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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Le principe responsabilit&#233;</title>
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		<dc:date>2008-09-25T19:54:01Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jonas, Hans</dc:creator>



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&lt;p&gt;Fiche : . &lt;br class='autobr' /&gt; Le Prom&#233;th&#233;e d&#233;finitivement d&#233;cha&#238;n&#233;, auquel la science conf&#232;re des forces jamais encore connues et l'&#233;conomie son impulsion effr&#233;n&#233;e, r&#233;clame une &#233;thique qui, par des entraves librement consenties, emp&#234;che le pouvoir de l'homme de devenir une mal&#233;diction pour lui (...). La promesse de la technique moderne s'est invers&#233;e en menace (...). Ce que l'homme peut faire aujourd'hui et ce que par la suite il sera contraint de continuer &#224; faire, dans l'exercice irr&#233;sistible de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Jonas-" rel="directory"&gt;Jonas&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH150/chouette_minerve_dessin_rond-4-de7af.png?1772345096' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fiche :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_261 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://caute.lautre.net/IMG/pdf/Jonas_Danger_de_l_utopie_technique.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 24.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://caute.lautre.net/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1772887846' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jonas, principe responsabilt&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Prom&#233;th&#233;e d&#233;finitivement d&#233;cha&#238;n&#233;, auquel la science conf&#232;re des forces jamais encore connues et l'&#233;conomie son impulsion effr&#233;n&#233;e, r&#233;clame une &#233;thique qui, par des entraves librement consenties, emp&#234;che le pouvoir de l'homme de devenir une mal&#233;diction pour lui (...). La promesse de la technique moderne s'est invers&#233;e en menace (...). Ce que l'homme peut faire aujourd'hui et ce que par la suite il sera contraint de continuer &#224; faire, dans l'exercice irr&#233;sistible de ce pouvoir, n'a pas son &#233;quivalent dans l'exp&#233;rience pass&#233;e. Toute sagesse h&#233;rit&#233;e, relative au comportement juste, &#233;tait taill&#233;e en vue de cette exp&#233;rience. Nulle &#233;thique traditionnelle ne nous instruit donc sur les normes du &#171; bien &#187; et du &#171; mal &#187; auxquelles doivent &#234;tre soumises les modalit&#233;s enti&#232;rement nouvelles du pouvoir et de ses cr&#233;ations possibles. La terre nouvelle de la pratique collective, dans laquelle nous sommes entr&#233;s avec la technologie de pointe, est encore une terre vierge de la th&#233;orie &#233;thique.&lt;br class='autobr' /&gt; (&#8230;) Qu'est-ce qui peut servir de boussole ? L'anticipation de la menace elle-m&#234;me ! C'est seulement dans les premi&#232;res lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l'aurore de son ampleur plan&#233;taire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent &#234;tre d&#233;couverts les principes &#233;thiques, desquels se laissent d&#233;duire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela, je l'appelle &#171; heuristique de la peur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un imp&#233;ratif adapt&#233; au nouveau type de l'agir humain et qui s'adresse au nouveau type de sujets de l'agir s'&#233;noncerait &#224; peu pr&#232;s ainsi : &#171; Agis de fa&#231;on que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre &#187; ; ou pour l'exprimer n&#233;gativement : &#171; Agis de fa&#231;on que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilit&#233; future d'une telle vie &#187; ; ou simplement : &#171; Ne compromets pas les conditions pour la survie ind&#233;finie de l'humanit&#233; sur