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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Les effets de la m&#233;canisation du travail</title>
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		<dc:date>2011-09-20T18:03:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de la grande industrie est le moyen de travail qui une fois r&#233;volutionn&#233; rev&#234;t sa forme la plus d&#233;velopp&#233;e dans le syst&#232;me m&#233;canique de la fabrique. Avant d'examiner de quelle fa&#231;on le mat&#233;riel humain y est incorpor&#233;, il convient d'&#233;tudier les effets r&#233;troactifs les plus imm&#233;diats de cette r&#233;volution sur l'ouvrier. &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Appropriation des forces de travail suppl&#233;mentaires. Travail des femmes et des enfants. &lt;br class='autobr' /&gt;
En rendant superflue la force musculaire, la machine permet (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de la grande industrie est le moyen de travail qui une fois r&#233;volutionn&#233; rev&#234;t sa forme la plus d&#233;velopp&#233;e dans le syst&#232;me m&#233;canique de la fabrique. Avant d'examiner de quelle fa&#231;on le mat&#233;riel humain y est incorpor&#233;, il convient d'&#233;tudier les effets r&#233;troactifs les plus imm&#233;diats de cette r&#233;volution sur l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. &lt;a id=&#034;_Toc3873091&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Appropriation des forces de travail suppl&#233;mentaires. Travail des femmes et des enfants.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En rendant superflue la force musculaire, la machine permet d'employer des ouvriers sans grande force musculaire, mais dont les membres sont d'autant plus souples qu'ils sont moins d&#233;velopp&#233;s. Quand le capital s'empara de la machine, son cri fut : du travail de femmes, du travail d'enfants ! Ce moyen puissant de diminuer les labeurs de l'homme, se changea aussit&#244;t en moyen d'augmenter le nombre des salari&#233;s ; il courba tous les membres de la famille, sans distinction d'&#226;ge et de sexe, sous le b&#226;ton du capital. Le travail forc&#233; pour le capital usurpa la place des jeux de l'enfance et du travail libre pour l'entretien de la famille ; et le support &#233;conomique des m&#339;urs de famille &#233;tait ce travail domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur de la force de travail &#233;tait d&#233;termin&#233;e par les frais d'entretien de l'ouvrier et de sa famille. En jetant la famille sur le march&#233;, en distribuant ainsi sur plusieurs forces la valeur d'une seule, la machine la d&#233;pr&#233;cie. Il se peut que les quatre forces, par exemple, qu'une famille ouvri&#232;re vend maintenant, lui rapportent plus que jadis la seule force de son chef ; mais aussi quatre journ&#233;es de travail en ont remplac&#233; une seule, et leur prix a baiss&#233; en proportion de l'exc&#232;s du surtravail de quatre sur le surtravail d'un seul. Il faut maintenant que quatre personnes fournissent non seulement du travail, mais encore du travail extra au capital, afin qu'une seule famille vive. C'est ainsi que la machine, en augmentant la mati&#232;re humaine exploitable, &#233;l&#232;ve en m&#234;me temps le degr&#233; d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emploi capitaliste du machinisme alt&#232;re fonci&#232;rement le contrat, dont la premi&#232;re condition &#233;tait que capitaliste et ouvrier devaient se pr&#233;senter en face l'un de l'autre comme personnes libres, marchands tous deux, l'un possesseur d'argent ou de moyens de production, l'autre possesseur de force de travail. Tout cela est renvers&#233; d&#232;s que le capital ach&#232;te des mineurs. Jadis, l'ouvrier vendait sa propre force de travail dont il pouvait librement disposer, maintenant il vend femme et enfants ; il devient marchand d'esclaves. Et en fait, la demande du travail des enfants ressemble souvent, m&#234;me pour la forme, &#224; la demande d'esclaves n&#232;gres telle qu'on la rencontra dans les journaux am&#233;ricains (...).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. &lt;a id=&#034;_Toc3873092&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Prolongation de la journ&#233;e de travail.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la machine est le moyen le plus puissant d'accro&#238;tre la productivit&#233; du travail, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire de raccourcir le temps n&#233;cessaire &#224; la production des marchandises, elle devient comme support du capital, dans les branches d'industrie dont elle s'empare d'abord, le moyen le plus puissant de prolonger la journ&#233;e de travail au&#8209;del&#224; de toute limite naturelle. Elle cr&#233;e et des conditions nouvelles qui permettent au capital de l&#226;cher bride &#224; cette tendance constante qui le caract&#233;rise, et des motifs nouveaux qui intensifient sa soif du travail d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout d'abord le mouvement et l'activit&#233; du moyen de travail devenu machine se dressent ind&#233;pendants devant le travailleur. Le moyen de travail est d&#232;s lors un &lt;i&gt;perpetuum mobile &lt;/i&gt;industriel qui produirait ind&#233;finiment, s'il ne rencontrait une barri&#232;re naturelle dans ses auxiliaires humains, dans la faiblesse de leur corps et la force de leur volont&#233;. L'automate, en sa qualit&#233; de capital, est fait homme dans la personne du capitaliste. Une passion l'anime : il veut tendre l'&#233;lasticit&#233; humaine et broyer toutes ses r&#233;sistances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La facilit&#233; apparente du travail &#224; la machine et l'&#233;l&#233;ment plus maniable et plus docile des femmes et des enfants l'aident dans cette &#339;uvre d'asservissement (&#8230;).La machine entre les mains du capital cr&#233;e donc des motifs nouveaux et puissants pour prolonger sans mesure la journ&#233;e de travail ; elle transforme le mode de travail et le caract&#232;re social du travailleur collectif, de mani&#232;re &#224; briser tout obstacle qui s'oppose &#224; cette tendance ; enfin, en enr&#244;lant sous le capital des couches de la classe ouvri&#232;re jusqu'alors inaccessibles, et en mettant en disponibilit&#233; les ouvriers d&#233;plac&#233;s par la machine, elle produit une population ouvri&#232;re surabondante qui est forc&#233;e de se laisser dicter la loi. De l&#224; ce ph&#233;nom&#232;ne merveilleux dans l'histoire de l'industrie moderne, que la machine renverse toutes les limites morales et naturelles de la journ&#233;e de travail. De l&#224; ce paradoxe &#233;conomique, que le moyen le plus puissant de raccourcir le temps de travail devient par un revirement &#233;trange le moyen le plus infaillible de transformer la vie enti&#232;re du travailleur et de sa famille en temps disponible pour la mise en valeur du capital.