<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://caute.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Caute@lautre.net</title>
	<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://caute.lautre.net/spip.php?id_rubrique=298&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Caute@lautre.net</title>
		<url>https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-61142.png?1772222329</url>
		<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Myst&#232;res de l'Univers&#034;, par Etienne Klein</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Mysteres-de-l-Univers-par-Etienne-Klein</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/Mysteres-de-l-Univers-par-Etienne-Klein</guid>
		<dc:date>2008-11-20T22:30:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Klein, Etienne</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Myst&#232;res de l'Univers, par Etienne Klein LE MONDE, 20 novembre 2008 &lt;br class='autobr' /&gt; Une r&#233;volution discr&#232;te s'est d&#233;roul&#233;e au cours du XXe si&#232;cle : toutes les disciplines scientifiques ont pris acte que les objets qu'elles &#233;tudient n'ont pas toujours &#233;t&#233; tels que nous les observons aujourd'hui. La Terre n'a pas toujours exist&#233;, et la vie n'y a pas toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente. Les &#233;toiles ne sont pas immuables : elles se forment, &#233;voluent, se transforment. Les atomes eux-m&#234;mes ont une histoire : l'Univers (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Klein-" rel="directory"&gt;Klein&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Myst&#232;res de l'Univers, par Etienne Klein&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MONDE, 20 novembre 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;volution discr&#232;te s'est d&#233;roul&#233;e au cours du XXe si&#232;cle : toutes les disciplines scientifiques ont pris acte que les objets qu'elles &#233;tudient n'ont pas toujours &#233;t&#233; tels que nous les observons aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'a pas toujours exist&#233;, et la vie n'y a pas toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente. Les &#233;toiles ne sont pas immuables : elles se forment, &#233;voluent, se transforment. Les atomes eux-m&#234;mes ont une histoire : l'Univers primordial ne contenait encore que des particules &#233;l&#233;mentaires furieusement agit&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La description de l'Univers est apparue comme un grand r&#233;cit s'&#233;tendant sur 13,7 milliards d'ann&#233;es : dans sa phase primordiale, l'Univers &#233;tait tr&#232;s dense et tr&#232;s chaud ; depuis, il ne cesse de se dilater et de se refroidir, &#224; un rythme dont on a r&#233;cemment constat&#233; l'acc&#233;l&#233;ration ; l'agglom&#233;ration de particules &#233;l&#233;mentaires a d'abord engendr&#233; les protons et les neutrons, qui sont les premiers syst&#232;mes structur&#233;s &#224; &#234;tre apparus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces premi&#232;res briques se sont ensuite assembl&#233;es pour former les premiers noyaux d'atomes, lesquels se sont associ&#233;s aux &#233;lectrons pour former les atomes les plus l&#233;gers ; la gravitation a rassembl&#233; cette mati&#232;re &#233;parse pour former les &#233;toiles dont la lumi&#232;re a inond&#233; peu &#224; peu l'Univers, et les r&#233;actions nucl&#233;aires se d&#233;roulant en leur sein ont engendr&#233; la plupart des noyaux atomiques, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;cit est original, in&#233;dit, en rupture avec toutes les cosmogonies traditionnelles. D'ailleurs qui, avant la physique moderne, aurait pu le raconter ? Mais dans le prolongement de cette narration &#224; rebrousse-temps, on se persuade que les sciences sont devenues capables de saisir l'origine m&#234;me de l'Univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, la prudence devrait s'imposer. Car lorsqu'on &#233;coute les physiciens dissertant sur l'origine de telle ou telle chose, on d&#233;couvre qu'il n'est jamais question de gen&#232;se proprement dite. Ils parlent surtout - et en fait seulement - de g&#233;n&#233;alogies, de m&#233;tamorphoses, de structurations de constituants &#233;l&#233;mentaires en syst&#232;mes plus complexes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, ils expliquent que les atomes sont fils des &#233;toiles, qui sont elles-m&#234;mes filles de nuages de poussi&#232;res, dont la mati&#232;re provient quant &#224; elle des phases les plus chaudes et les plus anciennes de l'Univers... En d'autres termes, ils n'&#233;voquent jamais que des transitions d'un &#233;tat &#224; un autre, des processus permettant de comprendre l'apparition d'un nouvel objet, le commencement de son histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes prodigieuses qu'elles soient, ces descriptions n'incluent jamais un &#034;instant z&#233;ro&#034;, encore moins quoi que ce soit qui l'aurait pr&#233;c&#233;d&#233; ou qui pourrait &#234;tre sa cause. D&#233;cliner la succession des m&#233;tamorphoses qui ont jalonn&#233; l'&#233;volution cosmique n'&#233;quivaut donc pas &#224; d&#233;voiler l'int&#233;gralit&#233; de sa gen&#232;se. D'ailleurs, l'&#034;&#226;ge de l'Univers&#034; qu'&#233;voquent les cosmologues ne court pas depuis sa cr&#233;ation, mais seulement depuis la plus ancienne &#233;tape &#224; laquelle leurs &#233;quations aient acc&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Force est donc de constater que les sciences ne saisissent jamais que des origines relatives, c'est-&#224;-dire des m&#233;canismes d'&#233;mergence, des contextes de premi&#232;re apparition. S'agissant de l'Univers, elles invoquent toujours une cuisse de Jupiter constitu&#233;e des ingr&#233;dients pr&#233;alables dont elles doivent disposer pour approcher la question de son origine : ce peut &#234;tre le vide quantique, l'explosion d'un trou noir primordial, ou n'importe quoi d'autre. L'important, c'est de noter qu'il est toujours question de quelque chose, jamais de rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du coup, le commencement en question n'est plus un commencement ex nihilo : en tant que cons&#233;quence de ce qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;, il constitue plut&#244;t un ach&#232;vement. Et pour progresser d'un pas suppl&#233;mentaire, il n'y a pas d'autre moyen que d'invoquer une nouvelle cuisse de Jupiter, puis une autre, et ainsi de suite, sans jamais mettre la main sur la cuisse originelle, la m&#232;re de toutes les cuisses.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi la science persiste &#224; buter sur la notion d'origine prise dans son sens absolu, c'est-&#224;-dire consid&#233;r&#233;e comme le passage du non-&#234;tre (rien, absolument rien n'existe) &#224; l'&#234;tre (quelque chose est). Cela vient de ce qu'elle a besoin, pour se construire, d'un &#034;d&#233;j&#224;-l&#224;&#034;, d'un point de d&#233;part explicite, constitu&#233; de principes, de lois ou d'objets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or l'origine absolue ne fait pas partie du d&#233;j&#224;-l&#224; puisqu'elle correspond &#224; l'&#233;mergence d'une chose en l'absence de toute autre chose : rien n'est encore, absolument rien, puis, soudain, quelque chose advient. Comment la science pourrait-elle se saisir d'une telle singularit&#233; ? Personne ne le sait, et c'est pourquoi la question de l'origine de l'Univers demeure une question impossible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m&#234;me si de futures th&#233;ories physiques nous permettaient un jour d'y r&#233;pondre, nous nous demanderions aussit&#244;t, puis ind&#233;finiment : qu'est-ce qui est &#224; l'origine des lois que contiennent ces th&#233;ories ? Et &#224; l'origine de l'origine de ces lois ? Ironique avec elle-m&#234;me, la question du d&#233;but est donc une question sans fin. Alors restons modestes, et admettons que l'origine de l'Univers - si origine il y a eu - demeure un myst&#232;re qu'aucune forme de discours ne peut pr&#233;tendre saisir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences, est directeur du Laboratoire de recherche sur les sciences de la mati&#232;re au Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
