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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Les soul&#232;vements d'un peuple libre sont rarement pernicieux &#224; sa libert&#233;</title>
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&lt;p&gt;Que les diff&#233;rents entre le S&#233;nat et le Peuple ont rendu la R&#233;publique romaine puissante et libre &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me garderai bien de passer sous silence les troubles qui eurent lieu &#224; Rome depuis la mort des Tarquins jusqu'&#224; la cr&#233;ation des tribuns. Je ne r&#233;futerai pas moins ensuite l'opinion de ceux qui veulent que la r&#233;publique romaine ait toujours &#233;t&#233; une r&#233;publique turbulente et livr&#233;e &#224; de tels d&#233;sordres que, sans son extr&#234;me bonheur et la discipline militaire qui suppl&#233;ait &#224; ses d&#233;fauts, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que les diff&#233;rents entre le S&#233;nat et le Peuple ont rendu la R&#233;publique romaine puissante et libre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je me garderai bien de passer sous silence les troubles qui eurent lieu &#224; Rome depuis la mort des Tarquins jusqu'&#224; la cr&#233;ation des tribuns. Je ne r&#233;futerai pas moins ensuite l'opinion de ceux qui veulent que la r&#233;publique romaine ait toujours &#233;t&#233; une r&#233;publique turbulente et livr&#233;e &#224; de tels d&#233;sordres que, sans son extr&#234;me bonheur et la discipline militaire qui suppl&#233;ait &#224; ses d&#233;fauts, elle e&#251;t &#233;t&#233; la derni&#232;re des r&#233;publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux nier que l'Empire romain ne f&#251;t, si l'on veut, l'ouvrage de la fortune et de la discipline. Mais il me semble qu'on devrait s'apercevoir que l&#224; o&#249; r&#232;gne une bonne discipline, l&#224; r&#232;gne aussi l'ordre ; et rarement la fortune tarde &#224; marcher &#224; sa suite. Entrons cependant &#224; cet &#233;gard dans les d&#233;tails. Je soutiens &#224; ceux qui condamnent les querelles du S&#233;nat et du peuple qu'ils condamnent ce qui fut le principe de la libert&#233;, et qu'ils sont beaucoup plus frapp&#233;s des cris et du bruit qu'elles occasionnaient sur la place publique que des bons effets qu'elles produisaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute r&#233;publique, il y a deux partis : celui des grands et celui du peuple ; et toutes les lois favorables &#224; la libert&#233; ne naissent que de leur opposition. Depuis les Tarquins jusqu'aux Gracques, c'est-&#224;-dire durant trois cents ans, les troubles n'y occasionn&#232;rent que fort peu d'exils, et co&#251;t&#232;rent encore moins de sang ; mais on ne peut les croire bien nuisibles, ni les regarder comme bien funestes &#224; une r&#233;publique qui, durant le cours de tant d'ann&#233;es, vit &#224; peine, &#224; leur occasion, huit ou dix citoyens envoy&#233;s en exil, n'en fit mettre &#224; mort qu'un tr&#232;s petit nombre, et en condamna m&#234;me tr&#232;s peu &#224; des amendes p&#233;cuniaires. On ne peut pas davantage qualifier de d&#233;sordonn&#233;e une r&#233;publique o&#249; l'on voit briller tant de vertus : c'est la bonne &#233;ducation qui les fait &#233;clore, et celle-ci n'est due qu'&#224; de bonnes lois ; les bonnes lois, &#224; leur tour, sont le fruit de ces agitations que la plupart condamnent si inconsid&#233;r&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque examinera avec soin l'issue de ces mouvements ne trouvera pas qu'ils aient &#233;t&#233; cause d'aucune violence qui ait tourn&#233; au pr&#233;judice du bien public ; il se convaincra m&#234;me qu'ils ont fait na&#238;tre des r&#232;glements &#224; l'avantage de la libert&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais, dira-t-on, quels &#233;tranges moyens ! Quoi, entendre sans cesse les cris d'un peuple effr&#233;n&#233; contre le S&#233;nat, et du S&#233;nat d&#233;clamant contre le peuple ; voir courir la populace en tumulte par les rues, fermer ses boutiques, et m&#234;me sortir de Rome en masse ! toutes choses qui &#233;pouvantent encore, rien qu'&#224; les lire. &#187; Je dis que chaque &#201;tat libre doit fournir au peuple un d&#233;bouch&#233; normal &#224; son ambition, et surtout les r&#233;publiques, qui, dans les occasions importantes, n'ont de force que par ce m&#234;me peuple. Or tel &#233;tait le d&#233;bouch&#233; &#224; Rome : quand celui-ci voulait obtenir une loi, il se portait &#224; quelques-unes de ces extr&#233;mit&#233;s dont nous venons de parler, ou il refusait de s'enr&#244;ler pour aller &#224; la guerre ; en sorte que le S&#233;nat &#233;tait oblig&#233; de le satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soul&#232;vements d'un peuple libre sont rarement pernicieux &#224; sa libert&#233;. Ils lui sont inspir&#233;s commun&#233;ment par l'oppression qu'il subit ou par celle qu'il redoute. Si ses craintes