&#171; Si chaque outil &#187;, tel &#233;tait le r&#234;ve d'Aristote, le plus grand penseur de l'antiquit&#233;, &#171; si chaque outil pouvait ex&#233;cuter sur sommation, ou bien de lui-m&#234;me, sa fonction propre, comme les chefs-d'&#339;uvre de D&#233;dale se mouvaient d'eux-m&#234;mes, ou comme les tr&#233;pieds de Vulcain se mettaient spontan&#233;ment &#224; leur travail sacr&#233; ; si, par exemple, les navettes des tisserands tissaient d'elles-m&#234;mes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ni le ma&#238;tre d'esclaves. &#187;Et Antiparos, un po&#232;te grec du temps de Cic&#233;ron, saluait l'invention du moulin &#224; eau pour la mouture des grains, cette forme &#233;l&#233;mentaire de tout machinisme productif, comme l'aurore de l'&#233;mancipation des&lt;i&gt; &lt;/i&gt;femmes esclaves et le retour de l'&#226;ge d'or ! Ah ces pa&#239;ens ! Ma&#238;tre Bastiat, apr&#232;s son ma&#238;tre Mac Culloch, a d&#233;couvert qu'ils n'avaient aucune id&#233;e de l'&#233;conomie politique ni du christianisme. Ils ne comprenaient point, par exemple, qu'il n'y a rien comme la machine pour faire prolonger la journ&#233;e de travail. Ils excusaient l'esclavage des uns parce qu'elle &#233;tait la condition du d&#233;veloppement int&#233;gral des autres ; mais pour pr&#234;cher l'esclavage des 'masses afin d'&#233;lever au rang d' &#171; &#233;minents filateurs &#187;, de &#171; grands banquiers &#187; et d' &#171; influents marchands de cirage perfectionn&#233; &#187;, quelques parvenus grossiers ou &#224; demi d&#233;crott&#233;s, la bosse de la charit&#233; chr&#233;tienne leur manquait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. &lt;a id=&#034;_Toc3873093&#034;&gt;&lt;/a&gt;
Intensification du travail.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La prolongation d&#233;mesur&#233;e du travail quotidien produite par la machine entre des mains capitalistes finit par amener une r&#233;action de la soci&#233;t&#233; qui, se sentant menac&#233;e jusque dans la racine de sa vie, d&#233;cr&#232;te des limites l&#233;gales &#224; la journ&#233;e : d&#232;s lors &lt;i&gt;l'intensification &lt;/i&gt;du travail, (...) devient pr&#233;pond&#233;rante (...).Il est &#233;vident qu'avec le progr&#232;s m&#233;canique et l'exp&#233;rience accumul&#233;e d'une classe sp&#233;ciale d'ouvriers consacr&#233;e &#224; la machine, la rapidit&#233; et par cela m&#234;me l'intensit&#233; du travail s'augmentent naturellement. C'est ainsi que dans les fabriques anglaises la prolongation de la journ&#233;e et l'accroissement dans l'intensit&#233; du travail marchent de front pendant un demi&#8209;si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend cependant que l&#224; o&#249; il ne s'agit pas d'une activit&#233; spasmodique, mais uniforme, r&#233;guli&#232;re et quotidienne, on arrive fatalement &#224; un point o&#249; l'extension et l'intensit&#233; du travail s'excluent l'une l'autre, si bien qu'une prolongation de la journ&#233;e n'est plus compatible qu'avec un degr&#233; d'intensit&#233; moindre, et inversement un degr&#233; d'intensit&#233; sup&#233;rieure qu'avec une journ&#233;e raccourcie.D&#232;s que la r&#233;volte grandissante de la classe ouvri&#232;re for&#231;a l'&#201;tat &#224; imposer une journ&#233;e normale, en premier lieu &#224; la fabrique proprement dite, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire &#224; partir du moment o&#249; il interdit la m&#233;thode d'accro&#238;tre la production de plus-value par la multiplication progressive des heures de travail, le capital se jeta avec toute son &#233;nergie et en pleine conscience sur la &lt;i&gt;production de la plus-value relative &lt;/i&gt;au moyen du d&#233;veloppement acc&#233;l&#233;r&#233; du syst&#232;me m&#233;canique (...) Comment le travail est&#8209;il rendu plus intense ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier effet du raccourcissement de la journ&#233;e proc&#232;de de cette loi &#233;vidente que la capacit&#233; d'action de toute force animale est en raison inverse du temps pendant lequel elle agit. Dans certaines limites, on gagne en efficacit&#233; ce qu'on perd en dur&#233;e.Dans les manufactures, telles que la poterie par exemple, o&#249; le machinisme ne joue aucun r&#244;le ou un r&#244;le insignifiant, l'introduction des lois de fabrique a d&#233;montr&#233; d'une mani&#232;re frappante qu'il suffit de raccourcir la journ&#233;e pour augmenter merveilleusement la r&#233;gularit&#233;, l'uniformit&#233;, l'ordre, la continuit&#233; et l'&#233;nergie du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, Livre I, chap. XV, III&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de lib&#233;ration r&#233;elle ailleurs que dans le monde r&#233;el ni autrement que par des moyens r&#233;els</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Pas-de-liberation-reelle-ailleurs-que-dans-le-monde-reel-ni-autrement-que-par</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/Pas-de-liberation-reelle-ailleurs-que-dans-le-monde-reel-ni-autrement-que-par</guid>
		<dc:date>2009-05-30T18:14:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Engels, Friedrich, Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;I. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question de l'attribution &#224; la pense humaine d'une v&#233;rit&#233; objective n'est pas une question de th&#233;orie, mais une question pratique. C'est dans la pratique que l'homme a &#224; faire la preuve de la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire de la r&#233;alit&#233; et de la puissance de sa pens&#233;e, la preuve qu'elle est de ce monde. Marx, A Feuerbach, II &lt;br class='autobr' /&gt;
Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter diversement le monde, ce qui importe, c'est de le transformer. Marx, A Feuerbach, XI &lt;br class='autobr' /&gt;
II. &lt;br class='autobr' /&gt;
La production des id&#233;es, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question de l'attribution &#224; la pense humaine d'une v&#233;rit&#233; objective n'est pas une question de th&#233;orie, mais une question &lt;i&gt;pratique&lt;/i&gt;. C'est dans la pratique que l'homme a &#224; faire la preuve de la v&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire de la r&#233;alit&#233; et de la puissance de sa pens&#233;e, la preuve qu'elle est de ce monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx, &lt;i&gt;A Feuerbach&lt;/i&gt;, II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes n'ont fait qu'&lt;i&gt;interpr&#233;ter&lt;/i&gt; diversement le monde, ce qui importe, c'est de le transformer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx, &lt;i&gt;A Feuerbach&lt;/i&gt;, XI&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La production des id&#233;es, des repr&#233;sentations et de la conscience est d'abord directement et intimement m&#234;l&#233;e &#224; l'activit&#233; mat&#233;rielle et au commerce mat&#233;riel des hommes, elle est le langage de la vie r&#233;elle. Les repr&#233;sentations, la pens&#233;e, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l'&#233;manation directe de leur comportement mat&#233;riel. Il en va de m&#234;me de la production intellectuelle telle qu'elle se pr&#233;sente dans la langue de la politique, celle des lois, de la morale, de la religion, de la m&#233;taphysique, etc. de tout un peuple. Ce sont les hommes qui sont les producteurs de leur repr&#233;sentations, de leurs id&#233;es, etc., mais les hommes r&#233;els, agissants, tels qu'ils sont conditionn&#233;s par un d&#233;veloppement d&#233;termin&#233; de leurs forces productives et des rapports qui y correspondent, y compris les formes les plus larges que ceux-ci peuvent prendre. La conscience ne peut jamais &#234;tre autre chose que l'&#234;tre conscient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx d&#233;compose le mot Bewusstsein (conscience) en ses deux &#233;l&#233;ments : Das (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et l'&#234;tre des hommes est leur processus de vie r&#233;el. Et si, dans toute l'id&#233;ologie, les hommes et leurs rapports nous apparaissent plac&#233;s la t&#234;te en bas comme dans une &lt;i&gt;camera obscura&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;chambre noire&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce ph&#233;nom&#232;ne d&#233;coule de leur processus de vie historique, absolument comme le renversement des objets sur la r&#233;tine d&#233;coule de son processus de vie directement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c'est de la terre au ciel que l'on monte ici. Autrement dit, on ne part pas de ce que les hommes disent, s'imaginent, se repr&#233;sentent, ni non plus de ce qu'ils sont dans les paroles, la pens&#233;e, l'imagination et la repr&#233;sentation d'autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os ; non, on part des hommes dans leur activit&#233; r&#233;elle, c'est &#224; partir de leur processus de vie r&#233;el que l'on repr&#233;sente aussi le d&#233;veloppement des reflets et des &#233;chos id&#233;ologiques de ce processus vital. Et m&#234;me les fantasmagories dans le cerveau humain sont des sublimations r&#233;sultant n&#233;cessairement du processus de leur vie mat&#233;rielle que l'on peut constater empiriquement et qui repose sur des bases mat&#233;rielles. De ce fait, la morale, la religion, la m&#233;taphysique et tout le reste de l'id&#233;ologie, ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent, perdent aussit&#244;t toute apparence d'autonomie. Elles n'ont pas d'histoire, elles n'ont pas de d&#233;veloppement ; ce sont au contraire les hommes qui, en d&#233;veloppant leur production mat&#233;rielle et leurs rapports mat&#233;riels, transforment, avec cette r&#233;alit&#233; qui leur est propre, et leur pens&#233;e et les produits de leur pens&#233;e. Ce n'est pas la conscience qui d&#233;termine la vie, mais la vie qui d&#233;termine la conscience. Dans la premi&#232;re fa&#231;on de consid&#233;rer les choses, on part de la conscience comme &#233;tant l'individu vivant, dans la seconde fa&#231;on, qui correspond &#224; la vie r&#233;elle, on part des individus r&#233;els et vivants eux-m&#234;mes et l'on consid&#232;re la conscience uniquement comme &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de consid&#233;rer les choses n'est pas d&#233;pourvue de pr&#233;suppositions. Elle part des pr&#233;misses r&#233;elles et ne les abandonne pas un seul instant. Ces pr&#233;misses, ce sont les hommes, non pas isol&#233;s et fig&#233;s, de quelque mani&#232;re imaginaire, mais saisis dans leur processus de d&#233;veloppement r&#233;el dans des conditions d&#233;termin&#233;es, d&#233;veloppement visible empiriquement. D&#232;s que l'on repr&#233;sente ce processus d'activit&#233; vitale, l'histoire cesse d'&#234;tre une collection de faits sans vie, comme chez les empiristes, qui sont eux-m&#234;mes encore abstraits, ou l'action imaginaire de sujets imaginaires, comme chez les id&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; o&#249; cesse la sp&#233;culation, c'est dans la vie r&#233;elle que commence donc la science r&#233;elle, positive, l'analyse de l'activit&#233; pratique, du processus, de d&#233;veloppement pratique des hommes. Les phrases creuses sur la conscience cessent, un savoir r&#233;el doit les remplacer. Avec l'&#233;tude de la r&#233;alit&#233; la philosophie cesse d'avoir un milieu o&#249; elle existe de fa&#231;on autonome. &#192; sa place, on pourra tout au plus mettre une synth&#232;se des r&#233;sultats les plus g&#233;n&#233;raux qu'il est possible d'abstraire de l'&#233;tude du d&#233;veloppement historique des hommes. Ces abstractions, prises en soi, d&#233;tach&#233;es de l'histoire r&#233;elle, n'ont absolument aucune valeur. Elles peuvent tout au plus servir &#224; classer plus ais&#233;ment la mati&#232;re historique, &#224; indiquer la succession de ses stratifications particuli&#232;res. Mais elles ne donnent en aucune fa&#231;on, comme la philosophie, une recette, un sch&#233;ma selon lequel on peut accommoder les &#233;poques historiques. La difficult&#233; commence seulement, au contraire, lorsqu'on se met &#224; &#233;tudier et &#224; classer cette mati&#232;re, qu'il s'agisse d'une &#233;poque r&#233;volue ou du temps pr&#233;sent, et &#224; l'analyser r&#233;ellement. L'&#233;limination de ces difficult&#233;s d&#233;pend de pr&#233;misses qu'il nous est impossible de d&#233;velopper ici, car elles r&#233;sultent de l'&#233;tude du processus de vie r&#233;el et de l'action des individus de chaque &#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, I. Feurbach&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous ne nous donnerons pas la peine d'expliquer &#224; nos savants philosophes qu'en dissolvant dans la &#171; Conscience de soi &#187; philosophie, th&#233;ologie, substance et tout le saint frusquin, en lib&#233;rant &#171; l'Homme &#187; de la dictature qui n'a jamais pes&#233; sur lui, il n'ont pas fait avancer d'un pas la &#171; lib&#233;ration &#187; de &#171; l'homme &#187; ; qu'il n'est pas possible de r&#233;aliser une lib&#233;ration r&#233;elle ailleurs que dans le monde r&#233;el et autrement que par des moyens r&#233;els ; que l'on ne peut abolir l'esclavage sans la machine &#224; vapeur et la mule-jenny&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premi&#232;re machine &#224; filer automatique.Premi&#232;re machine &#224; filer automatique.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ni abolir le servage sans am&#233;liorer l'agriculture ; que, plus g&#233;n&#233;ralement, on ne peut lib&#233;rer les hommes tant qu'ils ne sont pas en &#233;tat de se procurer compl&#232;tement nourriture et boisson, logement et v&#234;tements en qualit&#233; et en quantit&#233; parfaites. La &#171; lib&#233;ration &#187; est un fait historique et non un fait intellectuel, et elle est provoqu&#233;e par des conditions historiques, par l'&#233;tat de l'industrie, du commerce, de l'agriculture (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels, Fragment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fin du fragment, reconstitu&#233;e d'apr&#232;s un manuscrit corrompu, est incertaine.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;tait initialement destin&#233; &#224; &lt;i&gt;L'id&#233;ologie allemande&lt;/i&gt;, II. Saint Bruno.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx d&#233;compose le mot &lt;i&gt;Bewusstsein&lt;/i&gt; (conscience) en ses deux &#233;l&#233;ments : &lt;i&gt;Das bewusste Sein&lt;/i&gt; (l'&#234;tre conscient).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;chambre noire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Premi&#232;re machine &#224; filer automatique.Premi&#232;re machine &#224; filer automatique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fin du fragment, reconstitu&#233;e d'apr&#232;s un manuscrit corrompu, est incertaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Liens sur Marx</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Liens-sur-Marx</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/Liens-sur-Marx</guid>
		<dc:date>2009-01-01T21:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Derrien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;ACTUEL MARX &lt;br class='autobr' /&gt;
Les liens de Facphilo &lt;br class='autobr' /&gt;