terre &#187; ; ou encore, formul&#233; de nouveau positivement : &#171; Inclus dans ton choix actuel l'int&#233;grit&#233; future de l'homme comme objet secondaire de ton vouloir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit sans peine que l'atteinte port&#233;e &#224; ce type d'imp&#233;ratif n'inclut aucune contradiction d'ordre rationnel. Je &lt;i&gt;peux&lt;/i&gt; vouloir le bien actuel en sacrifiant le bien futur. De m&#234;me que je peux vouloir ma propre disparition, je peux aussi vouloir la disparition de l'humanit&#233;. Sans me contredire moi-m&#234;me, je peux, dans mon cas personnel comme dans celui de l'humanit&#233;, pr&#233;f&#233;rer un bref feu d'artifice d'extr&#234;me accomplissement de soi-m&#234;me &#224; l'ennui d'une continuation ind&#233;finie dans la m&#233;diocrit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or le nouvel imp&#233;ratif affirme pr&#233;cis&#233;ment que nous avons bien le droit de risquer notre propre vie, mais non celle de l'humanit&#233; ; et qu'Achille avait certes le droit de choisir pour lui-m&#234;me une vie br&#232;ve, faite d'exploits glorieux, plut&#244;t qu'une longue vie de s&#233;curit&#233; sans gloire (sous la pr&#233;supposition tacite qu'il y aurait une post&#233;rit&#233; qui saura raconter ses exploits), mais que nous n'avons pas le droit de choisir le non-&#234;tre des g&#233;n&#233;rations futures &#224; cause de l'&#234;tre de la g&#233;n&#233;ration actuelle et que nous n'avons m&#234;me pas le droit de le risquer. Ce n'est pas du tout facile, et peut-&#234;tre impossible sans recours &#224; la religion, de l&#233;gitimer en th&#233;orie pourquoi nous n'avons pas ce droit, pourquoi au contraire nous avons une obligation &#224; l'&#233;gard de ce qui n'existe m&#234;me pas encore et ce qui &#171; de soi &#187; ne doit pas non plus &#234;tre, ce qui du moins n'a pas droit &#224; l'existence, puisque cela n'existe pas. Notre imp&#233;ratif le prend d'abord comme un axiome sans justification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;ristique commune, &#233;thiquement importante, dans tous les exemples cit&#233;s est ce que nous pouvons appeler le trait &#171; utopique &#187; ou sa d&#233;rive utopique qui habite notre agir sous les conditions de la technique moderne - que celui-ci d&#233;ploie ses effets sur la nature humaine ou non humaine ou que l'&#171; utopie &#187; soit finalement planifi&#233;e ou non planif&#233;e. Par le type et la simple grandeur de ses effets boule de neige le pouvoir technologique nous pousse en avant vers des buts du m&#234;me type de ceux qui formaient autrefois la r&#233;serve des utopies. Pour l'exprimer autrement : ce qui n'&#233;tait que jeux hypoth&#233;tiques et peut-&#234;tre &#233;clairants de la raison sp&#233;culative, le pouvoir technologique les a transform&#233;s en des esquisses concurrentes de projets ex&#233;cutables et, en faisant notre choix, nous devons choisir entre les extr&#234;mes d'effets lointains et en grande partie inconnus. L'unique chose que nous puissions r&#233;ellement savoir &#224; leur sujet est leur extr&#233;misme en tant que tel, qu'ils concernent la situation globale de la nature sur notre plan&#232;te et l'esp&#232;ce des cr&#233;atures qui doivent ou ne doivent pas la peupler. L'extension in&#233;vitablement &#171; utopique &#187; de la technologie moderne fait que la distance salutaire entre desseins quotidiens et desseins ultimes, entre des occasions d'exercer l'intelligence ordinaire et des occasions d'exercer une sagesse &#233;clair&#233;e, se r&#233;tr&#233;cit en permanence. &#201;tant donn&#233; que nous vivons aujourd'hui en permanence &#224; l'ombre d'un utopisme non voulu, automatique, faisant partie de notre mode de fonctionnement, nous sommes perp&#233;tuellement confront&#233;s &#224; des perspectives finales dont le choix positif exige une supr&#234;me sagesse - une situation impossible pour l'homme comme tel, parce qu'il ne poss&#232;de