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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Savoir jouir m&#234;me de la souffrance</title>
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		<dc:date>2009-03-15T17:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;312 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La somme de d&#233;plaisir l'emporte sur la somme de plaisir : par cons&#233;quent, la non-existence du monde vaudrait mieux que son existence &#187;. - &#171; Le monde est quelque chose qui, raisonnablement, ne devrait pas exister parce qu'il occasionne au sujet sensible plus de d&#233;plaisir que de plaisir &#187; - un pareil bavardage s'appelle aujourd'hui pessimisme ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le plaisir et le d&#233;plaisir sont des accessoires, ce ne sont pas des causes ; ce sont des &#233;valuations de second ordre, d&#233;riv&#233;es d'une valeur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Sur-l-art-et-la-vie-" rel="directory"&gt;Sur l'art et la vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;312&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La somme de d&#233;plaisir l'emporte sur la somme de plaisir : par cons&#233;quent, la non-existence du monde vaudrait mieux que son existence &#187;. - &#171; Le monde est quelque chose qui, raisonnablement, ne devrait pas exister parce qu'il occasionne au sujet sensible plus de d&#233;plaisir que de plaisir &#187; - un pareil bavardage s'appelle aujourd'hui pessimisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir et le d&#233;plaisir sont des accessoires, ce ne sont pas des causes ; ce sont des &#233;valuations de second ordre, d&#233;riv&#233;es d'une valeur dominante, - le langage du sentiment affirme ce qui est &#171; utile &#187; et &#171; nuisible &#187; et ce langage est variable et d&#233;pendant. Car, chaque fois que l'on dit que quelque chose est &#171; utile &#187; ou &#171; nuisible &#187;, il y a encore cent fa&#231;ons de demander utile &#224; quoi ? Nuisible &#224; quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m&#233;prise ce &lt;i&gt;pessimisme de la sensibilit&#233;&lt;/i&gt; : il est une marque de profond appauvrissement vital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;374&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une question de &lt;i&gt;force&lt;/i&gt; (chez l'individu ou chez le peuple) que l'on se pose en se demandant si l'on se pr&#233;occupe du jugement &#171; &lt;i&gt;beau&lt;/i&gt; &#187; et o&#249; l'on place ce jugement. Le sentiment de la pl&#233;nitude, de la &lt;i&gt;force accumul&#233;e&lt;/i&gt; (sentiment qui permet d'accepter bien des choses courageusement et avec une joie qui ferait trembler l'&#234;tre faible) le sentiment de &lt;i&gt;puissance&lt;/i&gt; exprime le &lt;i&gt;jugement&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;beau&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me au sujet d'objets et de conditions que l'instinct d'impuissance ne peut consid&#233;rer que comme &lt;i&gt;dignes de haine&lt;/i&gt;, comme &#171; laides &#187;. Le flair qui nous fait comprendre de quoi nous serions capables si nous avions en face de nous un danger, un probl&#232;me, une tentation, - ce flair d&#233;termine aussi notre affirmation esth&#233;tique. (&#171; Cela est beau &#187; est une &lt;i&gt;affirmation&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de cela, d'une, fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, que la pr&#233;f&#233;rence pour les &lt;i&gt;choses probl&#233;matiques et terribles&lt;/i&gt; est un sympt&#244;me de force : tandis que le go&#251;t du &lt;i&gt;joli&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;gracieux&lt;/i&gt;, appartient aux faibles, aux d&#233;licats. Le &lt;i&gt;plaisir&lt;/i&gt; que procure la trag&#233;die caract&#233;rise les &#233;poques fortes et les caract&#232;res robustes leur &lt;i&gt;non plus ultra&lt;/i&gt; est peut-&#234;tre la &lt;i&gt;Divine com&#233;die&lt;/i&gt;. Ce sont les esprit