Marxistes&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://netx.u-paris10.fr/actuelmarx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ACTUEL MARX&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.univ-lyon3.fr/philo/marx.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les liens de Facphilo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marxistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'homme est rendu &#233;tranger &#224; l'homme</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-homme-est-rendu-etranger-a-l-homme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/L-homme-est-rendu-etranger-a-l-homme</guid>
		<dc:date>2006-08-30T20:01:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'homme est un &#234;tre g&#233;n&#233;rique . Non seulement parce que, sur le plan pratique et th&#233;orique, il fait du genre, tant du sien propre que de celui des autres choses, son objet, mais encore - et ceci n'est qu'une autre fa&#231;on d'exprimer la m&#234;me chose - parce qu'il se comporte vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me comme vis-&#224;-vis du genre actuel vivant, parce qu'il se comporte vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me comme vis-&#224;-vis d'un &#234;tre universel, donc libre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La vie g&#233;n&#233;rique tant chez l'homme que chez l'animal consiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'homme est un &#234;tre g&#233;n&#233;rique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette expression, courante dans la philosophie de l'&#233;poque, ne nous est plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non seulement parce que, sur le plan pratique et th&#233;orique, il fait du genre, tant du sien propre que de celui des autres choses, son objet, mais encore - et ceci n'est qu'une autre fa&#231;on d'exprimer la m&#234;me chose - parce qu'il se comporte vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me comme vis-&#224;-vis du genre actuel vivant, parce qu'il se comporte vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me comme vis-&#224;-vis d'un &#234;tre universel, donc libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie g&#233;n&#233;rique tant chez l'homme que chez l'animal consiste d'abord, au point de vue physique, dans le fait -que l'homme (comme l'animal) vit de la nature non-organique, et plus l'homme est universel par rapport &#224; l'animal, plus est universel le champ de la nature non-organique dont il vit. De m&#234;me que les plantes, les animaux, les pierres, l'air, la lumi&#232;re, etc., constituent du point de vue th&#233;orique une partie de la conscience humaine, soit en tant qu'objets des sciences de la nature, soit en tant qu'objets de l'art - qu'ils constituent sa nature intellectuelle non-organique, qu'ils sont des moyens de subsistance intellectuelle que l'homme doit d'abord appr&#234;ter pour en jouir et les dig&#233;rer - de m&#234;me ils constituent aussi au point de vue pratique une partie de la vie humaine et de l'activit&#233; humaine. Physiquement, l'homme ne vit que de ces produits naturels, qu'ils apparaissent sous forme de nourriture, de chauffage, de v&#234;tements, d'habitation, etc. L'universalit&#233; de l'homme appara&#238;t en pratique pr&#233;cis&#233;ment dans l'universalit&#233; qui fait de la nature enti&#232;re son corps non-organique, aussi bien dans la mesure o&#249;, premi&#232;rement, elle est un moyen de subsistance imm&#233;diat que dans celle o&#249;, [deuxi&#232;mement], elle est la mati&#232;re, l'objet et l'outil de son activit&#233; vitale. La nature, c'est-&#224;-dire la nature qui n'est pas elle-m&#234;me le corps humain, est le corps non-organique de l'homme. L'homme vit de la nature signifie : la nature est son corps avec lequel il doit maintenir un processus constant pour ne pas mourir. Dire que la vie physique et intellectuelle de l'homme est indissolublement li&#233;e &#224; la nature ne signifie pas autre chose sinon que la nature est indissolublement li&#233;e avec elle-m&#234;me, car l'homme est une partie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le travail ali&#233;n&#233; rend &#233;trangers &#224; l'homme 1&#186; la nature, 2&#186; lui-m&#234;me, sa propre fonction active, son activit&#233; vitale, il rend &#233;tranger &#224; l'homme le genre : il fait pour lui de la vie g&#233;n&#233;rique le moyen de la vie individuelle. Premi&#232;rement, il rend &#233;trang&#232;res la vie g&#233;n&#233;rique et la vie individuelle, et deuxi&#232;mement il fait de cette derni&#232;re, r&#233;duite &#224; l'abstraction, le but de la premi&#232;re, qui est &#233;galement prise sous sa forme abstraite et ali&#233;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, premi&#232;rement, le travail, l'activit&#233; vitale, la vie productive n'apparaissent eux-m&#234;mes &#224; l'homme que comme un moyen de satisfaire un besoin, le besoin de conservation de l'existence physique. Mais la vie productive est la vie g&#233;n&#233;rique. C'est la vie engendrant la vie. Le mode d'activit&#233; vitale renferme tout le caract&#232;re d'une esp&#232;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Species&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, son caract&#232;re g&#233;n&#233;rique, et l'activit&#233; libre, consciente, est le caract&#232;re g&#233;n&#233;rique de l'homme. La vie elle-m&#234;me n'appara&#238;t que comme moyen de subsistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'animal s'identifie directement avec son activit&#233; vitale. Il ne se distingue pas d'elle. Il est cette activit&#233;. L'homme fait de son activit&#233; vitale elle-m&#234;me l'objet de sa volont&#233; et de sa conscience. Il a une activit&#233; vitale consciente. Ce n'est pas une d&#233;termination avec laquelle il se confond directement. L'activit&#233; vitale consciente distingue directement l'homme de l'activit&#233; vitale de l'animal. C'est pr&#233;cis&#233;ment par l&#224;, et par l&#224; seulement, qu'il est un &#234;tre g&#233;n&#233;rique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La citation suivante de Feuerbach (L'Essence du christianisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ou bien il est seulement un &#234;tre conscient, autrement dit sa vie propre est pour lui un objet, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il est un &#234;tre g&#233;n&#233;rique. C'est pour cela seulement que son activit&#233; est activit&#233; libre. Le travail ali&#233;n&#233; renverse le rapport de telle fa&#231;on que l'homme, du fait qu'il est un &#234;tre conscient, ne fait pr&#233;cis&#233;ment de son activit&#233; vitale, de son essence qu'un moyen de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la production pratique d'un monde objectif, l'&#233;laboration de la nature non-organique, l'homme fait ses preuves en tant qu'&#234;tre g&#233;n&#233;rique conscient, c'est-&#224;-dire en tant qu'&#234;tre qui se comporte &#224; l'&#233;gard du genre comme &#224; l'&#233;gard de sa propre essence, ou &#224; l'&#233;gard de soi, comme &#234;tre g&#233;n&#233;rique. Certes, l'animal aussi produit. Il se construit un nid, des habitations, comme l'abeille, le castor, la fourmi, etc. Mais il produit seulement ce dont il a imm&#233;diatement besoin pour lui ou pour son petit ; il produit d'une fa&#231;on unilat&#233;rale, tandis que l'homme produit d'une fa&#231;on