sont peu fond&#233;es, on a le recours des assembl&#233;es, o&#249; la seule &#233;loquence d'un homme de bien lui fait sentir son erreur. &#171; Les peuples, dit Cic&#233;ron, quoique ignorants, sont capables d'appr&#233;cier la v&#233;rit&#233;, &#187; et ils s'y rendent ais&#233;ment quand elle leur est pr&#233;sent&#233;e &#187; par un homme qu'ils estiment digne de foi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit donc se montrer plus m&#233;nager de ses critiques envers le gouvernement romain, et consid&#233;rer que tant de bons effets for&#231;ant l'admiration ne pouvaient provenir que de tr&#232;s bonnes causes. Si les troubles de Rome ont occasionn&#233; la cr&#233;ation des tribuns, on ne saurait trop les louer. Outre qu'ils mirent le peuple &#224; m&#234;me d'avoir sa part dans l'administration publique, ils furent &#233;tablis comme les gardiens les plus assur&#233;s de la libert&#233; romaine, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Machiavel, &lt;strong&gt;Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live&lt;/strong&gt;, I, IV&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'origine de la justice</title>
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		<dc:creator>Machiavel, Nicolas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le hasard a donn&#233; naissance &#224; toutes les esp&#232;ces de gouvernements parmi les hommes. Les premiers habitants furent peu nombreux, et v&#233;curent pendant un temps dispers&#233;s &#224; la mani&#232;re des b&#234;tes. Le genre humain venant &#224; s'accro&#238;tre, on sentit le besoin de se r&#233;unir, de se d&#233;fendre ; pour mieux parvenir &#224; ce dernier but, on choisit le plus fort, le plus courageux ; les autres le mirent &#224; leur t&#234;te, et promirent de lui ob&#233;ir. A l'&#233;poque de leur r&#233;union en soci&#233;t&#233;, on commen&#231;a &#224; conna&#238;tre ce qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Machiavel-" rel="directory"&gt;Machiavel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le hasard a donn&#233; naissance &#224; toutes les esp&#232;ces de gouvernements parmi les hommes. Les premiers habitants furent peu nombreux, et v&#233;curent pendant un temps dispers&#233;s &#224; la mani&#232;re des b&#234;tes. Le genre humain venant &#224; s'accro&#238;tre, on sentit le besoin de se r&#233;unir, de se d&#233;fendre ; pour mieux parvenir &#224; ce dernier but, on choisit le plus fort, le plus courageux ; les autres le mirent &#224; leur t&#234;te, et promirent de lui ob&#233;ir. A l'&#233;poque de leur r&#233;union en soci&#233;t&#233;, on commen&#231;a &#224; conna&#238;tre ce qui est bon et honn&#234;te, et &#224; le distinguer de ce qui est vicieux et mauvais. On vit un homme nuire &#224; son bienfaiteur. Deux sentiments s'&#233;lev&#232;rent &#224; l'instant dans tous les c&#339;urs : la haine pour l'ingrat, l'amour pour l'homme bienfaisant. On bl&#226;ma le premier, et on honora d'autant plus ceux qui, au contraire, se montr&#232;rent reconnaissants, que chacun d'eux sentit qu'il pouvait &#233;prouver pareille injure. Pour pr&#233;venir de pareils maux, les hommes se d&#233;termin&#232;rent &#224; faire des lois, et &#224; ordonner des punitions pour qui y contreviendrait. Telle fut l'origine de la justice.&lt;br class='autobr' /&gt;
A peine fut-elle connue qu'elle influa sur le choix du chef &#224; nommer. On ne s'adressa d&#232;s lors ni au plus fort, ni au plus brave, mais au plus sage et au plus juste. Puis, comme la souverainet&#233; devint h&#233;r&#233;ditaire et non &#233;lective, les enfants commenc&#232;rent &#224; d&#233;g&#233;n&#233;rer de leurs p&#232;res. Loin de chercher &#224; les &#233;galer en vertus, ils ne firent consister l'&#233;tat de prince qu'&#224; se distinguer par le luxe, la mollesse et le raffinement de tous les plaisirs. Aussi bient&#244;t le prince s'attira la haine commune. Objet de haine, il &#233;prouva de la crainte ; la crainte lui dicta les pr&#233;cautions et l' offense ; et l'on vit s'&#233;lever tyrannie. Tels furent les commencements et les causes des d&#233;sordres, des conspirations, des complots contre les princes. Ils ne furent pas ourdis par les &#226;mes faibles et timides, mais par ceux des citoyens qui, surpassant les autres en grandeur d'&#226;me, en richesse, en courage, se sentaient plus vivement bless&#233;s de leurs outrages et de leurs exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous des chefs aussi puissants, la multitude s'arma contre le tyran, et apr&#232;s s'en &#234;tre d&#233;faite, elle se soumit &#224; ses lib&#233;rateurs. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Machiavel, &lt;strong&gt;Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live&lt;/strong&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Livre premier, chap. 2, Pl&#233;iade, p. 384-385&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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