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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Ce n'est pas la r&#233;futation exp&#233;rimentale qui produit un changement de paradigme</title>
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		<dc:date>2021-04-03T13:53:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Kuhn, Thomas S.</dc:creator>



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&lt;p&gt;Consid&#233;rons d'abord un changement de paradigme particuli&#232;rement c&#233;l&#232;bre, la naissance de l'astronomie copernicienne. Quand la th&#233;orie pr&#233;c&#233;dente, le syst&#232;me de Ptol&#233;m&#233;e, avait &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois mise au point durant les deux derniers si&#232;cles avant J .-C. et les deux si&#232;cles suivants, elle r&#233;ussissait admirablement &#224; pr&#233;dire les changements de position des &#233;toiles aussi bien que des plan&#232;tes. Aucun autre syst&#232;me ancien n'avait aussi bien fonctionn&#233; ; pour les &#233;toiles, l'astronomie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Consid&#233;rons d'abord un changement de paradigme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kuhn soutient la th&#232;se selon laquelle la science progresse de mani&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; particuli&#232;rement c&#233;l&#232;bre, la naissance de l'astronomie copernicienne. Quand la th&#233;orie pr&#233;c&#233;dente, le syst&#232;me de Ptol&#233;m&#233;e, avait &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois mise au point durant les deux derniers si&#232;cles avant J .-C. et les deux si&#232;cles suivants, elle r&#233;ussissait admirablement &#224; pr&#233;dire les changements de position des &#233;toiles aussi bien que des plan&#232;tes. Aucun autre syst&#232;me ancien n'avait aussi bien fonctionn&#233; ; pour les &#233;toiles, l'astronomie de Ptol&#233;m&#233;e est encore largement utilis&#233;e aujourd'hui pour des approximations pratiques ; pour les plan&#232;tes, les pr&#233;dictions de Ptol&#233;m&#233;e valaient celles de Copernic. Mais, en mati&#232;re de th&#233;orie scientifique, un succ&#232;s remarquable n'est pas un succ&#232;s complet. Pour la position des plan&#232;tes d'une part, et la pr&#233;cession des &#233;quinoxes d'autre part, les pr&#233;dictions faites d'apr&#232;s le syst&#232;me de Ptol&#233;m&#233;e n'&#233;taient jamais tout &#224; fait conformes aux meilleures observations. La r&#233;duction de ces divergences mineures a &#233;t&#233; le but des principaux probl&#232;mes de recherche astronomique normale, pour plusieurs des successeurs de Ptol&#233;m&#233;e, tout comme le d&#233;sir de faire concorder les observations c&#233;lestes et la th&#233;orie de Newton a fourni des probl&#232;mes de recherche normale aux successeurs de Newton, au XVIIIe si&#232;cle. Pendant un certain temps, les astronomes eurent tout lieu de supposer que ces tentatives auraient le m&#234;me succ&#232;s que celles qui avaient abouti au syst&#232;me de Ptol&#233;m&#233;e. Confront&#233;s &#224; une certaine divergence, les astronomes &#233;taient invariablement capables de l'&#233;liminer gr&#226;ce &#224; tel ou tel ajustement du syst&#232;me des cercles compos&#233;s de Ptol&#233;m&#233;e. Mais &#224; mesure que le temps passait, un spectateur consid&#233;rant le r&#233;sultat net des efforts de nombreux astronomes pouvait remarquer que la complexit&#233; de l'astronomie augmentait beaucoup plus vite que son exactitude et qu'une divergence corrig&#233;e &#224; tel endroit se r&#233;v&#233;lerait probablement &#224; un autre .