universelle ; il ne produit que sous l'empire du besoin physique imm&#233;diat, tandis que l'homme produit m&#234;me lib&#233;r&#233; du besoin physique et ne produit vraiment que lorsqu'il en est lib&#233;r&#233; ; l'animal ne se produit que lui-m&#234;me, tandis que l'homme reproduit toute la nature ; le produit de l'animal fait directement partie de son corps physique, tandis que l'homme affronte librement son produit. L'animal ne fa&#231;onne qu'&#224; la mesure et selon les besoins de l'esp&#232;ce &#224; laquelle il appartient, tandis que l'homme sait produire &#224; la mesure de toute esp&#232;ce et sait appliquer partout &#224; l'objet sa nature inh&#233;rente ; l'homme fa&#231;onne donc aussi d'apr&#232;s les lois de la beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment dans le fait d'&#233;laborer le monde objectif que l'homme commence donc &#224; faire r&#233;ellement ses preuves d'&#234;tre &lt;i&gt;g&#233;n&#233;rique. Cette &lt;/i&gt;production est sa vie g&#233;n&#233;rique active. Gr&#226;ce &#224; cette production, la nature appara&#238;t comme son oeuvre et sa r&#233;alit&#233;. L'objet du travail est donc &lt;i&gt;l'objectivation de la &lt;/i&gt;vie g&#233;n&#233;&lt;i&gt;rique de l'homme : car &lt;/i&gt;celui-ci ne se double pas lui-m&#234;me d'une fa&#231;on seulement intellectuelle, comme c'est le cas dans la conscience, mais activement, r&#233;ellement, et il se contemple donc lui-m&#234;me dans un monde qu'il a cr&#233;&#233;. Donc, tandis que le travail ali&#233;n&#233; arrache &#224; l'homme l'objet de sa production, il lui arrache sa vie g&#233;n&#233;rique, sa v&#233;ritable objectivit&#233; g&#233;n&#233;rique, et il transforme l'avantage que l'homme a sur l'animal en ce d&#233;savantage que son corps non-organique, la nature, lui est d&#233;rob&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, en d&#233;gradant au rang de moyen l'activit&#233; propre, la libre activit&#233;, le travail ali&#233;n&#233; fait de la vie g&#233;n&#233;rique de l'homme le moyen de son existence physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience que l'homme a de son genre se transforme donc du fait de l'ali&#233;nation de telle fa&#231;on que la vie g&#233;n&#233;rique devient pour lui un moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le travail ali&#233;n&#233; conduit aux r&#233;sultats suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; &lt;i&gt;L'&#234;tre g&#233;n&#233;rique de &lt;/i&gt;l'homme, aussi bien la nature que ses facult&#233;s intellectuelles g&#233;n&#233;riques, sont transform&#233;es en un &#234;tre qui lui est &#233;tranger, en moyen de son existence &lt;i&gt;individuelle. Il &lt;/i&gt;rend &#233;tranger &#224; l'homme son propre corps, comme la nature en dehors de lui, comme son essence spirituelle, son essence &lt;i&gt;humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;4&#186; Une cons&#233;quence imm&#233;diate du fait que l'homme est rendu &#233;tranger au produit de son travail, &#224; son activit&#233; vitale, &#224; son &#234;tre g&#233;n&#233;rique, est celle-ci : l'homme est rendu &#233;tranger &#224; l'homme. Lorsque l'homme est en face de lui-m&#234;me, c'est l'autre qui lui fait face&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouve chez Feuerbach : &#171; Sans objet l'homme n'est rien... Or l'objet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui est vrai du rapport de l'homme &#224; son travail, au produit de son travail et &#224; lui-m&#234;me, est vrai du rapport de l'homme &#224; l'autre ainsi qu'au travail et &#224; l'objet du travail de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la proposition que son &#234;tre g&#233;n&#233;rique est rendu &#233;tranger &#224; l'homme, signifie qu'un homme est rendu &#233;tranger &#224; l'autre comme chacun d'eux est rendu &#233;tranger a l'essence humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ali&#233;nation de l'homme, et en g&#233;n&#233;ral tout rapport dans lequel l'homme se trouve avec lui-m&#234;me, ne s'actualise, ne s'exprime que dans le rapport o&#249; l'homme se trouve avec les autres hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, dans le rapport du travail ali&#233;n&#233;, chaque homme consid&#232;re autrui selon la mesure et selon le rapport dans lequel il se trouve lui-m&#234;me en tant qu'ouvrier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette expression, courante dans la philosophie de l'&#233;poque, ne nous est plus gu&#232;re famili&#232;re aujourd'hui. Dans l'Encyclop&#233;die (&#167; 177), Hegel d&#233;finit le genre (die Gattung) comme &#171; l'Universel concret &#187;. Il dit aussi (&#167; 367) qu'il &#171; constitue une unit&#233; simple &#233;tant en soi avec la singularit&#233; du sujet, dont il est substance concr&#232;te &#187;. Dire que l'homme est un &#234;tre g&#233;n&#233;rique, c'est donc dire que l'homme s'&#233;l&#232;ve au-dessus de son individualit&#233; subjective, qu'il reconna&#238;t en lui l'universel objectif et se d&#233;passe ainsi en tant qu'&#234;tre fini. Autrement dit, il est individuellement le repr&#233;sentant de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Species&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La citation suivante de Feuerbach (L'Essence du christianisme, Introduction), illustre bien la parent&#233; des positions respectives de Marx et de Feuerbach et ce qui les distingue - &#171; Quelle est donc cette diff&#233;rence essentielle qui distingue l'homme de l'animal ? A cette question, la plus simple et la plus g&#233;n&#233;rale des r&#233;ponses, mais aussi la plus populaire est : c'est la conscience. Mais la conscience au sens strict ; car la conscience qui d&#233;signe le sentiment de soi, le pouvoir de distinguer les objets sensibles, de percevoir et m&#234;me de juger les choses ext&#233;rieures sur des indices d&#233;termin&#233;s tombant sous le sens, cette conscience ne peut &#234;tre refus&#233;e aux animaux. La conscience entendue dans le sens le plus strict n'existe que pour un &#234;tre qui a pour objet sa propre esp&#232;ce et sa propre essence... &#202;tre dou&#233; de conscience, c'est &#234;tre capable de science. La science est la conscience des esp&#232;ces... Or seul un &#234;tre qui a pour objet sa propre esp&#232;ce, sa propre essence, est susceptible de prendre pour objet, dans leur signification essentielle, des choses et des &#234;tres autres que lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi l'animal n'a qu'une vie simple et l'homme une vie double chez l'animal la vie int&#233;rieure se confond avec la vie ext&#233;rieure, l'homme, au contraire, poss&#232;de une vie int&#233;rieure et une vie ext&#233;rieure. &#187; (Ludwig FEUERBACH : Manifestes philosophiques. Traduction de Louis Althusser, Paris 1960, pp. 57-58.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouve chez Feuerbach : &#171; Sans objet l'homme n'est rien... Or l'objet auquel un sujet se rapporte par essence et n&#233;cessit&#233; n'est rien d'autre que l'essence propre de ce sujet, mais objectiv&#233;e. &#187; (Ibid., p. 61.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;KARL MARX, &lt;strong&gt;MANUSCRITS DE 1844&lt;/strong&gt;. (&#201;conomie politique &amp; philosophie), XXIV, pr&#233;sentation, traduction et notes D'&#201;MILE BOTTIGELLI, Paris, Les &#201;ditions sociales, 1972, 175 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ali&#233;nation du travail</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-alienation-du-travail</link>
