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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>&#034;Une th&#233;orie de la civilisation&#034;, par Fran&#231;ois Ch&#226;telet</title>
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		<dc:creator>Ch&#226;telet, Fran&#231;ois</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une fois cern&#233;es l'organisation de l'inconscient, ses manifestations dans les r&#234;ves, dans les psychoses, voire dans l'art, on n'a toujours pas fait le tour de l'&#339;uvre, loin de l&#224; ! Reste le &#171; dernier Freud &#187;, le plus sombre, qui est aussi le plus important : le fondateur d'une th&#233;orie de la civilisation extr&#234;mement puissante. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s une longue p&#233;riode au cours de laquelle on s'est content&#233; d'&#233;luder la question ou de la r&#233;soudre de mani&#232;re simpliste, le d&#233;bat concernant la position de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fois cern&#233;es l'organisation de l'inconscient, ses manifestations dans les r&#234;ves, dans les psychoses, voire dans l'art, on n'a toujours pas fait le tour de l'&#339;uvre, loin de l&#224; ! Reste le &#171; dernier Freud &#187;, le plus sombre, qui est aussi le plus important : le fondateur d'une th&#233;orie de la civilisation extr&#234;mement puissante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue p&#233;riode au cours de laquelle on s'est content&#233; d'&#233;luder la question ou de la r&#233;soudre de mani&#232;re simpliste, le d&#233;bat concernant la position de la psychanalyse dans la politique se d&#233;veloppe depuis quelques ann&#233;es tr&#232;s largement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article datre de 1976.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des positions &#171; renversantes &#187; de Gilles Deleuze et Felix Guattari et de Jean-Francois Lyotard aux d&#233;monstrations &#233;difiantes de Marie-Claire Boons et de Francois Manesse (dans le premier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Yenan&lt;/i&gt;, parue chez Fran&#231;ois Maspero), dans les multiples commentaires de William Reich, surgit une s&#233;rie de probl&#232;mes dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas pos&#233;s en termes clairs et que les solutions propos&#233;es ne constituent pas un ensemble tel qu'on puisse choisir, entre elles, en connaissance de cause (et des faits). La raison de cette situation est probablement que la psychanalyse et l'activit&#233; politique forment des champs de pouvoir (r&#233;els ou potentiels), des forces institutionnalis&#233;es d&#233;chir&#233;es de contradictions, d'app&#233;tits et de notions vacillantes, et cela, quand bien m&#234;me on r&#233;duirait la premi&#232;re au freudisme et la seconde au marxisme. Plus profond&#233;ment on peut se demander si les pratiques de l'une et de l'autre sont telles aujourd'hui que l'on puisse s&#233;rieusement les confronter - sinon de mani&#232;re sp&#233;culative - et si, effectivement, les seules op&#233;rations pertinentes auxquelles on ait &#224; se livrer soient pr&#233;cis&#233;ment de renversement ou d'&#233;dification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi on a choisi ici de quitter ce terrain min&#233; par les chausse-trappes de l'&#224; peu pr&#232;s, pour avancer, quoique toujours &#224; pas de loup, dans une zone interm&#233;diaire et gauche (pour ne pas dire louche) et formuler quelques suggestions dont la banalit&#233; ne manquera pas de surprendre. Cette zone est balis&#233;e par trois pr&#233;suppos&#233;s tout &#224; fait discutables :&lt;br /&gt;
1 - on va faire comme si Freud, inventeur de l'inconscient, pouvait &#234;tre d&#233;li&#233; de l'institution psychanalytique &#224; l'origine de laquelle il a &#233;t&#233; ;&lt;br /&gt;
2 - du coup, on va surtout le consid&#233;rer comme un de ces savants &#224; l'ancienne mode &#171; que les traverses de leur recherche et leurs go&#251;ts personnels ont transform&#233; en homme de culture &#187; d'une prodigieuse sensibilit&#233; intellectuelle ;&lt;br /&gt;