h&#233;ro&#239;ques qui se disent oui &#224; eux-m&#234;mes dans la cruaut&#233; tragique ils sont assez durs pour consid&#233;rer la souffrance comme un &lt;i&gt;plaisir&lt;/i&gt;... En admettant, par contre, que les faibles demandent une jouissance &#224; un art qui n'a pas &#233;t&#233; imagin&#233; pour eux, que feront-ils pour accommoder la trag&#233;die &#224; leur go&#251;t ? Ils y introduiront leurs propres appr&#233;ciations, leurs &lt;i&gt;propres jugements&lt;/i&gt; de valeurs : par exemple &#171; le triomphe de l'ordre moral &#187; ou th&#233;orie de &#171; la non-valeur de l'existence &#187;, ou bien l'invite &#224; la &#171; r&#233;signation &#187; ( -ou bien encore une d&#233;charge de passion, mi-morale, mi-m&#233;dicale, dans le go&#251;t d'Aristote - ). Enfin l&lt;i&gt;'art du terrible&lt;/i&gt;, en tant qu'il irrite les nerfs, peut entrer en ligne de compte, comme &lt;i&gt;stimulant&lt;/i&gt; chez les &#234;tres faibles et &#233;puis&#233;s : c'est aujourd'hui par exemple la raison pour laquelle on &lt;i&gt;appr&#233;cie&lt;/i&gt; l'art wagn&#233;rien. Plus quelqu'un conc&#232;de aux choses leur caract&#232;re terrible et probl&#233;matique, plus il affirme un sentiment de &lt;i&gt;bien-&#234;tre&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;puissance&lt;/i&gt;, il montre ainsi s'il a besoin de voir les choses se terminer par des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de &lt;i&gt;pessimisme artistique&lt;/i&gt; est exactement la &lt;i&gt;contre-partie&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;pessimisme moral et religieux&lt;/i&gt; qui souffre de la &#171; corruption &#187; de l'homme, de l'&#233;nigme de la vie : celui-ci veut &#224; toute force une solution, du moins un espoir de solution... Les d&#233;sesp&#233;r&#233;s, ceux qui souffrent et se m&#233;fient d'eux-m&#234;mes, bref les malades, ont eu besoin, de tous temps, de &lt;i&gt;visions&lt;/i&gt; ravissantes pour pouvoir supporter la vie (l'id&#233;e de &#171; b&#233;atitude &#187; a &lt;i&gt;cette &lt;/i&gt;origine). Il y a un autre cas qui est parent de celui-ci : les artistes de la d&#233;cadence, qui sont en somme des &lt;i&gt;nihilistes&lt;/i&gt; en face de la vie, &lt;i&gt;s'enfuient&lt;/i&gt; dans la &lt;i&gt;beaut&#233; de la forme&lt;/i&gt;, - dans les choses de choix, o&#249; la nature s'est faite parfaite, o&#249; elle est indiff&#233;remment &lt;i&gt;grande&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;belle&lt;/i&gt;... ( - L'&#171; amour du beau &#187; peut &#234;tre par cons&#233;quent autre chose que la facult&#233; de &lt;i&gt;voir&lt;/i&gt; une chose belle, de &lt;i&gt;cr&#233;er&lt;/i&gt; une chose belle : il peut &#234;tre l'expression de l'incapacit&#233; d'y parvenir.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les artistes qui subjuguent, ceux qui savent faire r&#233;sonner une &lt;i&gt;consonnance&lt;/i&gt; dans chaque conflit, font b&#233;n&#233;ficier toute chose de leur propre puissance, de leur r&#233;demption personnelle : ils expriment leur exp&#233;rience personnelle dans le symbolisme de toute oeuvre d'art, - cr&#233;er, chez eux, c'est de la reconnaissance &#224; l'&#233;gard de leur &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;profondeur&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;l'artiste tragique&lt;/i&gt; consiste en ceci que son instinct esth&#233;tique envisage les cons&#233;quences lointaines, qu'il ne s'arr&#234;te pas aupr&#232;s des choses prochaines, avec une vue courte, qu'il affirme &lt;i&gt;l'&#233;conomie en grand&lt;/i&gt;, l'&#233;conomie qui justifie ce qui est &lt;i&gt;terrible&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;m&#233;chant&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;probl&#233;matique&lt;/i&gt;, et qu'il ne se contente pas seulement de le &#8211; justifier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;361&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a, des &#233;tats qui nous font &lt;i&gt;transfigurer&lt;/i&gt; les choses et leur