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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>G&#201;N&#201;REUX, G&#201;N&#201;ROSIT&#201;</title>
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		<dc:creator>Voltaire</dc:creator>



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&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;rosit&#233; est un d&#233;vouement aux int&#233;r&#234;ts des autres, qui porte &#224; leur sacrifier ses avantages personnels. En g&#233;n&#233;ral, au moment o&#249; l'on rel&#226;che ses droits en faveur de quelqu'un, et qu'on lui donne plus qu'il ne peut exiger, on devient g&#233;n&#233;reux. La nature, en produisant l'homme au milieu de ses semblables, lui a prescrit des devoirs &#224; remplir envers eux. C'est dans l'ob&#233;issance &#224; ces devoirs que consiste l'honn&#234;tet&#233;, et c'est au del&#224; de ces devoirs que commence la g&#233;n&#233;rosit&#233;. L'&#226;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Voltaire-" rel="directory"&gt;Voltaire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;rosit&#233; est un d&#233;vouement aux int&#233;r&#234;ts des autres, qui porte &#224; leur sacrifier ses avantages personnels. En g&#233;n&#233;ral, au moment o&#249; l'on rel&#226;che ses droits en faveur de quelqu'un, et qu'on lui donne plus qu'il ne peut exiger, on devient g&#233;n&#233;reux. La nature, en produisant l'homme au milieu de ses semblables, lui a prescrit des devoirs &#224; remplir envers eux. C'est dans l'ob&#233;issance &#224; ces devoirs que consiste l'honn&#234;tet&#233;, et c'est au del&#224; de ces devoirs que commence la g&#233;n&#233;rosit&#233;. L'&#226;me g&#233;n&#233;reuse s'&#233;l&#232;ve donc au-dessus de l'intention que la nature semblait avoir en le formant. Quel bonheur pour l'homme de pouvoir ainsi devenir sup&#233;rieur &#224; son &#234;tre ! et quel prix ne doit point avoir &#224; ses yeux la vertu qui lui procure cet avantage ! On peut donc regarder la g&#233;n&#233;rosit&#233; comme le plus sublime de tous les sentiments, comme le mobile de toutes les belles actions, et peut-&#234;tre comme le germe de toutes les vertus ; car il y en a peu qui ne soient essentiellement le sacrifice d'un int&#233;r&#234;t personnel &#224; un int&#233;r&#234;t &#233;tranger. Il ne faut pas confondre la grandeur d'&#226;me, la g&#233;n&#233;rosit&#233;, la bienfaisance et l'humanit&#233; on peut n'avoir de la grandeur d'&#226;me que pour soi, et l'on n'est jamais g&#233;n&#233;reux qu'envers les autres ; on peut &#234;tre bienfaisant sans faire de sacrifices, et la g&#233;n&#233;rosit&#233; en suppose toujours ; on n'exerce gu&#232;re l'humanit&#233; qu'envers les malheureux et les inf&#233;rieurs, et la g&#233;n&#233;rosit&#233; a lieu envers tout le monde. D'o&#249; il suit que la g&#233;n&#233;rosit&#233; est un sentiment aussi noble que la grandeur d'&#226;me, aussi utile que la bienfaisance, et aussi tendre que l'humanit&#233; : elle est le r&#233;sultat de la combinaison de ces trois vertus ; et plus parfaite qu'aucune d'elles, elle y peut suppl&#233;er. Le beau plan que celui d'un monde o&#249; tout le genre humain serait g&#233;n&#233;reux ! Dans le monde tel qu'il est, la g&#233;n&#233;rosit&#233; est la vertu des h&#233;ros ; le reste des hommes se borne &#224; l'admirer. La g&#233;n&#233;rosit&#233; est de tous les &#233;tats ; c'est la vertu dont la pratique satisfait le plus l'amour-propre. Il est un art d'&#234;tre g&#233;n&#233;reux cet art n'est pas commun ; il consiste &#224; d&#233;rober le sacrifice que l'on fait. La g&#233;n&#233;rosit&#233; ne peut gu&#232;re avoir de plus beau motif que l'amour de la patrie et le pardon des injures. La lib&#233;ralit&#233; n'est autre chose que la g&#233;n&#233;rosit&#233; restreinte &#224; un objet p&#233;cuniaire ; c'est cependant une grande vertu lorsqu'elle se propose le soulagement des malheureux. Mais il y a une &#233;conomie sage et raisonn&#233;e, qui devrait toujours r&#233;gler les hommes dans la dispensation de leurs bienfaits. Voici un trait de cette &#233;conomie. Un prince(58) donne une somme d'argent pour l'entretien des pauvres d'une ville ; mais il fait en sorte que cette somme s'accroisse &#224; mesure qu'elle est employ&#233;e, et que bient&#244;t elle puisse servir au soulagement de toute la province. De quel bonheur ne jouirait-on pas sur la terre, si la g&#233;n&#233;rosit&#233; des souverains avait toujours &#233;t&#233; dirig&#233;e par les m&#234;mes vues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait des g&#233;n&#233;rosit&#233;s &#224; ses amis, des lib&#233;ralit&#233;s &#224; ses domestiques, des aum&#244;nes aux pauvres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voltaire, &lt;i&gt;Dictionnaire philosophique&lt;/i&gt;, source : &lt;a href=&#034;http://www.voltaire-integral.com/Html/19/genereux.htm#Note_57&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.voltaire-integral.com/Ht...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Fanatisme</title>
		<link>https://caute.lautre.net/Fanatisme-1273</link>