3 - on va accepter l'id&#233;e d'une &#233;volution de sa pens&#233;e, le conduisant peu &#224; peu, des probl&#232;mes techniques que posait son travail th&#233;rapeutique et sans qu'il rompe jamais avec ceux-ci, &#224; des r&#233;flexions portant sur ce que la philosophie sp&#233;culative a appel&#233; destin ou la condition de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on va mettre l'institution psychanalytique entre parenth&#232;ses (et tenter d'oublier ce qui lui est advenu) et prendre Freud comme le penseur le plus inventif, le plus original de la premi&#232;re moiti&#233; du XXe, si&#232;cle, en insistant, en les tenant pour des textes de pens&#233;e, sur &lt;i&gt;Totem et Tabou&lt;/i&gt;, sur les &lt;i&gt;Nouvelles conf&#233;rences&lt;/i&gt;..., sur &lt;i&gt;L'Avenir d'une illusion&lt;/i&gt; et, singuli&#232;rement, sur &lt;i&gt;Malaise dans la civilisation&lt;/i&gt; : de ce fait, on va proposer cette id&#233;e qu'apr&#232;s Jean-Jacques Rousseau, Kant, Hegel, Marx et Nietzsche, il est fondateur d'une th&#233;orie de la civilisation extraordinairement puissante, que c'est ainsi qu'il est le plus int&#233;ressant &#224; lire aujourd'hui et que c'est de cette mani&#232;re qu'il entre directement dans le champ de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien qu'une semblable proposition, qui est en m&#234;me temps un programme, exc&#232;de largement les proportions d'un article. Aussi bien, lan&#231;ons simplement quelques th&#232;mes autour de ce projet. Et constatons, d'entr&#233;e de jeu, que le faisceau d'id&#233;es, patiemment mont&#233; et constamment remani&#233; par Freud, met en &#233;vidence la caducit&#233; et la fragilit&#233; des &#171; grands &#187; principes dont se pr&#233;valent les politiques et les intellectuels de l'ordre &#233;tabli (ou &#224; &#233;tablir), qu'ils soient gestionnaires de l'&#233;tat existant, ou qu'ils militent pour la r&#233;volution ; que les analyses freudiennes font &#233;clater les &#171; valeurs &#187; h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode classique et du XIXe, si&#232;cle bourgeois, entre autres, le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;conscience&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;volont&#233; libre&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;harmonie sociale&lt;/i&gt;, l'id&#233;al de la &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; transparente&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de ce faisceau d'id&#233;es, il faut remarquer tout d'abord que Freud d&#233;finit une conception singuli&#232;re de l'activit&#233; des sciences dites humaines. Celles-ci, essentiellement repr&#233;sent&#233;es &#224; l'&#233;poque par la sociologie durkheimienne, ont ouvertement pris pour mod&#232;le les sciences de la nature et ont calqu&#233;, en particulier, leur principe d'appr&#233;ciation : l'opposition du normal et du pathologique, sur l'opposition traditionnelle de la v&#233;rit&#233; et de l'erreur. Or, la sp&#233;cificit&#233; de l'entreprise freudienne est de prendre le &#171; pathologique &#187; pour objet &#171; normal &#187;, de traiter de la singularit&#233; comme telle, de poser l'irr&#233;ductible individualit&#233; du cas &#224; traiter. De ce fait, le rabattement du couple normal/pathologique sur le couple r&#233;ducteur v&#233;rit&#233;/erreur n'est plus aussi facile. D&#232;s lors, non seulement s'efface peu &#224; peu la diff&#233;rence de la maladie et de la sant&#233; - qui deviennent enfin ce qu'elles sont : des concepts limites -, mais encore se transforme le concept de &#171; gu&#233;rison &#187;. Car ce n'est pas du tout la m&#234;me chose d'&#234;tre gu&#233;ri, selon Freud, c'est-&#224;-dire de pouvoir vivre avec sa n&#233;vrose et, de l'&#234;tre, selon Durkheim, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre normalis&#233;, de calquer ses repr&#233;sentations individuelles sur des repr&#233;sentations collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, c'est la finalit&#233; m&#234;me de la science qui est remise durement en question. De Descartes &#224; Auguste Comte et, depuis lors, plus encore, la science est comprise comme travail de domination de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et aussi des hommes. Dans la perspective d&#233;finie par Freud, &#224; cette finalit&#233; qui assimile savoir et pouvoir, se substitue - et aurait d&#251; se substituer - l'id&#233;e d'une configuration de connaissances remises aux individus pour qu'ils en usent &#224; leur gr&#233;. Cette inflexion que subit ainsi la notion classique de &#171; v&#233;rit&#233; &#187; rend compte des constantes modifications que Freud a apport&#233;es &#224; sa doctrine et de la diversit&#233; de ses pr&#233;occupations et de ses r&#233;f&#233;rences. Car, bien