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		<dc:date>2004-10-07T20:42:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Or, en quoi consiste l'ali&#233;nation du travail ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, dans le fait que le travail est ext&#233;rieur &#224; l'ouvrier, c'est-&#224;-dire qu'il n'appartient pas &#224; son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas mais se nie, ne se sent pas &#224; l'aise, mais malheureux, ne d&#233;ploie pas une libre activit&#233; physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. En cons&#233;quence, l'ouvrier n'a le sentiment d'&#234;tre aupr&#232;s de lui-m&#234;me qu'en dehors du travail et, dans le travail, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or, en quoi consiste l'ali&#233;nation du travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, dans le fait que le travail est ext&#233;rieur &#224; l'ouvrier, c'est-&#224;-dire qu'il n'appartient pas &#224; son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas mais se nie, ne se sent pas &#224; l'aise, mais malheureux, ne d&#233;ploie pas une libre activit&#233; physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. En cons&#233;quence, l'ouvrier n'a le sentiment d'&#234;tre aupr&#232;s de lui-m&#234;me qu'en dehors du travail et, dans le travail, il se sent en dehors de soi. Il est comme chez lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas chez lui. Son travail n'est donc pas volontaire, mais contraint, c'est du travail forc&#233;. Il n'est donc pas la satisfaction d'un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caract&#232;re &#233;tranger du travail appara&#238;t nettement dans le fait que, d&#232;s qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. Le travail ext&#233;rieur, le travail dans lequel l'homme s'ali&#232;ne, est un travail de sacrifice de soi, de mortification. Enfin, le caract&#232;re ext&#233;rieur &#224; l'ouvrier du travail appara&#238;t dans le fait qu'il n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre, qu'il ne lui appartient pas, que dans le travail l'ouvrier ne s'appartient pas lui-m&#234;me, mais appartient &#224; un autre. De m&#234;me que, dans la religion, l'activit&#233; propre de l'imagination humaine, du cerveau humain et du c&#339;ur humain, agit sur l'individu ind&#233;pendamment de lui, c'est-&#224;-dire comme une activit&#233; &#233;trang&#232;re divine ou diabolique, de m&#234;me l'activit&#233; de l'ouvrier n'est pas son activit&#233; propre. Elle appartient &#224; un autre, elle est la perte de soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en vient donc &#224; ce r&#233;sultat que l'homme (l'ouvrier) ne se sent plus librement actif que dans ses fonctions animales, manger, boire et procr&#233;er, tout au plus encore dans l'habitation, qu'animal. Le bestial devient l'humain et l'humain devient le bestial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manger, boire et procr&#233;er, etc., sont certes aussi des fonctions authentiquement humaines. Mais, s&#233;par&#233;es abstraitement du reste du champ des activit&#233;s humaines et devenues ainsi la fin derni&#232;re et unique, elles sont bestiales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marx, &lt;strong&gt;Manuscrit de 1844&lt;/strong&gt;, XXII, Pr&#233;sentation, traduction et notes D'&#201;MILE BOTTIGELLI. Paris, Les &#201;ditions sociales, 1972, 175 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le poids de la tradition</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Le-poids-de-la-tradition</link>
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		<dc:date>2004-10-03T14:14:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lis : Lettre &#224; Joseph Bloch sur le mat&#233;rialisme historique. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants. Et m&#234;me quand ils semblent occup&#233;s &#224; se transformer, eux et les choses, &#224; cr&#233;er quelque chose de tout &#224; fait nouveau, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lis : &lt;a href='https://caute.lautre.net/Lettre-a-Joseph-Bloch-sur-le-materialisme-historique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lettre &#224; Joseph Bloch sur le mat&#233;rialisme historique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants. Et m&#234;me quand ils semblent occup&#233;s &#224; se transformer, eux et les choses, &#224; cr&#233;er quelque chose de tout &#224; fait nouveau, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; ces &#233;poques de crise r&#233;volutionnaire qu'ils &#233;voquent craintivement les esprits du pass&#233;, qu'ils leurs empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour appara&#238;tre sur la nouvelle sc&#232;ne de l'histoire sous ce d&#233;guisement respectable et avec ce langage emprunt&#233;. C'est ainsi que Luther prit le masque de l'ap&#244;tre Paul, que la R&#233;volution de 1789 &#224; 1814 se drapa successivement dans le costume de la R&#233;publique romaine, puis dans celui de l'Empire romain, et que la r&#233;volution de 1848 ne sut rien faire de mieux que de parodier, tant&#244;t 1789 tant&#244;t la tradition r&#233;volutionnaire de 1793 &#224; 1795. C'est ainsi que le d&#233;butant qui apprend une nouvelle langue la retraduit toujours dans sa langue maternelle, mais il ne r&#233;ussit &#224; s'assimiler l'esprit de cette nouvelle langue et &#224; s'en servir librement que quand il arrive &#224; la manier sans se rappeler sa langue maternelle, et qu'il parvient m&#234;me &#224; oublier compl&#232;tement cette derni&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;K. MARX, &lt;strong&gt;Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte}, I,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ditions sociales, 1949, p.13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le surtravail</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Le-surtravail</link>
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		<dc:date>2004-09-28T13:30:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous avons vu que l'ouvrier, pendant une partie du temps qu'exige une op&#233;ration productive donn&#233;e, ne produit que la valeur de sa force de travail, c'est-&#224;-dire la valeur des subsistances n&#233;cessaires &#224; son entretien. Le milieu dans lequel il produit &#233;tant organis&#233; par la division spontan&#233;e du travail social, il produit sa subsistance, non pas directement, mais sous la forme d'une marchandise particuli&#232;re, sous la forme de fil&#233;s, par exemple, dont la valeur &#233;gale celle de ses moyens de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons vu que l'ouvrier, pendant une partie du temps qu'exige une op&#233;ration productive donn&#233;e, ne produit que la valeur de sa force de travail, c'est-&#224;-dire la valeur des subsistances n&#233;cessaires &#224; son entretien. Le milieu dans lequel il produit &#233;tant organis&#233; par la division spontan&#233;e du travail social, il produit sa subsistance, non pas directement, mais sous la forme d'une marchandise particuli&#232;re, sous la forme de fil&#233;s, par exemple, dont la valeur &#233;gale celle de ses moyens de subsistance, ou de l'argent avec lequel il les ach&#232;te. La partie de sa journ&#233;e de travail qu'il y emploie est plus ou moins grande, suivant la valeur moyenne de sa subsistance