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la tradition astronomique fut &#224; plusieurs reprises interrompue par des interventions ext&#233;rieures et que, en l'absence d'imprimerie, les communications entre astronomes &#233;taient restreintes, ces difficult&#233;s ne furent reconnues que lentement. Mais on finit par en prendre conscience. Au XIIIe si&#232;cle, Alphonse X pouvait proclamer que si Dieu l'avait consult&#233; pour cr&#233;er l'univers il aurait &#233;t&#233; bien conseill&#233;. Au XVIe, le collaborateur de Copernic, Domenico da Novara, soutenait qu'aucun syst&#232;me aussi compliqu&#233; et inexact que l'&#233;tait devenu le syst&#232;me de Ptol&#233;m&#233;e ne pouvait &#234;tre fid&#232;le &#224; la nature. Et Copernic lui-m&#234;me &#233;crivait dans la pr&#233;face du &lt;i&gt;De Revolutionibus&lt;/i&gt; que la tradition astronomique dont il avait h&#233;rit&#233; avait fini par cr&#233;er un monstre. D&#232;s le d&#233;but du XVIe si&#232;cle, un nombre croissant des meilleurs astronomes d'Europe reconnaissaient que le paradigme astronomique ne pouvait &#234;tre appliqu&#233; avec succ&#232;s &#224; ses propres probl&#232;mes traditionnels. Ce fut l&#224; la condition indispensable du rejet du paradigme de Ptol&#233;m&#233;e par Copernic et de sa recherche d'un nouveau paradigme [...].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons donc que les crises sont une condition pr&#233;alable et n&#233;cessaire de l'apparition de nouvelles th&#233;ories et demandons-nous maintenant comment les scientifiques r&#233;agissent en leur pr&#233;sence. Une partie, aussi &#233;vidente qu'importante, de la r&#233;ponse, est de remarquer d'abord ce que les scientifiques ne font pas, m&#234;me en face d'anomalies graves et durables. Bien qu'ils commencent peut-&#234;tre &#224; perdre leurs convictions et &#224; envisager d'autres th&#233;ories, ils ne renoncent pas au paradigme qui les a men&#233;s &#224; la crise. J'entends par l&#224; qu'ils ne consid&#232;rent pas ces anomalies comme des preuves contraires, bien que ce soit l&#224; leur v&#233;ritable nature en termes de philosophie des sciences. Cette g&#233;n&#233;ralisation - qui s'appuie sur l'histoire, sur les exemples que nous avons donn&#233;s plus haut ou que nous donnerons ci-dessous - laisse d&#233;j&#224; entrevoir ce que nous constaterons avec plus de pr&#233;cision en &#233;tudiant le rejet du paradigme : une fois qu'elle a rang de paradigme, une th&#233;orie scientifique ne sera d&#233;clar&#233;e sans valeur que si une th&#233;orie concurrente est pr&#234;te &#224; prendre sa place. L'&#233;tude historique du d&#233;veloppement scientifique ne r&#233;v&#232;le aucun processus ressemblant &#224; la d&#233;marche m&#233;thodologique qui consiste &#224; &#171; falsifier &#187; une th&#233;orie au moyen d'une comparaison directe avec la nature. Ce qui ne veut pas dire que les scientifiques ne rejettent pas les th&#233;ories scientifiques, ou que l'exp&#233;rience et l'exp&#233;rimentation ne soient pas essentielles dans le processus qui les y invite. Mais ce point est capital : l'acte de jugement qui conduit les savants &#224; rejeter une th&#233;orie ant&#233;rieurement accept&#233;e est toujours fond&#233; sur quelque chose de plus qu'une comparaison de cette th&#233;orie avec l'univers ambiant. D&#233;cider de rejeter un paradigme est toujours simultan&#233;ment d&#233;cider d'en accepter un autre, et le jugement qui aboutit &#224; cette d&#233;cision implique une comparaison des deux paradigmes par rapport &#224; la nature et aussi de l'un par rapport &#224; l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kuhn soutient la th&#232;se selon laquelle la science progresse de mani&#232;re discontinue, c'est-&#224;-dire non par accumulation mais par rupture. Un &lt;i&gt;paradigme&lt;/i&gt;, c'est l'ensemble des croyances, valeurs et techniques qui sont partag&#233;es par les membres d'une communaut&#233; scientifique, au cours d'une p&#233;riode de consensus th&#233;orique. Une r&#233;volution scientifique est la passage d'un paradigme &#224; un autre. Kuhn distingue ainsi la &#171; science normale &#187; qui d&#233;veloppe un paradigme, et la &#171; science r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Thomas S. Kuhn, &lt;i&gt;La structure des r&#233;volutions scientifiques&lt;/i&gt;, pp. 102-103 et 114-115&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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