pr&#234;ter de la pl&#233;nitude ; notre imagination travaille alors sur elles jusqu'&#224; ce qu'elles refl&#232;tent notre propre pl&#233;nitude et notre propre joie de vivre : l'instinct sexuel, l'ivresse, le repos, le printemps, la victoire sur l'ennemi, les sarcasmes, l'air de bravoure, la cruaut&#233;, l'extase du sentiment religieux. Il faut surtout consid&#233;rer &lt;i&gt;trois&lt;/i&gt; &#233;l&#233;ments : l'&lt;i&gt;instinct sexuel,&lt;/i&gt; l'&lt;i&gt;ivresse&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;cruaut&#233;&lt;/i&gt;, qui tous trois appartiennent &#224; la plus ancienne &lt;i&gt;all&#233;gresse&lt;/i&gt; de f&#234;te chez l'homme, dominant de la m&#234;me fa&#231;on chez l'&#171; artiste &#187; &#224; son aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, lorsque nous nous tenons en pr&#233;sence de choses qui affirment cette transfiguration et cette pl&#233;nitude, notre &#234;tre animal r&#233;pond par une &lt;i&gt;irritation des sph&#232;res&lt;/i&gt; o&#249; tous ces &#233;tats de plaisir ont leur si&#232;ge et le m&#233;lange des tr&#232;s subtiles nuances de ce bien-&#234;tre animal et de ces d&#233;sirs produit l'&lt;i&gt;&#233;tat esth&#233;tique&lt;/i&gt;. Celui-ci ne se manifeste que chez les natures capables d'&#233;prouver cette surabondance de vigueur physique qui permet d'abandonner du sien ; c'est l&#224; qu'il faut toujours chercher le premier mobile. Le b&#233;otien, l'homme fatigu&#233;, &#233;puis&#233;, dess&#233;ch&#233; (par exemple le savant), ne peut absolument rien recevoir de l'art, parce qu'il ne poss&#232;de pas la force primordiale artistique, l'obligation de la richesse : celui qui ne peut pas donner ne re&#231;oit rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;perfection&lt;/i&gt;, dans ces &#233;tats affectifs (surtout dans l'amour sexuel), se r&#233;v&#232;le d'une fa&#231;on na&#239;ve, qui, pour l'instinct profond, est ce qu'il y a de plus &#233;lev&#233;, de plus d&#233;sirable, de plus pr&#233;cieux, le mouvement ascensionnel de son type de m&#234;me vers quel &#233;tat il &lt;i&gt;aspire&lt;/i&gt; v&#233;ritablement. La perfection, c'est l'&#233;largissement extraordinaire de son sentiment de puissance, la richesse, l'abondance, qui, n&#233;cessairement, fait d&#233;border la coupe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art nous fait penser &#224; des &#233;tats de vigueur animale ; il est d'une part l'exc&#233;dent d'une constitution &lt;i&gt;florissante&lt;/i&gt; qui d&#233;borde dans le monde des images et des d&#233;sirs d'autre part, l'irritation des fonctions animales par les images et les d&#233;sirs de la vie intensifi&#233;e ; - il est une sur&#233;l&#233;vation du sentiment de la vie, un stimulant &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quel sens le laid m&#234;me peut-il avoir cette puissance ? En ce sens il communique quelque chose de l'&#233;nergie victorieuse de l'artiste qui s'est rendu ma&#238;tre de ce qui est laid et &#233;pouvantable ; ou en ce sens qu'il excite l&#233;g&#232;rement en nous le plaisir la cruaut&#233; (dans certaines circonstances m&#234;me plaisir de nous faire mal &#224; nous-m&#234;mes, les violences sur notre propre personne : et de la sorte le sentiment de la puissance sur nous-m&#234;mes).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;i&gt;La volont&#233; de puissance&lt;/i&gt;, trad. H. Albert, 1903.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tout est conquis, voulu, enlev&#233; de haute lutte.</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Tout-est-conquis-voulu-enleve-de-haute-lutte</link>