pas cette sagesse, et en particulier impossible pour l'homme contemporain, qui nie l'existence m&#234;me de son objet, &#224; savoir l'existence d'une valeur absolue et d'une v&#233;rit&#233; objective. La sagesse nous est le plus n&#233;cessaire pr&#233;cis&#233;ment alors que nous y croyons le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience a prouv&#233; que les d&#233;veloppements d&#233;clench&#233;s &#224; chaque fois pour l'agir technologique afin de r&#233;aliser des buts &#224; court terme ont tendance &#224; se rendre autonomes, c'est-&#224;-dire &#224; acqu&#233;rir leur propre dynamique contraignante (...). Ce qui a &#233;t&#233; commenc&#233; nous &#244;te l'initiative de l'agir (...). M&#234;me s'il se peut que &#171; nous prenions en main notre propre d&#233;veloppement &#187;, celui-ci &#233;chappera &#224; nos mains simplement du fait qu'il s'est incorpor&#233; son impulsion et plus que partout ailleurs vaut ici la loi qu'alors que le premier pas rel&#232;ve de notre libert&#233;, nous sommes esclaves du second et de tous ceux qui suivent. Ainsi au constat que l'acc&#233;l&#233;ration du d&#233;veloppement aliment&#233; technologiquement ne laisse plus le temps pour des corrections automatiques s'ajoute le constat ult&#233;rieur que pendant le temps que malgr&#233; tout nous avons encore &#224; notre disposition, la correction devient de plus en plus difficile et la libert&#233; pour la faire diminue continuellement. Cela renforce l'obligation de veiller aux commencements, accordant la priorit&#233; aux possibilit&#233;s de malheur fond&#233;es de mani&#232;re suffisamment s&#233;rieuse (...) par rapport aux esp&#233;rances - m&#234;me si celles-ci ne sont pas moins fond&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, sous la forme de la technique moderne, la &lt;i&gt;techn&#232;&lt;/i&gt; s'est transform&#233;e en pouss&#233;e en avant infinie de l'esp&#232;ce et en son entreprise la plus importante. On serait tent&#233; de croire que la vocation de l'homme consiste dans la progression, en perp&#233;tuel d&#233;passement de soi, vers des choses toujours plus grandes et la r&#233;ussite d'une domination maximale sur les choses et sur l'homme lui-m&#234;me semblerait &#234;tre l'accomplissement de sa vocation. Ainsi le triomphe de &lt;i&gt;l'homo faber&lt;/i&gt; sur son objet externe signifie-t-il en m&#234;me temps son triomphe dans la constitution interne de &lt;i&gt;l'homo sapiens&lt;/i&gt;, dont il &#233;tait autrefois une partie servile. En d'autres termes : ind&#233;pendamment m&#234;me de ses oeuvres objectives, la technologie re&#231;oit une signification &#233;thique par la place centrale qu'elle occupe d&#233;sormais dans la vie subjective des fins humaines. Sa cr&#233;ation cumulative, &#224; savoir l'environnement artificiel qui se propage, renforce par un perp&#233;tuel effet r&#233;tro-actif les forces particuli&#232;res qui l'ont engendr&#233;e : le d&#233;j&#224; cr&#233;&#233; oblige &#224; leur mise en oeuvre inventive toujours recommenc&#233;e, dans sa conservation et dans son d&#233;veloppement ult&#233;rieur et elle la r&#233;compense par un succ&#232;s accru - qui de nouveau contribue &#224; sa pr&#233;tention souveraine. Ce feed-back positif de la n&#233;cessit&#233; fonctionnelle et de la r&#233;compense - dans la dynamique duquel il ne faut pas oublier l'orgueil de la performance - nourrit la pr&#233;dominance croissante d'un des c&#244;t&#233;s de la nature humaine sur tous les autres et elle le fait in&#233;vitablement &#224; leurs d&#233;pens. Si rien ne r&#233;ussit tant que la r&#233;ussite, rien ne rend davantage captif que la r&#233;ussite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hans Jonas, &lt;strong&gt;Le principe responsabilit&#233;&lt;/strong&gt; (1979), trad. J. Greisch, &#201;d. du Cerf, 1990, extraits pages 7-8, 40, 43, 55-56&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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