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		<dc:date>2004-10-05T13:46:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Voltaire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le fanatisme est &#224; la superstition ce que le transport est &#224; la fi&#232;vre, ce que la rage est &#224; la col&#232;re. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des r&#233;alit&#233;s et ses imaginations pour des proph&#233;ties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. [Jean] Diaz, retir&#233; &#224; Nuremberg, qui &#233;tait fermement convaincu que le pape est l'Ant&#233;christ de l'Apocalypse, et qu'il a le signe de la b&#234;te, n'&#233;tait qu'un enthousiaste ; son fr&#232;re, Barth&#233;lemy (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://caute.lautre.net/-Voltaire-" rel="directory"&gt;Voltaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fanatisme est &#224; la superstition ce que le transport est &#224; la fi&#232;vre, ce que la rage est &#224; la col&#232;re. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des r&#233;alit&#233;s et ses imaginations pour des proph&#233;ties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. [Jean] Diaz, retir&#233; &#224; Nuremberg, qui &#233;tait fermement convaincu que le pape est l'Ant&#233;christ de l'Apocalypse, et qu'il a le signe de la b&#234;te, n'&#233;tait qu'un enthousiaste ; son fr&#232;re, Barth&#233;lemy Diaz, qui partit de Rome pour aller assassiner saintement son fr&#232;re, et qui le tua en effet pour l'amour de Dieu, &#233;tait un des plus abominables fanatiques que la superstition ait pu jamais former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Polyeucte, qui va au temple, dans un jour de solennit&#233;, renverser et casser les statues et les ornements, est un fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc Fran&#231;ois de Guise, de Guillaume, prince d'Orange, du roi Henri III et du roi Henri IV, et de tant d'autres, &#233;taient des &#233;nergum&#232;nes malades de la m&#234;me rage que Diaz. Le plus d&#233;testable exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, &#233;gorger, jeter par les fen&#234;tres, mettre en pi&#232;ces, la nuit de la Saint-Barth&#233;lemy, leurs concitoyens qui n'allaient point &#224; la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des fanatiques de sang-froid : ce sont les juges qui condamnent &#224; la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux ; et ces juges-l&#224; sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'ex&#233;cration du genre humain que, n'&#233;tant pas dans un acc&#232;s de fureur, comme les Cl&#233;ment, les Ch&#226;tel, les Ravaillac, les G&#233;rard, les Damiens, il semble qu'ils pourraient &#233;couter la raison. Lorsqu'une fois le fanatisme a gangren&#233; un cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint P&#226;ris, s'&#233;chauffaient par degr&#233;s malgr&#233; eux : leurs yeux s'enflammaient, leurs membres tremblaient, la fureur d&#233;figurait leur visage, et ils auraient tu&#233; quiconque les e&#251;t contredits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a d'autre rem&#232;de &#224; cette maladie &#233;pid&#233;mique que l'esprit philosophique, qui, r&#233;pandu de proche en proche, adoucit enfin les m&#339;urs des hommes, et qui pr&#233;vient les acc&#232;s du mal ; car, d&#232;s que ce mal fait des progr&#232;s, il faut fuir, et attendre que l'air soit purifi&#233;. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des &#226;mes ; la religion, loin d'&#234;tre pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infect&#233;s. Ces mis&#233;rables ont sans cesse pr&#233;sent &#224; l'esprit l'exemple d'Aod, qui assassine le roi Eglon ; de Judith, qui coupe la t&#234;te d'Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel, qui hache en morceaux le roi Agag. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'Antiquit&#233;, sont abominables dans le temps pr&#233;sent ; ils puisent leurs fureurs dans la religion m&#234;me qui les condamne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois sont encore tr&#232;s impuissantes contre ces acc&#232;s de rage : c'est comme si vous lisiez un arr&#234;t du conseil &#224; un fr&#233;n&#233;tique. Ces gens l&#224; sont persuad&#233;s que l'esprit saint qui les p&#233;n&#232;tre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que r&#233;pondre &#224; un homme qui vous dit qu'il aime mieux ob&#233;ir &#224; Dieu qu'aux hommes, et qui, en cons&#233;quence, est s&#251;r de m&#233;riter le ciel en vous &#233;gorgeant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent &#224; ce Vieux de la Montagne qui faisait, dit-on, go&#251;ter les joies du paradis &#224; des imb&#233;ciles, et qui leur promettait une &#233;ternit&#233; de ces plaisirs dont il leur avait donn&#233; un avant-go&#251;t, &#224; condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. Il n'y a eu qu'une seule religion dans le monde qui n'ait pas &#233;t&#233; souill&#233;e par le fanatisme, c'est celle des lettr&#233;s de la Chine. Les sectes des philosophes &#233;taient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en &#233;taient le rem&#232;de ; car l'effet de la philosophie est de rendre l'&#226;me tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillit&#233;. Si notre sainte religion a &#233;t&#233; souvent corrompue par cette fureur infernale, c'est &#224; la folie des hommes qu'il faut s'en prendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voltaire, &lt;i&gt;Dictionnaire Philosophique&lt;/i&gt;, article &#171; Fanatisme &#187; (remani&#233; en 1770 et 1772), Garnier, 1967.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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