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		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le mot dionysiaque exprime le besoin de l'unit&#233;, tout ce qui d&#233;passe la personnalit&#233;, la r&#233;alit&#233; quotidienne, la soci&#233;t&#233;, la r&#233;alit&#233;, l'ab&#238;me de l'&#233;ph&#233;m&#232;re ; un sentiment qui se gonfle et d&#233;borde passionn&#233;ment, douloureusement, s'&#233;panche dans des &#233;tats plus obscurs, plus pleins, plus flottants, une affirmation extasi&#233;e de l'existence dans son ensemble, toujours &#233;gale &#224; elle-m&#234;me &#224; travers tous les changements, &#233;galement puissante, &#233;galement bienheureuse ; la grande participation panth&#233;iste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Sur-l-art-et-la-vie-" rel="directory"&gt;Sur l'art et la vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le mot &lt;i&gt;dionysiaque&lt;/i&gt; exprime le besoin de l'unit&#233;, tout ce qui d&#233;passe la personnalit&#233;, la r&#233;alit&#233; quotidienne, la soci&#233;t&#233;, la r&#233;alit&#233;, l'ab&#238;me de l'&#233;ph&#233;m&#232;re ; un sentiment qui se gonfle et d&#233;borde passionn&#233;ment, douloureusement, s'&#233;panche dans des &#233;tats plus obscurs, plus pleins, plus flottants, une affirmation extasi&#233;e de l'existence dans son ensemble, toujours &#233;gale &#224; elle-m&#234;me &#224; travers tous les changements, &#233;galement puissante, &#233;galement bienheureuse ; la grande participation panth&#233;iste &#224; toute joie et &#224; tout peine, qui accepte m&#234;me les qualit&#233;s les plus effroyables et les plus &#233;quivoques de l'existence et les consid&#232;re comme sacr&#233;es ; l'&#233;ternelle volont&#233; d'engendrer, de porter du fruit, de na&#238;tre ; le sentiment de l'union n&#233;cessaire entre la cr&#233;ation et la destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mot &lt;i&gt;apollinien&lt;/i&gt; exprime le besoin de s'accomplir en soi-m&#234;me, d'&#234;tre un &#171; individu &#187; type ; le go&#251;t de tout ce qui simplifie, souligne, rend fort, distinct, net, caract&#233;ristique ; la libert&#233; sous la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;volution ult&#233;rieure de l'art est li&#233;e &#224; l'antagonisme de ces deux forces naturelles, aussi n&#233;cessairement que l'&#233;volution de l'humanit&#233; est li&#233;e &#224; l'antagonisme des sexes. La force surabondante et la mesure, la force supr&#234;me de l'affirmation de soi dans une beaut&#233; froide, aristocratique, distante : apollinisme de la volont&#233; grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce contraste du dionysisme et de l'apollinisme &#224; l'int&#233;rieur de l'&#226;me grecque est une des grandes &#233;nigmes qui m'ont s&#233;duit dans la nature hell&#233;nique. Au fond, je me suis efforc&#233; de deviner pourquoi l'apollinisme grec a d&#251; surgir d'un sous-sol dionysiaque ; pourquoi le grec dionysiaque a du n&#233;cessairement devenir apollinien, c'est-&#224;-dire bris&#233; son go&#251;t du d&#233;mesur&#233;, du complexe, de l'incertain, de l'horrible, contre une volont&#233; qui lui imposait la mesure, la simplicit&#233;, la soumission &#224; la r&#232;gle et au concept. Ce qu'il produisait de son fonds, c'&#233;tait les tendances extr&#234;mes, d&#233;sordonn&#233;es, asiatiques ; la bravoure du grec s'affirme dans sa lutte contre son asiatisme propre ; la beaut&#233; ne lui a pas &#233;t&#233; donn&#233;e, pas plus que la logique, pas plus que le naturel des m&#339;urs ; tout est conquis, voulu, enlev&#233; de haute lutte ; c'est sa &lt;i&gt;victoire&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;F.Nietzsche, &lt;i&gt;La volont&#233; de puissance&lt;/i&gt;, Livre IV, &#167;556&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre l'art des &#339;uvres d'art. </title>
		<link>https://caute.lautre.net/Contre-l-art-des-oeuvres-d-art</link>