avant que Gaston Bachelard le souligne, le penseur de &lt;i&gt;Totem et Tabou&lt;/i&gt; a pratiqu&#233; la technique des &#171; v&#233;rit&#233;s pol&#233;miques &#187;. L'invention de l'inconscient est pr&#233;cis&#233;ment de cet ordre. Elle sape l'&#233;quation majeure sur laquelle est fond&#233; le mauvais &#233;quilibre de l'&#201;tat-nation dans sa forme contemporaine et le type de rationalisme qui lui est concomitant. Elle &#233;tablit avec des preuves non r&#233;cusables que l'&#233;nonc&#233; : essence de l'homme = personnalit&#233; = moi =je = conscience = volont&#233; libre, est mensonger. De la sorte, c'est la l&#233;gitimation que se sont donn&#233;e les institutions en place : l'enseignement, la l&#233;gislation et ses appareils, la m&#233;decine &#171; sociale &#187;, la rh&#233;torique politique et ses assembl&#233;es qui, tout enti&#232;res, vacillent. Au fond, cette critique destructrice de l'image du &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, issue de la rationalit&#233; grecque et du spiritualisme chr&#233;tien, qui a travers&#233; toute notre &#232;re, en recevant des modifications circonstantielles, mais sans se transformer substantiellement et qui, par cons&#233;quent, gouverne notre repr&#233;sentation des rapports sociaux et falsifie la r&#233;alit&#233; de ces derniers, est en m&#234;me temps une critique de notre civilisation m&#234;me. La d&#233;couverte de l'inconscient, cet inconscient qui, quoi qu'on veuille le vouloir, parle &#224; sa mani&#232;re, institue la distance qui permet de juger pol&#233;miquement des certitudes grandioses et meurtri&#232;res dont se sont nourris vingt-cinq si&#232;cles de cultures et d'&#201;tats. Elle donne &#224; voir et &#224; entendre, sous un autre angle, avec d'autres modalit&#233;s de d&#233;chiffrement, les paroles fondatrices et, donc, de r&#233;v&#233;ler ce que ces derni&#232;res, sciemment ou non, ont omis de nommer et de prendre en consid&#233;ration ou ont recouvert de leur phras&#233;ologie et, notoirement, le sexe et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ros et Thanatos sont les deux rocs &#224; partir de quoi Freud d&#233;veloppe l'analyse fascinante de &lt;i&gt;Malaise dans la civilisation&lt;/i&gt;. Jusqu'&#224; ce texte, les th&#233;oriciens de la civilisation - sauf peut-&#234;tre le Rousseau des deux &lt;i&gt;Discours&lt;/i&gt; - ont consid&#233;r&#233; que la civilisation, celle qui s'est institu&#233;e ou celle qui est &#224; construire, s'&#233;panouit dans la r&#233;solution d'un conflit : entre la nature et la culture (les philosophes du contrat), l'ancien et le nouveau, c'est-&#224;-dire les formes pass&#233;es de pouvoir social et l'&#201;tat moderne (Hegel), la nature passionnelle de l'homme et sa nature intelligible (Kant), le camp des exploiteurs et le camp des exploit&#233;s dans son expression ultime, le prol&#233;tariat (Marx...), Nietzsche faisait d&#233;j&#224; porter un doute m&#233;prisant sur ces facilit&#233;s que s'accordent les philosophes de l'histoire qui, m&#234;me si elles ont un sens aigu du caract&#232;re dramatique et sanglant de l'histoire, ne peuvent s'emp&#234;cher, comme dans les romans &#224; l'eau de rose, de m&#233;nager une &lt;i&gt;happy end&lt;/i&gt;, marqu&#233;s par la victoire ou la d&#233;faite des &lt;i&gt;happy few&lt;/i&gt;. Freud, lui aussi, r&#233;cuse cet optimisme &#224; tout prix : ce malaise qu'il rep&#232;re dans notre civilisation est, en fait, la manifestation du &lt;i&gt;mal&lt;/i&gt; &#234;tre de la civilisation. A l'origine de la civilisation, on pourrait dire aussi bien du pouvoir, de l'activit&#233; politique, notait &lt;i&gt;Totem et Tabou&lt;/i&gt;, il y a un meurtre, origine de l'alliance des meurtriers et de leur commun remords. L'analyse de 1929 envisage l'histoire comme produit de deux forces incontournables, oppos&#233;es et l'une &#224; l'autre jointes, dispos&#233;es de mani&#232;re telle que l'une - le principe de plaisir, &#171; ma&#238;tre absolu &#187; - engendre l'autre - le principe de &#171; r&#233;alit&#233; &#187; qui doit dominer toute l'&#233;volution ult&#233;rieure - qui, cependant, la contredit. De toute leur &#233;nergie, les hommes recherchent la satisfaction de leur &lt;i&gt;libido&lt;/i&gt;. Le fait est qu'ils n'y parviennent point. Car, souligne Freud, il faut une fois pour toutes se d&#233;prendre de cette id&#233;e qu'il y a dans la nature des objets qui sont l&#224;, comme plac&#233;s &#224; l'avance, pour correspondre aux pulsions. Celles-ci ont une histoire qui n'a rien &#224; voir avec l'ordre du monde non plus qu'avec celui des soci&#233;t&#233;s. D&#232;s lors, il faut admettre la tyrannie du principe de r&#233;alit&#233;, qui commande de satisfaire les pulsions avec des objets d&#233;riv&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte un conflit insurmontable, car la &lt;i&gt;libido&lt;/i&gt; n'abandonne jamais la partie. Les vieilles sagesses, la religion, cette illusion dispensatrice d'illusions, alimentent le principe de r&#233;alit&#233;. Mais elles ne r&#233;ussissent que m&#233;diocrement. Comme &#233;choue - contrairement au projet de Descartes et des &#201;ncyclop&#233;distes - l'entreprise scientifique de ma&#238;trise de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle. Les sacrifices qu'exige la vie sociale sont de plus en plus lourds : &#171; L'homme devient n&#233;vros&#233; parce qu'il ne peut supporter le degr&#233; de renoncement exig&#233; par la soci&#233;t&#233; au nom de l'id&#233;al culturel... abolir ou diminuer des exigences signifierait un retour &#224; des possibilit&#233;s de bonheur... &#187; Cette &#233;ventualit&#233; est-elle concevable ? Freud dresse un tel catalogue des barri&#232;res que dresse la soci&#233;t&#233; et, singuli&#232;rement, l'organisation &#233;conomico-politique, on voit mal comment &#171; trouver l'&#233;quilibre appropri&#233;... de nature &#224; assurer le bonheur de tous, entre les revendications de l'individu et les exigences culturelles de la collectivit&#233; &#187;, et cela d'autant que &#171; la structure &#233;conomique exerce... son influence sur la part des libert&#233;s sexuelles qui peut subsister... Elle adapte l&#224; un comportement identique &#224; celui d'une tribu ou d'une classe qui en exploite et en pille une autre apr&#232;s l'avoir soumise. La crainte de l'insurrection des opprim&#233;s incite &#224; de plus fortes mesures de pr&#233;caution. Notre civilisation europ&#233;enne occidentale... a atteint... un point culminant dans cette &#233;volution &#187;. Ainsi, &#171; la vie sexuelle de l'&#234;tre civilis&#233; est... gravement l&#233;s&#233;e ; elle donne parfois l'impression d'une fonction &#224; l'&#233;tat d'involution comme paraissent l'&#234;tre en tant qu'organisme nos dents et nos cheveux &#187;. Le diagnostic est d'une s&#233;v&#233;rit&#233; extr&#234;me. Il se trouve encore aggrav&#233; par le fait que, selon Freud - et qui aujourd'hui pourrait le contredire ? - les forces militant pour l'instauration d'un r&#233;gime socialiste ont &#233;t&#233; asservies, elles aussi, bien vite, par le principe de r&#233;alit&#233;. Si bien que les effets b&#233;n&#233;fiques de l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, source d'agressivit&#233;, sont pour ainsi dire annul&#233;s par un rigorisme moral et un dogmatisme de l'organisation plus stricts encore. N'existe-t-il aucune solution ? &lt;i&gt;Malaise dans la civilisation&lt;/i&gt; n'en pr&#233;voit pas. L'homme moderne a le choix entre la n&#233;vrose et le constant renforcement du sentiment de culpabilit&#233;, &#224; moins que l'actuel accroissement des puissances de mort appelle &#171; l'autre des deux &lt;i&gt;puissances c&#233;lestes&lt;/i&gt;, l'&#201;ros, (pour qu'il) tente un effort afin de s'affirmer dans la lutte qu'il m&#232;ne contre son adversaire non moins &#233;ternel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pessimisme foncier ? Sans aucun doute. Mais celui-ci n'est-il pas pr&#233;f&#233;rable aux esp&#233;rances fallacieuses ? Ne pr&#233;pare-t-il pas ce changement radical de conception nous permettant de renverser les idoles sanglantes de la civilisation, de l'histoire et du progr&#232;s ? Et l'homme de culture Freud n'est-il pas le d&#233;nonciateur le plus farouche et le plus profond de &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; les institutions qui nous &#233;crasent, de leurs m&#233;canismes et des illusions qu'elles entretiennent ? Ne rejoint-il pas, &#224; sa mani&#232;re, Nietzsche lorsqu'il fait &#233;clater comme cri de ralliement : &#171; le moins d'&#201;tat possible &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article datre de 1976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Magazine litt&#233;raire&lt;/strong&gt;, n&#176;109, 1976, p.32-34.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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