toi que l'avenir n'est ni &#224; nous ni pourtant tout &#224; fait hors de nos prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s'il devait s&#251;rement arriver, ni nous interdire toute esp&#233;rance, comme s'il &#233;tait s&#251;r qu'il d&#251;t ne pas &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/III-Le-soin-du-corps-et-de-l-ame-desirs-et-plaisirs' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L37xH37/avant-bc1fc.gif?1772284228' width='37' height='37' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I. Prologue</title>
		<link>https://caute.lautre.net/I-Prologue-1463</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Epicure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#201;picure &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e, salut. &lt;br class='autobr' /&gt;
(122) Quand on est jeune il ne faut pas remettre &#224; philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n'est trop t&#244;t ou trop tard pour travailler &#224; la sant&#233; de l'&#226;me. Or celui qui dit que l'heure de philosopher n'est pas encore arriv&#233;e ou est pass&#233;e pour lui, ressemble &#224; un homme qui dirait que l'heure d'&#234;tre heureux n'est pas encore venue pour lui ou qu'elle n'est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Analyse-de-la-lettre-a-Menecee-" rel="directory"&gt;Analyse de la lettre &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;picure &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e, salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(122) &lt;/strong&gt;Quand on est jeune il ne faut pas remettre &#224; philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n'est trop t&#244;t ou trop tard pour travailler &#224; la sant&#233; de l'&#226;me. Or celui qui dit que l'heure de philosopher n'est pas encore arriv&#233;e ou est pass&#233;e pour lui, ressemble &#224; un homme qui dirait que l'heure d'&#234;tre heureux n'est pas encore venue pour lui ou qu'elle n'est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l'un et l'autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se rem&#233;morant les jours agr&#233;ables du pass&#233; ; celui-l&#224; afin d'&#234;tre, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l'avenir. Par cons&#233;quent il faut m&#233;diter sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu'il est &#224; nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l'avoir. &lt;strong&gt;(123)&lt;/strong&gt; Attache-toi donc aux enseignements que je n'ai cess&#233; de te donner et que je vais te r&#233;p&#233;ter ; mets-les en pratique et m&#233;dite-les, convaincu que ce sont l&#224; les principes n&#233;cessaires pour bien vivre.&lt;/p&gt;
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		<title>A M&#233;n&#233;c&#233;e</title>
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&lt;p&gt;&#201;picure &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e, salut. &lt;br class='autobr' /&gt;
(122) Quand on est jeune il ne faut pas remettre &#224; philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n'est trop t&#244;t ou trop tard pour travailler &#224; la sant&#233; de l'&#226;me. Or celui qui dit que l'heure de philosopher n'est pas encore arriv&#233;e ou est pass&#233;e pour lui, ressemble &#224; un homme qui dirait que l'heure d'&#234;tre heureux n'est pas encore venue pour lui ou qu'elle n'est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-A-Menecee-" rel="directory"&gt;A M&#233;n&#233;c&#233;e&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;picure &#224; M&#233;n&#233;c&#233;e, salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(122) &lt;/strong&gt;Quand on est jeune il ne faut pas remettre &#224; philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n'est trop t&#244;t ou trop tard pour travailler &#224; la sant&#233; de l'&#226;me. Or celui qui dit que l'heure de philosopher n'est pas encore arriv&#233;e ou est pass&#233;e pour lui, ressemble &#224; un homme qui dirait que l'heure d'&#234;tre heureux n'est pas encore venue pour lui ou qu'elle n'est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l'un et l'autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se rem&#233;morant les jours agr&#233;ables du pass&#233; ; celui-l&#224; afin d'&#234;tre, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l'avenir. Par cons&#233;quent il faut m&#233;diter sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu'il est &#224; nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l'avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(123)&lt;/strong&gt; Attache-toi donc aux enseignements que je n'ai cess&#233; de te donner et que je vais te r&#233;p&#233;ter ; mets-les en pratique et m&#233;dite-les, convaincu que ce sont l&#224; les principes n&#233;cessaires pour bien vivre. Commence par te persuader qu'un dieu est un vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela &#224; la notion commune qui en est trac&#233;e en nous. N'attribue jamais &#224; un dieu rien qui soit en opposition avec l'immortalit&#233; ni en d&#233;saccord avec la b&#233;atitude ; mais regarde-le toujours comme poss&#233;dant tout ce que tu trouveras capable d'assurer son immortalit&#233; et sa b&#233;atitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu'on en a est &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quant &#224; leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit. Et l'impie n'est pas celui qui rejette les dieux de la foule : c'est celui qui attribue aux dieux ce que leur pr&#234;tent les opinions de la foule. &lt;strong&gt;(124)&lt;/strong&gt; Car les affirmations de la foule sur les dieux ne sont pas des pr&#233;notions, mais bien des pr&#233;somptions fausses. Et ces pr&#233;somptions fausses font que les dieux sont cens&#233;s &#234;tre pour les m&#233;chants la source des plus grands maux comme, d'autre part, pour les bons la source des plus grands biens. Mais la multitude, incapable de se d&#233;prendre de ce qui est chez elle et &#224; ses yeux le propre de la vertu, n'accepte que des dieux conformes &#224; cet id&#233;al et regarde comme absurde tout ce qui s'en &#233;carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prends l'habitude de penser que la mort n'est rien pour nous. Car tout bien et tout mal r&#233;sident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilit&#233;. Par cons&#233;quent, la connaissance de cette v&#233;rit&#233; que la mort n'est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d'une dur&#233;e infinie, mais en nous enlevant le d&#233;sir de l'immortalit&#233;. &lt;strong&gt;(125)&lt;/strong&gt; Car il ne reste plus rien &#224; redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n'y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est &#224; craindre, non pas parce qu'elle sera douloureuse &#233;tant r&#233;alis&#233;e, mais parce qu'il est douloureux de l'attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l'attente d'une chose qui ne cause aucun trouble par sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d'horreur, la mort, n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-m&#234;mes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien &#224; faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tant&#244;t fuit la mort comme le pire des maux, tant&#244;t l'appelle comme le terme des maux de la vie. &lt;strong&gt;(126)&lt;/strong&gt; Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n'a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas &#224; charge, et il n'estime pas non plus qu'il y ait le moindre mal &#224; ne plus vivre. De m&#234;me que ce n'est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous pr&#233;f&#233;rons, mais parfois la plus agr&#233;able, pareillement ce n'est pas toujours la plus longue dur&#233;e qu'on veut recueillir, mais la plus agr&#233;able. Quant &#224; ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est d&#233;pourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon m&#234;me pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu'un. On fait pis encore quand on dit qu'il est bien de ne pas na&#238;tre, ou, &#171; une fois n&#233;, de franchir au plus vite les portes de l'Had&#232;s &#187;.