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		<dc:date>2007-12-17T17:14:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Contre l'art des &#339;uvres d'art. - L'art doit avant tout embellir la vie, donc nous rendre nous-m&#234;mes tol&#233;rables aux autres et agr&#233;ables si possible : ayant cette t&#226;che en vue, il mod&#232;re et nous tient en bride, cr&#233;e des formes de civilit&#233;, lie ceux dont l'&#233;ducation n'est pas faite &#224; des lois de convenance, de propret&#233;, de politesse, leur apprend &#224; parler et &#224; se taire au bon moment. De plus, l'art doit cacher ou r&#233;interpr&#233;ter tout ce qui est laid, ces choses p&#233;nibles, &#233;pouvantables ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Sur-l-art-et-la-vie-" rel="directory"&gt;Sur l'art et la vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Contre l'art des &#339;uvres d'art.&lt;/i&gt; - L'art doit avant tout embellir la vie, donc nous rendre nous-m&#234;mes tol&#233;rables aux autres et agr&#233;ables si possible : ayant cette t&#226;che en vue, il mod&#232;re et nous tient en bride, cr&#233;e des formes de civilit&#233;, lie ceux dont l'&#233;ducation n'est pas faite &#224; des lois de convenance, de propret&#233;, de politesse, leur apprend &#224; parler et &#224; se taire au bon moment. De plus, l'art doit cacher ou r&#233;interpr&#233;ter tout ce qui est laid, ces choses p&#233;nibles, &#233;pouvantables ou d&#233;go&#251;tantes qui malgr&#233; tous les efforts, &#224; cause des origines de la nature humaine, viendront toujours de nouveau &#224; la surface : il doit agir ainsi surtout pour ce qui est des passions, des douleurs de l'&#226;me et des craintes, et faire transpara&#238;tre, dans la laideur in&#233;vitable ou insurmontable, son c&#244;t&#233; significatif. Apr&#232;s cette t&#226;che de l'art, dont la grandeur va jusqu'&#224; l'&#233;normit&#233;, l'art que l'on appelle v&#233;ritable, l'art des &#339;uvres d'art n'est qu'accessoire. L'homme qui sent en lui un exc&#233;dent de forces qui embellissent, cachent, transforment, finira par chercher &#224; s'all&#233;ger de cet exc&#233;dent par l'&#339;uvre d'art ; dans certaines circonstances, c'est tout un peuple qui agira ainsi. - Mais on a l'habitude, aujourd'hui, de commencer l'art par la fin ; on se suspend &#224; sa queue, avec l'id&#233;e que l'art des &#339;uvres d'art est le principal et que c'est en partant de cet art que la vie doit &#234;tre am&#233;lior&#233;e et transform&#233;e. Fous que nous sommes ! Si nous commen&#231;ons le repas par le dessert, go&#251;tant &#224; un plat sucr&#233; apr&#232;s l'autre, quoi d'&#233;tonnant si nous nous g&#226;tons l'estomac et m&#234;me l'app&#233;tit pour le bon festin, fortifiant et nourrissant, auquel l'art nous convie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;strong&gt;Humain, trop humain&lt;/strong&gt;, II, 174&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le Romantisme ?</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Qu-est-ce-que-le-Romantisme</link>
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		<dc:date>2005-01-27T23:22:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



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&lt;p&gt;On se souvient peut-&#234;tre, au moins chez mes amis, que j'ai commenc&#233; par me jeter sur la question du monde moderne, en faisant de grosses erreurs, de grosses exag&#233;rations, et, de toute fa&#231;on, en nourrissant de grands espoirs. Je consid&#233;rais, - &#224; la suite de quelles exp&#233;riences personnelles ?... - je consid&#233;rais le pessimisme du XIX&#232; si&#232;cle comme le sympt&#244;me d'une pens&#233;e plus vigoureuse que celle du XVIII&#232; - l'&#226;ge de Hume, de Kant, de Condillac et des sensualistes, - comme l'indice d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Sur-l-art-et-la-vie-" rel="directory"&gt;Sur l'art et la vie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On se souvient peut-&#234;tre, au moins chez mes amis, que j'ai commenc&#233; par me jeter sur la question du monde moderne, en faisant de grosses erreurs, de grosses exag&#233;rations, et, de toute fa&#231;on, en nourrissant de grands espoirs. Je consid&#233;rais, - &#224; la suite de quelles exp&#233;riences personnelles ?... - je consid&#233;rais le pessimisme du XIX&#232; si&#232;cle comme le sympt&#244;me d'une pens&#233;e plus vigoureuse que celle du XVIII&#232; - l'&#226;ge de Hume, de Kant, de Condillac et des sensualistes, - comme l'indice d'un courage