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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Pourquoi la guerre ? - Lettre &#224; Freud</title>
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		<dc:date>2007-08-28T17:56:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>Einstein, Albert</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Correspondance entre Albert Einstein et Sigmund Freud. Il s'agit de la version &#233;dit&#233;e &#224; l'initiative de l'Institut International de Coop&#233;ration Intellectuelle - Soci&#233;t&#233; des nations, en 1933. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;ponse de Freud. &lt;br class='autobr' /&gt; Potsdam, le 30 juillet 1932. &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur et Cher Ami, &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis heureux qu'en m'invitant &#224; un libre &#233;change de vues avec une personne de mon choix sur un sujet d&#233;sign&#233; &#224; mon gr&#233;, la Soci&#233;t&#233; des Nations et son Institut international de Coop&#233;ration Intellectuelle &#224; Paris m'aient, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Einstein-" rel="directory"&gt;Einstein&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Correspondance entre Albert Einstein et Sigmund Freud. Il s'agit de la version &#233;dit&#233;e &#224; l'initiative de l'Institut International de Coop&#233;ration Intellectuelle - Soci&#233;t&#233; des nations, en 1933.&lt;br /&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/Pourquoi-la-guerre-Lettre-a-Einstein' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;ponse de Freud&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Potsdam, le 30 juillet 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur et Cher Ami,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis heureux qu'en m'invitant &#224; un libre &#233;change de vues avec une personne de mon choix sur un sujet d&#233;sign&#233; &#224; mon gr&#233;, la Soci&#233;t&#233; des Nations et son Institut international de Coop&#233;ration Intellectuelle &#224; Paris m'aient, en quelque sorte, donn&#233; l&#8216;occasion pr&#233;cieuse de m'entretenir avec vous d'une question qui, en l'&#233;tat pr&#233;sent les choses, m'appara&#238;t comme la plus importante dans l'ordre de la civilisation : Existe-t-il un moyen d'affranchir les hommes de la menace de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on assez g&#233;n&#233;rale, on s'entend aujourd'hui &#224; reconna&#238;tre que les progr&#232;s de la technique ont rendu pareille question proprement vitale pour l'humanit&#233; civilis&#233;e, et cependant les ardents efforts consacr&#233;s &#224; la solution de ce probl&#232;me ont jusqu'ici &#233;chou&#233; dans d'effrayantes proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que, parmi ceux aussi que ce probl&#232;me occupe pratiquement et professionnellement, le d&#233;sir se manifeste, issu d'un certain sentiment d'impuissance, de solliciter sur ce point l'avis de personnes que le commerce habituel des sciences a plac&#233;es &#224; une heureuse distance &#224; l'&#233;gard de tous les probl&#232;mes de la vie. En ce qui me concerne, la direction habituelle de ma pens&#233;e n'est pas de celles qui ouvrent des aper&#231;us dans les profondeurs de la volont&#233; et du sentiment humains, et c'est pourquoi, dans l'&#233;change de vues que j'amorce ici, je ne puis gu&#232;re songer &#224; faire beaucoup plus qu'essayer de poser le probl&#232;me et, tout en laissant par avance de c&#244;t&#233; les tentatives de solution plus ou moins ext&#233;rieures, vous donner l'occasion d'&#233;clairer la question sous l'angle de votre profonde connaissance de la vie instinctive de l'homme. Je suis convaincu que vous serez &#224; m&#234;me d'indiquer des moyens &#233;ducatifs qui, par une voie, dans une certaine mesure &#233;trang&#232;re &#224; la politique, seraient de nature &#224; &#233;carter des obstacles psychologiques, que le profane en la mati&#232;re peut bien soup&#231;onner, mais dont il n'est pas capable de jauger les correspondances et les variations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi qui suis un &#234;tre affranchi de pr&#233;jug&#233;s nationaux, la face ext&#233;rieure du probl&#232;me - en l'esp&#232;ce, l'&#233;l&#233;ment d'organisation - m'appara&#238;t simple : les &#201;tats cr&#233;ent une autorit&#233; l&#233;gislative et judiciaire pour l'apaisement de tous les conflits pouvant surgir entre eux. Ils prennent l'engagement de se soumettre aux lois &#233;labor&#233;es par l'autorit&#233; l&#233;gislative, de faire appel au tribunal dans tous les cas litigieux, de se plier sans r&#233;serve &#224; ses d&#233;cisions et d'ex&#233;cuter, pour en assurer l'application, toutes les mesures que le tribunal estime n&#233;cessaires. Je touche l&#224; &#224; la premi&#232;re difficult&#233; : Un tribunal est une institution humaine qui pourra se montrer, dans ses d&#233;cisions, d'autant plus accessible aux sollicitations extra-juridiques qu'elle disposera de moins de force pour la mise en vigueur de ses verdicts. Il est un fait avec lequel il faut compter : droit et force sont ins&#233;parablement li&#233;s, et les verdicts d'un organe juridique se rapprochent de l'id&#233;al de justice de la communaut&#233;, au nom et dans l'int&#233;r&#234;t de laquelle le droit est prononc&#233;, dans la mesure m&#234;me o&#249; cette communaut&#233; peut r&#233;unir les forces n&#233;cessaires pour faire respecter son id&#233;al de justice. Mais nous sommes actuellement fort loin de d&#233;tenir une organisation supra-&#233;tatiste qui soit capable de conf&#233;rer &#224; son tribunal une autorit&#233; inattaquable