<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://caute.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Caute@lautre.net</title>
	<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://caute.lautre.net/spip.php?id_rubrique=31&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Caute@lautre.net</title>
		<url>https://caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-61142.png?1778847483</url>
		<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Chers parents !</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Chers-parents</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/Chers-parents</guid>
		<dc:date>2003-08-10T12:16:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vall&#232;s, Jules</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ? &lt;br class='autobr' /&gt; C'est le moment o&#249; vous discutez dans les familles, autour de la table et sur l'oreiller, l'avenir de vos enfants ! &lt;br class='autobr' /&gt;
De tous ces moutards en tunique de coll&#232;ge et de ces gar&#231;ons, frais bacheliers qui r&#244;dent ces jours-ci &#224; travers les rues, qu'allez-vous faire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la rentr&#233;e demain dans les lyc&#233;es, bient&#244;t dans les &#233;coles ; l'heure est d&#233;cisive et le moment grave, plus grave qu'on ne pense ! J'en ai tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Valles-" rel="directory"&gt;Vall&#232;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://caute.lautre.net/Qu-on-n-ait-pas-choisi-de-naitre-peut-il-etre-considere-comme-une-excuse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu'on n'ait pas choisi de na&#238;tre peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une excuse ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le moment o&#249; vous discutez dans les familles, autour de la table et sur l'oreiller, l'avenir de vos enfants !&lt;br /&gt;
De tous ces moutards en tunique de coll&#232;ge et de ces gar&#231;ons, frais bacheliers qui r&#244;dent ces jours-ci &#224; travers les rues, qu'allez-vous faire ?&lt;br /&gt;
C'est la rentr&#233;e demain dans les lyc&#233;es, bient&#244;t dans les &#233;coles ; l'heure est d&#233;cisive et le moment grave, plus grave qu'on ne pense ! J'en ai tant connu de ces pauvres gar&#231;ons qui ont mal fini parce qu'on les fit mal commencer ! Ce n'&#233;tait point leur faute, mais celle des hommes qui, charg&#233;s de diriger leurs premiers pas, les jet&#232;rent tout petits dans le chemin qui conduit tout de suite &#224; la souffrance et plus tard quelquefois &#224; la honte.&lt;br /&gt;
Il y a des p&#232;res orgueilleux et dont l'orgueil p&#232;se sur la vie des fils. Ces p&#232;res-l&#224;, qui sont aubergistes ou drapiers, veulent voir leur rejeton m&#233;decin ou avocat. C'est bien ! mais encore faut-il que ces ambitieux, avant de lancer l'enfant dans cette voie, sachent &#224; quoi ils s'engagent et &#224; quels p&#233;rils ils l'exposent.&lt;br /&gt;
Vous aimez les chiffres, faisons-en.&lt;br /&gt;
C'est, - si votre moutard a aujourd'hui douze ans, - c'est 50,000 francs au moins qu'il faudra d&#233;penser pour lui, si vous voulez en faire un m&#233;decin ou un avocat. Le savez-vous ?&lt;br /&gt;
Votre fils ne pourra pas, avant l'&#226;ge de vingt-huit ans, gagner un sou. Il faudra, jusque-l&#224;, payer sa nourriture et son loyer, ses habits, ses bottes, ses examens, ses livres - sans qu'il y ait une minute d'h&#233;sitation, un instant d'arr&#234;t ! Trois mois sans argent le feraient reculer de trois ans ; six mois sans vivres le condamneraient, faute d'un miracle, &#224; la Boh&#232;me, pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;br /&gt;
Cinquante mille francs, entendez-vous ! Les avez-vous ? Les garderez-vous ? Les donnerez-vous ?&lt;br /&gt;
Vous ne les avez pas ? Vous pouvez ne plus les avoir ?... ou vous h&#233;sitez &#224; les donner ? - Ne r&#234;vez pas alors pour Ernest ni le bonnet de docteur, ni la toge de l'avocat, ni m&#234;me le dipl&#244;me de bachelier, et quand le proviseur vous priera de choisir demain, &#233;loignez-vous des classes de latin, &#233;loignez-vous !&lt;br /&gt;
Votre fils vous reviendrait des humanit&#233;s ignorant comme une carpe, - heureux encore, s'il sait qu'il ne sait rien !&lt;br /&gt;