mieux tremp&#233;, d'une vitalit&#233; plus triomphalement &#233;panouie : si bien que je prenais la connaissance tragique pour le vrai luxe de notre culture ; j'y voyais le plus on&#233;reux, le plus noble et le plus dangereux des gaspillages, tout en pensant qu'il demeurait &lt;i&gt;licite &lt;/i&gt;vu l'abondance du superflu. J'interpr&#233;tais de m&#234;me fa&#231;on notre musique comme l'expression d'une puissance dionysiaque de l'&#226;me allemande ; je croyais entendre gronder en elle le s&#233;isme dans lequel se d&#233;charge enfin, sans souci d'&#233;branler tout ce qu'on appelle culture, une force &#233;l&#233;mentaire qui a &#233;t&#233; comprim&#233;e depuis le plus lointain pass&#233;. On le voit, je m&#233;connaissais dans le pessimisme allemand, aussi bien que dans cette musique, ce qui leur donne leur v&#233;ritable caract&#232;re : le &lt;i&gt;romantisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le romantisme ? Tout art, toute philosophie peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des rem&#232;des de la vie, adjuvants de sa croissance ou baumes des combats : ils postulent toujours et souffrance et souffrants. Mais ces derniers sont de deux sortes : pour les uns la souffrance provient d'une &lt;i&gt;surabondance de vie&lt;/i&gt; ; ils r&#233;clament un art dionysiaque, et veulent, concr&#232;te ou abstraite, une vision tragique de la vie ; les autres souffrent au contraire d'un &lt;i&gt;appauvrissement de cette vie &lt;/i&gt; ; ils demandent &#224; l'art et &#224; la connaissance le repos, le silence, la mer d'huile, l'oubli de soi, ou, &#224; l'autre p&#244;le, l'ivresse, les fr&#233;n&#233;sies, l'&#233;tourdissement et la folie. C'est au double besoin de ces &lt;i&gt;derniers&lt;/i&gt; que tout romantisme r&#233;pond dans les arts et la connaissance ; c'est &#224; lui que r&#233;pondirent - et que r&#233;pondent encore - et Schopenhauer et Wagner, pour nommer les deux romantiques les plus fameux et les plus expressifs au sens desquels je me sois m&#233;pris, tout &#224; leur &lt;i&gt;avantage&lt;/i&gt;, d'ailleurs, on me l'accordera sans peine. L'&#234;tre le plus d&#233;bordant de vie, le dionysiaque, dieu ou homme, peut se permettre non seulement de regarder l'&#233;nigmatique et l'effrayant, mais de commettre aussi l'effroyable, et de se livrer &#224; n'importe quel luxe de destruction, de bouleversement, de n&#233;gation ; la m&#233;chancet&#233;, l'insanit&#233;, la laideur lui semblent permises en vertu d'un exc&#232;s de forces cr&#233;atrices qui peuvent faire du d&#233;sert m&#234;me un sol f&#233;cond. Ce serait au contraire l'&#234;tre le plus souffrant, le plus pauvre en force vitale qui aurait le plus grand besoin de douceur, d'am&#233;nit&#233;, de bont&#233; et dans l'acte et dans la pens&#233;e ; qui aurait besoin, si possible, d'un Dieu, qui serait tout particuli&#232;rement celui des malades, d'un a Sauveur &#187; ; ce serait lui qui aurait aussi le plus grand besoin de la logique, de l'intelligibilit&#233; abstraite de l'existence, - car la logique rassure et encourage - ce serait lui qui aurait, en un mot, le plus grand besoin des petits coins capitonn&#233;s d'o&#249; la crainte semble bannie et des remparts de l'optimisme. C'est &#224; l'aide de ces r&#233;flexions que j'ai vu petit &#224; petit le personnage d'&#201;picure se dessiner comme le contraire du pessimiste dionysiaque, tout de m&#234;me que le a chr&#233;tien &#187; qui n'est en fait qu'une fa&#231;on d'&#201;picurien, un romantique foncier, comme l'autre ; mon oeil s'est mis &#224; percevoir avec une acuit&#233; de plus en plus p&#233;n&#233;trante les relations de cause &#224; effet qui permettent - d&#233;duction difficile entre toutes, captieuse et qui a fait tr&#233;bucher le plus grand nombre de penseurs, - qui permettent de &lt;i&gt;d&#233;duire &lt;/i&gt;un auteur de son oeuvre, de conclure de l'action &#224; celui qui agit, d'un id&#233;al &#224; l'homme qui en &#233;prouve la &lt;i&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; imp&#233;rieuse, et, de