&lt;strong&gt;(127)&lt;/strong&gt; Car si l'homme qui tient ce langage est convaincu, comment ne sort-il pas de la vie ? C'est l&#224; en effet une chose qui est toujours &#224; sa port&#233;e, s'il veut sa mort d'une volont&#233; ferme. Que si cet homme plaisante, il montre de la l&#233;g&#232;ret&#233; en un sujet qui n'en comporte pas. Rappelle-toi que l'avenir n'est ni &#224; nous ni pourtant tout &#224; fait hors de nos prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s'il devait s&#251;rement arriver, ni nous interdire toute esp&#233;rance, comme s'il &#233;tait s&#251;r qu'il d&#251;t ne pas &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre compte que parmi nos d&#233;sirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les d&#233;sirs naturels, les uns sont n&#233;cessaires et les autres naturels seulement. Parmi les d&#233;sirs n&#233;cessaires, les uns sont n&#233;cessaires pour le bonheur, les autres pour la tranquillit&#233; du corps, les autres pour la vie m&#234;me. Et en effet une th&#233;orie non erron&#233;e des d&#233;sirs doit rapporter tout choix et toute aversion &#224; la sant&#233; du corps et &#224; l'ataraxie de l'&#226;me, puisque c'est l&#224; la perfection m&#234;me de la vie heureuse. &lt;strong&gt;(128)&lt;/strong&gt; Car nous faisons tout afin d'&#233;viter la douleur physique et le trouble de l'&#226;me. Lorsqu'une fois nous y avons r&#233;ussi, toute l'agitation de l'&#226;me tombe, l'&#234;tre vivant n'ayant plus &#224; s'acheminer vers quelque chose qui lui manque, ni &#224; chercher autre chose pour parfaire le bien-&#234;tre de l'&#226;me et celui du corps. Nous n'avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous &#233;prouvons de la douleur ; et quand nous n'&#233;prouvons pas de douleur nous n'avons plus besoin du plaisir. C'est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. &lt;strong&gt;(129)&lt;/strong&gt; En effet, d'une part, le plaisir est reconnu par nous comme le bien primitif et conforme &#224; notre nature, et c'est de lui que nous partons pour d&#233;terminer ce qu'il faut choisir et ce qu'il faut &#233;viter ; d'autre part, c'est toujours &#224; lui que nous aboutissons, puisque ce sont nos affections qui nous servent de r&#232;gle pour mesurer et appr&#233;cier tout bien quelconque si complexe qu'il soit. Mais, pr&#233;cis&#233;ment parce que le plaisir est le bien primitif et conforme &#224; notre nature, nous ne recherchons pas tout plaisir, et il y a des cas o&#249; nous passons par-dessus beaucoup de plaisirs, savoir lorsqu'ils doivent avoir pour suite des peines qui les surpassent ; et, d'autre part, il y a des douleurs que nous estimons valoir mieux que des plaisirs, savoir lorsque, apr&#232;s avoir longtemps support&#233; les douleurs, il doit r&#233;sulter de l&#224; pour nous un plaisir qui les surpasse. Tout plaisir, pris en lui-m&#234;me et dans sa nature propre, est donc un bien, et cependant tout plaisir n'est pas &#224; rechercher ; pareillement, toute douleur est un mal, et pourtant toute douleur ne doit pas &#234;tre &#233;vit&#233;e. &lt;strong&gt;(130)&lt;/strong&gt; En tout cas, chaque plaisir et chaque douleur doivent &#234;tre appr&#233;ci&#233;s par une comparaison des avantages et des inconv&#233;nients &#224; attendre. Car le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal ; seulement il y a des cas o&#249; nous traitons le bien comme un mal, et le mal, &#224; son tour, comme un bien. C'est un grand bien &#224; notre avis que de se suffire &#224; soi-m&#234;me, non qu'il faille toujours vivre de peu, mais afin que si l'abondance nous manque, nous sachions nous contenter du peu que nous aurons, bien persuad&#233;s que ceux-l&#224; jouissent le plus vivement de l'opulence qui ont le moins besoin d'elle, et que tout ce qui est naturel est ais&#233; &#224; se procurer, tandis que ce qui ne r&#233;pond pas &#224; un d&#233;sir naturel est malais&#233; &#224; se procurer. En effet, des mets simples donnent un plaisir &#233;gal &#224; celui d'un r&#233;gime somptueux si toute la douleur caus&#233;e par le besoin est supprim&#233;e, &lt;strong&gt;(131)&lt;/strong&gt; et, d'autre part, du pain d'orge et de l'eau procurent le plus vif plaisir &#224; celui qui les porte &#224; sa bouche apr&#232;s en avoir senti la privation. L'habitude d'une nourriture simple et non pas celle d'une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine sant&#233;, pour laisser &#224; l'homme toute libert&#233; de se consacrer aux devoirs n&#233;cessaires de la vie, pour nous disposer &#224; mieux go&#251;ter les repas luxueux, lorsque nous les faisons apr&#232;s des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en &#233;tat de ne pas craindre la mauvaise fortune. Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances d&#233;r&#233;gl&#233;es, ainsi que l'&#233;crivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, &#224; ne pas souffrir et, pour l'&#226;me, &#224; &#234;tre sans trouble. &lt;strong&gt;(132)&lt;/strong&gt; Car ce n'est pas une suite ininterrompue de jours pass&#233;s &#224; boire et &#224; manger, ce n'est pas la jouissance des jeunes gar&#231;ons et des femmes, ce n'est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n'est pas tout cela qui engendre la vie heureuse, mais c'est le raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut &#233;viter, et de rejeter les vaines opinions d'o&#249; provient le plus grand trouble des &#226;mes. Or, le principe de tout cela et par cons&#233;quent le plus grand des biens, c'est la prudence. Il faut donc la mettre au-dessus de la philosophie m&#234;me, puisqu'elle est faite pour &#234;tre la source de toutes les vertus, en nous enseignant qu'il n'y a pas moyen de vivre agr&#233;ablement si l'on ne vit pas avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice, et qu'il est impossible de vivre avec prudence, honn&#234;tet&#233; et justice si l'on ne vit pas agr&#233;ablement. Les vertus en effet, ne sont que des suites naturelles et n&#233;cessaires de la vie agr&#233;able et, &#224; son tour, la vie agr&#233;able ne saurait se r&#233;aliser en elle-m&#234;me et &#224; part des vertus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(133)&lt;/strong&gt; Et maintenant y a-t-il quelqu'un que tu mettes au-dessus du sage ? Il s'est fait sur les dieux des opinions pieuses ; il est constamment sans crainte en face de la mort ; il a su comprendre quel est le but de la nature ; il s'est rendu compte que ce souverain bien est facile &#224; atteindre et &#224; r&#233;aliser dans son int&#233;grit&#233;, qu'en revanche le mal le plus extr&#234;me est &#233;troitement limit&#233; quant &#224; la dur&#233;e ou quant &#224; l'intensit&#233; ; il se moque du destin, dont certains font le ma&#238;tre absolu des choses. Il dit d'ailleurs que, parmi les &#233;v&#233;nements, les uns rel&#232;vent de la n&#233;cessit&#233;, d'autres de la fortune, les autres enfin de notre propre pouvoir, attendu que la n&#233;cessit&#233; n'est pas susceptible qu'on lui impute une responsabilit&#233;, que la fortune est quelque chose d'instable, tandis que notre pouvoir propre, soustrait &#224; toute domination &#233;trang&#232;re, est proprement ce &#224; quoi s'adressent le bl&#226;me et son contraire.&lt;strong&gt;(134)&lt;/strong&gt; Et et certes mieux vaudrait s'incliner devant toutes les opinions mythiques sur les dieux que de se faire les esclaves du destin des physiciens, car la mythologie nous promet que les dieux se laisseront fl&#233;chir par les honneurs qui leur seront rendus, tandis que le destin, dans son cours n&#233;cessaire, est inflexible ; il n'admet pas, avec la foule, que la fortune soit une divinit&#233; - car un dieu ne fait jamais d'actes sans r&#232;gles -, ni qu'elle soit une cause inefficace : il ne croit pas, en effet, que la fortune distribue aux hommes le bien et le mal, suffisant ainsi &#224; faire leur bonheur et leur malheur, il croit seulement qu'elle leur fournit l'occasion et les &#233;l&#233;ments de grands biens et de grands maux ; &lt;strong&gt;(135)&lt;/strong&gt; enfin il pense qu'il vaut mieux &#233;chouer par mauvaise fortune, apr&#232;s avoir bien raisonn&#233;, que r&#233;ussir par heureuse fortune, apr&#232;s avoir mal raisonn&#233; - ce qui peut nous arriver de plus heureux dans nos actions &#233;tant d'obtenir le succ&#232;s par le concours de la fortune lorsque nous avons agi en vertu de jugements sains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dite donc tous ces enseignements et tous ceux qui s'y rattachent, m&#233;dite-les jour et nuit, &#224; part toi et aussi en commun avec ton semblable. Si tu le fais, jamais tu n'&#233;prouveras le moindre trouble en songe ou &#233;veill&#233;, et tu vivras comme un dieu parmi les hommes. Car un homme qui vit au milieu de biens imp&#233;rissables ne ressemble en rien &#224; un &#234;tre mortel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction par Octave Hamelin, &lt;i&gt;Revue de M&#233;taphysique et de Morale&lt;/i&gt;, 18, 1910, p. 397-440 (revue). Les num&#233;ros en gras sont ceux du Livre X des &lt;i&gt;Vies et doctrines des philosophes illustres&lt;/i&gt;, de Diog&#232;ne La&#235;rce, auquel nous devons d'avoir conserv&#233; ces textes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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