journali&#232;re ou le temps de travail moyen exig&#233; chaque jour pour la produire. Lors m&#234;me qu'il ne travaillerait pas pour le capitaliste, mais seulement pour lui-m&#234;me, il devrait, toutes circonstances restant &#233;gales, travailler en moyenne, apr&#232;s comme avant, la m&#234;me partie aliquote du jour pour gagner sa vie. Mais comme dans la partie du jour o&#249; il produit la valeur quotidienne de sa force de travail, soit 3 sh., il ne produit que l'&#233;quivalent d'une valeur d&#233;j&#224; pay&#233;e par le capitaliste et ne fait ainsi que compenser une valeur par une autre, cette production de valeur n'est en fait qu'une simple reproduction. Je nomme donc &lt;i&gt;temps de travail n&#233;cessaire&lt;/i&gt; la partie de la journ&#233;e o&#249; cette reproduction s'accomplit, et &lt;i&gt;travail n&#233;cessaire&lt;/i&gt; le travail d&#233;pens&#233; pendant ce temps : n&#233;cessaire pour le travailleur, parce qu'il est ind&#233;pendant de la forme sociale de son travail ; n&#233;cessaire pour le capital et le monde capitaliste, parce que ce monde a pour base l'existence du travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode d'activit&#233; qui d&#233;passe les bornes du travail n&#233;cessaire co&#251;te, il est vrai, du travail &#224; l'ouvrier, une d&#233;pense de force, mais ne forme aucune valeur pour lui. Elle forme une plus-value qui a pour le capitaliste tous les charmes d'une cr&#233;ation &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt;. Je nomme cette partie de la journ&#233;e de travail &lt;i&gt;temps extra&lt;/i&gt;, et le travail d&#233;pens&#233; en elle &lt;i&gt;surtravail&lt;/i&gt;. S'il est d'une importance d&#233;cisive pour l'entendement de la valeur en g&#233;n&#233;ral de ne voir en elle qu'une simple coagulation de temps de travail, que du travail r&#233;alis&#233;, il est d'une &#233;gale importance pour l'entendement de la plus-value de la comprendre comme une simple coagulation de temps de travail extra, comme du surtravail r&#233;alis&#233;. Les diff&#233;rentes formes &#233;conomiques rev&#234;tues par la soci&#233;t&#233;, l'esclavage, par exemple, et le &lt;a href='https://caute.lautre.net/Le-salaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;salariat&lt;/a&gt;, ne se distinguent que par le mode dont ce surtravail est impos&#233; et extorqu&#233; au producteur imm&#233;diat, &#224; l'ouvrier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marx, &lt;strong&gt;Le Capital&lt;/strong&gt;, Livre premier, chapitre 9, &#167;I,&lt;br /&gt;
Ed. Sociales, 1976, pp.162-163&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le salaire</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Le-salaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/Le-salaire</guid>
		<dc:date>2004-09-28T13:29:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Prenons le premier ouvrier venu, par exemple, un tisserand. Le capitaliste lui fournit le m&#233;tier &#224; tisser et le fil. Le tisserand se met au travail et le fil devient de la toile. Le capitaliste s'approprie la toile et la vend 20 marks par exemple. Le salaire du tisserand est-il alors une part de la toile, des 20 marks, du produit de son travail ? Pas du tout. Le tisserand a re&#231;u son salaire. Le capitaliste ne paie donc pas ce salaire avec l'argent qu'il va retirer de la toile, mais avec de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prenons le premier ouvrier venu, par exemple, un tisserand. Le capitaliste lui fournit le m&#233;tier &#224; tisser et le fil. Le tisserand se met au travail et le fil devient de la toile. Le capitaliste s'approprie la toile et la vend 20 marks par exemple. Le salaire du tisserand est-il alors une &lt;i&gt;part&lt;/i&gt; de la toile, des 20 marks, du produit de son travail ? Pas du tout. Le tisserand a re&#231;u son salaire. Le capitaliste ne paie donc pas ce salaire avec l'argent qu'il va retirer de la toile, mais avec de l'argent accumul&#233; d'avance. De m&#234;me que le m&#233;tier &#224; tisser et le fil ne sont pas le produit du tisserand auquel ils ont &#233;t&#233; fournis par l'employeur, les marchandises qu'il re&#231;oit en &#233;change de sa marchandise, la force de travail ne le sont pas davantage. Il peur arriver que le capitaliste ne trouve pas d'acheteur du tout pour sa toile. Il peut arriver qu'il ne retire pas m&#234;me le salaire de sa vente. Il peut arriver qu'il la vende de fa&#231;on tr&#232;s avantageuse par rapport au salaire du tisserand. Tout cela ne regarde en rien le tisserand. Le capitaliste ach&#232;te avec une partie de sa fortune actuelle, de son capital, la force de travail du tisserand tout comme il a acquis, avec une autre partie de sa fortune, la mati&#232;re premi&#232;re - le fil - et l'instrument de travail - le m&#233;tier &#224; tisser. Apr&#232;s avoir fait ces achats, et parmi ces achats il y a aussi la force de travail n&#233;cessaire &#224; la production de la toile, il ne produit plus qu' &lt;i&gt;avec des mati&#232;res premi&#232;res et des instruments de travail qui lui appartiennent &#224; lui seul. &lt;/i&gt;Car, de ces derniers fait aussi partie notre brave tisserand qui, pas plus que le m&#233;tier &#224; tisser, n'a sa part du produit ou du prix de celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	Le salaire n'est donc pas une part de l'ouvrier &#224; la marchandise qu'il produit. Le salaire est la partie de marchandises d&#233;j&#224; existantes avec laquelle le capitaliste s'approprie par achat une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de force de travail productive.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La force de travail est donc une marchandise que son possesseur, le salari&#233;, vend au capital. Pourquoi la vend-il ? Pour vivre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais la manifestation de la force de travail, le travail, est l'activit&#233; vitale propre &#224; l'ouvrier, sa fa&#231;on &#224; lui de manifester sa vie. Et c'est cette &lt;i&gt;activit&#233; vitale&lt;/i&gt; qu'il vend &#224; un tiers pour s'assurer les &lt;i&gt;moyens de subsistance&lt;/i&gt; n&#233;cessaires. Son activit&#233; vitale n'est donc pour lui qu'un moyen de pouvoir exister. Il travaille pour vivre. Pour lui-m&#234;me, le travail n'est pas une partie de sa vie, il est plut&#244;t un sacrifice de sa vie. C'est une marchandise qu'il a adjug&#233;e &#224; un tiers. C'est pourquoi le produit de son activit&#233; n'est pas non plus le but de son activit&#233;. Ce qu'il produit pour lui-m&#234;me, ce n'est pas la soie qu'il tisse, ce n'est pas l'or qu'il extrait de la mine, ce n'est pas le palais qu'il b&#226;tit. Ce qu'il produit lui-m&#234;me, c'est le salaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;salaire : prix de la force de travail.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la soie, l'or, le palais, se r&#233;duisent pour lui &#224; une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de moyens de subsistance, peut-&#234;tre &#224; un tricot de coton, &#224; de la monnaie de billon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;billon : monnaie de cuivre m&#234;l&#233; ou non d'argent, ayant une faible valeur.