toute fa&#231;on de penser et d'appr&#233;cier, au &lt;i&gt;besoin&lt;/i&gt; qui la commande en secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il s'agit de juger d'une valeur esth&#233;tique, je me base donc maintenant sur cette distinction capitale, et je me demande dans chaque cas : a est-ce une faim ou une surabondance qui a pouss&#233; &#224; la cr&#233;ation ? &#187; Il semblerait &#224; premi&#232;re vue qu'une autre distinction s'impos&#226;t davantage, parce qu'elle saute plus vivement aux yeux, savoir : est-ce un d&#233;sir de fixer, d'&#233;terniser, un besoin d'&lt;i&gt;&#234;tre&lt;/i&gt;, qui a motiv&#233; la cr&#233;ation ? ou au contraire un besoin de d&#233;truire et de changer, un besoin d'innovation, d'avenir, de &lt;i&gt;devenir &lt;/i&gt; ? Mais ces deux besoins, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, restent ambigus, et leur ambigu&#239;t&#233; se d&#233;compose pour tous deux suivant le sch&#233;ma pr&#233;c&#233;dent que je pr&#233;f&#232;re, &#224; bon droit, il me semble. Le besoin de &lt;i&gt;destruction, &lt;/i&gt;de changement, de devenir peut &#234;tre l'expression d'une force surabondante, d'une force grosse d'avenir (que j'appelle, comme on sait, &#171; dionysiaque &#187;), mais ce peut &#234;tre aussi la haine du rat&#233;, du d&#233;ficient, du d&#233;sh&#233;rit&#233;, qui d&#233;truit, qui est &lt;i&gt;forc&#233;&lt;/i&gt; de d&#233;truire parce que l'&#233;tat de choses existant, pis, tout &#233;tat de choses existant, tout &lt;i&gt;&#234;tre&lt;/i&gt; m&#234;me, le r&#233;volte et l'irrite ; observez de pr&#232;s nos anarchistes pour comprendre cette passion. La volont&#233; &lt;i&gt;d'&#233;terniser&lt;/i&gt; n&#233;cessite elle aussi deux interpr&#233;tations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voyez Sur l'&#233;ternel retour..&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle peut, d'une part, provenir de l'amour, de la gratitude (l'art qu'elle inspire, dans ce cas, est toujours art d'apoth&#233;ose ; dithyrambique avec Rubens, s&#233;rieusement moqueur avec Hafiz, lumineux et bienveillant avec Goethe, il r&#233;pand sur toute chose une lumi&#232;re hom&#233;rique, il aur&#233;ole son moindre objet). Mais elle peut &#234;tre aussi le d&#233;sir tyrannique d'un homme qui souffre atrocement, qui lutte en proie &#224; de cruelles tortures et qui voudrait marquer au coin d'une loi qui oblige et d'une contrainte in&#233;vitable l'idiosyncrasie de son mal, tout ce qu'il a de plus personnel, de plus particulier, de plus &#233;troit ; qui se venge, en somme, sur toutes choses en les marquant &#224; &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; image, &#224; l'image de sa torture, en la leur br&#251;lant sur la peau. Cette derni&#232;re forme du besoin d'&#233;terniser c'est le pessimisme romantique sous son aspect le plus expressif, qu'il se fasse avec Schopenhauer philosophie de la volont&#233;, ou qu'il adopte avec Wagner une traduction musicale ; c'est le &lt;i&gt;pessimisme romantique&lt;/i&gt;, le dernier grand &#233;v&#233;nement dans l'histoire des destin&#233;es de notre civilisation. (Qu'on puisse concevoir un tout autre pessimisme, un pessimisme classique, c'est un pressentiment &#224; moi, c'est une vision qui m'appartient, mon &lt;i&gt;proprium&lt;/i&gt; et mon &lt;i&gt;ipsissimum&lt;/i&gt; : &#224; ceci pr&#232;s que mon oreille r&#233;pugne un peu au mot &#171; classique &#187; , mot trop us&#233;, trop effrit&#233;, qui est devenu m&#233;connaissable. J'appelle donc ce pessimisme de l'avenir- car il vient ! je le vois venir ! - le pessimisme &lt;i&gt;dionysiaque.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voyez &lt;a href='https://caute.lautre.net/-Sur-l-eternel-retour-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur l'&#233;ternel retour.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;i&gt;Le gai savoir&lt;/i&gt;, &#167;370&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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