Convaincu de son incapacit&#233; et se demandant pourquoi on a d&#233;pens&#233; tant d'argent pour qu'il s'ennuy&#226;t tant, il se mettra bravement &#224; apprendre un m&#233;tier, entrera dans un magasin ou un bureau, un atelier ou une boutique, &#224; la &lt;i&gt;caisse&lt;/i&gt; ou au &lt;i&gt;rayon&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Si, par hasard, il sort avec la foi classique, la t&#234;te bourr&#233;e de mots baroques, parlant grec, citant les latins ; jugeant la vie, ce fort en th&#234;me, &#224; travers ce qu'il sait de l'histoire des Eum&#233;nides ou des Samnites, il ira, votre fils, se cogner &#224; tous les angles durs et pointus de la r&#233;alit&#233;. Il &#233;prouvera tous les d&#233;sespoirs de l'impuissant, subira toutes les d&#233;convenues qui frappent les incapables. Peut-&#234;tre il gardera l'orgueil puant des cuistres ; il mourra, dans ce cas, r&#233;gent &#224; Pont-&#224;-Mousson ; - &#224; moins qu'il n'ait des protecteurs, des protectrices, ou encore du talent ! Mais de ce talent-l&#224; la graine pourrit et la fleur g&#232;le dans les serres universitaires. Il n'y a qu'About et Weiss qui y aient r&#233;sist&#233;. Ne comptez donc pas sur sa cuistrerie m&#234;me pour l'enrichir, et mettez-moi tout bonnement votre jeune homme aux classes de science ! Qu'il apprenne l'orthographe, le dessin, la m&#233;canique, la physique ou la chimie : en sortant il pourra trouver une place, continuer un commerce, prendre un fonds, et vivre la vie honn&#234;te et saine de la bourgeoisie !&lt;br /&gt;
Vous pr&#233;f&#233;rez courir les chances ? - Ernest remplacera Trousseau et Charles &lt;i&gt;a tout ce qu'il faut pour bien parler&lt;/i&gt;. Soit ; mais une fois la d&#233;cision prise, c'est un devoir pour vous de ne pas laisser en route celui que vous aurez vous-m&#234;me &#233;gar&#233;, et il ne faut pas non plus que votre prudence maladroite g&#234;ne sa marche et tourne au d&#233;triment m&#234;me de vos esp&#233;rances !&lt;br /&gt;
C'est, h&#233;las ! ce qui arrive bien souvent. Pour avoir g&#226;ch&#233; quelque argent dans les festins des premi&#232;res ann&#233;es, alors qu'ils chantaient : &#171; &lt;i&gt;Mon b&#233;ret rouge&lt;/i&gt; ! &#187; ou jouaient les Rollas dans les caboulots du quartier, ils se sont vus un jour abandonn&#233;s par leur famille. Il y a eu &#233;change de lettres aigres, puis violentes : - peu &#224; peu les c&#339;urs se s&#233;parent, et entre le p&#232;re et le fils un ab&#238;me se creuse ; les voisins le savent, la petit ville en jase. On offre &#224; l'enfant de revenir ; il n'ose pas, parce qu'il arriverait d&#233;guenill&#233; et que depuis longtemps on a dans le pays calomni&#233; sa mis&#232;re.&lt;br /&gt;
Il revient quelquefois - dix ans apr&#232;s, en sortant de Poissy, o&#249; il a fait trois ans sous un faux nom ; il arrive le soir comme un mendiant ou un assassin. - Il arrive aussi, pour mourir, les poumons br&#251;l&#233;s par l'absinthe ou d&#233;vor&#233;s par la phtisie : le p&#232;re, devant le lit d'agonie, maudit son orgueil et sa cruaut&#233;...&lt;br /&gt;
J'ai l'air de prendre la d&#233;fense des fils paresseux ou rebelles. Non, mais j'ai &#233;ternellement piti&#233; de ceux qui ont faim, surtout de ceux &#224; qui je sais qu'on pourrait, sans se ruiner, envoyer du pain.&lt;br /&gt;
J'ai peur que les parents ne croient pas qu'on je&#251;ne et qu'on a froid ! Je me figure que s'ils y croyaient, ils feraient au moins, comme &#224; des &#233;trangers, la charit&#233; &#224; leurs enfants !&lt;br /&gt;
J'ai connu un pauvre et honn&#234;te gar&#231;on qui, ayant demand&#233; &#224; sa famille - riches gens de province - qu'elle lui ouvrit seulement un cr&#233;dit chez le boulanger et lui assur&#226;t un grabat dans un grenier d'h&#244;tel, re&#231;ut cette r&#233;ponse. &lt;i&gt;Non&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Le fils les hait : &#171; Je ne vous avais pas demand&#233; &#224; na&#238;tre, dit-il, je vous demande de ne pas me laisser mourir ! &#187;&lt;br /&gt;
Aussi, chers parents, regardez-y &#224; quatre fois ! et si vous n'&#234;tes point assez riches pour payer m&#234;me les folies de vos fils, laissez vos fils &#224; Carpentras ! S'ils ont du c&#339;ur au ventre, &lt;i&gt;quelque chose l&#224;&lt;/i&gt;, ils viendront malgr&#233; vous, et nous saluerons leur courage, &#224; moins que nous n'ayons &#224; suivre leur enterrement. Paris d&#233;vore ! la fatalit&#233; les tuera, mais vous ne serez pas, au moins, complices du crime ! - Sur dix hommes de trente ans qui meurent, cinq ont &#233;t&#233; pouss&#233;s au cimeti&#232;re par la ladrerie ou l'orgueil des p&#232;res ! N'insultons pas toujours le cadavre des fils !.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Rue&lt;/strong&gt;, 6 octobre 1867&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;in&lt;/strong&gt; Jules Vall&#232;s, &lt;strong&gt;Les Enfants du Peuple&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
pr&#233;f. par Julien Lemer.-Paris : La Lanterne, 1879&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