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &#224; un logement dans une cave. Et l'ouvrier qui, douze heures durant, tisse, file, perce, tourne, b&#226;tit, manie la pelle, taille la pierre, la transporte, etc., regarde-t-il ces douze heures de tissage, de filage, de per&#231;age, de travail au tour ou de ma&#231;onnerie, de maniement de la pelle ou de taille de la pierre comme une manifestation de sa vie, comme sa vie ? Bien au contraire. La vie commence pour lui ou cesse cette activit&#233;, &#224; table, &#224; l'auberge, au lit. Par contre, les douze heures de travail n'ont nullement pour lui le sens de tisser, de filer, de percer, etc., mais celui de &lt;i&gt;gagner&lt;/i&gt; ce qui lui permet d'aller &#224; table, &#224; l'auberge, au lit. Si le vers &#224; soie tissait pour subvenir &#224; son existence de chenille, il serait un salari&#233; achev&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;salaire : prix de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;billon : monnaie de cuivre m&#234;l&#233; ou non d'argent, ayant une faible valeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marx, &lt;strong&gt;Travail salari&#233; et capital&lt;/strong&gt;, p.24, Ed. sociales&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'abeille et l'architecte</title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-abeille-et-l-architecte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://caute.lautre.net/L-abeille-et-l-architecte</guid>
		<dc:date>2003-08-15T08:43:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>


		<dc:subject>technique</dc:subject>
		<dc:subject>nature humaine</dc:subject>
		<dc:subject>animal</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>raison</dc:subject>
		<dc:subject>anthropologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature. L'homme y joue lui-m&#234;me vis-&#224;-vis de la nature le r&#244;le d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est dou&#233;, bras et jambes, t&#234;te et mains, il les met en mouvement, afin de s'assimiler des mati&#232;res en leur donnant une forme utile &#224; sa vie. En m&#234;me temps qu'il agit par ce mouvement sur la nature ext&#233;rieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et d&#233;veloppe les facult&#233;s qui y sommeillent. Nous ne nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
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/ 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature. L'homme y joue lui-m&#234;me vis-&#224;-vis de la nature le r&#244;le d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est dou&#233;, bras et jambes, t&#234;te et mains, il les met en mouvement, afin de s'assimiler des mati&#232;res en leur donnant une forme utile &#224; sa vie. En m&#234;me temps qu'il agit par ce mouvement sur la nature ext&#233;rieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et d&#233;veloppe les facult&#233;s qui y sommeillent. Nous ne nous arr&#234;tons pas &#224; cet &#233;tat primordial du travail o&#249; il n'a pas encore d&#233;pouill&#233; son mode purement instinctif. Notre point de d&#233;part c'est le travail sous une forme qui appartient exclusivement &#224; l'homme. Une araign&#233;e fait des op&#233;rations qui ressemblent &#224; celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habilet&#233; de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue d&#232;s l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa t&#234;te avant de la construire dans la ruche. Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. Ce n'est pas qu'il op&#232;re seulement un changement de forme dans les mati&#232;res naturelles ; il y r&#233;alise du m&#234;me coup son propre but dont il a conscience, qui d&#233;termine comme loi son mode d'action, et auquel il doit subordonner sa volont&#233;. Et cette subordination n'est pas momentan&#233;e. L'oeuvre exige pendant toute sa dur&#233;e, outre l'effort des organes qui agissent, une attention soutenue, laquelle ne peut elle-m&#234;me r&#233;sulter que d'une tension constante de la volont&#233;. Elle l'exige d'autant plus que, par son objet et son mode d'ex&#233;cution, le travail entra&#238;ne moins le travailleur, qu'il se fait moins sentir &#224; lui, comme le libre jeu de ses forces corporelles et intellectuelles ; en un mot, qu'il est moins attrayant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marx, &lt;strong&gt;Le Capital&lt;/strong&gt;, Ed. Sociales, Livre I, Chap.7, p.136-137&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'opium du peuple </title>
		<link>https://caute.lautre.net/L-opium-du-peuple</link>
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		<dc:date>2003-08-15T08:37:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le fondement de la critique irr&#233;ligieuse est celui-ci : l'homme fait la religion, la religion ne fait pas l'homme. Plus pr&#233;cis&#233;ment : la religion est la conscience de soi et de sa valeur de l'homme qui ou bien ne s'est pas encore conquis lui-m&#234;me, ou bien s'est d&#233;j&#224; perdu &#224; nouveau. Mais l'homme, ce n'est pas un &#234;tre abstrait, install&#233; hors du monde. L'homme, c'est le monde de l'homme, l'&#201;tat, la soci&#233;t&#233;. Cet &#201;tat, cette soci&#233;t&#233; produisent la religion, une conscience du monde &#224; l'envers. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fondement de la critique irr&#233;ligieuse est celui-ci : l'homme fait la religion, la religion ne fait pas l'homme. Plus pr&#233;cis&#233;ment : la religion est la conscience de soi et de sa valeur de l'homme qui ou bien ne s'est pas encore conquis lui-m&#234;me, ou bien s'est d&#233;j&#224; perdu &#224; nouveau. Mais l'homme, ce n'est pas un &#234;tre abstrait, install&#233; hors du monde. L'homme, c'est le monde de l'homme, l'&#201;tat, la soci&#233;t&#233;. Cet &#201;tat, cette soci&#233;t&#233; produisent la religion, une conscience du monde &#224; l'envers. La religion, c'est la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de ce monde, son compendium encyclop&#233;dique, sa logique sous une forme populaire, son point d'honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son compl&#233;ment solennel, le fondement g&#233;n&#233;ral de sa consolation et de sa justification. Elle est la r&#233;alisation fantastique de l'&#234;tre humain, parce que l'&#234;tre humain ne poss&#232;de pas de r&#233;alit&#233; vraie. La lutte contre la religion est donc imm&#233;diatement la lutte contre ce monde dont la religion est l'ar&#244;me spirituel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mis&#232;re religieuse est tout &#224; la fois l'expression de la mis&#232;re r&#233;elle et la protestation contre la mis&#232;re r&#233;elle. La religion est le soupir de la cr&#233;ature tourment&#233;e, l'&#226;me d'un monde sans c&#339;ur, de m&#234;me qu'elle est l'esprit de situations d&#233;pourvues d'esprit. Elle est l'opium du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c'est l'exigence de son bonheur v&#233;ritable. Exiger de renoncer aux illusions relatives &#224; son &#233;tat, c'est exiger de renoncer &#224; une situation qui a besoin de l'illusion. La critique de la religion est donc dans son germe la critique de la vall&#233;e des larmes, dont l'aur&#233;ole est la religion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Karl Marx, &lt;strong&gt;Critique de la philosophie du droit de Hegel&lt;/strong&gt;, Aubier, pp. 51-53&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez un commentaire par Yves Dorion &lt;a href=&#034;http://www.yves-dorion.fr/mrx-phi.htm#_loc20B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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