et de garantir la soumission absolue &#224; l'ex&#233;cution de ses sentences. Et voici le premier principe qui s'impose &#224; mon attention : La voie qui m&#232;ne &#224; la s&#233;curit&#233; internationale impose aux &#201;tats l'abandon sans condition d'une partie de leur libert&#233; d'action, en d'autres termes, de leur souverainet&#233;, et il est hors de doute qu'on ne saurait trouver d'autre chemin vers cette s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un simple coup d'oeil sur l'insucc&#232;s des efforts, certainement sinc&#232;res, d&#233;ploy&#233;s au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es permet &#224; chacun de se rendre compte que de puissantes forces psychologiques sont &#224; l'oeuvre, qui paralysent ces efforts. Certaines d'entre elles sont ais&#233;ment perceptibles. L'app&#233;tit de pouvoir que manifeste la classe r&#233;gnante d'un Etat contrecarre une limitation de ses droits de souverainet&#233;. Cet &#171; app&#233;tit politique de puissance &#187; trouve souvent un aliment dans les pr&#233;tentions d'une autre cat&#233;gorie dont l'effort &#233;conomique se manifeste de fa&#231;on toute mat&#233;rielle. Je songe particuli&#232;rement ici &#224; ce groupe que l'on trouve au sein de chaque peuple et qui, peu nombreux mais d&#233;cid&#233;, peu soucieux des exp&#233;riences et des facteurs sociaux, se compose d'individus pour qui la guerre, la fabrication et le trafic des armes ne repr&#233;sentent rien d'autre qu'une occasion de retirer des avantages particuliers, d'&#233;largir le champ de leur pouvoir personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette simple constatation n'est toutefois qu'un premier pas dans la connaissance des conjonctures. Une question se pose aussit&#244;t : Comment se fait-il que cette minorit&#233;-l&#224; puisse asservir &#224; ses app&#233;tits la grande masse du peuple qui ne retire d'une guerre que souffrance et appauvrissement ? (Quand je parle de la masse du peuple, je n'ai pas dessein d'en exclure ceux qui, soldats de tout rang, ont fait de la guerre une profession, avec la conviction de s'employer &#224; d&#233;fendre les biens les plus pr&#233;cieux de leur peuple et dans la pens&#233;e que la meilleure d&#233;fense est parfois l'attaque.) Voici quelle est &#224; mon avis la premi&#232;re r&#233;ponse qui s'impose : Cette minorit&#233; des dirigeants de l'heure a dans la main tout d'abord l'&#233;cole, la presse et presque toujours les organisations religieuses. C'est par ces moyens qu'elle domine et dirige les sentiments de la grande masse dont elle fait son instrument aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette r&#233;ponse n'explique pas encore l'encha&#238;nement des facteurs en pr&#233;sence car une autre question se pose : Comment est-il possible que la masse, par les moyens que nous avons indiqu&#233;s, se laisse enflammer jusqu'&#224; la folie et au sacrifice ? Je ne vois pas d'autre r&#233;ponse que celle-ci : L&#8216;homme a en lui un besoin de haine et de destruction. En temps ordinaire, cette disposition existe &#224; l'&#233;tat latent et ne se manifeste qu'en p&#233;riode anormale ; mais elle peut &#234;tre &#233;veill&#233;e avec une certaine facilit&#233; et d&#233;g&#233;n&#233;rer en psychose collective. C'est l&#224;, semble- t-il, que r&#233;side le probl&#232;me essentiel et le plus secret de cet ensemble de facteurs. L&#224; est le point sur lequel, seul, le grand connaisseur des instincts humains peut apporter la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en arrivons ainsi &#224; une derni&#232;re question : Existe-t-il une possibilit&#233; de diriger le d&#233;veloppement psychique de l'homme de mani&#232;re &#224; le rendre mieux arm&#233; contre les psychoses de haine et de destruction ? Et loin de moi la pens&#233;e de ne songer ici qu'aux &#234;tres dits incultes. J'ai pu &#233;prouver moi-m&#234;me que c'est bien plut&#244;t la soi-disant &#171; intelligence &#187; qui se trouve &#234;tre la proie la plus facile des funestes suggestions collectives, car elle n'a pas coutume de puiser aux sources de l'exp&#233;rience v&#233;cue, et que c'est au contraire par le truchement du papier imprim&#233; qu'elle se laisse le plus ais&#233;ment et le plus compl&#232;tement saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour terminer, ceci encore : je n'ai parl&#233; jusqu'ici que de la guerre entre &#201;tats, en d'autres termes, des conflits dits internationaux. Je n'ignore pas que l'agressivit&#233; humaine se manifeste &#233;galement sous d'autres formes et dans d'autres conditions (par exemple la guerre civile, autrefois caus&#233;e par des mobiles religieux, aujourd'hui par des mobiles sociaux, - la pers&#233;cution des minorit&#233;s nationales). Mais c'est &#224; dessein que j'ai mis en avant la forme de conflit la plus effr&#233;n&#233;e qui se manifeste au sein des communaut&#233;s humaines, car c'est en partant de cette forme l&#224; qu'on d&#233;c&#232;lera le plus facilement les moyens d'&#233;viter les conflits arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que dans vos ouvrages vous avez r&#233;pondu, soit directement soit indirectement, &#224; toutes les questions touchant au probl&#232;me qui nous int&#233;resse et nous presse. Mais il y aurait grand profit &#224; vous voir d&#233;velopper le probl&#232;me de la pacification du monde sous le jour de vos nouvelles investigations, car un tel ex-pos&#233; peut &#234;tre la source de fructueux efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s cordialement &#224; vous.&lt;br /&gt;
A. Einstein&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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